Prime sur salaire : combien il t'en reste en 2026 ?
Une prime de 1 000 € brut te laisse 791,60 € nets avant impôt. Le taux prélevé est de 20,84 %, et il ne dépend pas de ton statut : entre un cadre et un non-cadre, l'écart réel est de 0,024 %. Ce qui le fait varier, c'est ton niveau de salaire, et le régime de ta prime.
Ce taux vaut pour une prime soumise à cotisations. Certaines primes y échappent en tout ou en partie, et c'est le texte qui les crée qui en décide, jamais leur nom : la grille des régimes range chaque prime dans son cas et renvoie vers sa page. Sur un salaire proche du plafond de la Sécurité sociale, le simulateur brut vers net calcule tranche par tranche.
Données vérifiées le . Taux de cotisations salariales relevés chez l'AGIRC-ARRCO et à l'URSSAF, calculés tranche par tranche. Cadre légal de la rémunération et de ses compléments : fiche service-public « Salaire, primes et avantages ».
Le taux dépend de ton niveau de salaire, pas de ton statut
20,84 %
prélevés sur une prime ordinaire, tant que ton salaire reste sous 4 005 € par mois
19,79 %
prélevés au-delà de ce plafond : la cotisation vieillesse plafonnée cesse
0 %
sur une somme qui rembourse des frais, dans sa limite d'exonération
Ce qu'il te reste, montant par montant
Net avant impôt, secteur privé. Le prélèvement à la source s'applique ensuite, au taux qui figure sur ta fiche de paie.
| Prime brute | Net, sous le plafond | Net, au-dessus |
|---|---|---|
| 100 € | 79,16 € | 80,21 € |
| 200 € | 158,32 € | 160,42 € |
| 300 € | 237,48 € | 240,63 € |
| 500 € | 395,80 € | 401,05 € |
| 1 000 € | 791,60 € | 802,10 € |
| 1 500 € | 1 187,40 € | 1 203,15 € |
| 2 000 € | 1 583,19 € | 1 604,19 € |
| 3 000 € | 2 374,79 € | 2 406,29 € |
« Sous le plafond » et « au-dessus » désignent ton salaire mensuel brut, prime comprise, par rapport au plafond de la Sécurité sociale de 4 005 € par mois en 2026. Colonnes calculées au taux marginal, celui qui frappe l'euro qui s'ajoute au sommet de ton brut : 20,84 % et 19,79 %. Une prime qui te fait franchir ce plafond coûte plus cher que ces deux colonnes : la contribution d'équilibre technique se déclenche alors sur la totalité de ton salaire du mois.
Les régimes, et un seul s'applique à ta prime
Le nom de ta prime ne dit rien de son traitement. C'est le texte qui la crée qui la range dans l'une de ces lignes.
| Ta prime | Cotisations | Impôt sur le revenu |
|---|---|---|
| Elle rémunère ton travail : 13e mois, ancienneté, assiduité, objectifs, cooptation, précarité | Oui, comme du salaire | Oui |
| Elle partage la valeur : prime de partage de la valeur, dans son plafond | Non | Selon la taille de ton entreprise et ton salaire |
| Elle vient de l'épargne salariale : intéressement, participation | Non | Non si tu places 5 ans, oui si tu perçois tout de suite |
| Elle rembourse des frais que le travail t'impose : panier, transport, télétravail | Non, dans la limite URSSAF | Non, dans la limite URSSAF |
| Elle vient de ton CSE : chèques cadeaux et bons d'achat liés à un événement | Non, jusqu'à 200 € par événement | Non, dans la même limite |
| La part qui dépasse une limite d'exonération, quelle que soit la prime | Oui | Oui |
La limite d'exonération est propre à chaque dispositif et se vérifie sur la page qui le traite : 7,50 € par repas pour la prime de panier au barème URSSAF de 2026, un plafond annuel par bénéficiaire pour la prime de partage de la valeur, 200 € par événement pour un bon d'achat du CSE. Le dépassement ne se traite pas partout de la même façon : sur la plupart des dispositifs, seule la part qui dépasse redevient du salaire cotisé ; sur les chèques cadeaux et les bons d'achat, le seuil n'est pas une franchise, et c'est l'intégralité du bon qui bascule dès le premier euro de trop.
Comment on arrive à 791,60 € sur 1 000 €
Une prime s'ajoute au brut du mois où elle est versée. Elle ne se calcule donc pas avec le taux moyen de ton salaire, mais avec le taux qui frappe l'euro suivant, en haut de ton brut. C'est ce qu'on appelle le taux marginal, et c'est la raison pour laquelle un coefficient unique par statut se trompe.
Sous le plafond de la Sécurité sociale, les cotisations salariales qui frappent cet euro supplémentaire sont la vieillesse déplafonnée et plafonnée, la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO de tranche 1, la contribution d'équilibre général, puis la CSG et la CRDS sur une assiette réduite de 1,75 % au titre des frais professionnels. Le total vaut 20,84 %.
Au-dessus du plafond, la vieillesse plafonnée cesse, ce qui retire 6,90 % ; la retraite complémentaire et la contribution d'équilibre général passent en tranche 2, à des taux plus élevés, et la contribution d'équilibre technique s'ajoute. Le solde de ces mouvements fait baisser le taux marginal à 19,79 %. Une prime coûte donc un peu moins cher en cotisations à un salaire élevé.
Le calcul complet, tranche par tranche, avec ses sources primaires, vit dans le simulateur brut vers net. Chaque ligne a sa page : la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO et la CSG et la CRDS.
Ta prime tombe ce mois-ci ? Calcule le net avec ton salaire réel
Le tableau ci-dessus suppose que ta prime reste du même côté du plafond que ton salaire. Le simulateur, lui, additionne ta prime à ton brut du mois et applique la grille tranche par tranche : c'est la seule façon de voir ce que coûte un franchissement de plafond.
Ce qu'on t'annonce, et ce que tu touches
Une prime s'annonce en brut, presque toujours
Le montant écrit dans ton contrat, dans un accord d'entreprise ou annoncé par ton manager est un montant brut, comme ton salaire de base. Il s'ajoute au brut du mois où il est versé, traverse les mêmes cotisations, puis le prélèvement à la source. C'est pour cela que 1 000 € annoncés arrivent à 791,60 € sur le virement, avant impôt. Quand un montant t'est promis, demande s'il est brut ou net : la réponse change ce que tu touches de 208 € sur cet exemple.
Le statut cadre ne change presque rien
C'est l'erreur la plus répandue sur le sujet, et elle coûte cher quand on s'en sert pour négocier. Depuis la fusion AGIRC-ARRCO de 2019, les taux de retraite complémentaire ne dépendent plus du statut mais du niveau de salaire : un non-cadre qui dépasse le plafond cotise en tranche 2 exactement comme un cadre, et un cadre qui reste en dessous cotise comme un non-cadre. La seule cotisation propre au statut est l'APEC, à 0,024 %. Sur une prime de 1 000 €, un cadre garde 791,36 € et un non-cadre 791,60 € : 0,24 € d'écart.
Où elle apparaît sur ton bulletin
Dans la partie haute, avec les éléments de brut, sur une ligne à son nom, au-dessus du total du brut. Elle traverse ensuite le bloc des cotisations comme le reste du salaire. Une prime exonérée y figure aussi, mais identifiée à part : elle ne rejoint pas la base des cotisations. Si un montant annoncé ne figure sur aucune ligne du mois attendu, c'est le bulletin qui fait foi pour le réclamer, et la lecture de la fiche de paie dit où regarder.
Ce qui décide si ta prime est due
Une prime n'existe que si un texte la crée, et ce texte détermine tout : le montant, les conditions, la date de versement, et la possibilité de la retirer. Cherche-le dans cet ordre, du plus fort au plus faible.
- La loi, pour les rares primes qu'elle impose. La prime de précarité de fin de CDD en fait partie.
- Ta convention collective, de loin la source la plus fréquente. C'est elle qui crée les primes d'ancienneté, les 13e mois, les primes de panier et la plupart des primes de métier. Trouver la tienne est le premier geste utile.
- Un accord d'entreprise ou une décision unilatérale de l'employeur, souvent pour l'intéressement et les primes d'objectifs.
- Ton contrat de travail. Une prime inscrite au contrat ne peut être supprimée qu'avec ton accord écrit.
- Un usage d'entreprise, quand une prime est versée de façon générale, constante et fixe, sans qu'aucun texte ne la prévoie. Elle devient alors due, et sa suppression suppose une procédure de dénonciation avec information de chaque salarié et délai de prévenance.
En pratique : si une prime figure sur tes bulletins depuis trois ans, au même moment et selon la même règle, ton employeur ne peut pas la supprimer par simple décision. Et si un texte la prévoit et qu'elle n'est pas versée, elle se réclame comme un salaire impayé. Seule une prime réellement exceptionnelle, décidée au cas par cas et sans règle d'attribution, échappe à cette logique.
Une prime d'objectifs ajoute une question que le texte seul ne règle pas : que vaut-elle quand les objectifs n'ont jamais été fixés, ou qu'ils étaient hors d'atteinte ? La Cour de cassation a tranché en faveur du salarié, et la réclamation reste ouverte trois ans. les trois situations qui permettent de réclamer ton variable donne les pièces à réunir avant d'écrire à ton employeur.
Les chèques cadeaux, le prorata, l'impôt, et deux mots qu'on confond
Chèques cadeaux et bons d'achat du CSE : la limite exacte
Le chèque cadeau ou le bon d'achat que ton CSE t'offre, ou ton employeur directement en l'absence de CSE, n'est ni une prime ni un avantage en nature ordinaire : il échappe aux cotisations tant que son montant reste sous une limite fixée par l'URSSAF.
Additionne tous les bons et cadeaux reçus dans l'année civile. Sous 200 € au total, soit 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, rien n'est cotisé, sans condition supplémentaire. Au-dessus de ce total, chaque bon doit remplir trois conditions à la fois pour rester exonéré : être lié à un événement précis (naissance ou adoption, mariage ou pacs, départ à la retraite, fête des mères ou des pères, Sainte-Catherine, Saint-Nicolas, Noël, ou la rentrée scolaire pour un enfant de moins de 26 ans) ; avoir une utilisation en lien avec cet événement, indiquée sur le bon lui-même (un rayon, une enseigne, ou la nature du bien) ; et rester, lui, sous 200 € pour cet événement précis : le seuil se compte une fois par occasion, et deux fois à Noël puisqu'il s'applique à la fois pour toi et pour chacun de tes enfants.
Sources : la fiche URSSAF « Les prestations du CSE exonérées de cotisations sous conditions » pour le principe, et son guide pratique CSE 2026 pour le seuil exact.
Prime réduite pour absence, arrivée ou départ en cours d'année
Le prorata n'est jamais automatique : il s'applique seulement si le texte qui crée la prime le prévoit. Sans clause de proratisation, une prime est due en entier dès que ses conditions d'attribution sont remplies.
Quand une clause existe, elle ne peut pas tout faire. Une absence assimilée à du travail effectif par la loi ou par la convention ne peut pas réduire la prime : congé maternité, congé paternité, accident du travail, maladie professionnelle, congés payés, représentation du personnel. Réduire une prime pour l'un de ces motifs revient à sanctionner l'exercice d'un droit.
Tes primes reviennent dans ce calcul par un autre chemin : les commissions et les primes sur objectifs entrent dans la rémunération brute qui sert de base à l'indemnité de congés payés. Ton employeur doit comparer cette base au simple maintien de salaire et retenir la plus favorable, ce qui pèse lourd dès que la part variable est importante. ce que tes variables ajoutent à ton indemnité de congés chiffre l'écart entre les deux méthodes.
Sur un départ en cours d'année, une prime annuelle acquise mois par mois est due au prorata des mois travaillés, y compris en cas de démission, sauf clause de présence à la date de versement valablement stipulée. Le solde apparaît alors sur le solde de tout compte.
La prime et l'impôt : ce que le prélèvement à la source change
Une prime soumise à cotisations entre aussi dans ton revenu imposable, dans la catégorie des traitements et salaires. Elle est donc frappée par le prélèvement à la source, au taux qui figure sur ta fiche de paie, le mois du versement.
Ce taux est le tien : il ne change pas parce que le mois est exceptionnel. Le montant prélevé, lui, est plus élevé ce mois-là, puisqu'il s'applique à une base plus grosse. Ce n'est pas une pénalité, et rien n'est à récupérer : le taux se régularise sur ta déclaration annuelle. Le détail vit dans le prélèvement à la source.
La prime d'activité n'est pas une prime de ton employeur
La prime d'activité est versée par la CAF ou la MSA, pas par ton employeur. Elle ne figure sur aucune fiche de paie, elle ne subit aucune cotisation, et elle n'est pas imposable. C'est un complément de revenu pour les salaires modestes, calculé sur les ressources du foyer.
Rien de ce qui est écrit sur cette page ne s'y applique. Son montant, ses conditions et son calcul sont sur la page de la prime d'activité, avec un simulateur dédié.
Fonctionnaire titulaire : pourquoi ces taux ne sont pas les tiens
Les taux de cette page sont ceux du secteur privé. Si tu es fonctionnaire TITULAIRE, la retenue pour pension porte sur le traitement indiciaire et non sur les primes : une prime ne supporte que la retraite additionnelle (RAFP) et la CSG-CRDS, soit 14,53 % tant que tes primes restent sous 20 % de ton traitement, et 9,53 % au-delà.
Si tu es agent CONTRACTUEL de droit public, c’est l’inverse : tu relèves du régime général, donc les taux de cette page sont bien les tiens. Ta retraite complémentaire passe par l’Ircantec et non par l’Agirc-Arrco : elle coûte 2,84 % de ton brut sous le plafond au lieu de 4,01 %, donc tu es prélevé de 1,17 point de moins. Le simulateur brut-net porte le statut « contractuel du public » depuis septembre 2026.
Le régime indemnitaire, le complément de traitement indiciaire et la grille indiciaire sont traités dans le salaire d'un fonctionnaire, et le calcul dans le simulateur de traitement indiciaire.
Combien vaut ta prime, au centime
Entre ton brut mensuel et le montant de ta prime : le calcul se fait tranche par tranche, avec le plafond de la Sécurité sociale au bon endroit. Gratuit, sans inscription, résultat immédiat.
Les primes, une par une
Chaque page porte le montant, les conditions et le texte qui crée la prime.