Remboursement transport 2026 : combien ton employeur doit-il te rembourser ?
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Dans le privé, ton employeur est obligé de rembourser la moitié de ton abonnement de transport public : 37,50 € par mois pour un abonnement à 75 €. Dans la fonction publique, c'est les trois quarts, soit 56,25 € pour le même abonnement, avec un plafond de 104,04 € par mois. Ce que ça donne pour ton abonnement, ce qui est couvert, et ce qui change à temps partiel.
50 %
de ton abonnement : le minimum dû par tout employeur privé
75 %
dans la fonction publique, État, territoriale et hospitalière
104,04 €
par mois : le plafond de l'employeur public en 2026
Ce que tu touches chaque mois, selon le prix de ton abonnement
Un abonnement mensuel, deux régimes : la colonne du milieu si tu es salarié du privé, celle de droite si tu es agent public.
| Abonnement mensuel | Salarié du privé | Agent public |
|---|---|---|
| 40 € | 20,00 € | 30,00 € |
| 60 € | 30,00 € | 45,00 € |
| 75 € | 37,50 € | 56,25 € |
| 90 € | 45,00 € | 67,50 € |
| 120 € | 60,00 € | 90,00 € |
| 150 € | 75,00 € | 104,04 € |
Privé : la moitié du prix, sur la base du tarif de 2e classe et du trajet le plus court entre chez toi et ton travail. Fonction publique : les trois quarts du tarif le plus économique, jamais plus de 104,04 € par mois - le plafond mord dès 138,72 € d'abonnement. Ton employeur peut faire plus, jamais moins.
Privé ou fonction publique : les deux régimes côte à côte
Le privé relève du code du travail, les agents publics d'un décret. Les règles se ressemblent, sauf sur le taux, le plafond et le temps partiel.
| Règle | Salarié du privé | Agent public |
|---|---|---|
| Part remboursée | 50 % du prix, au minimum | Les trois quarts du prix |
| Plafond mensuel | Aucun | 104,04 € en 2026 |
| Base de calcul | 2e classe, trajet le plus court | Tarif le plus économique |
| En Île-de-France | Le titre que tu as | Le Navigo annuel, même payé au mois |
| Titres couverts | Abonnements annuels, mensuels, hebdomadaires ; vélos en libre-service | Les mêmes, plus les abonnements à voyages limités |
| Tickets à l'unité | Non | Non |
| Sous le mi-temps | Au prorata de tes heures | Réduit de moitié |
| Versement | Sur la paie, fin du mois suivant au plus tard | Sur la paie, chaque mois |
| Congé maladie, maternité | Maintenu si le titre a servi dans le mois | Suspendu à partir du mois suivant |
| Impôt sur le revenu | Exonéré | Exonéré |
| Texte | Code du travail, L3261-2 et R3261-1 à 10 | Décret n° 2010-676 du 21 juin 2010, taux relevé en 2023 |
Les deux régimes ne se choisissent pas : c'est ton contrat qui décide. Contractuel de droit public ou titulaire, tu relèves du régime de la fonction publique.
Les 75 % du privé : une exonération, pas une obligation
Dans le privé, l'obligation s'arrête à la moitié du prix. L'article L3261-2 du code du travail pose le principe, et l'article R3261-1 fixe la part de l'employeur à 50 % du coût du titre. Rien ne l'empêche d'aller au-delà, par accord collectif ou de sa propre décision.
Ce qu'il ajoute reste exonéré de cotisations et d'impôt jusqu'à 75 % du prix de l'abonnement en 2026 : la mesure, prévue pour les années 2022 à 2026, est reconduite pour 2026 par l'article 68 de la loi de finances, comme l'indique l'Urssaf sur sa fiche Les frais professionnels. Au-delà de 75 %, l'exonération s'arrête et le surplus est traité comme un complément de salaire, soumis à cotisations et à l'impôt.
Les 75 % du privé ne sont donc pas un droit : c'est le plafond de ce que ton employeur peut te donner sans que ni lui ni toi ne payiez dessus. Le seul chiffre que tu peux exiger reste 50 %. La part remboursée, quelle qu'elle soit, apparaît sur ta fiche de paie et n'entre pas dans ton revenu imposable.
À temps partiel, la règle change sous le mi-temps
À partir d'un mi-temps, tu es remboursé comme un temps plein : un abonnement à 75 € te rapporte 37,50 € dans le privé, que tu travailles 35 heures ou 18.
En dessous du mi-temps, la prise en charge se calcule au prorata de tes heures par rapport au mi-temps, pas par rapport au temps plein (article R3261-9). L'exemple que publie la fiche F19846 de service-public.gouv.fr : dans une entreprise à 35 heures, pour 15 heures par semaine et un abonnement à 73 €, le remboursement vaut (73 € x 50 %) x 15/17,5 = 31,29 €. Si la durée de travail de ton entreprise est inférieure à 35 heures, c'est la moitié de cette durée qui sert de référence.
Dans la fonction publique, la règle est plus simple et plus brutale : sous le mi-temps, la prise en charge est réduite de moitié, quel que soit ton nombre d'heures. Le nombre d'heures exact ne joue pas.
Comment tu es remboursé, et quand
Tu remets ou tu présentes ton titre à ton employeur : il doit être à ton nom. Deux cas se règlent par une attestation sur l'honneur : un abonnement à un service public de location de vélos qui ne porte pas ton nom, et l'intérim, où l'attestation s'adresse à l'agence qui t'emploie.
Le remboursement est mensuel, y compris pour un abonnement annuel, dont le coût est réparti sur les mois d'utilisation. Il tombe au plus tard à la fin du mois suivant celui pour lequel le titre était valable (article R3261-4), et il figure sur ta fiche de paie sur une ligne à part. Si ton employeur change les justificatifs qu'il demande ou son délai, il doit te prévenir un mois à l'avance.
Quand ton trajet exige plusieurs abonnements qui s'enchaînent, un train puis un réseau urbain par exemple, l'employeur prend en charge la moitié de chacun. Un abonnement de transport en commun et un abonnement vélo qui couvrent le même trajet, eux, ne se cumulent pas.
Dans la fonction publique, le circuit est le même : justificatif à ton nom transmis aux ressources humaines, versement chaque mois sur la paie, abonnement annuel étalé sur douze mois. Tu dois signaler tout changement qui modifie la prise en charge, un déménagement ou un passage à l'abonnement vélo. Si tu as plusieurs administrations employeurs avec un seul abonnement, chacune paie sa part au prorata de ton temps de travail chez elle ; si chacune exige son propre abonnement, chacune prend en charge le sien (fiche F12163).
Fonction publique : les congés qui coupent le remboursement
La prise en charge des agents publics vient du décret n° 2010-676 du 21 juin 2010, modifié depuis : la part de l'administration est passée de la moitié aux trois quarts pour les titres pris à compter du 1er septembre 2023 (décret n° 2023-812 du 21 août 2023). Elle vaut pour les titulaires comme pour les contractuels, en CDD comme en CDI, des trois versants. Elle ne vaut pas si tu es logé par ton administration sans frais de transport, si tu as un véhicule de fonction ou si tu es déjà indemnisé autrement pour ce trajet.
Elle est suspendue pendant les congés : maladie, longue maladie, longue durée, accident de service, maternité, adoption, paternité, présence parentale, formation professionnelle ou syndicale, solidarité familiale, congé bonifié, et les congés pris sur un compte épargne-temps. Un congé annuel ordinaire n'est pas dans cette liste : il ne la coupe pas.
La coupure suit une règle de mois entiers : le remboursement est maintenu jusqu'à la fin du mois où le congé commence, et repris pour tout le mois où tu reviens. Un congé qui commence un mois et finit le suivant ne fait donc rien perdre ; un arrêt du 4 juin au 18 août fait perdre le seul mois de juillet.
En voiture : rien d'obligatoire, une prime possible
Si tu vas travailler en voiture, ton employeur n'a aucune obligation : la prise en charge obligatoire ne concerne que les abonnements de transport public. Les kilomètres d'un déplacement fait pour ton travail relèvent d'une autre règle, celle des frais professionnels que ton employeur te rembourse, qui passent par ta note de frais. Pour le trajet domicile-travail, ton employeur peut décider de participer à tes frais de carburant ou de recharge, par accord collectif ou par décision unilatérale, à condition de l'offrir à tous les salariés aux mêmes conditions. Cette prime reste exonérée jusqu'à 300 € par an pour un véhicule thermique et 600 € par an pour un véhicule électrique, hybride rechargeable ou à hydrogène, en 2026 (fiche F19846). Elle ne se cumule pas avec le remboursement d'un abonnement de transport en commun.
Deux autres leviers ne passent pas par ton employeur : l'aide de l'État versée aux travailleurs qui roulent beaucoup, jugée sur ton revenu fiscal de référence, et la déduction de tes trajets aux frais réels sur ta déclaration de revenus, dont le barème kilométrique fixe le montant.
Dans la fonction publique, l'usage de ta voiture personnelle pour venir travailler n'ouvre droit à aucune indemnité au titre du décret de 2010.
Cumul avec le forfait mobilités durables
Le forfait mobilités durables est facultatif et vise le vélo, le covoiturage, la trottinette ou l'autopartage. Il se cumule avec la prise en charge de ton abonnement de transport public. Dans le privé, l'ensemble reste exonéré dans la limite de 900 € par an, ou du montant de la prise en charge obligatoire de l'abonnement s'il dépasse cette somme (Urssaf, fiche citée plus haut). Le forfait n'est donc exonéré que pour ce qui reste sous ce plafond une fois le remboursement de l'abonnement déduit.
Dans la fonction publique, le forfait mobilités durables vaut 100 €, 200 € ou 300 € par an selon que tu utilises ces modes de transport 30, 60 ou au moins 100 jours dans l'année, sur déclaration sur l'honneur remise avant le 31 décembre. Ce seuil de jours est réduit au prorata si tu es à temps partiel. Là aussi, il se cumule avec le remboursement de l'abonnement.