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Quels métiers paient le plus en France ?

En tête, deux professions libérales à 180 000 € brut par an : l'orthodontiste et le notaire installé. Le 50e du classement est à 34 000 €, soit un rapport de 1 à 5,3 d'un bout à l'autre de la grille. Entre les deux, 48 métiers avec leur secteur, le niveau d'études qu'ils demandent et leur médiane. Plus bas, ce que touche un député ou un sénateur, une rémunération de fonction qui n'entre dans aucune médiane.

2 190 €

Médiane des salaires du privé, net/mois

4 334 €

Seuil des 10 % les mieux payés

10 261 €

Seuil des 1 % les mieux payés

Élite - Plus de 100 000 € brut/an

Les professions qui dépassent la barre symbolique des six chiffres : spécialités médicales libérales, notaires installés, dirigeants et pilotes.

Élite - Plus de 100 000 € brut/an
MétierSecteurNiveau requisSalaire médian brut/an
OrthodontisteSantéBac+10180 000 €
Notaire installé (titulaire)DroitBac+7180 000 €
Anesthésiste-réanimateurSantéBac+12148 000 €
RadiologueSantéBac+12140 000 €
ChirurgienSantéBac+12120 000 €
Pilote de ligneTransportBac+3116 000 €
Directeur général (ETI/GE)DirectionBac+5112 000 €
CardiologueSantéBac+12110 000 €
DermatologueSantéBac+10108 000 €
OphtalmologueSantéBac+11105 000 €

Très bien payés - 60 000 à 100 000 €

Professions de santé libérales, cadres dirigeants, spécialistes de la finance et experts tech.

Très bien payés - 60 000 à 100 000 €
MétierSecteurNiveau requisSalaire médian brut/an
Pharmacien (titulaire d'officine)SantéBac+685 000 €
Directeur commercialCommerceBac+585 000 €
Médecin généralisteSantéBac+982 000 €
Directeur financier (DAF)FinanceBac+580 000 €
Directeur des systèmes d'informationTechBac+576 000 €
Avocat d'affairesDroitBac+575 000 €
ActuaireFinanceBac+572 000 €
Directeur marketingMarketingBac+570 000 €
Chef de projet IT seniorTechBac+568 000 €
TraderFinanceBac+568 000 €
Responsable M&AFinanceBac+563 000 €
Développeur full-stack seniorTechBac+3/560 000 €
Architecte cloudTechBac+560 000 €

Bien payés - 40 000 à 60 000 €

Ingénieurs confirmés, experts-comptables, profils tech seniors et responsables opérationnels.

Bien payés - 40 000 à 60 000 €
MétierSecteurNiveau requisSalaire médian brut/an
Contrôleur de gestion seniorFinanceBac+558 000 €
Expert-comptableFinanceBac+855 000 €
Ingénieur aéronautiqueIndustrieBac+554 000 €
VétérinaireSanté animaleBac+752 000 €
Responsable supply chainLogistiqueBac+552 000 €
Data scientistTechBac+550 000 €
Ingénieur cybersécuritéTechBac+550 000 €
Ingénieur en intelligence artificielleTechBac+550 000 €
Product manager (tech)TechBac+550 000 €
Analyste financierFinanceBac+550 000 €
DevOps engineerTechBac+547 000 €
Pilote d'hélicoptèreTransportBac+247 000 €
Ingénieur mécanique seniorIndustrieBac+546 000 €
ArchitecteBTPBac+645 000 €
Responsable RHRHBac+545 000 €
Data analyst confirméTechBac+544 000 €
Infirmier anesthésiste (IADE)SantéBac+543 000 €
Contrôleur aérienTransportBac+343 000 €
Responsable logistiqueLogistiqueBac+542 000 €
Commissaire de policeFonction publiqueBac+542 000 €
Ingénieur énergies renouvelablesIndustrieBac+540 000 €

Au-dessus de la médiane - 30 000 à 40 000 €

Cadres intermédiaires, ingénieurs débutants confirmés et spécialistes expérimentés.

Au-dessus de la médiane - 30 000 à 40 000 €
MétierSecteurNiveau requisSalaire médian brut/an
Ingénieur génie civilBTPBac+538 000 €
Chef de produit marketingMarketingBac+537 500 €
Chargé d'affaires BTPBTPBac+3/536 500 €
Cadre de santéSantéBac+435 500 €
Chef de chantier BTPBTPBac+235 000 €
Ingénieur qualitéIndustrieBac+534 000 €

Ce que ces bruts donnent en net

Toute cette grille est en brut. Ce qui arrive sur le compte est net de cotisations salariales, et le taux n'est pas celui qu'on lit partout : il baisse quand le salaire monte, parce que les tranches situées au-dessus du plafond de la Sécurité sociale sont moins chargées. Sur l'amplitude de ce classement, il passe de 20,86 % en bas à 20,13 % en haut.

  • 34 000 € brut par an donnent environ 2 242 € net par mois avant impôt sur le revenu.
  • 60 000 € brut par an donnent environ 3 962 € net par mois avant impôt sur le revenu.
  • 100 000 € brut par an donnent environ 6 634 € net par mois avant impôt sur le revenu.
  • 180 000 € brut par an donnent environ 11 980 € net par mois avant impôt sur le revenu.

La règle qui circule - « retire 22 % si tu es non-cadre, 25 % si tu es cadre » - se trompe deux fois. Elle surestime le prélèvement, d'autant plus que le salaire est élevé : appliquée en haut de cette grille, elle amputerait le net de 730 € par mois. Et elle fait dépendre le taux du STATUT alors qu'il dépend du NIVEAU de salaire : depuis la fusion AGIRC-ARRCO de 2019, l'écart entre un cadre et un non-cadre ne tient plus qu'à la cotisation APEC, soit 0,02 % de différence.

Ces montants restent des ordres de grandeur : ils ne tiennent compte ni du prélèvement à la source, ni des primes, ni de la mutuelle d'entreprise. Pour un montant qui n'est pas dans la liste ci-dessus, le simulateur brut-net accepte n'importe quel salaire.

Une fois le net connu, la question suivante est de savoir ce qu'il représente - et la réponse contredit le titre de cette page. 20 des 50 métiers de ce classement placent leur titulaire dans les 10 % les mieux payés : en dessous du rang 20, on est bien payé sans être en haut de l'échelle française. Et 2 seulement franchissent le seuil du 1 %.

Le dernier du classement le montre bien : à 34 000 € brut par an, il rend 2 242 € net par mois, soit 52 € de plus que la médiane des salariés du privé. Un métier « bien payé » n'est pas la même chose qu'un haut salaire. Le détail tranche par tranche est là : où tu te situes sur l'échelle des salaires.

Combien gagne un député ou un sénateur ?

Même indemnité dans les deux chambres, pas les mêmes retenues : 277,22 € par mois séparent le net d'un député de celui d'un sénateur.

Combien gagne un député ou un sénateur ?
Indemnité mensuelleDéputéSénateur
Indemnité de base5 931,95 €5 931,95 €
Indemnité de résidence, 3 % de la base177,96 €177,96 €
Indemnité de fonction, 25 % des deux précédentes1 527,48 €1 527,48 €
Brut mensuel7 637,39 €7 637,39 €
Retenues à déduire (caisse de pension, CSG-CRDS, autres cotisations)1 684,05 €1 961,27 €
Net mensuel avant impôt sur le revenu5 953,34 €5 676,12 €
En plus pour le président de la chambre7 698,50 €7 591,58 €
En plus pour un questeur5 300,36 €4 444,97 €
En plus pour un vice-président1 099,79 €2 184,30 €

Montants au 1er janvier 2024, tels que les publient l'Assemblée nationale dans sa fiche de synthèse n° 7, « La situation matérielle du député », et le Sénat dans sa fiche « L'indemnité parlementaire », mise à jour le 30 mars 2026. Le net s'entend avant le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu.

Le montant de base n'est pas voté par les parlementaires eux-mêmes : il est fixé par l'ordonnance portant loi organique n° 58-1210 du 13 décembre 1958, par référence aux traitements les plus élevés de l'État. Il vaut la moyenne entre le traitement le plus bas (lettre A) et le plus haut (lettre G) des fonctionnaires classés hors échelle - conseillers d'État, préfets, directeurs d'administration centrale. Il suit donc la rémunération de la fonction publique, sans vote sur son propre montant : les 5 931,95 € du tableau intègrent les 5 points d'indice majoré attribués aux agents publics au 1er janvier 2024.

S'y ajoutent une indemnité de résidence de 3 % de la base, comme pour tout agent public, puis une indemnité de fonction égale au quart des deux premières. Le brut est donc le même dans les deux chambres ; le net, non, parce que chacune a sa propre caisse : un député verse 828,66 € à la caisse de pensions de l'Assemblée, un sénateur 1 180,10 € à la caisse des retraites des anciens sénateurs et au régime complémentaire, la CSG et la CRDS étant identiques (740,83 €). L'ensemble est imposable à l'impôt sur le revenu comme un salaire.

Un parlementaire qui conserve un mandat local ne cumule pas sans limite : ses indemnités d'élu local et son indemnité de base sont plafonnées ensemble à une fois et demie cette dernière, soit 8 897,93 €, ce qui laisse au plus 2 965,98 € par mois au titre des mandats locaux (loi organique n° 92-175 du 25 février 1992).

Et le Président de la République, le Premier ministre, les ministres ?

Leur traitement n'est pas dans ce tableau, et c'est délibéré : les montants qui circulent viennent d'éditeurs qui ne s'accordent pas entre eux - sur un même premier écran de résultats, un ministre est donné à trois montants différents, à quelques dizaines d'euros près - et aucune publication officielle comparable à ces deux fiches n'a pu être ouverte pour les vérifier. Le tableau ne porte que des montants fixés par un texte ou publiés par l'assemblée qui les verse.

Ce que ces métiers ont en commun

Quand tu analyses ce top 50, des constantes émergent. Ce n'est pas le hasard qui décide qui gagne combien : il y a des patterns clairs.

1. Des études longues et sélectives

La majorité des métiers du haut du classement exigent au minimum un Bac+5, souvent un Bac+8 ou plus. Médecine, droit des affaires, actuariat, pharmacie… l'investissement en années d'études est directement corrélé au salaire de sortie. Les concours sélectifs (internat de médecine, examen du barreau, diplôme d'expertise comptable) créent un effet de rareté qui maintient les rémunérations élevées.

2. Une responsabilité élevée

Que ce soit la vie des patients pour un chirurgien, des millions d'euros pour un DAF ou la sécurité de centaines de passagers pour un pilote de ligne, ces métiers impliquent une pression quotidienne considérable. La rémunération compense en partie ce poids psychologique et juridique.

3. Une pénurie de talents

En 2026, les métiers de la tech (cybersécurité, IA, cloud, data) continuent de profiter d'une démographie insuffisante face à la demande. Idem en médecine avec la désertification médicale. Quand l'offre de compétences est inférieure à la demande, les salaires s'envolent mécaniquement.

L'arrivée de l'IA générative ne joue pas dans le même sens partout. Elle valorise les profils qui la maîtrisent et elle pèse sur les postes d'exécution pure, y compris dans la tech. Les métiers du haut de ce classement sont les moins exposés, pour une raison qui n'a rien à voir avec la technique : ils engagent une responsabilité juridique personnelle - un acte médical, une signature notariale, une commande de vol - qu'aucun outil ne peut porter à la place de son titulaire.

4. Une technicité pointue et difficilement remplaçable

Les métiers les mieux payés sont souvent ceux où l'expertise ne s'acquiert qu'avec des années de pratique. Un actuaire, un architecte cloud ou un chirurgien cardiaque ne se forment pas en 6 mois. Cette barrière à l'entrée protège les niveaux de rémunération.

5. Le facteur géographique

Beaucoup de ces postes sont concentrés en Île-de-France, où les sièges sociaux et les grands établissements de santé se situent. L'écart de rémunération entre Paris et la province atteint souvent +15 % à +25 % pour un même poste. Mais le coût de la vie neutralise une partie de cet avantage.

Les surprises du classement

Certains métiers cassent les idées reçues. Le contrôleur aérien (43 000 € médian brut) bénéficie d'un statut public avantageux et de primes spécifiques. Le chef de chantier BTP (35 000 €) profite de la pénurie chronique dans le secteur de la construction.

Côté tech, note que le développeur full-stack affiche 42 000 € de médiane nationale - un chiffre qui atteint 60 000 € pour un profil senior, et davantage encore en freelance. Les salaires tech affichés ici sont des médianes nationales : la réalité est souvent plus haute dans les grandes métropoles.

Enfin, l'infirmier anesthésiste (IADE) à 43 000 € illustre que le secteur paramédical peut aussi offrir des rémunérations respectables lorsqu'il y a spécialisation et responsabilité accrue.

Et sans diplôme ?

Aucun métier de ce classement n'est accessible sans qualification : le plancher de la grille est à 34 000 € brut par an, et il demande déjà un Bac+5. Ça ne veut pas dire que le diplôme est la seule porte - un artisan installé à son compte, un commercial à la commission ou un conducteur d'engins expérimenté franchissent ce plancher, mais par l'expérience et le statut d'indépendant, pas par la formation initiale.

C'est un autre classement, avec ses propres montants et ses propres conditions : les métiers bien payés sans diplôme.

Progression salariale sur 10 ans

Le salaire de départ ne raconte qu'une partie de l'histoire. Voici comment évoluent les rémunérations de quatre métiers représentatifs sur une décennie.

MétierDébut de carrièreAprès 5 ansAprès 10 ansProgression
Chirurgien55 000 €110 000 €200 000 €+264 %
Développeur full-stack32 000 €44 000 €60 000 €+88 %
Trader42 000 €68 000 €95 000 €+126 %
Ingénieur cybersécurité37 000 €52 000 €74 000 €+100 %

Le chirurgien affiche la progression la plus spectaculaire (+264 % en 10 ans), mais il faut rappeler que les études durent 12 ans : le « début de carrière » intervient vers 30 ans. Le trader bénéficie de bonus qui peuvent doubler son fixe, non reflétés dans la médiane. L'ingénieur cybersécurité, lui, profite d'une pénurie durable qui tire les salaires vers le haut à chaque échelon.

+25 %

Écart moyen Paris vs province (cadres)

35 966 €

Salaire médian brut à Paris

28 800 €

Salaire médian brut en province

Paris vs province : le top 10 change-t-il ?

Le classement des métiers les mieux payés reste globalement identique entre Paris et la province : les médecins spécialistes dominent partout. Mais les écarts de rémunération varient fortement selon les secteurs.

Les métiers où l'écart Paris-province est le plus fort

La finance et la tech concentrent les plus gros écarts. Un directeur financier gagne environ 90 000 € en Île-de-France contre 70 000 € en région - soit +29 %. Un développeur full-stack passe de 42 000 € en médiane nationale à 47 000 € à Paris (+12 %). Les sièges sociaux du CAC 40, les fonds d'investissement et les startups scale-up sont massivement parisiens.

Les métiers où l'écart est faible

Les professions réglementées (médecins, notaires, pharmaciens) affichent des écarts bien plus réduits, entre +5 % et +10 %. Les tarifs conventionnés et les honoraires encadrés limitent la dispersion géographique. Les métiers du BTP et de l'industrie montrent aussi des écarts modérés : la demande est répartie sur tout le territoire.

Le piège du salaire parisien

Attention à l'illusion du chiffre brut. Le surcoût du logement à Paris (en moyenne +70 % par rapport aux grandes métropoles régionales) absorbe une bonne partie de l'écart salarial. Un développeur à 47 000 € brut à Paris peut avoir un pouvoir d'achat réel inférieur à un développeur à 42 000 € à Nantes ou Toulouse, où le marché locatif est bien plus accessible.

Données indicatives basées sur les sources publiques (INSEE, DARES, France Travail). Les salaires réels varient selon l'entreprise, la localisation et le profil.

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