Chirurgien : gagne-t-on plus à l'hôpital public ou en clinique privée ?
Édité par Martin Geffrault le 18 juillet 2026
En clinique privée, le libéral installé affiche un revenu d'activité bien plus haut : le BNC médian tourne autour de 185 000 €/an pour les spécialités bien valorisées. Mais ce BNC n'est pas ton net. La RCP (assurance responsabilité civile professionnelle), les cotisations CARMF et la redevance de clinique pèsent lourd. À l'hôpital public, un praticien hospitalier gagne moins, mais sans gestion, sans risque d'entreprise et avec la sécurité de l'emploi. Le privé plafonne plus haut, le public sécurise.
≈ 185 000 € par an
le BNC médian indicatif d'un chirurgien libéral installé, contre une grille PH de 4 632 à 9 368 € brut/mois à l'hôpital public
le BNC n'est pas le net : en chirurgie, la RCP et les charges comptent parmi les plus lourdes de toutes les professions libérales
Après un cursus parmi les plus longs de la médecine (Bac+12 à Bac+14), le chirurgien fait un choix qui structure toute sa carrière : exercer à l'hôpital public comme praticien hospitalier, ou passer par le privé en clinique - salarié ou, le plus souvent, libéral installé. La donnée brute est claire : le libéral plafonne bien plus haut. Mais l'écart de revenu net est beaucoup plus faible que l'écart de chiffre d'affaires, parce que la chirurgie supporte des charges professionnelles massives. Pour les grilles détaillées par spécialité et par échelon, la fiche salaire complète du chirurgien fait le tour ; ici, on tranche le choix public ou privé.
À l'hôpital public : la grille PH, la sécurité, zéro gestion
À l'hôpital public, le chirurgien est praticien hospitalier (PH), un statut de la fonction publique hospitalière unifié depuis 2020 (corps unique de 13 échelons). Le traitement va d'environ 4 632 € brut par mois en début de carrière à 9 368 € en fin de grille, soit environ 6 500 € brut par mois en milieu de grille. La progression suit l'ancienneté, échelon par échelon.
Ce traitement de base est complété par des primes qui comptent : l'IESPE (indemnité d'engagement de service public exclusif) ajoute environ 490 € brut par mois pour ceux qui renoncent à toute activité libérale privée ; les gardes rapportent de 300 à 600 € la nuit ; les astreintes et la prime d'exercice territorial s'ajoutent encore. En cumulant grille et primes, un PH en milieu de carrière atteint souvent 8 000 à 10 000 € brut par mois, soit environ 6 000 à 7 500 € net. C'est moins que le libéral, mais avec trois atouts décisifs : la sécurité de l'emploi, l'absence totale de gestion (pas de loyer, pas de secrétariat, plateau technique fourni) et la retraite de la fonction publique hospitalière.
En clinique privée : honoraires libres, mais le BNC n'est pas ton net
Le privé recouvre deux réalités. Le chirurgien salarié en clinique (CDI) perçoit un revenu négocié, souvent entre 100 000 et 150 000 € brut par an, sans risque d'entreprise mais sans pratiquer de dépassements à son compte. Le cas le plus fréquent, c'est le libéral installé : il facture des honoraires libres, le plus souvent en secteur 2, avec un taux de dépassement qui tourne en moyenne autour de 55 %. Son revenu d'activité (BNC) médian se situe vers 185 000 € par an, dans une fourchette large de 140 000 à 280 000 € selon la spécialité.
Mais ce chiffre est trompeur, parce que le BNC n'est pas le net. La chirurgie supporte des charges parmi les plus lourdes de toutes les professions : la RCP (assurance responsabilité civile professionnelle) atteint plusieurs dizaines de milliers d'€ par an pour certaines spécialités chirurgicales, à quoi s'ajoutent les cotisations CARMF, la redevance ou les parts de clinique et le secrétariat. Au total, 35 à 50 % de charges. Un chirurgien orthopédiste à 200 000 € de BNC dégage ainsi environ 110 000 à 130 000 € net. Le potentiel est réel, mais il se paie en charges et en responsabilité maximale.
Ce que la spécialité chirurgicale change
Aucune décision ne pèse autant sur le revenu que la spécialité, en particulier en libéral. La chirurgie plastique et la chirurgie orthopédique figurent parmi les mieux valorisées, avec des médianes indicatives de 200 000 à 220 000 € de revenu d'activité annuel, tirées par les actes techniques et, pour l'esthétique, par des prestations non remboursées. La chirurgie viscérale se situe plutôt autour de 160 000 €.
Le secteur de conventionnement compte aussi. En secteur 2, les dépassements d'honoraires peuvent doubler le chiffre d'affaires dans les zones à forte demande, ce qui explique pourquoi le libéral en clinique attire tant : 44 % des chirurgiens exercent exclusivement en libéral. À l'inverse, à l'hôpital public le tarif est conventionné et l'activité privée est encadrée. C'est cette liberté tarifaire, plus que le statut lui-même, qui creuse l'écart de revenu brut entre public et privé.
Public ou privé : où gagne-t-on vraiment plus ?
La réponse honnête est nuancée. Sur le potentiel de revenu, le libéral en clinique gagne, et de loin, pour les spécialités bien valorisées : le BNC plafonne bien au-dessus du traitement d'un PH. L'écart de chiffre d'affaires est réel et il ne faut pas le minimiser. Mais une fois les charges réintégrées - RCP, CARMF, redevance de clinique, secrétariat - le revenu net se rapproche, et la charge mentale n'a rien à voir : le libéral porte le risque d'entreprise et la responsabilité médico-légale du secteur 2.
L'arbitrage ne se joue donc pas seulement sur le montant affiché, mais sur trois facteurs : ta spécialité (certaines plafonnent beaucoup plus haut en libéral), ton appétence pour la gestion et le risque (le libéral, c'est aussi diriger une petite entreprise), et ta priorité de vie (sécurité et absence de gestion à l'hôpital, potentiel de revenu et autonomie en clinique). Pour beaucoup, le passage par le statut PH avant de s'installer permet de trancher en connaissance de cause.
Hôpital public, clinique salarié, libéral en clinique : le comparatif
| Mode d'exercice | Revenu indicatif | Ce qui le caractérise |
|---|---|---|
| Hôpital public (PH) | ≈ 80 000 - 120 000 €/an brut | grille indiciaire (4 632 à 9 368 €/mois) + IESPE + gardes, sécurité de l'emploi, aucune gestion, plateau technique fourni, retraite FPH |
| Clinique privée (salarié CDI) | ≈ 100 000 - 150 000 €/an brut | revenu négocié, pas de risque d'entreprise, mais pas de dépassements à son compte |
| Libéral installé en clinique | BNC ≈ 140 000 - 280 000 €/an (médiane ≈ 185 000 €) | honoraires libres (secteur 2 fréquent, dépassements ≈ 55 %), mais RCP + CARMF + redevance de clinique + secrétariat : le net est loin du BNC |
Montants indicatifs de revenu d'activité (traitement brut pour le PH et le salarié, bénéfice non commercial pour le libéral), sans barème public officiel de répartition public/privé. Grille PH ≈ 4 632 à 9 368 € brut/mois (13 échelons, statut unifié 2020, fonction-publique.gouv.fr) ; IESPE ≈ 490 € brut/mois ; gardes 300 à 600 €/nuit. BNC libéral et charges (RCP, CARMF, redevance de clinique) donnés à titre indicatif d'après les données de la profession, sans barème public. SMIC 2026 : 1 867,02 € brut/mois. Cf fiche salaire chirurgien.
Le libéral en clinique plafonne nettement plus haut, surtout dans les spécialités bien valorisées. Mais le BNC affiché n'est pas ton net : la RCP, parmi les plus lourdes de toutes les professions, les cotisations et la redevance de clinique creusent l'écart. L'hôpital public paie moins, mais il t'épargne le risque d'entreprise, la gestion et la responsabilité maximale du secteur 2. Le vrai arbitrage se joue entre potentiel de revenu et charge à porter.
L'activité privée à l'hôpital : un entre-deux
Entre le PH pur et le libéral installé, il existe une voie intermédiaire : un praticien hospitalier peut exercer une activité libérale au sein de l'hôpital public, plafonnée en temps et en volume. Il conserve son statut, sa sécurité et sa retraite FPH, tout en complétant son traitement par des honoraires. C'est souvent l'arbitrage le plus rationnel pour un chirurgien qui veut un revenu supérieur sans quitter le public ni porter le risque d'une installation. En contrepartie, il renonce à l'IESPE, réservée à l'exclusivité hospitalière.
Ce qu'il faut vérifier avant de choisir
- Le net, pas le BNC : raisonne toujours après RCP, cotisations CARMF et redevance de clinique, jamais sur le chiffre d'affaires affiché
- Ta spécialité : certaines spécialités chirurgicales sont bien mieux valorisées en libéral que d'autres
- Le secteur de conventionnement : en clinique, le secteur 2 et ses dépassements changent complètement l'équation
- Ton appétence pour la gestion : le libéral, c'est aussi diriger une petite entreprise et en porter le risque
- Le passage par le statut PH : tester le public avant de décider d'une installation en clinique
Le BNC libéral et le revenu net ne se comparent pas directement
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Questions fréquentes : hôpital public ou clinique privée
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Entre ton revenu d'activité, on te donne ton net après cotisations et impôt
Données indicatives basées sur les sources publiques. Les revenus réels varient selon la spécialité, le secteur de conventionnement, la zone d'installation et le volume d'activité. Sources : grille des praticiens hospitaliers (corps unique de 13 échelons depuis le décret 2020-1216, ≈ 4 632 à 9 368 € brut/mois, fonction-publique.gouv.fr) ; IESPE ≈ 490 € brut/mois ; gardes 300 à 600 €/nuit. Le revenu d'activité libéral (BNC ≈ 185 000 €/an, fourchette 140 000 à 280 000 €), le taux de dépassement moyen (≈ 55 %) et les charges professionnelles (RCP, cotisations CARMF, redevance de clinique) sont donnés à titre indicatif, sans barème public officiel. SMIC 2026 : 1 867,02 € brut/mois. Données vérifiées en juillet 2026.