Combien te rapporte une heure supplémentaire en 2026 ?
Majorée de 25 %, elle ne rapporte pas 25 % de net en plus, mais 43 %. Deux mécaniques se superposent, dans cet ordre : la majoration gonfle le brut, puis une réduction de cotisations et une exonération d'impôt gonflent le net.
Données vérifiées le
Ce que ça fait sur un mois
Heures majorées à 25 %, pour une mensualité de 2 500 € brut, sur quatre semaines.
149,13 €
2 h de plus par semaine
298,25 €
4 h de plus par semaine
596,50 €
8 h de plus par semaine
Ce qu'une heure supplémentaire te met dans la poche
| Ton cas | Brut | Net | Gain net |
|---|---|---|---|
| Heure ordinaire | 16,48 € | 13,05 € | référence |
| 10 %, plancher | 18,13 € | 16,40 € | 26 % |
| 25 %, loi | 20,60 € | 18,64 € | 43 % |
| 50 %, loi | 24,73 € | 22,37 € | 71 % |
Exemple pour un non-cadre à 2 500 € brut par mois, soit 16,48 € de l'heure. 25 % et 50 % sont les taux de la loi, et ils ne s'appliquent qu'à défaut d'accord ; 10 % est le plancher qu'aucun accord ne peut franchir, et c'est le taux de branches entières, l'hôtellerie-restauration en tête. Va lire le tien avant de retenir une ligne. Le gain net dépasse la majoration dans les trois cas parce que la réduction de cotisations de 11,31 % s'y ajoute. Au-dessus du plafond de la Sécurité sociale le calcul change : passe par le simulateur.
Grille légale de majoration
| Heure de la semaine | Majoration |
|---|---|
| 36e à 43e | 25 % |
| 44e et au-delà | 50 % |
Les 8 premières heures au-delà de 35 sont majorées de 25 %, les suivantes de 50 %. Le décompte est hebdomadaire, par semaine civile, et la majoration porte sur le brut. Ces deux taux ne s'appliquent qu'à défaut d'accord : un accord d'entreprise ou de branche étendu prime et peut descendre jusqu'à 10 %, jamais plus bas (art. L3121-32 à L3121-34).
Comment c'est calculé, ligne par ligne
Trois étapes, et la deuxième est celle que presque personne n'explique.
1. Le taux horaire
La durée légale vaut 35 heures par semaine, soit 151,67 heures ramenées au mois. Ton taux horaire brut est ton salaire mensuel divisé par ce nombre :
- 2 500 € divisé par 151,67 heures donne 16,48 € brut de l'heure
Ce que tu divises n'est pas toujours ta seule mensualité : un 13e mois et certaines primes entrent dans cette base, et la monter change chaque heure supplémentaire.
2. La majoration, qui gonfle le brut
- à 25 %, l'heure passe à 20,60 € brut
- à 50 %, elle passe à 24,73 € brut
3. La réduction de cotisations, qui gonfle le net
Sur une heure ordinaire, tes cotisations salariales prélèvent 20,84 % du brut. Sur une heure supplémentaire, la loi t'exonère des cotisations d'assurance vieillesse de base et complémentaire, dans la limite de 11,31 % du salaire.
Or sous le plafond de la Sécurité sociale, ces cotisations vieillesse valent exactement 11,31 % : la vieillesse déplafonnée et plafonnée d'un côté, la retraite complémentaire et la contribution d'équilibre général de l'autre. C'est pour cette raison que le législateur a fixé la limite à ce chiffre plutôt qu'à un autre.
Ce qui reste dû sur une heure supplémentaire, c'est donc la CSG et la CRDS seules, soit 9,53 % :
- heure ordinaire : 16,48 € moins 20,84 % donne 13,05 € net
- heure à 25 % : 20,60 € moins 9,53 % donne 18,64 € net
Le brut monte de 25 % et le net monte de 43 %. L'écart entre les deux, c'est exactement la réduction de cotisations.
Sur un mois entier
8 heures supplémentaires par semaine à 25 %, sur quatre semaines :
- 659,34 € brut de plus, soit 596,50 € net
- le même montant versé en salaire ordinaire n'aurait donné que 521,93 € net
Le régime des heures supplémentaires vaut donc 74,57 € de plus par mois, à coût brut identique. Et tant que ton cumul annuel reste sous 7 500 € de net imposable, ce net n'est pas imposé.
13e mois et primes : ce qui entre dans ton taux horaire
Le taux horaire qui paie tes heures supplémentaires ne se calcule pas sur ta seule mensualité. La règle de calcul du taux horaire publiée par l'URSSAF y ajoute les avantages en nature et « les primes constituant la contrepartie d'un travail fourni », et sa formule nomme la prime de fin d'année ou de treizième mois parmi elles.
Ce que ça change sur un salaire versé en 13 mensualités
Reprenons la mensualité de 2 500 € de l'exemple, versée treize fois, soit 32 500 € sur l'année.
- Divisé par 13, l'annuel retombe sur la mensualité et donne 16,48 € brut de l'heure.
- Divisé par 12, il intègre la part mensuelle du 13e mois, soit 2 708,33 €, et donne 17,86 € brut de l'heure.
La bonne base est supérieure d'un douzième, soit 8,33 %. Sur une heure majorée à 25 %, l'écart se voit : 20,60 € contre 22,32 €, soit 1,72 € de plus par heure.
Le contrôle à faire sur ton bulletin
Tout dépend de ce que ton contrat appelle salaire annuel, et une seule comparaison le dit : divise ton annuel par 13, puis compare le résultat au brut de base d'un mois ordinaire, celui qui ne porte ni prime ni 13e mois.
- Les deux sont égaux : ton annuel comprend déjà le 13e mois. La base de ton taux horaire est ton annuel divisé par 12.
- Le résultat est plus bas : ton annuel désigne les 12 mensualités seules et le 13e mois vient en plus. Sa part mensuelle reste à ajouter à ta mensualité.
Un 13e mois n'entre pas dans la base parce qu'il existe
Le critère est ce qu'il rémunère : une prime entre dans la base si elle est la contrepartie du travail fourni. Un remboursement de frais professionnels n'en est pas une et reste dehors.
Le code du travail ne tranche pas ce point. Ses articles L3121-27 à L3121-31 posent que toute heure accomplie au-delà de la durée légale ouvre droit à une majoration salariale, et s'arrêtent là ; la fiche publique des heures supplémentaires n'emploie ni le mot assiette ni l'expression base de calcul. Un employeur peut donc retenir une autre base de bonne foi, et c'est à toi de poser le calcul.
Si ton contrat dépasse 35 heures
Un contrat à 38 ou 39 heures rémunère chaque semaine des heures au-delà de la durée légale. Vérifie qu'elles apparaissent sur une ligne distincte de ton bulletin : si leur montant est fondu dans ton brut mensuel, ce brut ne paie pas 151,67 heures mais davantage, et le diviser par 151,67 surestime ton taux de base.
Une réserve, que l'article L3121-28 pose lui-même : une heure n'est supplémentaire qu'au-delà de la durée légale ou de la durée considérée comme équivalente. Dans une branche qui applique un horaire d'équivalence, les heures comprises entre 35 heures et cette durée ne sont donc pas majorées.
Ce que ta convention collective peut changer
Les taux de 25 % et 50 % ne s'appliquent qu'en l'absence de dispositions conventionnelles. Un accord d'entreprise ou de branche étendu prime, et il peut changer trois choses.
Le taux de majoration
Il peut différer du taux légal, à la hausse comme à la baisse. La seule limite est un plancher : chaque taux est au minimum fixé à 10 %. Certaines conventions prévoient 10 % pour les premières heures et 25 % au-delà, d'autres sont plus généreuses que la loi. L'hôtellerie-restauration est au plancher, ce qui se chiffre : voir le SMIC hôtelier à 39 h.
Quel taux s'applique au tien, et ce que 10 % change par rapport à 25 % : c'est le sujet entier de notre page sur la majoration des heures supplémentaires.
Le contingent annuel
Les 220 heures ne sont qu'un plafond par défaut. Un accord peut le fixer plus haut ou plus bas.
Le repos compensateur de remplacement
Un accord peut prévoir que la rémunération soit remplacée, en tout ou partie, par du repos de durée équivalente à la rémunération majorée : une heure à 50 % donne 1 heure 30. Les heures dont la majoration est intégralement compensée en repos ne s'imputent pas sur le contingent annuel.
Pour savoir ce que prévoit la tienne, le nom et le numéro IDCC de ta convention figurent sur ton bulletin de paie, et le texte complet est publié sur Legifrance. Notre guide des conventions collectives explique comment la lire.
Ton cas n'est pas dans le tableau ?
Le simulateur applique le calcul par tranche à ton salaire réel, avec ou sans heures supplémentaires, et gère le passage du plafond de la Sécurité sociale.
Exonération d'impôt : jusqu'à 7 500 € par an
La rémunération de tes heures supplémentaires est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an. Trois points comptent, et le premier est celui qu'on lit le plus souvent de travers.
- Le plafond se compte sur le net imposable, pas sur le brut. L'exemple publié par l'administration le montre, sur la fiche F2391 : 9 800 € brut d'heures sup sur l'année représentent 7 938 € de net fiscal, donc 438 € seulement au-dessus du plafond.
- Seule la fraction excédentaire est imposée, jamais la totalité.
- L'exonération est automatique : le montant est prérempli sur ta déclaration, il n'y a aucune démarche à faire. Vérifie simplement qu'il est correctement reporté.
Cette exonération se cumule avec la réduction de cotisations de 11,31 % détaillée plus haut. C'est la superposition des deux qui fait qu'une heure supplémentaire rapporte 43 % de net en plus quand son brut ne monte que de 25 %.
Au-delà de 220 heures par an, le repos s'ajoute à la paie
Le contingent annuel est le nombre d'heures supplémentaires que tu peux effectuer dans l'année. Il est d'abord fixé par accord ; à défaut d'accord seulement, l'article D3121-24 le fixe à 220 heures par salarié et par an.
Le même article pose une exception qu'il faut lire avant de retenir ce chiffre : il ne s'applique pas si tu as conclu une convention de forfait en heures sur l'année. Ce forfait-là n'est pas le forfait en jours ; il se décompte bien en heures, mais son volume annuel est fixé par ta convention individuelle, pas par le contingent supplétif.
Le dépasser est possible. Ce qui change, c'est que chaque heure au-delà du contingent ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos, qui s'ajoute à la majoration salariale et ne la remplace pas :
- 50 % de repos par heure, dans les entreprises de 20 salariés au plus
- 100 % de repos par heure, dans les entreprises de plus de 20 salariés
Concrètement, dans une entreprise de plus de 20 salariés, chaque heure supplémentaire au-delà du contingent te donne une heure de repos payé en plus de l'heure majorée. Un accord collectif peut prévoir une contrepartie plus importante, jamais moindre.
Une limite reste absolue quoi qu'il arrive : dépasser le contingent ne permet pas de franchir les durées maximales de travail, qui s'imposent en toutes circonstances.
Le contingent décide aussi de ce que tu peux refuser. En dessous, un refus sans motif légitime peut être sanctionné ; au-delà, refuser devient un droit et tu n'as aucune justification à fournir. Le détail de ce basculement est dans la limite au-delà de laquelle tu peux refuser des heures supplémentaires.
Qui décide, et ce que tu peux refuser
Les heures supplémentaires sont décidées par ton employeur, sur demande écrite ou orale. En principe tu ne peux pas les refuser, et un refus sans motif légitime peut être sanctionné. Ce qu'on peut te demander reste borné : au-delà de 10 heures par jour et 48 heures par semaine, la question n'est plus celle du refus mais celle de l'infraction.
Le refus qu'on ne peut pas te reprocher
Tu ne peux pas être sanctionné si tu refuses exceptionnellement des heures supplémentaires parce que tu n'as pas été prévenu suffisamment tôt. Aucun délai chiffré n'est fixé : ce qui compte est le caractère exceptionnel du refus et la brièveté du préavis qu'on t'a laissé. Au-delà du contingent annuel, le refus change de nature et devient un droit, sans justification à fournir.
Les heures que tu fais sans qu'on te les demande
Elles ne te sont pas dues, en principe. L'exception est large et c'est elle qui compte : elles sont dues s'il est établi que leur réalisation a été rendue nécessaire par les tâches qui t'ont été confiées. Dans ce cas leur paiement ne peut pas dépendre d'une procédure d'accord préalable.
L'accord de ton employeur peut donc être implicite : il le donne en validant les heures que tu enregistres dans le logiciel de pointage, ou en ne te déchargeant pas d'un surcroît d'activité dont tu l'as informé.
Deux statuts qui n'ont pas d'heures supplémentaires
Le cadre dirigeant et le salarié en forfait annuel en jours ne sont pas concernés : leur temps de travail ne se décompte pas en heures, donc il n'y a rien à majorer. Si tu es dans l'un de ces deux cas, aucun montant de cette page ne te concerne.
Prendre son repos compensateur : le mode d'emploi
En l'absence de dispositions conventionnelles, la mécanique est la suivante.
- Ton droit s'ouvre dès que ta contrepartie obligatoire en repos atteint 7 heures
- Tu prends une journée entière ou une demi-journée, à ta convenance
- Tu adresses ta demande au moins 1 semaine à l'avance, en précisant la date et la durée
- L'employeur t'informe de son accord dans les 7 jours suivant la réception
- En cas de désaccord, il ne peut pas différer la prise du repos plus de 2 mois
Ce délai de 2 mois est une protection pour toi, pas une échéance qui t'est imposée : il plafonne le report que ton employeur peut opposer à ta demande.
Si tes heures ne sont pas payées
C'est le moment où le calcul de cette page cesse d'être théorique. La marche à suivre est publiée, et elle est graduée : chaque étape ne s'ouvre que si la précédente n'a rien donné.
- Signale le manquement à ton employeur par lettre recommandée avec avis de réception, en lui demandant un rappel de salaire. C'est ce courrier qui date ta réclamation.
- Rapproche-toi des représentants du personnel, s'il en existe dans ton entreprise.
- Si le litige n'est pas réglé, tu peux saisir l'inspection du travail, le conseil de prud'hommes, ou les deux.
La même démarche vaut si ce n'est pas ta paie mais ta contrepartie en repos qui n'a pas été prise en compte.
Tu n'as pas à prouver seul ce que tu as fait
C'est le point que presque personne n'écrit, et il change la façon d'aborder un litige. Devant le juge, l'article L3171-4 met la charge des deux côtés : c'est l'employeur qui fournit les éléments justifiant les horaires que tu as réellement réalisés, et le juge se décide au vu de ces éléments et de ceux que tu apportes à l'appui de ta demande.
Le même article ajoute une exigence sur les outils de décompte : quand les heures sont enregistrées par un système automatique, celui-ci doit être fiable et infalsifiable.
De ton côté, tu peux apporter tout élément justifiant que tu as effectué ces heures : un relevé de pointage, des courriels, ton agenda. Aucune forme n'est imposée, ce qui a une conséquence pratique : ce sont les traces ordinaires de ton travail qui servent, et elles ne se reconstituent pas après coup. Garde-les au fil de l'eau.
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