Quelle convention collective s'applique à toi, et quel minimum elle impose ?
Trois montants peuvent te concerner : le SMIC, à 1 867,02 € brut par mois, le minimum de ta classification dans ta branche, et celui d'un accord d'entreprise s'il en existe un. Ton employeur doit te verser le plus favorable des trois, quel que soit ton contrat, et même si ton contrat de travail prévoit moins.
Données vérifiées le . Le SMIC cité est celui en vigueur (12,31 € brut de l'heure), et il est recalculé à chaque revalorisation.
IDCC
Le code à 4 chiffres qui nomme ta convention, sur ton bulletin
Le plus élevé
Entre ta grille de branche et le SMIC, c'est lui qui t'est dû
Ta classification
C'est elle, et non ton intitulé de poste, qui fixe ton minimum
Ce qui t'est dû, selon ta situation
Le plancher de rémunération dans les cinq cas qui couvrent la quasi-totalité des contrats du privé
| Ta situation | Ce qui s'applique | Ton plancher |
|---|---|---|
| Ta grille de branche dit plus que le SMIC | La grille de branche | Le montant de ta classification |
| Ta grille de branche dit moins que le SMIC | Le SMIC légal | 1 867,02 € brut/mois |
| Un accord d'entreprise dit plus que ta grille | L'accord d'entreprise | Le montant fixé par l'accord |
| Ton entreprise n'applique aucune convention | Le SMIC légal | 1 867,02 € brut/mois |
| Ton contrat prévoit moins que ce qui précède | Le plus favorable des trois | Jamais le montant du contrat |
La règle est le montant LE PLUS FAVORABLE, quel que soit ton contrat : CDI, CDD, intérim, temps plein ou temps partiel. Montants pour un temps plein à 35 heures par semaine, à proratiser sur un temps partiel. Le SMIC brut mensuel vaut 1 867,02 €, soit environ ~1 478 € net avant impôt. TROIS EXCEPTIONS au plancher du SMIC : il peut être fixé en dessous pour les moins de 18 ans qui n'ont pas 6 mois de pratique dans la branche, pour les apprentis et pour les contrats de professionnalisation.
Où lire ta convention collective
Trois voies, de la plus rapide à la plus fiable quand les deux premières sont muettes
| Où regarder | Ce que tu y trouves | Ce que ça vaut |
|---|---|---|
| Ton bulletin de paie | L'intitulé de la convention, souvent suivi de son code IDCC | L'intitulé est une mention obligatoire : c'est la voie la plus rapide |
| Ton contrat de travail | Le nom de la convention, parfois ta classification | Il PEUT y figurer, sans obligation, et son silence ne te prive de rien |
| L'outil du Code du travail numérique | La convention par nom d'entreprise ou par numéro SIRET | Source officielle et gratuite, utile si ton bulletin est muet |
Le code IDCC est la clé : c'est lui qui identifie ta convention sans ambiguïté, là où deux branches peuvent porter des noms voisins.
Comment lire ta classification et vérifier ton minimum
le chemin exact, du bulletin de paie à la ligne de la grilleLe nom de la convention ne suffit pas à connaître ton minimum : une grille comporte des dizaines de lignes, et une seule te concerne. Le chemin est toujours le même, quelle que soit la branche.
- Relève ta classification sur ton bulletin de paie. Elle apparaît sous forme de catégorie et de niveau (« ETAM 2.2 », « niveau III échelon 1 »), ou d'un coefficient à trois chiffres. C'est cette mention, et non ton intitulé de poste, qui détermine ton minimum : ce que dit ton coefficient, ligne par ligne.
- Ouvre l'avenant « Salaires » le plus récent de ta convention, pas le texte de base. Les grilles vivent dans les avenants, et seul le dernier étendu est en vigueur.
- Lis la ligne de ta classification, puis vérifie qu'elle dépasse le SMIC. Si elle est en dessous, ton plancher est le SMIC.
- Mets les trois montants à la même échelle avant de comparer : ton salaire perçu, le SMIC, et le minimum de ta convention. Un taux horaire brut se compare à un taux horaire brut, un montant mensuel à un montant mensuel pour la même durée de travail. C'est l'étape où l'on se trompe le plus souvent, en opposant un net à un brut ou un mensuel à un horaire.
- Ne compare pas ton salaire total, mais la part qui compte. C'est le point qui fait croire à beaucoup de salariés qu'ils sont au-dessus du minimum alors qu'ils sont en dessous. La convention précise généralement quels éléments entrent dans la comparaison ; quand elle ne le dit pas, ce sont les mêmes que pour le SMIC :
- Ça compte : le salaire de base, les avantages en nature (nourriture, logement), les commissions et pourboires, les primes directement liées à ton travail et à ta productivité (rendement, objectifs), et la prime de vacances ou le 13e mois uniquement le mois où ils sont versés.
- Ça ne compte pas : les majorations d'heures supplémentaires, les majorations de dimanche et de jours fériés, les remboursements de frais, la prime d'ancienneté et les primes liées à autre chose que la contrepartie directe du travail (insalubrité, pénibilité), ni la participation et l'intéressement.
- Refais la vérification chaque mois, à chaque période de paie. La seule exception : une convention qui a fixé uniquement une rémunération annuelle garantie, dont le respect se vérifie alors une fois par an. Un écart en ta défaveur est un rappel de salaire.
Le point qui fait basculer beaucoup de situations : si tes responsabilités réelles dépassent celles décrites par ta classification, la question n'est plus le montant mais la classification elle-même. Une requalification déplace ton minimum d'une ligne, parfois de plusieurs, et c'est un argument de négociation autrement plus solide qu'une demande d'augmentation sans appui. Le détail se lit sur la page classification et grille de branche.
Combien de temps ta convention reste-t-elle applicable ?
durée de validité, et changement d'activité principaleDurée de validité. Une convention collective est généralement conclue à durée indéterminée. Quand elle est à durée déterminée, la durée doit être écrite dans l'accord par les parties, et le texte cesse d'être applicable à la fin de cette période. Pour les conventions conclues depuis le 10 août 2016, une convention muette sur sa durée de validité est réputée conclue pour 5 ans (code du travail, article L2222-4).
Changement d'activité principale. La convention applicable est celle dont relève l'activité principale exercée par ton employeur, identifiée par son code NAF ou APE. Un changement d'activité principale fait donc basculer l'entreprise dans le champ d'un autre texte, et ce n'est pas ton contrat qui décide de la bascule. Le réflexe utile : vérifier sur tes bulletins de paie successifs quel intitulé de convention ton employeur applique réellement, puisque cette mention y est obligatoire.
Plusieurs conventions possibles. Quand une entreprise exerce plusieurs activités, il faut vérifier le champ d'application de chaque convention avant de conclure. C'est le cas où l'outil officiel de recherche vaut mieux qu'une déduction à partir du nom du secteur.
Ton minimum conventionnel, ça fait combien en net ?
Une grille de branche ne publie que du brut. Entre ce brut et ce qui tombe sur ton compte, il y a les cotisations salariales, et le taux change au passage du plafond de la Sécurité sociale. Le simulateur fait la conversion et détaille chaque ligne.
Ce que ta convention fixe, au-delà du salaire
Le minimum de branche est la partie la plus consultée d'une convention, et rarement la plus rentable. Les droits ci-dessous sont ceux que les salariés réclament le moins souvent, parce qu'ils ne figurent pas sur la ligne « salaire de base » du bulletin.
- Primes conventionnelles : 13e mois, prime d'ancienneté, prime de vacances, majorations de nuit ou de dimanche. Elles sont dues dès que la convention les prévoit, et non négociables à la baisse.
- Congés supplémentaires : jours d'ancienneté, congés pour événements familiaux plus longs que le minimum légal.
- Préavis et indemnités de rupture, fréquemment plus favorables que la loi, et souvent plus longs pour les cadres.
- Maintien de salaire en arrêt maladie : beaucoup de conventions complètent les indemnités journalières dès le premier jour, là où la loi impose un délai. C'est le poste qui coûte le plus cher quand on l'ignore. Ce que tu touches vraiment en arrêt maladie.
- Période d'essai, forfait jours, majoration des heures supplémentaires : autant de durées et de taux que ta branche peut fixer autrement que le Code du travail.
- Mutuelle et prévoyance : le niveau de prise en charge patronale est un revenu indirect, et il se lit dans la convention.
- Compte épargne temps : son existence, ce qu'on peut y verser et à quelles conditions le monétiser dépendent de l'accord, pas de la loi seule. Voir ce que vaut un jour épargné.
Une convention ne peut jamais descendre sous le plancher fixé par la loi : ce que ce plancher garantit article par article est détaillé dans notre page sur le code du travail.
Tous ces éléments apparaissent, ou devraient apparaître, sur ta fiche de paie. Une prime conventionnelle absente du bulletin est le cas le plus courant de sous-paiement, et le plus simple à démontrer : il suffit de la ligne de la convention.
Tu es fonctionnaire ? Ce n'est pas une convention collective qui te concerne
Les conventions collectives régissent le secteur privé. Un fonctionnaire n'en a pas : sa rémunération repose sur une grille indiciaire, où un indice majoré est multiplié par la valeur du point d'indice. Le mécanisme est différent, et les deux vocabulaires se ressemblent assez pour se mélanger.
- Privé : une convention de branche, négociée entre organisations patronales et syndicales, publie des minimums en euros par classification. Ces minimums peuvent passer sous le SMIC entre deux avenants, et c'est alors le SMIC qui s'applique.
- Fonction publique : une grille indiciaire fixée par décret, où le traitement brut se calcule à partir de l'indice majoré et de la valeur du point. Voir le guide de la grille de la fonction publique, qui traite ce calcul.
Cas intermédiaire fréquent : un agent contractuel de droit public ne relève ni d'une convention collective, ni de la grille indiciaire des titulaires. Sa rémunération est fixée par son contrat, dans le cadre défini par son employeur public. Si tu es dans ce cas, ni cette page ni une grille de branche ne répondront à ta question.
Les grilles de salaires, branche par branche
Chaque branche a sa page, avec sa grille dépouillée échelon par échelon et le lien vers son texte officiel.
Syntec (IDCC 1486)
Bureaux d'études, conseil, ingénierie et numérique. Grille ETAM et IC.
Voir la grilleMétallurgie (IDCC 3248)
Convention unique de branche, classification par cotation de poste.
Voir la grilleHCR (IDCC 1979)
Hôtels, cafés, restaurants. Niveaux et échelons, avantage en nature repas.
Voir la grilleCommerce alimentaire (IDCC 2216)
Commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire.
Voir la grillePropreté (IDCC 3043)
Entreprises de propreté et services associés, filière agents de service.
Voir la grilleToutes les branches
L'index des grilles de salaires publiées sur le site, branche par branche.
Ouvrir l'indexQuestions fréquentes sur les conventions collectives
Le réflexe qui règle la plupart des cas
Relève l'intitulé de ta convention sur ton bulletin de paie, où la mention est obligatoire, et note son code IDCC s'il l'accompagne. Ouvre ensuite l'avenant « Salaires » le plus récent de cette convention, et compare la ligne de ta classification à deux montants : ton brut réel, et le SMIC à 1 867,02 €. Le plus élevé des deux planchers est celui qui t'est dû, et tout écart en ta défaveur est un rappel de salaire.
Les textes officiels se consultent sur Legifrance par code IDCC, et l'outil du Code du travail numérique retrouve la convention d'une entreprise à partir de son nom ou de son numéro SIRET.
Vérifie l'écart entre ta grille et ta paie
Entre le minimum de ta classification et le net qui tombe sur ton compte, il y a un calcul que la grille ne fait pas. Fais-le en deux secondes, gratuitement et sans inscription.