En arrêt maladie, quelle part de ton salaire tu touches ?
Données vérifiées le 16 juillet 2026
En arrêt maladie, tu ne touches pas automatiquement 100 % de ton salaire. La Sécurité sociale verse des indemnités journalières qui couvrent environ 50 % du salaire de base. L'employeur complète, sous conditions, jusqu'à 90 % du brut. Le 100 % dépend de ta convention collective ou d'une prévoyance. Voici le détail 2026, palier par palier.
3 jours
Carence Sécurité sociale
7 jours
Carence employeur (maintien légal)
42,97 €
IJSS maximale par jour (juillet 2026)
1 an
Ancienneté requise pour le maintien
Ce que tu touches, jour par jour, en arrêt maladie
Cas d'un salarié avec au moins 1 an d'ancienneté, sans disposition conventionnelle plus favorable
| Période de l'arrêt | Sécurité sociale (IJSS) | Employeur (maintien légal) | Total perçu |
|---|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Rien (carence) | Rien (carence) | 0 % * |
| Jours 4 à 7 | IJSS, environ 50 % du salaire de base | Rien (carence) | Environ 50 % * |
| Jours 8 à 37 (30 jours) | IJSS | Complément jusqu'à 90 % | 90 % du brut |
| Jours 38 à 67 (30 jours) | IJSS | Complément jusqu'à 66,66 % | 66,66 % du brut |
* Les délais de carence (3 jours Sécurité sociale, 7 jours employeur) sont fréquemment réduits ou supprimés par la convention collective. Le maintien légal est réservé aux salariés ayant au moins 1 an d'ancienneté. La durée des paliers 90 % et 66,66 % s'allonge avec l'ancienneté. Source : Code du travail (loi de mensualisation, articles L1226-1 et D1226-1), service-public.fr.
Deux indemnités à ne pas confondre
Les indemnités journalières de la Sécurité sociale
Dès le 4e jour d'arrêt, l'Assurance maladie verse des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS). Elles sont calculées sur ton salaire, pas sur un forfait.
Le montant suit une règle simple :
IJSS = 50 % du salaire journalier de base
Le salaire journalier de base correspond à la moyenne des 3 derniers salaires bruts divisée par 91,25. Ce salaire de base est plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel. Conséquence directe : l'IJSS est elle aussi plafonnée. Le SMIC ayant été revalorisé à 1 867,02 € le 1er juin 2026, l'IJSS maximale s'élève à 42,97 € brut par jour pour un arrêt prescrit à compter de juillet 2026 (41,95 € pour un arrêt débuté entre février et juin 2026).
Quelques règles à retenir :
- Carence de 3 jours : les 3 premiers jours d'arrêt ne donnent droit à aucune IJSS. Le versement commence au 4e jour.
- Versement tous les 14 jours environ, directement par l'Assurance maladie, sauf en cas de subrogation (voir plus bas).
- Durée plafonnée à partir du 1er septembre 2026 : un arrêt initial ne pourra plus dépasser 31 jours, et chaque prolongation 62 jours (annonce service-public.fr). Le mode de calcul des indemnités ne change pas.
- Conditions d'ouverture : il faut avoir suffisamment cotisé (un minimum d'heures travaillées ou de salaire sur la période de référence) et avoir transmis l'arrêt dans les 48 heures.
Les IJSS sont soumises à l'impôt sur le revenu et à la CSG-CRDS, mais pas aux cotisations sociales d'un salaire classique. Pour comparer ce que représente cette somme face à ton salaire net habituel, le simulateur brut-net donne un point de repère.
Le maintien de salaire versé par l'employeur
Les IJSS seules ne couvrent qu'environ la moitié du salaire. C'est le maintien de salaire de l'employeur qui rapproche le revenu d'un niveau vivable. Il découle de la loi de mensualisation, intégrée au Code du travail.
Le maintien légal obéit à trois règles :
- Condition d'ancienneté : il faut au moins 1 an d'ancienneté dans l'entreprise au début de l'arrêt. En dessous, pas de maintien légal, seulement les IJSS.
- Carence de 7 jours : pour une maladie non professionnelle, l'employeur ne complète qu'à partir du 8e jour d'absence.
- Montant : 90 % de la rémunération brute pendant les 30 premiers jours indemnisés, puis 66,66 % (deux tiers) pendant les 30 jours suivants.
Point essentiel : le maintien se calcule déduction faite des IJSS. L'employeur ne verse pas 90 % en plus des IJSS, il verse la différence entre 90 % du brut et ce que la Sécurité sociale a déjà payé. Le total perçu atteint 90 % du brut, pas davantage.
La durée du maintien n'est pas figée : elle s'allonge avec l'ancienneté, à raison de 10 jours supplémentaires par palier pour chaque tranche de 5 ans.
Durée du maintien de salaire légal selon l'ancienneté
Nombre de jours indemnisés par l'employeur, hors disposition conventionnelle plus favorable
| Ancienneté | Palier à 90 % | Palier à 66,66 % | Durée totale |
|---|---|---|---|
| 1 à 5 ans | 30 jours | 30 jours | 60 jours |
| 6 à 10 ans | 40 jours | 40 jours | 80 jours |
| 11 à 15 ans | 50 jours | 50 jours | 100 jours |
| 16 à 20 ans | 60 jours | 60 jours | 120 jours |
| 21 à 25 ans | 70 jours | 70 jours | 140 jours |
| 26 à 30 ans | 80 jours | 80 jours | 160 jours |
| 31 ans et plus | 90 jours | 90 jours | 180 jours |
Durées du maintien légal de l'employeur. Chaque palier gagne 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté, dans la limite de 90 jours par palier. La convention collective peut prévoir des durées plus longues. Source : articles D1226-1 et suivants du Code du travail (D1226-1 fixe les paliers de base 30 jours à 90 % puis 30 jours à 66,66 %).
Fonctionnaires : un régime distinct
Comment toucher 100 % de ton salaire en arrêt maladie
La question revient sans cesse, et la réponse est nette : le maintien légal ne va jamais jusqu'à 100 %. Il plafonne à 90 % du brut, puis retombe à 66,66 %. Pour percevoir l'intégralité de ton salaire pendant un arrêt, il faut une couche de protection supplémentaire.
Deux leviers existent :
- La convention collective. C'est le levier le plus courant. De nombreuses conventions prévoient un maintien plus favorable que la loi : maintien à 100 % du salaire, suppression du délai de carence, durée d'indemnisation allongée. Le maintien à 100 % est fréquent pour les cadres et après quelques années d'ancienneté. La convention collective applicable à ton entreprise précise ces règles, classe par classe.
- La prévoyance. Il s'agit d'un contrat d'assurance, le plus souvent collectif et financé en partie par l'employeur, qui complète les IJSS et le maintien légal. Pour les cadres, une prévoyance couvrant le risque arrêt de travail est obligatoire. Le contrat peut porter le revenu à 100 %, voire le maintenir au-delà des durées légales.
Pour savoir où tu en es, deux réflexes : repère ta classification et les garanties de prévoyance sur ta fiche de paie, et lis le chapitre maladie de ta convention collective. Si rien ne dépasse le minimum légal, ton revenu pendant l'arrêt restera autour de 90 % du brut au mieux, et bien moins pendant les jours de carence non couverts.
Un exemple chiffré, carence comprise
Prenons un salarié payé 2 100 € brut par mois, avec 8 ans d'ancienneté, en arrêt maladie de 30 jours, sans disposition conventionnelle plus favorable.
Son salaire journalier de base est d'environ 69 € (6 300 € de bruts sur 3 mois, divisés par 91,25). Son IJSS quotidienne s'élève donc à près de 34,50 €, soit la moitié, bien en dessous du plafond de 42,97 €.
Le déroulé de l'arrêt :
- Jours 1 à 3 : carence de la Sécurité sociale, aucun versement.
- Jours 4 à 7 : IJSS seules, environ 34,50 € par jour. L'employeur n'intervient pas encore, sa carence de 7 jours court toujours.
- Jours 8 à 30 : IJSS plus complément employeur, pour atteindre 90 % du brut.
Résultat : sur ce mois d'arrêt, le salarié ne perçoit pas 90 % de ses 2 100 €, mais nettement moins, car la première semaine est partiellement ou pas du tout couverte. Si sa convention collective supprimait les carences, comme c'est souvent le cas, les 30 jours seraient couverts à 90 %, soit environ 1 890 € sur le mois. L'écart entre ces deux situations, c'est exactement ce que pèse une bonne convention collective.
Trois pièges à connaître
Questions fréquentes sur le salaire en arrêt maladie
Calcule ton salaire net habituel
Pour mesurer l'écart entre tes indemnités d'arrêt et ta paie normale, commence par convertir ton brut en net avec le simulateur.