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En arrêt maladie, quelle part de ton salaire tu touches ?

Rien les 3 premiers jours, environ la moitié de ton salaire jusqu'au 7e, puis 90 % du brut à partir du 8e jour si tu as au moins 1 an d'ancienneté. Sur 2 100 € brut et un mois d'arrêt, la loi seule laisse environ 1 587 € brut, contre 1 890 € si ta convention collective supprime les carences, et ton net habituel si elle maintient 100 %. Ce qu'il te manque une fois le maintien légal épuisé, et ce qui peut le combler, est plus bas dans la page.

Sur 2 100 € brut, avec 8 ans d'ancienneté

0 €

par jour, les 3 premiers jours

34,52 €

par jour du 4e au 7e : la Sécurité sociale seule

63,00 €

par jour dès le 8e : 90 % du brut, employeur compris

Ce que tu touches, jour par jour, en arrêt maladie

Salarié du privé avec au moins 1 an d'ancienneté, sans disposition conventionnelle plus favorable

Ce que tu touches, jour par jour, en arrêt maladie
Période de l'arrêtCe que tu touchesDont Sécurité socialeDont employeur
Jours 1 à 3RienRien (carence)Rien (carence)
Jours 4 à 7Environ 50 % du salaire de baseL'indemnité journalière, 50 % du salaire journalier de baseRien (carence)
Jours 8 à 37 (30 jours)90 % du brutL'indemnité journalièreLe complément jusqu'à 90 %
Jours 38 à 67 (30 jours)66,66 % du brutL'indemnité journalièreLe complément jusqu'à 66,66 %
Après le maintien légal50 % du salaire de base, au plus 42,97 € par jourL'indemnité journalière seule, jusqu'à 360 jours sur 3 ansRien, sauf convention collective ou prévoyance

Les deux carences (3 jours pour la Sécurité sociale, 7 pour l'employeur) sont souvent réduites ou supprimées par la convention collective, et les deux paliers s'allongent avec l'ancienneté : la grille est plus bas. Sans un an d'ancienneté, seule la colonne Sécurité sociale s'applique.

Les indemnités journalières de la Sécurité sociale

Dès le 4e jour d'arrêt, l'Assurance maladie verse des indemnités journalières (IJSS). Elles se calculent sur ton salaire, pas sur un forfait :

IJSS = 50 % du salaire journalier de base

Si tu es payé au mois, le salaire journalier de base est le total de tes 3 derniers salaires bruts divisé par 91,25. Une activité saisonnière se calcule sur 12 mois. Ce salaire est retenu dans la limite de 1,4 fois le SMIC mensuel, soit 2 613,82 € brut par mois au SMIC en vigueur : au-delà, l'indemnité n'augmente plus, et elle plafonne à 42,97 € brut par jour pour un arrêt prescrit à compter de juillet 2026 (41,95 € pour un arrêt prescrit de février à juin 2026, d'après les montants 2026 publiés par service-public.gouv.fr : le plafond suit le SMIC en vigueur le mois qui précède l'arrêt), d'après la fiche d'ameli.fr sur les indemnités journalières du salarié.

  • Carence de 3 jours : aucune indemnité pour les 3 premiers jours de chaque arrêt. Elle ne s'applique pas si tu reprends une prolongation moins de 48 heures après la fin de l'arrêt précédent, en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, après une fausse couche, ni pour une affection de longue durée, où elle n'est retenue qu'une fois par période de 3 ans.
  • Droits ouverts si tu as travaillé au moins 150 heures dans les 3 mois qui précèdent l'arrêt, ou cotisé sur au moins 1 015 fois le SMIC horaire dans les 6 mois précédents, soit 12 494,65 € au SMIC en vigueur. Au-delà de 6 mois d'arrêt, il faut 12 mois d'affiliation et 600 heures sur les 12 derniers mois.
  • Durée : 360 jours d'indemnités au maximum sur une période de 3 ans, et 3 ans pour une affection de longue durée.
  • Versement après traitement du dossier, puis tous les 14 jours en moyenne, directement par ta caisse sauf subrogation (voir plus bas). L'arrêt se transmet à l'employeur et à la caisse dans les 48 heures, et qui envoie quoi dépend de la façon dont ton médecin l'a prescrit.
  • Prélèvements : CSG à 6,2 % et CRDS à 0,5 %, sans les cotisations sociales d'un salaire, puis l'impôt sur le revenu par prélèvement à la source (sauf les arrêts liés à une affection de longue durée exonérante).
  • Durée des ordonnances depuis le 1er septembre 2026 : un arrêt initial ne peut pas dépasser 31 jours et chaque prolongation 62 jours. Ce plafond borne chaque ordonnance, pas la durée totale de ton arrêt : ton médecin peut prolonger au-delà si ton état le nécessite, et il ne s'applique pas à Mayotte. Ni le montant de l'indemnité ni la carence ne changent (décret n° 2026-498 du 12 juin 2026, article R. 162-1-7-1 du code de la sécurité sociale, annonce de service-public.gouv.fr).

Un arrêt pour épuisement professionnel suit exactement ces règles : ce qu'il change sur ta paie est traité dans le burn-out et ta fiche de paie. Pour le montant exact de la Sécurité sociale sur ton salaire et ta durée d'arrêt, carence déduite, le calculateur d'indemnités journalières applique cette formule.

Le maintien de salaire de l'employeur, et qui y a droit

Les indemnités seules couvrent environ la moitié du salaire. Le maintien de salaire de l'employeur, aussi appelé indemnité complémentaire, vient de la loi de mensualisation (articles L1226-1 et D1226-1 et suivants du Code du travail). Ce n'est pas un geste de l'employeur : c'est un plancher légal, et ta convention collective ne peut que faire mieux.

Tu y as droit si tu remplis toutes ces conditions, listées par la fiche F3053 :

  • au moins 1 an d'ancienneté dans l'entreprise, comptée au premier jour de l'absence ;
  • l'arrêt transmis à l'employeur sous 48 heures ;
  • être assuré social d'un régime qui ouvre droit aux indemnités journalières (le régime général ou la MSA) ;
  • être soigné en France ou dans un État de l'Espace économique européen ;
  • ne pas être travailleur à domicile, saisonnier, intermittent ou intérimaire : ceux-là n'ont pas de maintien légal, seulement ce que leur convention prévoit.

Le maintien obéit ensuite à trois règles :

  • Carence de 7 jours pour une maladie non professionnelle : l'employeur complète à partir du 8e jour. C'est à ces 7 jours que renvoie la question « qui a 7 jours de carence », et les deux carences du privé mises côte à côte chiffrent ce que la semaine entière retire selon ton salaire. Après un accident du travail ou une maladie professionnelle, il n'y a aucune carence : le complément est dû dès le premier jour.
  • Montant : 90 % de la rémunération brute que tu aurais perçue en travaillant pendant les 30 premiers jours indemnisés, puis les deux tiers (66,66 %) pendant les 30 jours suivants, pour 1 à 5 ans d'ancienneté.
  • Déduction faite des indemnités journalières : l'employeur ne verse pas 90 % en plus, il verse la différence entre 90 % de ton brut et ce que la Sécurité sociale paie. Si ta caisse réduit tes indemnités (hospitalisation, sanction pour non-respect de ses règles), l'employeur calcule quand même sur leur montant entier. Les prestations d'une prévoyance financée par l'employeur se déduisent aussi.

Deux bornes que les résumés oublient : les jours déjà indemnisés par l'employeur au cours des 12 mois précédents se déduisent de la durée à laquelle tu as droit, et le total que tu perçois ne peut pas dépasser le net que tu aurais touché en travaillant. En contrepartie, l'employeur peut faire pratiquer une contre-visite médicale chez toi.

Sur ta fiche de paie, le maintien apparaît comme une ligne « maintien de salaire » ou « indemnité complémentaire », après la retenue pour absence. Si l'employeur pratique la subrogation, une ligne « IJSS » s'y ajoute : il perçoit les indemnités à ta place et te reverse le tout en une fois.

Durée du maintien de salaire légal selon l'ancienneté

Nombre de jours indemnisés par l'employeur, hors disposition conventionnelle plus favorable

Durée du maintien de salaire légal selon l'ancienneté
AnciennetéDurée totalePalier à 90 %Palier à 66,66 %
1 à 5 ans60 jours30 jours30 jours
6 à 10 ans80 jours40 jours40 jours
11 à 15 ans100 jours50 jours50 jours
16 à 20 ans120 jours60 jours60 jours
21 à 25 ans140 jours70 jours70 jours
26 à 30 ans160 jours80 jours80 jours
31 ans et plus180 jours90 jours90 jours

Chaque palier gagne 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté au-delà de la première année, dans la limite de 90 jours par palier, soit 60 à 180 jours au total (articles D1226-1 et D1226-2 du Code du travail, grille publiée par la fiche F3053). Les jours déjà indemnisés dans les 12 derniers mois se déduisent de ces durées.

Est-ce que tu perds de l'argent ? L'exemple jusqu'au net

Prenons un salarié payé 2 100 € brut par mois, avec 8 ans d'ancienneté, en arrêt maladie pendant 30 jours. Son salaire journalier de base vaut 69,04 € (6 300 € de bruts sur 3 mois, divisés par 91,25), donc son indemnité journalière est de 34,52 €, bien sous le plafond de 42,97 €. Sa rémunération brute vaut 70 € par jour calendaire.

  • Jours 1 à 3 : rien.
  • Jours 4 à 7 : 34,52 € par jour, la Sécurité sociale seule.
  • Jours 8 à 30 : 63,00 € par jour, soit 90 % de 70 €, dont 34,52 € de la Sécurité sociale et le reste de l'employeur.

Total : 1 587,08 € brut sur le mois, dont 932,04 € de la Sécurité sociale et 655,04 € de l'employeur, contre 2 100 € en travaillant. En net avant impôt, l'écart est un peu plus petit qu'il n'y paraît, parce que les indemnités ne supportent que la CSG et la CRDS là où un salaire supporte environ 21 % de cotisations : il reste environ 1 388 € net sur 1 662 € habituellement, soit 84 % de ton net. Oui, tu perds de l'argent, et l'essentiel de la perte tient dans la première semaine.

Le même mois sous une convention collective qui supprime les carences et maintient 90 % dès le premier jour rend 1 890 € brut et environ 1 628 € net, soit 98 % de ton net habituel : à ce niveau tu ne perds presque rien. Avec un maintien à 100 %, tu touches ton net habituel, 1 662 €, et pas davantage : la loi plafonne le maintien au net que tu aurais eu en travaillant. L'écart entre ces trois lignes, c'est exactement ce que pèse ta convention collective.

Sans un an d'ancienneté, le même arrêt ne rapporte que les indemnités journalières, 932,04 € brut sur le mois : à peine plus de la moitié du net habituel. Ces montants sont calculés sur un mois de 30 jours calendaires et un salarié non cadre ; ta fiche de paie décompte l'absence selon l'usage de ton entreprise, et l'écart se joue à quelques euros. Ton net habituel se lit dans la différence entre brut et net.

Après le maintien légal : ce qu'il te reste, et ce qui peut le combler

Un arrêt long traverse trois phases, et à chaque phase quelqu'un cesse de payer

Après le maintien légal : ce qu'il te reste, et ce qui peut le combler
Phase de l'arrêtCe que tu touchesQui te paieCe qui peut combler
Pendant le maintien légal (60 à 180 jours indemnisés selon l'ancienneté)90 % du brut, puis 66,66 %La Sécurité sociale et l'employeurLa convention collective : 100 %, sans carence, plus longtemps
Après le maintien, jusqu'à 360 jours d'indemnités sur 3 ans (3 ans en affection de longue durée)50 % du salaire de base, au plus 42,97 € par jourLa Sécurité sociale seuleUne prévoyance d'entreprise ou individuelle, qui verse des indemnités complémentaires
Au-delà, si ta capacité de travail est réduite d'au moins deux tiersUne pension d'invalidité : 30 % du salaire annuel moyen en catégorie 1, 50 % en catégories 2 et 3, plafonnéeLa Sécurité socialeUne prévoyance qui verse une rente d'invalidité

La pension d'invalidité se calcule sur tes 10 meilleures années de salaire, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale : ses montants et ses conditions vivent sur la page pension d'invalidité. Une prévoyance ne remplace ni les indemnités journalières ni le maintien légal : elle s'ajoute, selon ce que son contrat prévoit.

Comment toucher 100 % de ton salaire, et qui décide

La loi seule ne va jamais jusqu'à 100 % : elle plafonne à 90 % du brut, puis retombe aux deux tiers, puis à la seule indemnité journalière. Ce n'est pas ton employeur qui décide de faire plus ou moins : il applique la règle la plus favorable entre la loi, ta convention collective et un éventuel accord d'entreprise. Pour percevoir l'intégralité de ton salaire, il faut donc une couche au-dessus de la loi, et il en existe trois.

  • La convention collective, le levier le plus courant. Beaucoup de conventions maintiennent 100 % du salaire, suppriment les jours de carence ou allongent la durée, souvent selon l'ancienneté, et souvent davantage pour les cadres. C'est le chapitre « maladie » de ta convention collective qui le dit, classe par classe. Le Code du travail numérique publie, convention par convention, ce que l'employeur doit maintenir en cas d'arrêt maladie.
  • La prévoyance d'entreprise (ce que la prévoyance d'entreprise complète), un contrat d'assurance collectif, souvent financé en partie par l'employeur, qui prend le relais quand le maintien légal s'arrête : indemnités complémentaires pendant l'arrêt, rente en cas d'invalidité. Si tu es cadre, ton employeur finance obligatoirement une prévoyance, qui couvre d'abord le décès : que ton arrêt de travail y soit couvert, et à quel niveau, se lit dans le contrat, et la page sur la prévoyance des cadres dit comment le vérifier en cinq minutes. Pour les non-cadres, tout dépend de la convention collective.
  • Une prévoyance individuelle, un contrat à ton nom, quand rien n'existe dans ton entreprise ou que la couverture collective s'arrête trop tôt. Elle se choisit sur la durée des indemnités et le délai de franchise, pas sur le nom de l'assureur.

Deux réflexes pour savoir où tu en es : repère ta classification et la ligne « prévoyance » sur ta fiche de paie, et lis le chapitre maladie de ta convention. Si rien ne dépasse le minimum légal, ton revenu pendant un arrêt plafonne à 90 % du brut, sans rien pendant la première semaine, et il tombe à la moitié une fois le maintien épuisé.

Ton indemnité journalière, sur ton salaire et ta durée d'arrêt

Cette page a fait le calcul sur 2 100 € brut. Le calculateur l'applique à ton salaire réel, pour 7 à 90 jours d'arrêt, carence déduite : c'est la part Sécurité sociale, à laquelle tu ajoutes le complément de ton employeur lu dans la grille ci-dessus.