Indemnité de licenciement : combien vas-tu toucher en 2026 ?
Avec 2 500 € brut de salaire de référence et 8 ans d'ancienneté, l'indemnité légale de licenciement est de 5 000 € brut, soit 2 mois de salaire. La règle : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois par année au-delà, dès 8 mois d'ancienneté. Le barème ci-dessous donne l'ordre de grandeur ; pour ton salaire, tes mois exacts et ton préavis, le simulateur d'indemnité de licenciement applique la formule ligne à ligne.
Barème de l'indemnité légale de licenciement 2026
Montant brut pour un salaire de référence de 2 500 €, et en mois de salaire pour tout autre salaire
| Ancienneté | Pour 2 500 € brut | Mois de salaire |
|---|---|---|
| 1 an | 625 € | 0,25 mois |
| 2 ans | 1 250 € | 0,50 mois |
| 3 ans | 1 875 € | 0,75 mois |
| 5 ans | 3 125 € | 1,25 mois |
| 8 ans | 5 000 € | 2,00 mois |
| 10 ans | 6 250 € | 2,50 mois |
| 15 ans | 10 417 € | 4,17 mois |
| 20 ans | 14 583 € | 5,83 mois |
| 25 ans | 18 750 € | 7,50 mois |
| 30 ans | 22 917 € | 9,17 mois |
Minimum légal fixé par l'article R1234-2 du Code du travail : 1/4 de mois de salaire de référence par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, 1/3 de mois par année au-delà. Une année incomplète compte au prorata des mois complets. Ta convention collective peut prévoir plus : c'est alors elle qui s'applique. Pour un autre salaire de référence, multiplie la colonne « mois de salaire » par ton salaire, ou lis la grille de 1 500 € à 4 000 € sur le simulateur.
Comment calculer ton indemnité, étape par étape
Ce qu'on appelle souvent la « prime de licenciement » est l'indemnité légale de licenciement. Elle se calcule avec deux nombres : ton salaire de référence et ton ancienneté. La formule est fixée par l'article R1234-2 du Code du travail et s'impose à tout employeur, quelle que soit la taille de l'entreprise. Les règles de calcul ci-dessous sont celles de la fiche service-public.gouv.fr, « Indemnité de licenciement du salarié en CDI », F987.
Étape 1 : le salaire de référence
Tu retiens le plus favorable des deux calculs, sur tes salaires bruts :
- la moyenne mensuelle des 12 derniers mois précédant le licenciement ;
- la moyenne mensuelle des 3 derniers mois. Dans ce cas, une prime annuelle ne compte pas en entier : tu ajoutes 1/12e de la prime à chacun des 3 mois retenus.
Moins de 12 mois d'ancienneté : tu compares la moyenne de tous les mois travaillés avec celle des 3 derniers mois, et tu gardes la plus favorable.
Tu as été en arrêt maladie ou en temps partiel thérapeutique au cours de ces mois ? Le salaire de référence est celui des 12 ou des 3 derniers mois précédant l'arrêt, pas celui des mois d'indemnités journalières. Sans cette règle, un licenciement pour inaptitude, qui suit presque toujours un arrêt, serait calculé sur un salaire amputé.
Étape 2 : l'ancienneté
Elle se compte jusqu'à la fin du préavis, effectué ou non, pas à la date de la lettre : deux mois de préavis peuvent te faire franchir une année de plus. Une année incomplète compte au prorata des mois complets : 8 ans et 6 mois valent 8,5 années dans le calcul.
La condition d'ouverture, elle, s'apprécie à la date d'envoi de la lettre : il faut 8 mois d'ancienneté ininterrompus chez le même employeur. En dessous, aucune indemnité légale n'est due, sauf convention collective, contrat ou usage plus favorable.
Étape 3 : la formule
Indemnité = (1/4 x salaire de référence x années jusqu'à 10) + (1/3 x salaire de référence x années au-delà de 10)
Exemple 1, 2 500 € brut et 8 ans d'ancienneté : tout est sous le seuil de 10 ans. Indemnité = 8 x 1/4 x 2 500 € = 5 000 € brut, soit 2 mois de salaire.
Exemple 2, 1 500 € brut et 12 ans et 9 mois d'ancienneté (l'exemple de la fiche F987) : les 10 premières années donnent 10 x 1/4 = 2,50 mois ; les 2 années suivantes donnent 2 x 1/3 ; les 9 mois donnent 9/12 x 1/3. Total : 3,42 mois, soit 5 125 € brut. Avec 3 ans et 6 mois au même salaire, le prorata donne 1 312,50 €.
Tu es passé de temps plein à temps partiel, ou l'inverse
L'indemnité se calcule proportionnellement à chaque période, avec le salaire de chacune. Exemple de la fiche F987 : 3 ans à temps plein à 2 000 €, puis 2 ans à mi-temps à 1 000 €. Indemnité = (2 000 € x 1/4 x 3) + (1 000 € x 1/4 x 2) = 2 000 €. Un calcul fait sur le seul dernier salaire à mi-temps aurait donné 1 250 €.
Une exception : si tu es licencié pendant un congé parental d'éducation à temps partiel, l'indemnité se calcule sur ta rémunération à temps plein. Le simulateur officiel du Code du travail numérique ne traite pas l'alternance temps plein / temps partiel, il le dit lui-même : dans ce cas, fais le calcul période par période comme ci-dessus.
Ton ancienneté n'est pas ronde, ton salaire non plus
Entre ta date d'embauche, la fin de ton préavis et ton salaire de référence : le simulateur applique le prorata des mois et la bascule à 10 ans, ligne par ligne.
Indemnité légale, conventionnelle ou négociée
Le barème ci-dessus est un plancher. Trois niveaux peuvent exister, et ils ne s'additionnent pas :
- L'indemnité légale : le minimum du Code du travail, dû à tout salarié en CDI licencié avec au moins 8 mois d'ancienneté.
- L'indemnité conventionnelle : ta convention collective peut prévoir une formule plus généreuse (taux plus élevé, ancienneté comptée dès le premier jour, plancher en euros, majoration après un certain âge). Tu perçois la plus élevée des deux, jamais les deux.
- L'indemnité supra-légale : un montant négocié au-delà, fréquent dans un plan de départ ou une transaction. Elle n'est garantie par aucun texte.
La loi ne distingue pas cadre et non-cadre : à salaire et ancienneté égaux, l'indemnité légale est la même. Ce sont les conventions qui réservent parfois une formule plus avantageuse aux cadres. Pour savoir laquelle te couvre, repère le code IDCC (le numéro qui identifie ta convention) sur ta fiche de paie, puis compare la formule conventionnelle au barème légal.
Si le départ se fait d'un commun accord, c'est l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle qui s'applique : son plancher est exactement l'indemnité légale de licenciement, et tout ce qui dépasse se négocie. Entre un licenciement économique et une rupture conventionnelle, ce que chacun rapporte au total est comparé chiffre par chiffre.
Ce qui s'ajoute à l'indemnité, et ce qui la supprime
L'indemnité de licenciement n'est qu'une des sommes de ton solde de tout compte, établi à la fin du contrat, c'est-à-dire au terme du préavis. Elle se cumule avec :
- l'indemnité compensatrice de préavis, si l'employeur te dispense d'effectuer ton préavis : le salaire que tu aurais perçu pendant sa durée, qui dépend de ton ancienneté ;
- l'indemnité compensatrice de congés payés, pour les jours acquis et non pris, dont le montant se calcule par jour ;
- les indemnités fixées par un juge : licenciement sans cause réelle et sérieuse, irrégulier ou nul, requalification d'un CDD en CDI, contrepartie d'une clause de non-concurrence.
Exemple : avec 2 500 € de salaire de référence, 8 ans d'ancienneté et 2 mois de préavis dispensé, tu touches 5 000 € d'indemnité de licenciement, 5 000 € de préavis et le solde de tes congés payés, soit plus de 10 000 € au total. Seule l'indemnité de licenciement suit le barème.
Ce que le motif change :
- Faute grave ou faute lourde : aucune indemnité de licenciement, ni de préavis. Les congés payés acquis restent dus et le chômage reste ouvert ; le détail de ce que la faute grave retire et laisse est sur sa page.
- Licenciement économique : même barème légal, souvent majoré par la convention, et un contrat de sécurisation professionnelle en plus. Le total est sur la page du licenciement économique.
- Inaptitude d'origine professionnelle (accident du travail, maladie professionnelle) : indemnité spéciale au moins doublée, plus une indemnité égale au préavis.
- Fin de CDD : pas d'indemnité de licenciement, mais une prime de précarité, sauf exceptions.
- Démission : aucune indemnité de rupture.
Tu contestes le motif ou le montant ? Tu as 12 mois à compter de la notification du licenciement pour saisir le conseil de prud'hommes (article L1471-1 du Code du travail). Un licenciement jugé sans cause réelle et sérieuse ouvre droit à une indemnité prud'homale distincte, qui s'ajoute à celle de licenciement. Et ne confonds pas cette indemnité avec la prime d'ancienneté, un complément mensuel de salaire prévu par certaines conventions.
Impôts, cotisations et chômage
L'indemnité est versée en brut, mais l'écart avec ce qui te reste est bien plus faible que sur un salaire : la fraction légale ou conventionnelle est exonérée d'impôt et de cotisations.
- Impôt sur le revenu : le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle est totalement exonéré. Si tu touches plus, l'exonération monte au plus favorable de 50 % de l'indemnité perçue ou de 2 fois ta rémunération brute de l'année civile précédente, dans la limite de 6 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 288 360 € pour une indemnité versée en 2026. Le surplus est imposable ; tu peux demander le système du quotient pour lisser l'impôt. Source : impots.gouv.fr, « Indemnités suite à rupture du contrat de travail ».
- Cotisations sociales : la fraction exonérée d'impôt l'est aussi de cotisations, dans la limite de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 96 120 € en 2026 (plafond annuel : 48 060 €). Au-delà de 10 fois ce plafond, 480 600 €, l'indemnité est cotisée en totalité dès le premier euro.
- CSG et CRDS (les deux contributions sociales prélevées sur tout revenu) : exonérées à hauteur du plus faible des deux montants suivants, l'indemnité légale ou conventionnelle qui t'est due, ou la part exonérée de cotisations. Une part supra-légale supporte donc la CSG-CRDS même quand elle reste exonérée d'impôt.
Dans un plan de sauvegarde de l'emploi, l'indemnité est exonérée d'impôt en totalité, sans plafond ; les limites de cotisations, elles, ne changent pas. La rupture conventionnelle suit les mêmes limites fiscales que le licenciement, avec ses propres cas particuliers. À l'inverse, l'indemnité compensatrice de préavis et celle de congés payés sont du salaire : elles sont imposables et cotisées comme lui.
Chômage : l'indemnité légale ou conventionnelle ne retarde pas ton allocation. Seule la part supra-légale déclenche un différé spécifique, plafonné à 150 jours (75 jours en licenciement économique), qui repousse le premier versement sans réduire tes droits. Le mécanisme du différé et son diviseur sont les mêmes pour toutes les ruptures.
Vérifie le montant de ton solde de tout compte
Salaire de référence sur 12 ou 3 mois, prime annuelle au douzième, ancienneté jusqu'à la fin du préavis : le simulateur reprend chaque étape et te donne le minimum que ton employeur ne peut pas descendre.