Indemnité de licenciement : combien vas-tu toucher en 2026 ?
Données vérifiées le 30 juin 2026
Si tu es licencié après au moins 8 mois d'ancienneté, ton employeur te doit une indemnité légale de licenciement. Son montant suit une formule simple : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté, puis 1/3 de mois au-delà de 10 ans. Voici le barème complet, la méthode de calcul et les cas qui changent la donne.
8 mois
Ancienneté minimale requise
1/4
de mois par année (jusqu'à 10 ans)
1/3
de mois par année (au-delà de 10 ans)
R1234-2
Article du Code du travail
Barème de l'indemnité légale de licenciement 2026
Indemnité en mois de salaire selon l'ancienneté, et exemple chiffré pour un salaire de référence de 2 500 € brut
| Ancienneté | Indemnité (en mois de salaire) | Exemple : 2 500 € brut/mois |
|---|---|---|
| 1 an | 0,25 mois | 625 € |
| 2 ans | 0,50 mois | 1 250 € |
| 3 ans | 0,75 mois | 1 875 € |
| 5 ans | 1,25 mois | 3 125 € |
| 8 ans | 2,00 mois | 5 000 € |
| 10 ans | 2,50 mois | 6 250 € |
| 15 ans | 4,17 mois | 10 417 € |
| 20 ans | 5,83 mois | 14 583 € |
| 25 ans | 7,50 mois | 18 750 € |
| 30 ans | 9,17 mois | 22 917 € |
Indemnité légale calculée selon l'article R1234-2 du Code du travail : 1/4 de mois de salaire par année pour les 10 premières années, 1/3 de mois par année au-delà. Les années incomplètes comptent au prorata des mois. Une convention collective peut prévoir une indemnité plus favorable : c'est alors elle qui s'applique.
La formule de calcul
Comment calculer ton indemnité, étape par étape
Le calcul de l'indemnité légale repose sur deux éléments : ton ancienneté et ton salaire de référence. La formule, elle, est fixée par le Code du travail et s'impose à tous les employeurs.
Étape 1 : déterminer le salaire de référence
On retient le montant le plus favorable entre :
- la moyenne mensuelle des 12 derniers mois de salaire brut ;
- la moyenne mensuelle des 3 derniers mois de salaire brut (les primes annuelles ou exceptionnelles versées sur cette période ne comptent qu'au prorata, pour éviter de gonfler artificiellement la moyenne).
Si ton ancienneté est inférieure à 12 mois, la moyenne se fait sur les mois réellement travaillés.
Étape 2 : appliquer la formule à ton ancienneté
Indemnité = (0,25 x réf x années ≤ 10) + (0,33 x réf x années > 10)
Exemple 1 : 8 ans d'ancienneté
Salaire de référence : 2 500 € brut. Ancienneté : 8 ans, entièrement dans la première tranche. Indemnité = 8 x 0,25 x 2 500 = 5 000 € brut, soit 2 mois de salaire.
Exemple 2 : 18 ans d'ancienneté
Salaire de référence : 3 200 € brut. Les 10 premières années donnent 10 x 0,25 = 2,5 mois. Les 8 années suivantes donnent 8 x 1/3 = 2,67 mois. Total : 5,17 mois, soit 5,17 x 3 200 = 16 533 € brut.
Une année incomplète se compte au prorata : 8 ans et 6 mois d'ancienneté équivalent à 8,5 années dans le calcul.
Indemnité de licenciement, préavis et congés payés : trois sommes distinctes
Le montant calculé ci-dessus n'est qu'une partie de ce que tu reçois sur ton solde de tout compte. Trois indemnités s'additionnent et ne se confondent pas :
- L'indemnité de licenciement : la somme issue de la formule (1/4 et 1/3 de mois par année).
- L'indemnité compensatrice de préavis : le salaire que tu aurais perçu pendant ton préavis si l'employeur te dispense de l'effectuer. Elle vaut 1 à 3 mois de salaire selon ton ancienneté et ta convention. Elle n'est pas due en cas de faute grave ou lourde.
- L'indemnité compensatrice de congés payés : le paiement des jours de congés acquis et non pris à la date de départ.
Exemple : avec 2 500 € de salaire de référence, 8 ans d'ancienneté et 2 mois de préavis dispensé, tu touches 5 000 € d'indemnité de licenciement, 5 000 € de préavis et le solde de tes congés payés, soit plus de 10 000 € au total. Confondre ces sommes fausse l'estimation : seule l'indemnité de licenciement suit le barème.
Indemnité légale, conventionnelle ou négociée
Le barème ci-dessus est le minimum légal. Trois niveaux d'indemnité peuvent se superposer :
- L'indemnité légale : le plancher fixé par le Code du travail, dû à tout salarié licencié comptant au moins 8 mois d'ancienneté.
- L'indemnité conventionnelle : ta convention collective peut prévoir une formule plus généreuse (coefficient plus élevé, prise en compte de l'ancienneté dès le premier jour, plancher en euros). Lorsqu'elle est plus favorable, c'est elle qui s'applique, jamais la moins-disante.
- L'indemnité supra-légale : un montant négocié au-delà du minimum, fréquent lors d'un plan de départ ou d'une transaction. Cette part négociée n'est pas garantie par la loi.
Pour savoir quelle convention te couvre, repère le code IDCC sur ta fiche de paie, puis compare la formule conventionnelle au barème légal. Tu retiens le résultat le plus élevé.
Si ton départ se fait d'un commun accord plutôt que par décision de l'employeur, c'est l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle qui s'applique. Son plancher est identique à l'indemnité légale de licenciement, mais elle se négocie et peut être revue à la hausse.
Les situations qui changent le montant
Tous les départs ne se valent pas. Le motif du licenciement et le type de contrat modifient, voire suppriment, l'indemnité :
- Licenciement économique : l'indemnité légale est identique au barème ci-dessus. Certaines conventions collectives ajoutent une majoration spécifique aux licenciements économiques.
- Faute grave ou faute lourde : aucune indemnité de licenciement n'est due, et le préavis n'est pas indemnisé. C'est la sanction la plus lourde pour le salarié.
- Inaptitude d'origine professionnelle : l'indemnité légale est doublée lorsque l'inaptitude résulte d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle.
- Fin de CDD : il n'y a pas d'indemnité de licenciement, mais une indemnité de fin de contrat (la prime de précarité, égale à 10 % de la rémunération brute totale) sauf exceptions.
- Démission : aucune indemnité de licenciement. Le départ à l'initiative du salarié n'ouvre pas ce droit.
En cas de désaccord sur le motif ou le montant, le conseil de prud'hommes peut être saisi : un licenciement sans cause réelle et sérieuse ouvre droit à une indemnisation supplémentaire, distincte de l'indemnité de licenciement.
Indemnité de licenciement et impôts
L'indemnité de licenciement est largement protégée fiscalement, mais l'exonération n'est pas illimitée.
- Impôt sur le revenu : la fraction correspondant à l'indemnité légale ou conventionnelle est totalement exonérée. Si tu touches plus (indemnité supra-légale ou transactionnelle), l'exonération va jusqu'au plus élevé de ces deux plafonds : 2 fois ta rémunération brute de l'année précédente, ou 50 % de l'indemnité totale, chacun limité à 6 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Le surplus est imposable.
- Cotisations sociales : l'indemnité est exonérée dans la limite de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 96 120 € en 2026 (le plafond annuel 2026 étant de 48 060 €). Au-delà, la part excédentaire est soumise à cotisations.
- CSG et CRDS : l'exonération est plafonnée au montant de l'indemnité légale ou conventionnelle. La part qui dépasse ce montant supporte la CSG-CRDS, même si elle reste exonérée d'impôt.
Cas particulier : dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), l'indemnité est intégralement exonérée d'impôt sur le revenu, sans plafond. L'indemnité étant calculée sur un salaire de référence brut, le montant qui te reste est proche du brut affiché. Pour comparer avec ton salaire habituel, le simulateur brut-net reste l'outil de référence.
Questions fréquentes sur l'indemnité de licenciement
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