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Quelle est la différence entre salaire brut et net ?

Données vérifiées le

Ton net, c'est ton brut moins les cotisations salariales. Sous le plafond de la Sécurité sociale, elles prélèvent 20,84 % du brut, que tu sois cadre ou non. Sur 2 500 € brut par mois, cela fait 521 € de cotisations et 1 979 € de net avant impôt. Au-dessus du plafond, ce taux baisse : c'est ce qu'aucun coefficient unique ne sait faire.

20,84 %

Prélevé sous 4 005 € de brut par mois

19,79 %

Prélevé sur l'euro suivant, au-dessus du plafond

0,60 €

Ce que le statut cadre coûte en plus, par mois, à 2 500 € brut

Brut, net, et ce qui part entre les deux

Salarié du privé, temps plein, hors mutuelle d'entreprise

Brut, net, et ce qui part entre les deux
Brut mensuelCe qui part en cotisationsNet avant impôt
1 867,02 € (SMIC)389 €1 478 €
2 000 €417 €1 583 €
2 500 €521 €1 979 €
3 500 €729 €2 771 €
4 005 € (plafond)835 €3 170 €
5 000 €1 037 €3 963 €

Montants arrondis à l'euro, calculés tranche par tranche et non avec un coefficient. Le net avant impôt est celui qui figure sur ta fiche de paie avant le prélèvement à la source. La part salariale d'une mutuelle d'entreprise, variable selon le contrat, s'ajoute à ces cotisations. Pour un montant qui n'est pas dans ces six lignes, la grille complète au pas fin vit dans le simulateur.

Ce qui est prélevé, et ce qui change au plafond

Part salariale uniquement. Le plafond mensuel de la Sécurité sociale vaut 4 005 € en 2026.

Ce qui est prélevé, et ce qui change au plafond
PrélèvementAssietteJusqu'au plafondAu-dessus du plafond
Vieillesse plafonnéePart du brut sous le plafond6,90 %ne s'applique plus
Vieillesse déplafonnéeTotalité du brut0,40 %0,40 %
Retraite complémentaire Agirc-ArrcoTranche concernée3,15 %8,64 %
Contribution d'équilibre général (CEG)Tranche concernée0,86 %1,08 %
Contribution d'équilibre technique (CET)Totalité du brut, dès le premier euro au-dessus du plafondnéant0,14 %
CSG98,25 % du brut9,20 %9,20 %
CRDS98,25 % du brut0,50 %0,50 %
APEC, cadres uniquementBrut, dans la limite de 16 020 € par mois0,024 %0,024 %
Assurance maladieAucune part salariale : absente de la table salariale de l'Urssafnéantnéant
Assurance chômageAucune part salariale : la contribution est entièrement patronalenéantnéant

Sources : Urssaf, « Taux de cotisations - Secteur privé » pour la vieillesse, la CSG, la CRDS et l'assiette réduite ; Agirc-Arrco, « Le calcul des cotisations de retraite complémentaire » pour les tranches, la CEG, la CET et l'APEC. L'abattement de 1,75 % sur l'assiette CSG-CRDS s'arrête à 16 020 € par mois : au-delà, ces deux contributions portent sur la totalité du brut. La tranche 2 de la retraite complémentaire s'arrête à 32 040 € par mois. Le détail poste par poste tel qu'il apparaît sur un bulletin vit dans le guide comprendre sa fiche de paie.

Pourquoi l'addition des taux officiels ne donne pas ton taux

Additionne les taux de la grille ci-dessus : tu obtiens 21,01 %. Ta fiche de paie en prélève 20,84 %. Les deux chiffres sont justes. L'écart vaut 0,17 point, soit 4,24 € par mois à 2 500 € brut et 50,92 € sur l'année.

Une seule ligne de la grille l'explique : la CSG et la CRDS ne portent pas sur ton brut. Elles portent sur 98,25 % de ton brut, l'Urssaf retirant 1,75 % au titre des frais professionnels (Urssaf, « La CSG-CRDS »). Leurs 9,70 % nominaux ne prélèvent donc que 9,53 % du brut, et les 0,17 point manquants sont exactement là. Toutes les autres lignes, elles, portent bien sur la totalité.

Il faut donc deux publications de l'Urssaf pour retrouver le chiffre de ton bulletin, et non une : la table des taux du secteur privé donne les taux, la fiche CSG-CRDS donne l'assiette. Lue seule, la première conduit à 21,01 %, et l'écart passe d'autant plus facilement qu'il est petit : il ne coûte que quelques euros par mois, mais il est systématique - le taux prélevé vaut exactement 20,84 % à tous les niveaux de salaire sous le plafond, du SMIC à 4 005 €.

Cette réduction d'assiette s'arrête à 16 020 € de brut par mois. Au-delà, la CSG et la CRDS portent sur la totalité, et l'addition redevient exacte sur ces deux lignes-là. C'est la deuxième rupture du calcul, après celle du plafond de la Sécurité sociale.

Le taux prélevé BAISSE quand le salaire monte

C'est contre-intuitif et c'est mécanique : la vieillesse plafonnée cesse au plafond de la Sécurité sociale, et ce qu'elle arrête de prélever pèse plus lourd que ce que la tranche 2 ajoute.

  • 20,84 % à 4 005 € brut par mois
  • 20,74 % à 5 000 € brut
  • 20,58 % à 6 000 € brut

Un coefficient unique se trompe donc dans les deux sens : il sous-estime le net au-dessus du plafond et il ne peut pas suivre la marche décrite plus bas.

Comment c'est calculé, ligne par ligne

la démonstration sur 2 500 € brut

Aucune de ces lignes n'est un coefficient : chacune est un taux appliqué à sa propre assiette. C'est cette superposition qui rend une fiche de paie illisible, et c'est aussi ce qui explique que le total ne soit pas proportionnel au brut.

  • Vieillesse déplafonnée : 2 500 € × 0,40 % = 10,00 €
  • Vieillesse plafonnée : 2 500 € × 6,90 % = 172,50 €
  • Retraite complémentaire tranche 1 : 2 500 € × 3,15 % = 78,75 €
  • Contribution d'équilibre général : 2 500 € × 0,86 % = 21,50 €
  • Assiette CSG-CRDS : 2 500 € × 98,25 % = 2 456,25 €
  • CSG et CRDS : 2 456,25 € × 9,70 % = 238,26 €

Total des cotisations salariales : 521,01 €, soit 20,84 % du brut. Net avant impôt : 1 979 €. Ni la contribution d'équilibre technique ni l'APEC n'apparaissent ici : la première n'est due qu'au-dessus du plafond, la seconde ne concerne que les cadres. Ce tableau s'arrête à ton brut : au-dessus, ton employeur paie ses propres cotisations, et c'est ce que tu lui coûtes réellement.

Ton brut n'est pas dans le tableau ?

Le simulateur applique le calcul tranche par tranche à ton montant exact, détaille chaque cotisation et gère aussi le sens inverse, du net vers le brut.

Cadre ou non-cadre : ce que le statut change vraiment

Presque rien, et c'est mesurable. La seule cotisation propre au statut cadre est l'APEC, qui finance l'accompagnement des cadres demandeurs d'emploi, au taux salarial de 0,024 %.

À 2 500 € brut par mois, un cadre paie donc 0,60 € de cotisations en plus qu'un non-cadre. À 5 000 € brut, l'écart monte à 1,20 €. Pas trois points de pourcentage : quelques dizaines de centimes.

D'où vient alors l'idée qu'un cadre garde moins ? De la fusion Agirc-Arrco de 2019. Avant elle, les cadres relevaient d'un régime distinct avec ses propres taux. Depuis, il n'y a plus qu'un régime unifié, et ses taux dépendent de la tranche de salaire, jamais du statut. Un non-cadre qui dépasse le plafond cotise en tranche 2 exactement comme un cadre (le détail des tranches et de la contribution d'équilibre).

Ce qui reste vrai : les cadres dépassent plus souvent le plafond, donc ils sont plus souvent concernés par la tranche 2 et par la contribution d'équilibre technique. Mais c'est leur niveau de salaire qui le décide, pas la case cochée sur leur contrat. Un coefficient « cadre » n'existe pas.

Deux différences réelles subsistent, et aucune des deux ne touche ce calcul : la prévoyance obligatoire des cadres, financée par l'employeur et donc sans effet sur ton net, et les régimes complémentaires que certaines conventions collectives ajoutent. Vérifie ta convention collective : c'est là que se logent les cotisations supplémentaires, jamais dans le statut lui-même.

Fonction publique : un calcul qui ne suit pas cette grille

Si tu es agent titulaire, la grille ci-dessus ne s'applique pas à ton bulletin, et l'écart entre ton brut et ton net se construit autrement.

Ce que la table des taux du secteur public de l'Urssaf publie pour les agents titulaires est court : la CSG et la CRDS, aux mêmes taux que dans le privé (9,20 % et 0,50 %), sur 98,25 % du traitement indiciaire brut et de ses accessoires. Et aucune ligne de vieillesse salariale : la retraite d'un titulaire ne passe pas par le régime général.

Pour aller plus loin : le détail des cotisations maladie et vieillesse.

Applique cette table jusqu'au bout, assiette réduite comprise comme plus haut, et tu obtiens 9,53 % de ton traitement indiciaire brut. Ton bulletin en prélève nettement plus. Là encore les deux sont justes, et la cause n'est pas un désaccord entre les sources : c'est un périmètre. L'Urssaf publie ce qu'elle collecte, et ta retenue pour pension civile ne passe pas par elle - elle est donc absente de sa table sans être absente de ta feuille de paie.

Deux conséquences pratiques. D'abord, ton assiette n'est pas ton salaire total mais ton traitement indiciaire, ce qui laisse une partie des primes hors de certains prélèvements. Ensuite, ta retenue pour pension remplace la vieillesse et la retraite complémentaire du privé : elle relève d'un texte propre à la fonction publique, et non des taux publiés ci-dessus.

Le taux exact de cette retenue n'est donc pas à chercher dans la table des cotisations : c'est ce texte-là qu'il faut ouvrir. Un chiffre repris d'ailleurs, sans sa publication, hérite des erreurs de qui l'a recopié - et sur ce point précis les valeurs qui circulent ne s'accordent pas entre elles.

Un agent non titulaire - un contractuel - a sa propre entrée dans cette table, et elle ajoute une ligne que celle du titulaire n'a pas : l'assurance vieillesse, à 0,40 % sur la totalité et 6,90 % dans la limite du plafond. Ce sont exactement les deux taux de la grille du privé, plus haut sur cette page.

Mais aucune des deux entrées ne comporte de ligne de retraite complémentaire. Les lignes Agirc-Arrco de la grille du privé ne se transposent donc ni à un titulaire ni à un contractuel : ce régime-là est celui du secteur privé, et la table du secteur public n'en publie pas l'équivalent. C'est la même leçon de périmètre, appliquée une seconde fois - une table peut être complète pour ce qu'elle couvre et muette sur ce qu'elle ne collecte pas.

Pour le détail du traitement indiciaire, de l'indice majoré et des grilles par catégorie, la page dédiée est la grille de salaire de la fonction publique.

Net à payer, net imposable, net versé : trois montants différents

Ta fiche de paie porte trois « nets », et ils ne sont jamais égaux.

Le net à payer avant impôt est ton brut moins toutes les cotisations salariales. C'est le montant de la colonne de droite du tableau de réponse ci-dessus.

Le net imposable est plus élevé que le précédent, et c'est le point qui surprend. Il réintègre ce que le fisc ne considère pas comme déductible : la part non déductible de la CSG (2,40 % sur les 9,20 % prélevés) et la CRDS (0,50 %). La part employeur de ta mutuelle obligatoire s'y ajoute également. C'est ce montant, et non le net à payer, qui sert d'assiette au prélèvement à la source.

Le net versé est ce qui arrive sur ton compte : le net à payer moins le prélèvement à la source. Ce dernier n'est pas une cotisation sociale, c'est l'impôt sur le revenu, prélevé après les cotisations et modifiable sur ton espace personnel des impôts. Tu peux estimer ton impôt séparément.

Retiens l'ordre : brut, puis cotisations, puis net à payer, puis impôt, puis net versé. Le net imposable est une base de calcul qui vit à côté de cette chaîne, il n'en est pas une étape.

Du net au brut : le calcul inverse

Tu connais ton net et tu veux savoir quel brut demander. Sous le plafond de la Sécurité sociale, divise ton net avant impôt par le coefficient de ton statut :

  • Non-cadre : brut = net / 0,7916. Pour 2 000 € net, compte environ 2 527 € brut.
  • Cadre : brut = net / 0,7914. Pour 2 000 € net, compte 2 527 € brut, soit le même montant à l'euro près. C'est la démonstration la plus courte de tout ce qui précède : les deux coefficients ne se séparent qu'à la quatrième décimale.

Ces deux coefficients ne valent que sous le plafond. Au-dessus, le rapport change à chaque euro et la marche décrite plus haut fait qu'une même valeur de net peut correspondre à deux bruts différents. Dans ce cas, seul un calcul par tranche répond juste : le simulateur gère le sens inverse.

En négociation, une précaution utile : annonce toujours si ton chiffre est en brut ou en net, et sur quelle base annuelle. Un désaccord sur douze ou treize mois pèse plus lourd que l'écart cadre/non-cadre dont on vient de parler.

Ce que ces cotisations t'ouvrent comme droits

ce n'est pas de l'argent perdu

Retraite. La vieillesse plafonnée et déplafonnée valide tes trimestres de retraite de base. Chaque euro cotisé en retraite complémentaire achète des points Agirc-Arrco, convertis en pension le jour du départ. Cotiser en tranche 2 rapporte donc davantage de points, ce qui nuance la marche du plafond sur une carrière.

Maladie et famille. La CSG a remplacé la cotisation maladie salariale en 2018 : elle finance l'assurance maladie, les prestations familiales et l'autonomie. Tes remboursements de soins et tes indemnités journalières en cas d'arrêt en dépendent, même sans ligne « maladie » sur ton bulletin.

Chômage. La cotisation salariale a été supprimée en octobre 2018 et la contribution est désormais entièrement patronale. Tes droits sont inchangés : c'est le financement qui a bougé, pas l'assurance.

CRDS. Elle finance le remboursement de la dette sociale et n'ouvre, elle, aucun droit propre. C'est la seule ligne de ce total dont c'est le cas.

Alsace-Moselle : une cotisation en plus

Bas-Rhin, Haut-Rhin, Moselle

Les salariés des départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle paient une cotisation salariale maladie supplémentaire au titre du régime local. Elle s'ajoute à toutes les lignes de la grille de référence, et elle réduit donc ton net d'un cran par rapport au reste du pays.

Le taux publié par l'Urssaf au 17 août 2026 est de 1,30 % du brut, sous l'intitulé « cotisation salariale maladie supplémentaire pour les départements du Haut-Rhin, Bas-Rhin et de la Moselle ». En contrepartie, la prise en charge des soins y est nettement meilleure que dans le régime général.

Ce taux est cité avec sa date, et non dérivé comme les autres : il ne figure pas encore dans la source unique de calcul du site, donc le simulateur ne l'applique pas. Pour un bulletin alsacien ou mosellan, retire ce point supplémentaire du net rendu par le simulateur.

Questions fréquentes sur l'écart entre le brut et le net

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