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Combien la retraite complémentaire prélève-t-elle sur ton salaire ?

Données vérifiées le 17 août 2026

Sur la part de ton brut inférieure à 4 005 € par mois, la retraite complémentaire prélève 3,15 % de part salariale, et la contribution d'équilibre général 0,86 % de plus. Sur 2 500 € brut, cela fait 100,25 € par mois. Ton employeur en paie 60 %, et ces taux sont les mêmes que tu sois cadre ou non.

SourcesAgirc-Arrco

40 %

Ta part de la cotisation, le reste est payé par ton employeur

100,25 €

Prélevé par mois sur 2 500 € de brut, part salariale

21,26 %

Part de la cotisation qui n'achète aucun point de retraite

Les taux de retraite complémentaire, ligne par ligne

Régime Agirc-Arrco, salarié du privé. La tranche 1 s'arrête à 4 005 € de brut par mois, la tranche 2 à 32 040 €.

Les taux de retraite complémentaire, ligne par ligne
Ligne de cotisationPart salarialePart patronaleTotal appelé
Retraite tranche 13,15 %4,72 %7,87 %
Retraite tranche 28,64 %12,95 %21,59 %
CEG tranche 10,86 %1,29 %2,15 %
CEG tranche 21,08 %1,62 %2,70 %
CET0,14 %0,21 %0,35 %
APEC, cadres0,024 %0,036 %0,060 %

CEG désigne la contribution d'équilibre général, CET la contribution d'équilibre technique. Le total appelé est la somme des deux parts, et la répartition réglementée est de 60 % pour l'employeur et 40 % pour le salarié sur les deux tranches. Un accord collectif ne peut la modifier que dans un sens plus favorable au salarié. Certaines entreprises et certaines branches cotisent volontairement à des taux supérieurs : le certificat d'adhésion de l'entreprise le précise.

Sur quelle part de ton salaire chaque ligne s'applique

Un taux sans son assiette ne se calcule pas. Tranche 1 : de 0 à 4 005 € de brut mensuel. Tranche 2 : de 4 005 € à 32 040 €, soit huit fois le plafond.

Sur quelle part de ton salaire chaque ligne s'applique
LigneAssietteQui est concerné
Retraite tranche 1La part du brut sous le plafondTous les salariés du privé
Retraite tranche 2La part du brut au-dessus du plafondCeux dont le brut dépasse le plafond
CEG tranche 1La part du brut sous le plafondTous les salariés du privé
CEG tranche 2La part du brut au-dessus du plafondCeux dont le brut dépasse le plafond
CETLa totalité des tranches 1 et 2Ceux dont le salaire dépasse le plafond, cadres ou non
APECTranches 1 et 2, dans la limite de 16 020 € par moisLes cadres uniquement

La cotisation est obligatoire et due sur la rémunération de tous les salariés du privé, cadres et non-cadres, affiliés au régime général ou à la Mutualité sociale agricole. L'APEC est la seule ligne de cette grille qui dépende du statut. Le détail de ce qui entre dans l'assiette, et de ce qui en sort, est déplié plus bas.

Un cinquième de ta cotisation ne t'ouvre aucun droit

Le régime distingue deux taux, et seul le premier compte pour ta retraite. Le taux de calcul des points convertit la cotisation en points ; le taux réellement prélevé, dit appelé, vaut ce taux multiplié par un pourcentage d'appel de 127 %.

  • Tranche 1 : 6,20 % donnent des points, 7,87 % sont prélevés
  • Tranche 2 : 17,00 % donnent des points, 21,59 % sont prélevés

L'écart finance l'équilibre du régime et ne se transforme jamais en points, soit 21,26 % de ta cotisation de retraite. Les deux contributions d'équilibre n'en rapportent aucun non plus : elles ne servent qu'à financer le régime.

Comment c'est calculé sur un salaire

la démonstration sur 2 500 € puis 5 000 € de brut

Chaque ligne s'applique à sa propre assiette, jamais au brut entier. C'est pour cette raison qu'un taux moyen unique ne peut pas rendre le résultat juste.

Sur 2 500 € de brut, entièrement en tranche 1

  • Retraite tranche 1 : 2 500 € × 3,15 % = 78,75 €
  • Contribution d'équilibre général : 2 500 € × 0,86 % = 21,50 €
  • Contribution d'équilibre technique : néant, le salaire ne dépasse pas le plafond

Total retenu : 100,25 €, soit 4,01 % du brut.

Sur 5 000 € de brut, à cheval sur les deux tranches

  • Retraite : 4 005 € × 3,15 % puis 995 € × 8,64 % = 212,13 €
  • Contribution d'équilibre général, aux deux taux de tranche = 45,19 €
  • Contribution d'équilibre technique : 5 000 € × 0,14 % = 7,00 €, parce que le salaire dépasse le plafond et qu'elle porte alors sur la totalité

Total retenu : 264,31 €, soit 5,29 % du brut. Le poids de la retraite complémentaire a donc presque doublé en proportion, alors que le total de tes cotisations salariales, lui, baisse au passage du plafond : la CSG, elle, garde le même taux à tous les niveaux de salaire. Un cadre ajouterait l'APEC, soit 1,20 € de plus.

Ton brut n'est pas dans les exemples ?

Le simulateur applique le calcul tranche par tranche à ton montant exact et détaille chaque cotisation, retraite complémentaire comprise, jusqu'à ton net avant et après impôt.

Qui cotise, et ce que la cotisation achète

La retraite complémentaire n'est pas une option. Elle est obligatoire pour tous les salariés du secteur privé affiliés au régime général de Sécurité sociale ou à la Mutualité sociale agricole, cadres comme non-cadres, et elle s'ajoute à la retraite de base sans la remplacer.

Contrairement à la retraite de base, qui compte des trimestres, elle fonctionne par points. La part de ta cotisation calculée au taux de calcul des points est convertie en points inscrits sur ton compte, et ces points se cumulent sur toute la carrière. C'est ce qui explique une conséquence peu intuitive : cotiser en tranche 2 coûte beaucoup plus cher, et rapporte proportionnellement davantage de points.

Deux nuances comptent avant de lire un taux comme une perte. La cotisation est partagée : sur les 7,87 % appelés en tranche 1, 4,72 % sont payés par ton employeur et n'apparaissent jamais dans le total qui réduit ton net. Et les points sont acquis sur la totalité de la part calculée au taux contractuel, part patronale comprise, pas seulement sur ce que tu as versé.

Le régime est piloté par les partenaires sociaux, qui fixent les taux contractuels par accord national interprofessionnel. Il est géré par les organismes de retraite complémentaire, auprès desquels ton entreprise adhère : c'est son certificat d'adhésion qui précise le taux applicable, et une éventuelle répartition différente. La présentation générale du régime figure sur la fiche F15396 de service-public.gouv.fr.

Ce qui entre dans l'assiette, et ce qui n'y entre pas

primes, indemnités, avantages en nature

L'assiette de la cotisation reprend, sauf exception, les mêmes éléments que celle des cotisations de Sécurité sociale. Sa composition explique pourquoi deux salariés au même salaire de base ne cotisent pas le même montant.

Sont pris en compte le salaire brut et les gains, les indemnités de congés payés, les autres indemnités, primes et gratifications, les avantages en espèces et en nature, et les sommes perçues par l'intermédiaire d'un tiers. Une prime exceptionnelle est donc cotisée comme le salaire.

Ne sont pas pris en compte les frais professionnels et les abattements pour frais professionnels, les titres restaurant et plus largement les avantages exclus de l'assiette de Sécurité sociale, les indemnités de mise à la retraite quand elle intervient à l'initiative de l'employeur, les indemnités de rupture conventionnelle et de licenciement ainsi que les dommages et intérêts dans leurs limites d'exonération, et les contributions que l'employeur verse au financement du régime lui-même.

Une indemnité de panier échappe donc à la cotisation là où une prime d'ancienneté y est soumise. Le détail poste par poste tel qu'il apparaît sur un bulletin vit dans le guide comprendre sa fiche de paie.

Quand ta convention collective applique un taux supérieur

le cas des taux historiques de branche

Les taux publiés sur cette page sont les taux obligatoires. Des entreprises et des branches entières ont décidé par le passé de cotiser au-delà, pour que leurs salariés acquièrent davantage de droits, et elles restent tenues par cet engagement.

Deux conséquences pratiques. Ton taux réel peut être supérieur à celui du tableau, et l'écart se lit sur ton bulletin, pas dans un barème général. Et c'est le certificat d'adhésion de ton entreprise au régime, ou l'accord de retraite applicable à ta branche, qui fait foi.

Un taux supérieur n'est pas une mauvaise nouvelle : la part calculée au taux contractuel rapporte des points, donc une cotisation plus élevée construit une pension plus élevée. Pour savoir quel texte s'applique à toi, la page conventions collectives explique comment identifier la tienne à partir de ton bulletin.

Ce que la fusion de 2019 a changé, et ce qu'elle n'a pas changé

pourquoi les anciens taux par statut circulent encore

Au 1er janvier 2019, les deux régimes qui coexistaient ont fusionné en un régime unique. Avant cette date, les cadres relevaient d'un régime distinct, avec ses propres tranches et ses propres taux : c'est de là que vient l'idée qu'un cadre cotise différemment.

Ce n'est plus vrai depuis 2019. Les taux dépendent de la tranche de salaire, jamais du statut, et un non-cadre qui dépasse le plafond cotise en tranche 2 exactement comme un cadre. La contribution d'équilibre technique s'applique elle aussi sans distinction de statut.

Deux cotisations de l'ancien système ont disparu au 31 décembre 2018 : l'AGFF et la garantie minimale de points. Les deux contributions d'équilibre les ont remplacées. Si tu lis encore ces sigles sur un document, il date d'avant la fusion.

La seule ligne réellement liée au statut est l'APEC, à 0,024 % de part salariale, qui finance l'accompagnement des cadres demandeurs d'emploi. Elle représente quelques dizaines de centimes par mois, pas les trois points de pourcentage que l'on lit parfois.

Questions fréquentes sur la cotisation de retraite complémentaire

Voir toutes tes cotisations, pas seulement la retraite

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