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Quelles sont les charges patronales, et sur quelle assiette ?

Données vérifiées le 17 août 2026

Les charges patronales sont les cotisations que l'employeur verse en plus du salaire brut. Il n'existe pas un taux : chaque cotisation porte sur sa propre assiette, et trois d'entre elles changent de régime au plafond de la Sécurité sociale, à 4 005 € par mois. C'est pour cette raison qu'un pourcentage unique appliqué au brut ne tombe juste pour personne.

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Assiettes différentes se partagent les cotisations patronales

4 005 €

Le plafond mensuel où trois cotisations changent de régime

32 040 €

Le haut de la tranche 2, soit huit fois le plafond

Les quatre assiettes, et ce qui bascule au plafond

Salarié du secteur privé. Le plafond mensuel de la Sécurité sociale vaut 4 005 € en 2026.

Les quatre assiettes, et ce qui bascule au plafond
AssietteCe qu'elle porteAu passage du plafond
Totalité du brutMaladie, vieillesse déplafonnée, allocations familiales, chômage, accident du travail, contribution solidarité autonomie, FNAL, formation, apprentissage, versement mobilitérien ne change : le taux porte sur tout
Part sous le plafondVieillesse plafonnéecesse de s'appliquer
Par trancheRetraite complémentaire et contribution d'équilibre généralpassent en tranche 2 jusqu'à 32 040 €
Totalité, mais au-delà seulementContribution d'équilibre techniquese déclenche dès le premier euro au-dessus

Un taux global unique additionne des lignes qui ne portent pas sur la même base : c'est la raison pour laquelle les fourchettes lues ailleurs varient de près de vingt points. Deux taux dépendent en plus de l'entreprise elle-même - l'accident du travail selon le secteur et la sinistralité, le versement mobilité selon la commune - et un troisième groupe dépend de l'effectif. Pour un montant en euros, le calculateur applique chaque ligne à son assiette.

Chaque cotisation patronale et son assiette

La colonne « ce qui la fait varier » est celle qui manque partout ailleurs : elle dit pourquoi deux entreprises paient un total différent sur le même brut.

Chaque cotisation patronale et son assiette
CotisationAssietteCe qui la fait varier
Assurance maladieTotalité du bruttaux réduit à 7 % sous 2,5 SMIC, plein à 13 % au-dessus
Vieillesse déplafonnéeTotalité du brutrien
Vieillesse plafonnéePart du brut sous 4 005 €s'arrête au plafond
Allocations familialesTotalité du bruttaux réduit à 3,45 % sous 3,5 SMIC, plein à 5,25 % au-dessus
Assurance chômageTotalité du brutrien
Retraite complémentaireTranche 1 sous le plafond, tranche 2 au-dessusla tranche, jamais le statut
Contribution d'équilibre généralTranche 1 et tranche 2, à des taux distinctsla tranche
Contribution d'équilibre techniqueTotalité du brut, due seulement au-dessus du plafondle franchissement du plafond
Accident du travailTotalité du brutle secteur et la sinistralité : du bureau au chantier
Contribution solidarité autonomieTotalité du brutrien
FNALTotalité du brutl'effectif, seuil à 50 salariés
Formation professionnelleTotalité du brutl'effectif, seuil à 11 salariés
Taxe d'apprentissageTotalité du brutl'Alsace-Moselle, où le solde ne s'applique pas de la même façon
Versement mobilitéTotalité du brutla commune et l'effectif : nul sous 11 salariés
Prévoyance cadreDéfinie par la convention collectivele statut cadre, et la convention applicable
APECTranche 1 et tranche 2le statut cadre

Seize lignes, et aucune ne porte le même couple assiette-variabilité que sa voisine. Les taux ne figurent pas dans cette grille : ils sont appliqués ligne par ligne par le calculateur, qui demande l'effectif et le statut parce que sans eux le total n'a pas de sens. L'APEC est plafonnée à 16 020 € par mois, soit quatre plafonds.

Comment on passe d'une assiette à un montant

Le calcul se fait ligne par ligne, et l'ordre compte. Pour chaque cotisation : déterminer l'assiette, appliquer le taux à cette assiette seule, puis additionner. La réduction générale se retire du total, à la fin.

Sur un brut sous le plafond, les quatre assiettes se confondent en une seule : tout le salaire est sous le plafond, donc la vieillesse plafonnée porte sur la totalité, la retraite complémentaire est entièrement en tranche 1, et la contribution d'équilibre technique n'est pas due. C'est le seul cas où un pourcentage global tombe juste - et c'est celui du SMIC, à 1 867 € de brut mensuel.

Sur un brut au-dessus du plafond, il faut découper. La part sous 4 005 € porte la vieillesse plafonnée et la tranche 1 ; la part au-dessus porte la tranche 2, jusqu'à 32 040 € ; et la contribution d'équilibre technique, elle, revient porter sur la totalité. Une même cotisation peut donc avoir deux assiettes sur un seul bulletin.

C'est ce découpage que le calculateur fait pour toi, en demandant l'effectif et le statut : sans eux, cinq des seize lignes n'ont pas de taux déterminé.

Les charges sur un salaire précis

Entre un brut, l'effectif et le statut : le calculateur applique chaque cotisation à son assiette, retire la réduction générale et donne le coût total. Gratuit, sans inscription, résultat immédiat.

Ce qui change selon la taille de l'entreprise

Trois cotisations de la grille ne dépendent ni du salaire ni du statut, mais de l'effectif - et c'est la variable que les tableaux de taux omettent le plus souvent, alors qu'elle sépare deux entreprises payant le même brut.

  • Le FNAL change de taux au seuil de 50 salariés.
  • La formation professionnelle change de taux au seuil de 11 salariés.
  • Le versement mobilité est nul sous 11 salariés, et au-delà il dépend de la commune : son taux est fixé localement, pas nationalement.

À quoi s'ajoute une quatrième variable, propre à l'entreprise et non à sa taille : le taux accident du travail, fixé selon le secteur d'activité et la sinistralité. Un poste de bureau et un poste de chantier ne portent pas le même, et l'écart entre les deux se compte en points, pas en dixièmes.

La réduction générale n'est pas un taux, c'est un allègement

C'est ce qui explique l'écart, apparemment inexplicable, entre les fourchettes publiées un peu partout : d'un côté « environ 40 % du brut », de l'autre « 3 à 4 % au niveau du SMIC ». Les deux décrivent le même barème, vu avant et après la réduction générale de cotisations patronales.

Elle se calcule sur le total, se retire à la fin, décroît à mesure que le salaire monte et s'annule au-delà d'un multiple du SMIC. Deux conséquences pratiques : un taux de charges patronales cité sans préciser si la réduction est appliquée ne veut rien dire, et cette réduction est patronale - elle allège le coût de l'emploi et ne change rien au net du salarié.

Aller plus loin

Charges salariales et charges patronales : la même assiette, deux payeurs

Les deux parts se calculent sur le même salaire brut, avec les mêmes règles d'assiette et le même plafond. Ce qui les sépare est le payeur, et l'effet : la part salariale est retenue SUR le brut et réduit le net - sous le plafond elle prélève 20,84 % - tandis que la part patronale s'ajoute EN PLUS du brut et ne touche pas le net.

Deux lignes du bulletin n'ont plus de part salariale du tout : l'assurance maladie, transférée sur la CSG, et la contribution chômage, devenue entièrement patronale. Elles figurent donc côté employeur uniquement, ce qui explique qu'un bulletin puisse montrer des cotisations patronales sans ligne salariale en face.

Le détail de la part salariale, tranche par tranche, vit dans la différence entre le brut et le net.

Pourquoi le statut cadre change presque rien, contrairement à ce qu'on lit

Depuis la fusion Agirc-Arrco de 2019, les taux de retraite complémentaire ne dépendent pas du statut : ils dépendent de la tranche. Un non-cadre qui dépasse le plafond cotise en tranche 2 exactement comme un cadre.

Deux lignes seulement sont propres au statut cadre : la prévoyance, dont le minimum est fixé par la convention collective applicable, et l'APEC, dont l'assiette est plafonnée à 16 020 € par mois. Tout le reste est identique.

La conséquence est contre-intuitive et vaut d'être retenue : sur un même brut, l'écart de charges entre un cadre et un non-cadre est marginal, alors que l'écart entre deux entreprises de tailles différentes, lui, est réel.

Les cas où la grille ne s'applique pas telle quelle

L'Alsace-Moselle porte un régime local d'assurance maladie et une répartition différente du solde de la taxe d'apprentissage : deux lignes de la grille y diffèrent.

L'apprentissage et les contrats aidés ouvrent des exonérations propres, qui ne se lisent pas comme un taux réduit mais comme une assiette réduite ou une exonération de certaines lignes.

Le dirigeant assimilé salarié - président de société par actions simplifiée, gérant minoritaire - relève du régime général pour l'essentiel de ces lignes, mais pas de l'assurance chômage, à laquelle il ne cotise pas et pour laquelle il n'ouvre donc aucun droit.

Questions fréquentes sur les charges patronales

Du brut au coût total de l'emploi

Cette page dit quelle cotisation porte sur quelle assiette. Pour raisonner sur le coût total d'un salaire - budgéter un poste, comparer deux offres, préparer une négociation - le guide du coût employeur prend le relais.