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Quel est le taux des charges patronales en 2026 ?

Sur un salaire ordinaire, l'employeur verse 46,30 % du brut en plus du salaire. Mais ce taux ne se paie presque jamais tel quel : la réduction générale le ramène à 8,79 % au niveau du SMIC, puis il remonte à mesure que le salaire augmente et redevient plein au-delà de 5 469 € par mois.

8,8 %

Au niveau du SMIC, une fois la réduction générale appliquée

36,3 %

Sur un brut de 3 000 €, réduction comprise

46,5 %

Au-delà de 5 469 €, quand la réduction est épuisée

Le taux réellement payé, salaire par salaire

Salarié non cadre, entreprise de 11 à 49 salariés. Le taux de la deuxième colonne est celui que l'employeur verse une fois la réduction générale déduite.

Le taux réellement payé, salaire par salaire
Brut mensuelTaux vraiment payéSans la réduction
SMIC, 1 867 €8,79 %46,30 %
2 000 €14,83 %46,30 %
2 500 €29,11 %46,30 %
3 000 €36,30 %46,30 %
4 000 €42,35 %46,30 %
5 469 € et au-delà46,48 %46,48 %

Les deux colonnes se rejoignent en bas du tableau, et c'est le fait le plus utile de la page : la réduction générale s'éteint à trois fois le SMIC. En dessous, un employeur qui cite « 46 % de charges » décrit un taux qu'il ne paie pas. Au-dessus, il le paie en entier.

Le taux de chaque cotisation patronale

Taux applicables en 2026, salarié cadre pour couvrir toutes les lignes. Une cotisation ne se définit jamais par son seul taux : c'est le couple taux et assiette qui dit ce qu'elle coûte.

Le taux de chaque cotisation patronale
CotisationTauxSur quelle part du brut
Assurance maladie13,00 %Totalité du brut
Vieillesse déplafonnée2,11 %Totalité du brut
Vieillesse plafonnée8,55 %Part sous 4 005 €
Allocations familiales5,25 %Totalité du brut
Assurance chômage4,00 %Part sous 16 020 €
AGS0,25 %Part sous 16 020 €
Agirc-Arrco tranche 16,01 %Part sous 4 005 €
Agirc-Arrco tranche 214,57 %Part au-delà du plafond
Contribution d'équilibre technique0,21 %Totalité, si le brut dépasse le plafond
Accident du travailvariableTotalité du brut
Contribution solidarité autonomie0,30 %Totalité du brut
Contribution au dialogue social0,016 %Totalité du brut
FNAL0,10 %Part sous 4 005 €
Formation professionnelle1,00 %Totalité du brut
Taxe d'apprentissage0,68 %Totalité du brut
Versement mobilitévariableTotalité du brut
Prévoyance cadrevariableTotalité du brut
APEC0,036 %Part sous 16 020 €

Les taux viennent de la page des taux du secteur privé de l'URSSAF, sauf la retraite complémentaire et les deux contributions d'équilibre, publiées par l'Agirc-Arrco. Sur ces 18 lignes, 3 portent « variable » parce qu'aucun taux national n'existe pour elles : l'accident du travail est notifié à chaque établissement par sa caisse régionale, le versement mobilité est fixé par la commune, et la prévoyance cadre relève de la convention collective applicable.

Pourquoi les taux publiés vont de 22 % à 45 %

Les fourchettes lues ailleurs se contredisent au point de sembler fausses. Elles ne le sont pas : elles ne mesurent simplement pas la même chose, et deux écarts suffisent à les expliquer entièrement.

Le premier est la réduction générale. Un taux cité sans préciser si elle est déjà déduite ne veut rien dire, et le tableau ci-dessus montre l'amplitude : 8,79 % au SMIC contre 46,30 % en brut de décoffrage, pour le même barème.

Le second est ce que le tableau INCLUT. Sur les 16 lignes du barème d'un non-cadre, 2 n'ont aucun taux national. En les retirant, le barème national seul vaut 41,27 % ; en les comptant à leur valeur courante, on arrive à 46,30 %. Les 5,03 % d'écart sont l'accident du travail et le versement mobilité. C'est exactement la distance entre un site qui annonce « environ 41 % » et un autre qui annonce « environ 46 % » : les deux ont raison, et ni l'un ni l'autre ne dit ce qu'il a mis dedans.

Une conséquence pratique, valable avant de reprendre n'importe quel pourcentage : demande sur quelle assiette il porte, si la réduction est déjà retirée, et pour quel effectif il a été calculé. Sans ces trois précisions, deux chiffres qui paraissent se contredire peuvent être justes tous les deux.

La réduction générale, celle qui change tout en bas de grille

Elle s'appelle depuis 2026 la réduction générale dégressive unique, et elle a remplacé l'ancienne réduction Fillon. Ce n'est pas un taux réduit : c'est un montant qui se calcule sur le total, se retire à la fin, décroît à mesure que le salaire monte et s'annule à trois fois le SMIC, soit 5 469 € par mois.

L'URSSAF publie sa formule et un exemple travaillé : pour une entreprise de 70 salariés et un brut mensuel de 2 000 €, le coefficient vaut 0,3178. La réduction due ce mois-là est donc ce coefficient appliqué au brut, soit 629 € environ pour une entreprise de la tranche retenue ici.

Deux choses en découlent, et la seconde surprend souvent. La réduction est patronale : elle allège le coût de l'emploi et ne change pas d'un centime le net du salarié. Et comme elle décroît, chaque euro d'augmentation en bas de grille coûte à l'employeur plus que l'euro lui-même, puisqu'il en perd une part au passage.

Le taux monte au plafond de la Sécurité sociale, il ne baisse pas

L'intuition dit le contraire, parce que la vieillesse plafonnée cesse au-delà de 4 005 € par mois. Mais deux mouvements jouent en sens inverse et l'emportent : la retraite complémentaire passe en tranche 2, où elle coûte 14,57 % au lieu de 6,01 %, et la contribution d'équilibre technique se déclenche sur la totalité du salaire dès le premier euro au-dessus du plafond.

Le franchissement fait donc passer le taux de 46,30 % à 46,51 %. Le taux ne recule qu'à quatre plafonds, soit 16 020 €, où l'assurance chômage et la garantie des salaires cessent de croître, puis à huit plafonds, 32 040 €, où la tranche 2 se ferme.

Les taux réduits de 7 % et 3,45 % ne sont pas la règle générale

C'est le point sur lequel la plupart des tableaux disponibles se trompent, et cette page se trompait avec eux jusqu'à sa dernière révision. On lit partout que l'assurance maladie tombe à 7 % sous 2,5 SMIC et les allocations familiales à 3,45 % sous 3,5 SMIC, comme si le seul niveau de salaire suffisait à les déclencher.

Il en faut une seconde, et elle porte sur l'employeur : ces taux sont réservés à ceux qui relèvent d'un dispositif d'exonération spécifique, comme les régimes d'outre-mer, les zones de revitalisation rurale ou l'emploi à domicile. La page des taux du secteur privé de l'URSSAF publie bien les deux niveaux, mais sans énoncer la condition ; c'est la page de la réduction générale qui tranche, en calculant l'allègement sur l'assurance maladie à 13,00 % et les allocations familiales à 5,25 % pour toute rémunération inférieure à trois SMIC. Si le taux réduit valait pour tous sous 2,5 SMIC, cette bande de salaires ne pourrait pas y figurer aux taux pleins.

Pour un employeur ordinaire du secteur privé en métropole, c'est donc 13,00 % et 5,25 %, quel que soit le salaire. Retenir l'inverse conduit à sous-estimer le coût d'un poste de près de six points, et c'est une erreur qui survit longtemps dans un logiciel de paie mal paramétré.

Ton coût réel, effectif et réduction générale compris

La grille ci-dessus donne le barème national. Le calculateur part de ton brut et y ajoute l'effectif, le statut et la réduction générale. Les deux taux locaux, accident du travail et versement mobilité, restent ceux que ta caisse et ta commune te notifient : la grille dit à quelle ligne les placer. Gratuit, sans inscription, résultat immédiat.

Ce qui fait payer deux entreprises différemment sur le même brut

Quatre variables séparent deux employeurs qui versent le même salaire, et aucune ne dépend du salarié. Ce sont elles qui rendent impossible tout taux global unique.

L'effectif joue sur trois lignes. Le FNAL change de taux au seuil de 50 salariés, et il est plafonné en dessous. La formation professionnelle change de taux au seuil de 11 salariés. Le versement mobilité est purement et simplement nul sous 11 salariés.

La commune fixe le taux du versement mobilité au-delà de ce seuil : il est décidé localement, pas nationalement, et l'écart entre deux communes se compte en points. Le seuil, le taux et l'assiette du versement mobilité sont détaillés à part.

Le secteur d'activité et la sinistralité déterminent le taux accident du travail, notifié à chaque établissement par sa caisse régionale. Un poste de bureau et un poste de chantier ne portent pas le même, et c'est le poste où l'écart est le plus large de tous.

Le statut cadre, enfin, ne change presque rien - et c'est l'inverse de ce qu'on lit. Depuis la fusion Agirc-Arrco de 2019, les taux de retraite complémentaire ne dépendent pas du statut mais de la tranche de salaire. Un non-cadre qui dépasse le plafond cotise en tranche 2 exactement comme un cadre. Ne restent propres au statut que la prévoyance, fixée par la convention collective, et l'APEC, dont le taux se lit dans la grille ci-dessus : l'écart tient dans un centième de point.

Charges patronales et charges salariales : deux payeurs, un seul brut

Les deux parts se calculent sur le même salaire brut, avec les mêmes règles d'assiette et le même plafond. Ce qui les sépare est le payeur, et l'effet. La part salariale est retenue SUR le brut et réduit le net : sous le plafond, elle prélève 20,84 %. La part patronale s'ajoute EN PLUS du brut et ne touche pas le net.

Deux lignes du bulletin n'ont plus de part salariale du tout : l'assurance maladie, transférée sur la CSG, et la contribution chômage, devenue entièrement patronale. C'est ce qui explique qu'un bulletin puisse montrer des cotisations patronales sans aucune ligne salariale en face. Le détail de la part salariale, tranche par tranche, vit dans la différence entre le brut et le net.

Les cas où cette grille ne s'applique pas telle quelle

L'Alsace-Moselle porte un régime local d'assurance maladie et une répartition différente de la taxe d'apprentissage, dont la part principale y tombe à 0,44 % sans solde.

L'apprentissage et les contrats aidés ouvrent des exonérations propres, qui ne se lisent pas comme un taux réduit mais comme une assiette réduite ou une dispense de certaines lignes.

Le dirigeant assimilé salarié, président de société par actions simplifiée ou gérant minoritaire, relève du régime général pour l'essentiel de ces lignes. Il échappe en revanche à l'assurance chômage, à laquelle il ne cotise pas et pour laquelle il n'ouvre donc aucun droit.

Les contrats à durée déterminée ajoutent une contribution au compte personnel de formation de 1 %, absente de la grille ci-dessus qui décrit un contrat à durée indéterminée.

Du taux au coût réel de l'emploi

Cette page donne le taux de chaque cotisation. Pour raisonner en euros sur le coût total d'un salaire - budgéter un poste, comparer deux offres, préparer une négociation - le guide du salaire chargé prend le relais.