Combien vaut un jour de compte épargne-temps ?
Ton salaire mensuel brut divisé par le nombre de jours travaillés du mois - soit 119,05 € brut pour 2 500 € par mois, dont il te reste 94,24 € après cotisations. Aucun texte ne fixe ce montant dans le privé : c'est ton accord qui l'écrit, et tous ne se valent pas.
Données vérifiées le . Les montants nets tiennent compte des cotisations tranche par tranche, comme le simulateur brut-net. Sources : service-public.gouv.fr, fiche F1907 « Compte épargne-temps (CET) du salarié », vérifiée par l'administration le 1er janvier 2026, et le code du travail, articles L3151-1 à L3151-4 - ce que la loi impose et qu'aucun accord ne peut écarter - et articles L3152-1 à L3152-4 - ce qui est renvoyé à la négociation collective, c'est-à-dire à ton accord.
Le même jour ne vaut pas la même chose selon le mois
Valeur brute d'un jour de compte épargne-temps pour 2 500 € brut par mois, selon le nombre de jours travaillés
125,00 €
Mois de 20 jours travaillés, le plus favorable
119,05 €
Mois de 21 jours, le cas courant
108,70 €
Mois de 23 jours, le moins favorable
Ce que tu touches vraiment, selon ton salaire
Monétisation dans le secteur privé, mois de 21 jours travaillés, statut non-cadre
| Ton salaire brut mensuel | 1 jour, brut | 1 jour, net | 10 jours, net |
|---|---|---|---|
| 1 900 € | 90,48 € | 71,62 € | 716,21 € |
| 2 200 € | 104,76 € | 82,93 € | 829,29 € |
| 2 500 € | 119,05 € | 94,24 € | 942,38 € |
| 3 000 € | 142,86 € | 113,09 € | 1 129,69 € |
| 3 500 € | 166,67 € | 131,93 € | 1 325,92 € |
| 4 000 € | 190,48 € | 147,12 € | 1 522,15 € |
| 5 000 € | 238,10 € | 190,98 € | 1 909,76 € |
Net de cotisations salariales, avant impôt sur le revenu : le prélèvement à la source s'applique ensuite, à ton taux. Le calcul est marginal, c'est-à-dire qu'il ajoute la monétisation à ton salaire du mois au lieu de la traiter comme un revenu isolé - c'est ce que fait ta fiche de paie. L'écart entre les deux lectures est nul tant que le total reste sous le plafond mensuel, et atteint 12,50 € sur une demande de 5 jours à 5 000 € de salaire.
Quels jours ton accord peut te payer, et lesquels il ne peut pas
Ce que tu as mis sur ton compte décide de ce qui peut en ressortir en argent
| Ce que tu as placé sur ton compte | Payable en argent | Ce qui commande |
|---|---|---|
| Jours de la 5e semaine de congés annuels | Non - uniquement en congé | La loi, et aucun accord ne peut l'écarter |
| Congés conventionnels au-delà des 5 semaines | Oui | Ton accord fixe les conditions |
| Jours de RTT et repos non pris | Oui | Ton accord fixe les conditions |
| Primes que tu y as affectées (ancienneté, 13e mois) | Oui | Ton accord fixe les conditions |
| Heures au-delà de la durée collective, versées par l'employeur | Oui | Ton accord fixe les conditions |
La première ligne est celle qui surprend, et elle vient de la fiche officielle : des jours de congés peuvent être convertis en complément de rémunération si le salarié a affecté des jours de congés au-delà des 5 semaines de congés annuels. Les jours issus de la cinquième semaine restent donc du temps, quoi que prévoie ton accord. Toutes les autres lignes dépendent entièrement de lui : il peut les autoriser, les plafonner, ou ne rien prévoir du tout.
Comment ces montants sont calculés
la division, l'assiette de cotisations, et pourquoi le calcul est marginal
La valeur brute d'un jour part de ton salaire mensuel brut, divisé par le nombre de jours travaillés du mois. C'est la convention la plus répandue, pas une règle de droit : la fiche officielle renvoie la valorisation à ta convention ou à ton accord, sans en fixer aucune. Le diviseur retenu par ton texte peut être le nombre de jours travaillés du mois en cours, ou un nombre moyen et constant qui donne alors le même montant toute l'année. Les deux existent, et seul ton texte tranche.
Le passage au net ne s'obtient pas en appliquant un pourcentage moyen. Les cotisations salariales se calculent par tranche : la vieillesse plafonnée et la retraite complémentaire de tranche 1 ne portent que sur la fraction de ta rémunération inférieure au plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € en 2026. L'assiette de la contribution sociale généralisée et de la contribution au remboursement de la dette sociale est encore différente : elle porte sur 98,25 % de la rémunération, un abattement pour frais professionnels qui s'arrête à quatre plafonds.
Enfin le calcul est marginal, et c'est ce qui le rend juste. Une monétisation ne tombe pas dans le vide : elle s'ajoute à ton salaire du mois, sur la même fiche de paie, donc elle se prélève au taux qui s'applique à la tranche où elle atterrit. Calculer le net de la monétisation seule, comme si elle était ton unique revenu du mois, est la lecture spontanée et elle se trompe de 12,50 € sur une demande de 5 jours à 5 000 € de salaire. Sous le plafond, les deux lectures coïncident.
Ce qui n'est pas dans ces montants : l'impôt sur le revenu. Les sommes versées entrent dans ton revenu imposable de l'année du versement, et le prélèvement à la source s'applique au moment du paiement, à ton taux personnel.
Chiffre ta monétisation sur ton propre salaire
Le tableau ci-dessus s'arrête à sept salaires et à un statut. Le simulateur applique les cotisations tranche par tranche au tien, cadre compris, et te dit ce qui arrive sur ton compte.
Trois choses à vérifier avant de demander
Prendre les jours, les faire payer, ou les placer
Les prendre en congé : rien n'est prélevé
Un jour de compte épargne-temps pris en congé est un jour payé normalement : ton salaire est maintenu, et il n'y a ni cotisation ni impôt supplémentaires puisqu'il n'y a pas de revenu supplémentaire. C'est la seule sortie possible pour les jours issus de ta cinquième semaine, et c'est aussi celle qui permet de cesser progressivement son activité avant la retraite.
Les faire payer : un complément de rémunération immédiat
Les sommes arrivent sur ta fiche de paie du mois, supportent les cotisations salariales comme ton salaire, et entrent dans ton revenu imposable de l'année. Pour 2 500 € brut par mois, dix jours représentent 1 190,48 € brut et 942,38 € une fois les cotisations retenues, avant impôt.
Les placer sur un plan d'épargne retraite
La fiche officielle prévoit cette troisième sortie : le salarié peut utiliser les sommes issues de son compte épargne-temps pour alimenter son plan d'épargne retraite. Ce qui change pour ton revenu est le moment où tu es prélevé, et non le fait de l'être : l'argent part vers un plan au lieu d'arriver sur ton compte. Les conditions exactes de ce transfert relèvent de l'épargne salariale, pas de cette page.
Aller plus loin
Fonction publique : le forfait ne suit pas ton traitement
pourquoi la formule de cette page ne s'y applique pas
Rien de ce qui précède ne se transpose à un agent public, et l'erreur est coûteuse dans le sens qui rassure : la formule du privé donne presque toujours un montant plus élevé que le forfait réellement versé.
L'indemnisation des jours y suit un montant forfaitaire par catégorie, fixé par arrêté, identique pour tous les corps et grades d'une même catégorie. Ton indice, ton échelon et ton ancienneté n'entrent pas dans le calcul : deux agents de la même catégorie touchent le même montant par jour, quel que soit l'écart entre leurs traitements. Les règles d'alimentation diffèrent aussi, avec un nombre de jours minimum à avoir accumulé avant que l'indemnisation devienne possible, et un plafond de jours fixé par les textes plutôt que par un accord.
Les montants de ce forfait ne sont pas publiés sur cette page : ils n'ont pas pu être lus à la source officielle au moment de sa rédaction, et un barème repris d'un tiers hérite de ses erreurs. Ce qui est utile ici tient en une phrase, et elle suffit à éviter le mauvais calcul : ne divise pas ton traitement, cherche le forfait de ta catégorie.
Le salaire dans la fonction publique suit par ailleurs une logique entièrement différente de celle du privé, y compris sur les cotisations.
Si l'entreprise dépose le bilan : ce qui est garanti
le plafond en euros, et ce qui se passe au-delà
Les droits acquis sur un compte épargne-temps sont assurés contre le risque de non-paiement, comme les salaires, en cas de redressement ou de liquidation judiciaire. La fiche officielle pose la limite : 96 120 € par salarié. Ce plafond n'est pas un nombre arbitraire, c'est vingt-quatre fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale : il est donc revalorisé chaque année en même temps que lui.
Au-delà de ce montant, la convention ou l'accord doit prévoir un dispositif d'assurance ou de garantie financière. S'il n'en prévoit pas, tu perçois une indemnité correspondant à la conversion monétaire des droits qui dépassent. C'est la seule situation où un compte se vide sans que tu l'aies demandé, et c'est une raison concrète de ne pas laisser un solde grossir indéfiniment.
Quitter l'entreprise : transfert ou consignation
ce que devient le solde, et comment le récupérer ensuite
Le motif de la rupture ne change rien : démission, licenciement, rupture conventionnelle ou fin de contrat ouvrent les mêmes possibilités. Si ton accord organise le transfert des droits, ils partent chez ton nouvel employeur.
Si l'accord ne prévoit rien, la fiche officielle ouvre une seconde voie souvent ignorée : tu peux demander la consignation de tes droits auprès de la Caisse des dépôts et consignations. Les sommes y sont mises de côté, et tu peux ensuite en demander le paiement à tout moment, en totalité ou en partie - toi, ou tes ayants droit. Tu peux aussi les faire transférer plus tard sur le compte épargne-temps ou le plan d'épargne salariale d'un nouvel employeur.
Le solde payé au départ apparaît sur ton solde de tout compte : vérifie qu'il y figure, c'est un oubli courant.
Où lire les règles qui s'appliquent à toi
le compte épargne-temps est presque entièrement conventionnel
Le compte épargne-temps n'est pas obligatoire : une entreprise peut ne pas en avoir, et rien ne l'y contraint. Quand il existe, ses règles sont fixées par convention ou accord d'entreprise ou d'établissement, ou à défaut par convention ou accord de branche. Toi non plus tu n'es obligé à rien : tu y affectes des droits si tu le souhaites.
Ce que la loi fixe se compte sur les doigts d'une main : la définition du dispositif, la garantie des droits, la sortie en argent réservée aux jours au-delà des cinq semaines, et le sort du compte en cas de rupture. Tout le reste - quels jours tu peux placer, combien, comment ils sont valorisés, quand tu peux demander - vit dans ton texte.
Pars du code à quatre chiffres inscrit sur ta fiche de paie : il identifie ta convention collective. Cherche ensuite l'accord d'entreprise, qui prime le plus souvent sur elle en la matière, et qui est le texte que ton service des ressources humaines doit pouvoir te remettre. La page sur les conventions collectives explique comment retrouver la tienne.
Ton salaire complet, monétisation comprise
Ajoute le montant brut de ta demande à ton salaire du mois et lis le net réel : c'est exactement ce que fera ta fiche de paie.