Tes jours de RTT : combien, et que valent-ils ?
Aucune loi ne fixe ton nombre de jours de RTT : c'est ta convention collective ou l'accord de ton entreprise qui le décide. En pratique, le calcul au réel donne 23,3 jours à 39 h par semaine, et 9 jours pour un forfait de 218 jours sur le calendrier 2026. Ce qui se joue ensuite, c'est ce qu'ils deviennent : un jour que tu prends te laisse ton salaire entier, un jour non pris peut se faire racheter avec majoration jusqu'au 31 décembre 2026, et un jour que personne ne rattrape vaut 0 €.
Données vérifiées le auprès de service-public.gouv.fr, réduction du temps de travail (RTT) et RTT dans la fonction publique. Code du travail, article L3121-27 pour la durée légale et L3121-64 pour le forfait annuel en jours.
Ton accord
c'est lui qui fixe ton nombre de jours, aucune loi ne le fait
9 à 23,3
jours en 2026, du forfait 218 jours au 39 h par semaine
7 500 €
par an : le plafond d'exonération d'impôt sur la majoration d'un jour racheté
Ce que devient un jour de RTT que tu n'as pas pris
| La sortie | Ce que tu récupères | Ce qui la déclenche |
|---|---|---|
| Tu le prends dans les délais de ton accord | Une journée de repos, et ton salaire est maintenu dans les conditions habituelles, quelle que soit la taille de ton entreprise | Le régime normal du RTT : rien de spécial à demander |
| Tu demandes son rachat | Le jour t'est payé avec une majoration au moins égale au taux de la première heure supplémentaire applicable dans ton entreprise | Ta demande, sur un jour acquis mais non pris. Ton accord ou ta convention en fixent les modalités |
| Ton accord le reporte | Le jour reste à toi, utilisable plus tard | Une clause de report écrite dans ton accord : c'est lui qui fixe les délais maximum, dans la limite de l'année |
| Rien de tout ça | 0 €. Le jour disparaît | Les délais de ton accord expirent sans que tu aies pris le jour ni demandé son rachat |
La règle, et non le montant : la source est explicite, « le bénéfice des jours de RTT est fixé par une convention collective ou par un accord d'entreprise ». C'est donc ton accord qui ouvre - ou non - le report, et qui « prévoit les délais maximum dans lesquels ces repos sont pris, dans la limite de l'année ». Le rachat, lui, est ouvert par la loi et borné dans le temps : il ne vaut que pour les journées effectuées entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2026. Source : service-public.gouv.fr, fiche F34151, lue le 17 août 2026.
Qui a des jours de RTT, et qui n'en a pas
| Ta situation | Tes jours de RTT |
|---|---|
| Tu travailles 35 h par semaine | Aucun. Sans dépassement de la durée légale, il n'y a rien à compenser. |
| Tu dépasses 35 h et un accord RTT s'applique | Le nombre fixé par cet accord. Au réel, 39 h par semaine donnent 23,3 jours en 2026. |
| Tu dépasses 35 h sans aucun accord RTT | Aucun. C'est l'accord qui crée le droit : sans accord, il n'y a pas de jour de RTT à acquérir. |
| Tu dépasses 39 h par semaine | Au-delà de 39 h, ce ne sont plus des RTT : les heures travaillées sont considérées et rémunérées comme des heures supplémentaires. |
| Tu es au forfait annuel en jours | Le solde entre les jours travaillables et ton forfait. À 218 jours, cela fait 9 jours en 2026. |
| Tu es à temps partiel | En principe aucun, mais un accord particulier d'entreprise peut le prévoir. |
Deux lignes de ce tableau citent le barème de calcul, elles ne le remplacent pas : la grille complète, horaire par horaire et forfait par forfait, vit sur le calculateur RTT. Les quatre autres viennent de la fiche F34151, qui pose que « c'est l'accord de RTT applicable dans l'entreprise qui détermine les salariés concernés » et que « les heures travaillées au-delà de la limite de 39 h hebdomadaires sont considérées et rémunérées comme des heures supplémentaires ».
Comment on arrive à 23,3 jours, et pourquoi ce chiffre n'est pas un droit
Le point de départ est le calendrier, pas la loi. 2026 compte 261 jours du lundi au vendredi. On en retire 25 jours de congés payés et les 9 jours fériés qui tombent un jour ouvré, ce qui laisse 227 jours travaillables, soit 45,4 semaines.
À 39 h par semaine, tu dépasses la durée légale de 4 h. Sur 45,4 semaines, cela représente 181,6 h. Rapportées à une journée moyenne de 7,8 h, elles donnent 23,3 jours de RTT. Au forfait annuel en jours, le calcul est plus court : 227 jours travaillables moins 218 jours de forfait, soit 9 jours.
Ces deux nombres sont des hypothèses, pas des droits. Ils appliquent la méthode dite « au réel », la plus répandue dans les accords, et ils changent d'une année sur l'autre puisqu'ils partent du calendrier. Beaucoup d'accords retiennent au contraire un forfait constant, par exemple 12 ou 23 jours quel que soit le calendrier. Un même horaire peut donc donner deux résultats différents selon l'accord applicable, et le nombre qui fait foi est toujours celui du tien.
Pour obtenir le chiffre correspondant à tes propres horaires, à ton forfait et à tes congés payés réels, le calculateur RTT porte la grille complète et le détail du calcul.
Le tableau dit ce qu'ils valent. L'outil dit combien tu en as.
Tes horaires réels, ton forfait, tes congés payés : le calculateur sort ton nombre de jours sur le vrai calendrier de l'année, étape par étape.
Trois questions à poser avant la fin de ta période
- Mon accord prévoit-il un report des jours non pris ? C'est la sortie la plus simple, et celle qui ne coûte rien à personne. Elle est écrite, ou elle n'existe pas.
- Mon entreprise a-t-elle un compte épargne temps, et mes RTT peuvent-ils l'alimenter ? Les deux conditions sont distinctes : le compte peut exister sans que les RTT y soient admis. Le dispositif relève de l'épargne salariale.
- Quel taux de majoration s'applique à un jour racheté chez moi ? C'est celui de la première heure supplémentaire de ton entreprise, et il se lit dans ton accord, pas dans la loi. C'est la question qui chiffre réellement ce que vaut un jour que tu ne prendras pas.
Pour aller plus loin
Le rachat : le seul mécanisme qui transforme un jour non pris en argent
Le rachat porte sur les journées acquises mais non prises : tu renonces au repos, et le jour t'est payé. C'est la seule sortie du tableau plus haut qui te rapporte de l'argent, et elle part de ta demande - « le salarié qui le souhaite peut obtenir le rachat par son employeur ». Ton accord d'entreprise ou ta convention collective en précisent les modalités.
Le montant n'est pas un pourcentage fixe, et c'est ce qui rend la question piégeuse : tu perçois une majoration de salaire au moins égale au taux de majoration de la première heure supplémentaire applicable dans ton entreprise. Ce taux se lit donc dans ton accord, pas dans la loi. Deux chiffres circulent à son sujet et aucun n'est le taux du rachat : 10 % est le plancher qu'un accord ne peut pas franchir vers le bas, 25 % le taux qui s'applique à défaut d'accord. Le tien peut être l'un, l'autre, ou davantage.
Deux exonérations, et il ne faut pas les confondre. Cette majoration est exonérée d'impôt sur le revenu dans une limite de 7 500 € par an - un plafond annuel, que les heures supplémentaires consomment aussi. Elle est par ailleurs exonérée des cotisations salariales d'assurance vieillesse de base et complémentaire, et la fiche n'énonce là aucun plafond. Fusionner les deux sous un seul « exonéré » fait perdre exactement ce qui décide de ce que tu touches.
Le dispositif est borné dans le temps. Il vaut pour les journées de RTT effectuées entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2026. Au-delà de cette date, sauf prorogation nouvelle, le rachat cesse d'être ouvert par ce texte.
Un point de vocabulaire évite une confusion fréquente : un jour de RTT racheté n'est pas une heure supplémentaire ordinaire, même si les deux se paient avec une majoration. Le RTT part d'un jour de repos que tu abandonnes ; l'heure supplémentaire part d'une heure travaillée au-delà de ton horaire. Et au-delà de 39 h par semaine, ce sont bien des heures supplémentaires, plus des RTT.
Pourquoi ton nombre de jours change d'une année sur l'autre
Parce que le calcul au réel part du calendrier, et que le calendrier bouge. Deux variables suffisent à déplacer le résultat : le nombre de jours du lundi au vendredi dans l'année, et le nombre de jours fériés qui tombent un jour ouvré.
En 2026, 9 des onze jours fériés légaux tombent un jour ouvré. Les deux autres tombent un week-end : ils ne retirent donc aucun jour travaillé, et le nombre de jours travaillables reste à 227. Une année où davantage de jours fériés tombent en semaine laisse moins de jours travaillables, donc moins de jours de RTT à répartir.
C'est exactement pour cette raison que beaucoup d'accords préfèrent un forfait constant : un nombre fixe, année après année, qui évite de recompter et de renégocier. L'inconvénient est symétrique : une année favorable ne te rapporte rien de plus. Les jours fériés et la journée de solidarité pèsent tous deux sur ce décompte, la seconde pouvant même consommer un de tes jours de RTT selon ce que retient ton accord.
Fonction publique : le même mot, un autre texte
Les agents publics peuvent aussi bénéficier de jours de RTT, mais rien de ce qui est écrit plus haut ne s'y transpose directement : le régime ne repose pas sur un accord d'entreprise, et il fait l'objet d'une fiche officielle distincte, réduction du temps de travail (RTT) dans la fonction publique.
Deux points de cette fiche répondent directement à la question de cette page, et ils diffèrent du privé. Les jours de RTT y sont rémunérés dans les conditions habituelles, comme dans le privé. En revanche, l'agent qui ne peut pas utiliser ses jours en raison des nécessités de service peut « les conserver sur un compte épargne-temps » - une sortie que la fiche du privé, elle, ne mentionne pas.
Le salaire dans la fonction publique suit par ailleurs une logique entièrement différente de celle du privé.
Questions fréquentes sur les jours de RTT
Un jour de RTT, ça vaut combien chez toi ?
Un jour de repos payé vaut une journée de ton salaire, pas celui du voisin. Mets un montant dessus, à partir de ton brut réel.
Données indicatives fondées sur les sources publiques citées plus haut. Le nombre de jours, les délais pour les prendre et leur sort si tu ne les prends pas dépendent de ta convention collective ou de l'accord de ton entreprise : en cas de doute, c'est ton accord qui fait foi.