Grille salariale HCR : minimums 2026
Le minimum de la convention des hôtels, cafés et restaurants (IDCC 1979) va de 1 867,02 € brut par mois à 4 265 € pour un cadre niveau V, sur la base de 35 heures. Mais le contrat standard du secteur est de 39 heures, et à cette durée le même cuisinier niveau III échelon 1 passe de 2 020 € à 2 274 €. Depuis la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026, 4 des 15 paliers de la grille sont passés sous le plancher légal : sur ceux-là, c'est le SMIC qui s'applique.
La restauration rapide relève d'une convention distincte, dont les minimums sont sur la grille de la restauration rapide (IDCC 1501). La frontière est plus étroite qu'on ne le croit, et l'avenant qui fixe la grille la trace lui-même : sont exclus les établissements de chaînes dont l'activité principale est la vente en libre-service, le client posant sa commande sur un plateau et payant avant de consommer - et une chaîne suppose au moins trois établissements sous la même enseigne. En libre-service dans un ou deux établissements, tu relèves donc de la grille HCR ci-dessous, pas de celle de la restauration rapide.
Mis à jour le
12,31 €/h
le SMIC, qui prime sur 4 paliers sur 15
170,73 h
la base d'un contrat 39 h, et non 151,67 h
4,35 €
le repas, qui compte dans ton minimum
Grille de salaires HCR 2026
Les 15 paliers de l'avenant du 19 juin 2024, au SMIC du 1er juin 2026
| Niveau - Échelon | Brut mensuel dû (35 h) | Brut mensuel dû (39 h) |
|---|---|---|
| Niveau I - Échelon 1 | 1 867 € * | 2 102 € * |
| Niveau I - Échelon 2 | 1 867 € * | 2 102 € * |
| Niveau I - Échelon 3 | 1 867 € * | 2 102 € * |
| Niveau II - Échelon 1 | 1 867 € * | 2 102 € * |
| Niveau II - Échelon 2 | 1 903 € | 2 143 € |
| Niveau II - Échelon 3 | 1 997 € | 2 249 € |
| Niveau III - Échelon 1 | 2 020 € | 2 274 € |
| Niveau III - Échelon 2 | 2 054 € | 2 312 € |
| Niveau III - Échelon 3 | 2 123 € | 2 390 € |
| Niveau IV - Échelon 1 | 2 184 € | 2 459 € |
| Niveau IV - Échelon 2 | 2 240 € | 2 522 € |
| Niveau IV - Échelon 3 | 2 336 € | 2 629 € |
| Niveau V - Échelon 1 | 2 795 € | 3 147 € |
| Niveau V - Échelon 2 | 3 303 € | 3 719 € |
| Niveau V - Échelon 3 | 4 265 € | 4 801 € |
* Paliers passés sous le SMIC. Depuis le 1er juin 2026, le plancher légal (12,31 €/h, soit 1 867,02 € brut mensuel) prime sur ces minimums conventionnels et s'applique à leur place : le brut affiché sur ces 4 lignes est donc celui du SMIC, parce que c'est lui qui est versé. Le taux conventionnel reste affiché pour que tu puisses le comparer. Conséquence directe : un plongeur niveau I-1 et un commis niveau II-1 ont aujourd'hui exactement le même minimum. La colonne 39 h porte le brut réellement dû, majoration comprise ; le minimum à vérifier à cette durée est un autre montant, expliqué juste en dessous. Le net est une estimation avant impôt sur le revenu, hors avantage nourriture et hors pourboires.
À 39 heures, il y a deux seuils, et ils ne servent pas à la même chose
La durée conventionnelle du secteur est de 39 heures par semaine, fixée par l'avenant n° 2 du 5 février 2007. À cette durée, deux montants différents se calculent depuis ton taux horaire, et les confondre est ce qui fait croire à une paie correcte alors qu'il manque une ligne.
- Le minimum conventionnel à vérifier : ton taux horaire multiplié par 169 heures (39 x 52 / 12). C'est la formule que la fiche du salaire minimum HCR applique, et elle précise que « la vérification de ce montant conventionnel s'effectue pour chaque heure travaillée ». La majoration des heures supplémentaires est exclue de cette comparaison.
- Le brut réellement dû : ton taux horaire multiplié par 170,73 heures. Les 4 heures hebdomadaires au-delà de 35 sont majorées de 10 %, donc 151,67 h au taux normal plus 17,33 h à 110 %.
Pour un cuisinier niveau III échelon 1 à 13,32 €/h : le minimum à vérifier est de 2 251 €, et le brut dû est de 2 274 €. Un employeur qui paie 2 251 € respecte le minimum conventionnel et doit encore les 23 € de majoration, qui relèvent d'une autre règle. C'est le second montant que porte la colonne « Brut mensuel dû (39 h) » de la grille.
Le raccourci qui consisterait à multiplier la colonne 35 h par 39/35 donne un résultat faux de près de 2 % : il ignore que seules 4 des 39 heures sont majorées.
Le barème des majorations en HCR est inférieur au droit commun
L'article 4 du même avenant fixe trois tranches, et aucune n'atteint les 25 % du droit commun sur les premières heures :
- De la 36e à la 39e heure : +10 %, ou un repos compensateur de remplacement à 110 %
- De la 40e à la 43e heure : +20 %, ou un repos à 120 %
- À partir de la 44e heure : +50 %, ou un repos à 150 %
Le contingent d'heures supplémentaires est de 360 heures par an en établissement permanent, et de 90 heures par trimestre civil en saisonnier.
Comment lire la grille HCR
La grille repose sur une classification à 5 niveaux et 3 échelons par niveau :
- Le niveau reflète la nature et la complexité du poste (I = exécution simple, V = direction)
- L'échelon reflète l'expérience et la maîtrise dans le poste (1 = débutant, 3 = confirmé)
Les quinze taux de la grille sont ceux de l'avenant n° 33 du 19 juin 2024, étendu par arrêté du 5 novembre 2024 et applicable depuis le 1er décembre - l'avenant fixant lui-même son entrée en vigueur au premier jour du mois suivant la publication de son arrêté d'extension. Son article 3 tranche une question qu'on se pose souvent dans un petit établissement : ces minimums s'appliquent quelle que soit la taille de l'entreprise, que l'effectif soit inférieur ou supérieur à 50 salariés. Le montant affiché à chaque croisement niveau-échelon est le salaire minimum conventionnel. Contrairement à d'autres branches comme la métallurgie ou le commerce de gros, la grille HCR n'utilise pas de coefficients : la classification se lit uniquement en niveaux et échelons, et c'est sous cette seule forme que la fiche officielle de la branche la publie.
À quel niveau ton poste correspond
- Plongeur, femme de chambre : niveau I, échelon 1 à 2
- Commis de cuisine, serveur débutant : niveau II, échelon 1
- Cuisinier confirmé, chef de rang : niveau III, échelon 1 à 3
- Chef de cuisine, maître d'hôtel, gouvernante : niveau IV, échelon 1 à 3
- Directeur de restaurant, directeur d'hôtel : niveau V
Le salaire réellement pratiqué, poste par poste, est sur la page des métiers de la restauration et de l'hôtellerie.
La cuisine est le poste où la grille se lit le moins bien, parce que la brigade empile les intitulés : commis, chef de partie, second, chef et chef exécutif ne relèvent pas du même niveau. Le rattachement poste par poste, du commis rattrapé au SMIC jusqu'au cadre niveau V, est repris dans la grille du cuisinier en HCR.
Moins de 18 ans : un plancher abaissé, mais pas pour tout le monde
La rémunération d'un jeune de moins de 18 ans peut être fixée sous le SMIC : 80 % du SMIC avant 17 ans, 90 % entre 17 et 18 ans. Cet abattement tombe dès 6 mois de pratique professionnelle dans la branche. C'est le point le plus souvent oublié sur les contrats saisonniers reconduits d'une saison à l'autre.
Le terme « SMIC hôtelier » ne désigne plus rien de spécial
Il désignait le minimum du niveau I échelon 1, longtemps supérieur au SMIC légal. Ce palier est aujourd'hui sous le plancher légal, donc c'est le SMIC qui s'y applique. Ce qu'il devient une fois converti, et à chacune des durées du secteur, est traité sur la page dédiée au SMIC hôtelier et à son net.
Ce qui compte pour vérifier ton minimum, et ce qui n'y compte pas
Tout ce que tu perçois n'entre pas dans la comparaison avec la grille. La fiche du salaire minimum de la branche tranche la liste, et elle réserve deux surprises.
- Entrent dans la comparaison : ton salaire de base, et les avantages en nature - donc ta nourriture.
- N'entrent pas : la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires, les primes, les remboursements de frais, les indemnités de déplacement ou de détachement, la participation et l'intéressement.
Les deux conséquences sont contre-intuitives, et elles vont en sens opposés. Ton avantage nourriture compte comme rémunération pour atteindre le minimum, alors qu'une prime d'entreprise ne compte pas : un employeur ne peut donc pas combler un écart de grille avec une prime, mais les repas qu'il te sert y participent.
Les pourboires sont dans le second groupe, et de la façon la plus nette : ils ne peuvent jamais remplacer le salaire minimum de grille. Ton salaire de base doit atteindre ton minimum avant toute considération de pourboires. Ils sont par ailleurs exonérés de cotisations et d'impôt pour les salariés payés jusqu'à 1,6 SMIC, soit 2 987 € brut par mois en 2026.
Et la vérification se fait pour chaque heure travaillée, pas sur le total du mois : c'est ce qui rend la colonne 35 h inutilisable telle quelle si ton contrat est à 39 heures.
Que faire si ton salaire est sous le minimum
Le secteur HCR est l'un des plus touchés par le non-respect des minimums conventionnels. Si ton salaire de base est inférieur à ta ligne de grille :
- Vérifie ta classification - niveau et échelon - sur ta fiche de paie. Elle doit y figurer.
- Compare ton taux horaire brut avec la grille ci-dessus, et non ton salaire mensuel avec la colonne 35 h si tu es à 39 heures.
- Signale l'écart à ton employeur par écrit.
- Réclame un rattrapage sur les 3 dernières années.
- En cas de refus, contacte l'inspection du travail (DREETS) ou les prud'hommes.
Cette dernière étape ne suppose pas d'avancer des honoraires : sous un plafond de revenus, l'État prend en charge tout ou partie de ceux de ton avocat. L'aide juridictionnelle et ses plafonds dit jusqu'à quel revenu elle joue, et ce qu'elle couvre.
Métiers couverts par la convention HCR
Le salaire réellement pratiqué, métier par métier
Cuisinier
24 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireChef cuisinier
35 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireServeur
22 400 € brut/an en médiane
Voir le salaireBarman
22 400 € brut/an en médiane
Voir le salaireResponsable de salle
26 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireCommis de cuisine
22 400 € brut/an en médiane
Voir le salairePrimes et avantages propres au HCR
L'avantage en nature repas
Il est dû dès que deux conditions sont réunies : l'établissement est ouvert à la clientèle aux heures des repas, et tu es présent à ces heures-là. Si le repas n'est pas fourni, une indemnité compensatrice le remplace.
Son montant n'est pas un chiffre figé : il vaut un minimum garanti par repas, un indice revalorisé en même temps que le SMIC. L'arrêté du 22 mai 2026 le fixe à 4,35 € depuis le 1er juin 2026, contre 4,25 € auparavant - soit environ 95,70 € sur un mois de 22 jours travaillés.
Sur ta fiche de paie, ce montant est ajouté au brut pour calculer les cotisations, puis retranché du net à payer puisque tu as déjà reçu les repas. Il ne te coûte donc que les cotisations assises dessus. En revanche, il compte dans la vérification de ton minimum conventionnel.
Travail de nuit : du repos, pas une majoration
Le travail entre 22 h et 7 h est du travail de nuit. Tu es travailleur de nuit si tu accomplis au moins 3 heures dans cette plage 2 fois par semaine, ou 280 heures de nuit par an en établissement permanent (70 heures par trimestre civil en saisonnier).
Contrairement à une idée répandue, la convention HCR ne prévoit aucune majoration de salaire pour les heures de nuit. La contrepartie est un repos compensateur, calculé au trimestre à raison de 1 % par heure de nuit, soit un forfait de 2 jours par an pour un temps plein présent toute l'année. Une contrepartie en argent ne peut venir que d'un accord d'entreprise ou de ton contrat de travail.
Si ta journée de travail dépasse 8 heures, tu as droit en plus à un repos au moins égal à la durée du dépassement.
Jours fériés : 10 jours, dont 6 garantis
En plus du 1er mai, la convention prévoit 10 jours fériés, dont 6 dits garantis. Garanti veut dire que tu es certain d'être indemnisé ou de récupérer, que tu travailles ce jour-là ou non, à condition d'avoir 1 an d'ancienneté (9 mois en contrat saisonnier).
- 1er mai travaillé : rémunération habituelle majorée de 100 %
- Un des 6 jours garantis, travaillé : rémunération habituelle, plus un jour de repos ou une indemnisation équivalente
- Un des 4 autres jours fériés, travaillé : rémunération habituelle, plus un jour de repos compensateur, sans condition d'ancienneté
Il n'y a donc pas de majoration de 10 % pour un jour férié en HCR : la contrepartie est du repos ou une indemnisation. Ton employeur doit vérifier au 31 décembre que tes 6 jours garantis ont bien été soldés, et t'informer par écrit de ce qui reste dû.
Travail le dimanche
En HCR, le dimanche est un jour de travail normal : la convention ne prévoit aucune majoration spécifique pour le travail dominical. Le repos hebdomadaire peut être pris un autre jour de la semaine.
Horaires coupés
Quand le service est organisé en horaires coupés - midi et soir - la convention encadre l'amplitude de la journée mais ne prévoit aucune indemnité nationale de coupure. Quand une indemnité existe, elle vient d'un accord d'entreprise ou d'un usage, pas de la grille nationale.
Deux primes seulement, et pas d'ancienneté
La prime de tutorat vaut 2 % du salaire de base mensuel, hors avantage nourriture, si tu exerces plus d'un mois la fonction de tuteur accrédité auprès d'un salarié en contrat de professionnalisation. Elle est plafonnée à 12 mois et versée en une seule fois à la fin du contrat.
La prime de remplacement temporaire garantit qu'un salarié promu provisoirement sur un poste supérieur touche au moins le minimum conventionnel de ce poste, prime comprise. Au retour du salarié remplacé, il repasse aux conditions de son ancien poste.
Ce sont les deux seules primes de la convention. Il n'existe pas de prime d'ancienneté en HCR : si ta fiche de paie en affiche une, elle vient de ton entreprise ou de ton contrat, pas de la branche. Et rappel de la section précédente : une prime, quelle qu'elle soit, ne compte pas pour atteindre ton minimum de grille.
Minimums HCR contre salaires réellement pratiqués
Le minimum conventionnel est un plancher - reste à savoir si le marché paie au-dessus
| Métier | Minimum HCR (brut/an) | Médian réel (brut/an) | Écart |
|---|---|---|---|
| Commis de cuisine (niv. II-1) | 22 404 € * | 22 400 € | au SMIC |
| Serveur (niv. II-1) | 22 404 € * | 22 400 € | au SMIC |
| Barman (niv. II-1) | 22 404 € * | 22 400 € | au SMIC |
| Cuisinier (niv. III-1) | 24 242 € | 24 000 € | au minimum |
| Pâtissier (niv. III-1) | 24 242 € | 26 000 € | +7 % |
| Responsable de salle (niv. IV-1) | 26 208 € | 26 000 € | au minimum |
| Chef cuisinier (niv. IV-1) | 26 208 € | 35 000 € | +34 % |
* Minimum effectif égal au SMIC annuel : les trois échelons du niveau I et le niveau II échelon 1 sont rattrapés par le plancher légal depuis le 1er juin 2026. Médians issus des fiches métier de ce site, adossées à l'INSEE et à la DARES. Un médian qui colle au minimum signifie qu'une grande partie des salariés est payée à la grille, ou classée à un échelon inférieur à son poste réel. Les pourboires et l'avantage nourriture ne sont pas inclus.
Ce que la grille ne dit pas
Elle fixe des planchers, pas des salaires. Les écarts réels dépendent du type d'établissement, de la localisation et de l'expérience :
- Un chef cuisinier en restaurant étoilé gagne 45 000 à 70 000 € brut/an, bien au-dessus du minimum IV-1
- Un serveur en brasserie parisienne complète son salaire de base de 300 à 800 €/mois de pourboires
- Un pâtissier en hôtel de luxe atteint 30 000 à 45 000 € brut/an
- Un commis de cuisine en restaurant étoilé gagne 22 000 à 26 000 € brut/an dès la première année
Et la grille cache son propre plafond. Un cadre dirigeant relève du niveau V, mais son plancher n'est pas un taux horaire : sa rémunération moyenne mensuelle sur l'année ne peut pas être inférieure à 1,5 fois le plafond mensuel de la sécurité sociale, soit 6 007,50 € brut en 2026. Pour un cadre autonome au forfait-jours, le plancher est d'un plafond mensuel, soit 4 005 € brut. Deux montants nettement au-dessus des 4 265 € affichés en haut de la grille.
Ton salaire réel dépasse le minimum de ta ligne ?
La grille s'arrête au plancher. Entre ton brut réel, celui de ta fiche de paie, et vois ce qu'il devient en net.