Grille Syntec 2026 : quel salaire minimum pour ta position ?
Un cadre en position 1.1 (coefficient 95) ne peut pas être payé moins de 2 135 € brut par mois, soit environ 1 690 € net avant impôt. Le sommet de la grille, cadre 3.3 (coefficient 270), est à 5 755 €. Les deux premières positions ETAM sont passées sous le SMIC : c'est lui qui est versé, 1 867,02 € depuis le 1er juin 2026. La grille vaut pour tous les salariés de la convention Syntec (IDCC 1486) : bureaux d'études, ingénierie, conseil, numérique.
Mis à jour le
1er janv. 2025
Grille en vigueur depuis
aucune
Hausse signée depuis
2 sur 17
Positions rattrapées par le SMIC
Grille des salaires minimums Syntec 2026
Les 17 positions de la branche, en brut et en net avant impôt. Ta position et ton coefficient sont sur ta fiche de paie, à côté de la mention IDCC 1486.
| Position | Brut par mois | Net par mois |
|---|---|---|
| ETAM 1.1 (coef. 240) | 1 815 € * | 1 478 € |
| ETAM 1.2 (coef. 250) | 1 845 € * | 1 478 € |
| ETAM 2.1 (coef. 275) | 1 875 € | 1 484 € |
| ETAM 2.2 (coef. 310) | 1 905 € | 1 508 € |
| ETAM 2.3 (coef. 355) | 2 045 € | 1 619 € |
| ETAM 3.1 (coef. 400) | 2 185 € | 1 730 € |
| ETAM 3.2 (coef. 450) | 2 340 € | 1 852 € |
| ETAM 3.3 (coef. 500) | 2 490 € | 1 971 € |
| Cadre 1.1 (coef. 95) | 2 135 € | 1 690 € |
| Cadre 1.2 (coef. 100) | 2 240 € | 1 773 € |
| Cadre 2.1 (coef. 105) | 2 315 € | 1 832 € |
| Cadre 2.1 (coef. 115) | 2 530 € | 2 002 € |
| Cadre 2.2 (coef. 130) | 2 850 € | 2 255 € |
| Cadre 2.3 (coef. 150) | 3 275 € | 2 592 € |
| Cadre 3.1 (coef. 170) | 3 650 € | 2 888 € |
| Cadre 3.2 (coef. 210) | 4 495 € | 3 557 € |
| Cadre 3.3 (coef. 270) | 5 755 € | 4 567 € |
* Les positions ETAM 1.1 (1 815 €) et 1.2 (1 845 €) sont sous le SMIC depuis le 1er juin 2026 (1 867,02 €) : c'est le SMIC qui est versé, et leur net en dérive. Net estimé avant impôt sur le revenu, pour 35 heures ; à temps partiel, le minimum suit les heures (un ETAM 2.1 à 30 heures : 1 875 € x 30 / 35 = 1 607,14 €). Les cadres supportent en plus l'APEC, seule cotisation qui leur soit propre.
Montants lus dans l'annexe de l'accord du 26 juin 2024 relatif aux salaires minimaux, étendu par arrêté du 8 novembre 2024 et en vigueur depuis le 1er janvier 2025 : le texte prend effet le premier jour du mois qui suit la publication de l'arrêté au Journal officiel, et au plus tôt le 1er janvier 2025. Si tu lis « 1er décembre 2024 » ailleurs, c'est cette clause qui tranche. Aucun accord salaires postérieur n'est attaché à la convention sur Légifrance : la grille de 2024 est la grille de 2026.
À quoi correspond chaque position
La grille sépare deux collèges : les ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise, coefficients 240 à 500) et les ingénieurs et cadres (coefficients 95 à 270). Dans chaque collège, la position dit le niveau de responsabilité et le coefficient fixe le minimum. Les deux sont inscrits sur ta fiche de paie.
Chez les ETAM, trois familles de fonctions
- Position 1 (1.1 et 1.2, coefficients 240 et 250) : fonctions d'exécution.
- Position 2 (2.1 à 2.3, coefficients 275 à 355) : fonctions d'études ou de préparation.
- Position 3 (3.1 à 3.3, coefficients 400 à 500) : fonctions de conception ou de gestion élargie.
Chez les cadres, l'expérience et l'âge décident
- 1.1 (95) : débutant, assimilé ingénieur ou cadre ; 1.2 (100) : débutant titulaire d'un diplôme d'école d'ingénieurs.
- 2.1 : au moins deux ans de pratique du métier. Coefficient 105 avant 26 ans, 115 à partir de 26 ans : c'est pour ça que la position 2.1 a deux lignes, et le passage au 115 se fait à l'anniversaire, pas à la promotion.
- 2.2 (130) : prend des initiatives à partir d'instructions précises, étudie des projets courants, sans commandement.
- 2.3 (150) : au moins six ans de pratique, dirige les employés, techniciens ou ingénieurs sur la même tâche.
- 3.1 (170) : sous un chef de service, connaissances pratiques étendues, sans responsabilité complète ; 3.2 (210) : commandement sur des collaborateurs et des cadres ; 3.3 (270) : coordination de plusieurs services.
Le minimum d'une position n'est jamais le maximum de la position inférieure : rien n'empêche un cadre 2.2 d'être payé plus qu'un 3.1. Et la classification suit tes fonctions réelles, pas ton diplôme : classé 1.2 pour un travail de 2.2, tu peux demander une requalification, et les prud'hommes tranchent en cas de refus.
Ce qui compte dans le minimum, et ce qui n'y entre pas
Pour vérifier que tu es au moins au minimum, l'article 7.1 de la convention exclut de la comparaison les primes d'assiduité, de participation et d'intéressement, les primes exceptionnelles, les remboursements de frais, les indemnités de déplacement, les heures supplémentaires et l'indemnité compensatrice de congés payés. Il inclut les avantages en nature écrits dans ton contrat. La comparaison se fait sur l'année : le douzième de ta rémunération annuelle ne peut pas être sous le minimum, et aucun mois ne peut descendre sous 95 % du minimum (92 % si tu as un 13e mois).
Pourquoi tu lis parfois d'autres montants, comme 2 033 € pour un cadre 1.1
Jusqu'à l'accord de 2024, les minimums n'étaient pas écrits en clair : ils se calculaient à partir d'une valeur du point multipliée par le coefficient (plus une base fixe chez les ETAM). Des sites servent encore une grille calculée au point sous un titre 2026. L'accord de 2024 a supprimé le mécanisme : chaque minimum est désormais fixé directement en euros, tu lis la ligne de ta position, tu ne recalcules rien.
Payé au-dessus du minimum ? Vois ce qu'il te reste
La colonne « Net par mois » ne connaît que les planchers de la grille. Entre ton salaire réel, cadre ou ETAM : gratuit, sans inscription, résultat immédiat.
Forfait jours : le plancher monte à 120 % ou 122 %
Un cadre au forfait annuel en jours (218 jours par an) n'est pas payé au minimum de sa position : l'avenant du 1er avril 2014 à l'accord sur la durée du travail lui garantit une rémunération annuelle d'au moins 120 % du minimum conventionnel de son coefficient, et l'employeur doit le vérifier chaque année. Depuis l'avenant n° 2 du 13 décembre 2022, étendu par arrêté du 12 juin 2024, le forfait jours est ouvert dès la position 2.3 (et non plus 3.1), avec un plancher relevé à 122 % pour cette position. En équivalent mensuel, sur l'année :
- Cadre 2.3 (coef. 150) : 122 % de 3 275 €, soit 3 995,50 € par mois.
- Cadre 3.1 (coef. 170) : 120 % de 3 650 €, soit 4 380,00 € par mois.
- Cadre 3.2 (coef. 210) : 120 % de 4 495 €, soit 5 394,00 € par mois.
- Cadre 3.3 (coef. 270) : 120 % de 5 755 €, soit 6 906,00 € par mois.
En dessous de la position 2.3, le forfait jours n'est possible que si ta rémunération annuelle dépasse deux fois le plafond de la Sécurité sociale, ou si tu es mandataire social. Hors de ces cas, la convention ne permet pas le forfait jours. Le passage au forfait ne peut pas faire baisser ton brut, et il exige une convention écrite, dans le contrat ou par avenant.
Apprentis Syntec : au-dessus du minimum légal
Pourcentage du SMIC avant 21 ans, du minimum Syntec de ta qualification à partir de 21 ans. Le niveau est celui du diplôme préparé : 5 ou 6 pour un bac + 2 ou bac + 3, 7 ou 8 pour un bac + 5 et au-delà.
| Âge et année du contrat | Diplôme de niveau 5 ou 6 | Diplôme de niveau 7 ou 8 |
|---|---|---|
| Moins de 18 ans, 1re année | 33 % du SMIC, 616,12 € | 33 % du SMIC, 616,12 € |
| Moins de 18 ans, 2e année | 43 % du SMIC, 802,82 € | 43 % du SMIC, 802,82 € |
| Moins de 18 ans, 3e année | 58 % du SMIC, 1 082,87 € | 58 % du SMIC, 1 082,87 € |
| 18 à 20 ans, 1re année | 43 % du SMIC, 802,82 € | 48 % du SMIC, 896,17 € |
| 18 à 20 ans, 2e année | 53 % du SMIC, 989,52 € | 58 % du SMIC, 1 082,87 € |
| 18 à 20 ans, 3e année | 68 % du SMIC, 1 269,57 € | 70 % du SMIC, 1 306,91 € |
| 21 ans et plus, 1re année | 55 % du minimum Syntec de ta position | 65 % du minimum Syntec de ta position |
| 21 ans et plus, 2e année | 65 % du minimum Syntec de ta position | 75 % du minimum Syntec de ta position |
| 21 ans et plus, 3e année | 80 % du minimum Syntec de ta position | 80 % du minimum Syntec de ta position |
Montants bruts mensuels pour 35 heures, dérivés du SMIC en vigueur depuis le 1er juin 2026. La majoration liée à l'âge s'applique le premier jour du mois qui suit ton anniversaire.
Pourcentages de l'accord du 28 juin 2011 relatif aux rémunérations minimales des apprentis, impératif pour toutes les entreprises de la branche. Le contrat de professionnalisation a sa propre grille Syntec, de 80 % à 100 % du SMIC ou du minimum du coefficient 275 selon le niveau et l'âge : la fiche du Code du travail numérique pour l'IDCC 1486 la détaille. Le minimum légal, celui qui vaut hors convention, est sur le salaire d'un apprenti en 2026.
Où en est la négociation
Contrairement au SMIC, la grille Syntec ne bouge pas chaque année. L'accord du 26 juin 2024 a remplacé la grille d'août 2022 (avenant n° 47 du 31 mars 2022, corrigé par deux avenants du 29 septembre 2022, dont l'avenant n° 2 qui a supprimé le premier barreau ETAM au coefficient 230), et il contient un engagement écrit : à l'ouverture du cycle de négociation de 2025, les organisations patronales devaient proposer +20 € par mois sur la grille ETAM comme sur celle des ingénieurs et cadres.
Aucun accord salaires n'a été signé depuis. Les minimums applicables restent ceux de 2024, sur une grille dont 2 positions ont été rattrapées par le SMIC : le bas de grille ETAM est à 1 815 € et 1 845 € quand le SMIC est à 1 867,02 € depuis le 1er juin 2026. Les salaires minimaux sont examinés une fois par an par la commission paritaire de la branche, au plus tard le 30 juin. Une convention collective ne fixe qu'un plancher : rien n'empêche ton employeur de te payer davantage, et sur les métiers du numérique c'est la règle plutôt que l'exception.
La hausse de 2024 est une somme fixe, pas un pourcentage
Ligne à ligne, la grille de 2024 ajoute entre +73 € et +102 € par mois à celle d'août 2022 : une enveloppe répartie presque à plat, pas un taux. Les mêmes 100 € valent +5,8 % au premier barreau ETAM (1 715 € devient 1 815 €), et les 74 € ajoutés au sommet de la grille cadre ne valent plus que +1,3 % (5 681 € devient 5 755 €). À effort identique par salarié, la hausse pèse donc plus de quatre fois plus lourd en bas de grille qu'au sommet, et c'est le bas de grille que le SMIC a quand même rattrapé depuis.
Prime de vacances, ancienneté, période d'essai, maladie
Prime de vacances
L'article 7.3 de la convention oblige l'employeur à verser chaque année une prime de vacances d'au moins 10 % de la masse globale des indemnités de congés payés de l'entreprise (fiche du Code du travail numérique). L'entreprise choisit la clé de répartition : part égale entre salariés, prorata du salaire (avec une majoration possible par enfant à charge), ou majoration de 10 % de l'indemnité de congés payés de chacun. Avec cette dernière clé, un salaire de 3 000 € brut par mois donne environ 360 € brut par an : l'indemnité de congés payés vaut un dixième de l'année (3 600 €), et la prime un dixième de l'indemnité. Une partie est versée entre le 1er mai et le 31 octobre, et toute prime versée dans l'année peut en tenir lieu si elle atteint ces 10 %.
Jours d'ancienneté
En plus des 25 jours ouvrés de congés payés : 1 jour ouvré après 5 ans d'ancienneté, 2 après 10 ans, 3 après 15 ans, 4 après 20 ans (fiche du Code du travail numérique). L'ancienneté se compte au 1er mai, ouverture de la période de prise des congés, sauf accord d'entreprise.
Période d'essai
L'article 3.4 indexe la durée maximale sur ton coefficient, pas sur ton statut (fiche du Code du travail numérique) :
- ETAM aux coefficients 240 et 250 (positions 1.1 et 1.2) : 2 mois, renouvelable une fois ;
- ETAM aux coefficients 275 à 500 (positions 2.1 à 3.3) : 3 mois, renouvelable une fois ;
- ingénieurs et cadres, coefficients 95 à 270 : 4 mois, renouvelable une fois.
Un ETAM en position 1.1 ou 1.2 ne peut donc pas se voir imposer trois mois d'essai. Le renouvellement suppose ton accord écrit.
Maintien de salaire en arrêt maladie
L'article 9.2 prévoit une allocation qui complète les indemnités journalières de la Sécurité sociale, dès le premier jour d'arrêt, à partir d'un an d'ancienneté (sans condition d'ancienneté en accident du travail ou maladie professionnelle), déduction faite des indemnités de la Sécurité sociale et de la prévoyance (fiche du Code du travail numérique) :
- ETAM de 1 à 5 ans d'ancienneté : 30 jours à 100 % du salaire brut, puis 60 jours à 80 % ;
- ETAM de 6 à 10 ans : 60 jours à 100 %, puis 30 jours à 80 % ;
- ingénieurs et cadres de 1 à 10 ans : 90 jours à 100 % du salaire brut.
Au-delà de dix ans d'ancienneté, les deux collèges passent au barème légal du code du travail, plus long mais moins généreux (90 % puis 66,66 % du brut, sur des durées qui montent de 50 à 90 jours par palier de cinq ans). Ces durées sont un maximum par période de douze mois consécutifs, une ou plusieurs absences confondues. Si tu atteins l'année d'ancienneté pendant l'arrêt, le maintien démarre à ce moment pour le temps restant. Ce que l'employeur complète et ce que la Sécurité sociale verse sont détaillés sur le salaire en arrêt maladie.
Sous le minimum : ce que tu peux réclamer
Si le douzième de ta rémunération annuelle est sous le minimum de ta position, ou si un mois descend sous 95 % de ce minimum (92 % avec un 13e mois), ton employeur est en infraction : la convention est étendue par arrêté ministériel, elle s'impose à toutes les entreprises de la branche, adhérentes ou non aux organisations patronales signataires.
- Vérifie ta position et ton coefficient sur ta fiche de paie, et compare-les à tes fonctions réelles.
- Compare ton brut annuel divisé par douze au minimum de la grille ci-dessus, en écartant les primes et heures supplémentaires que l'article 7.1 exclut.
- Signale l'écart à ton employeur par écrit, et demande un rappel : les salaires se réclament sur les trois dernières années.
- En cas de refus, saisis l'inspection du travail ou les représentants du personnel, puis les prud'hommes.
Es-tu couvert par la Syntec ?
Regarde ta fiche de paie : la mention IDCC 1486 ou « Bureaux d'études techniques, cabinets d'ingénieurs-conseils et sociétés de conseils » signifie que la grille s'applique à toi. C'est le cas de la quasi-totalité des salariés en ESN, cabinet de conseil, éditeur de logiciels ou agence numérique. La convention ne couvre que les salariés : un indépendant n'a pas de convention collective, et un salarié porté dépend de la convention de sa société de portage, pas de celle de son client.
Ce que le marché paie pour ces métiers
La grille est un plancher : un développeur web touche en médiane 40 000 € brut par an, quand le minimum cadre 1.1 annualisé fait 25 620 €. Le détail par expérience et par région, métier par métier.
Développeur web
40 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireDéveloppeur full-stack
42 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireData scientist
50 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireDevOps
47 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireChef de projet IT
50 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireProduct manager
50 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireIngénieur cybersécurité
50 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireData analyst
42 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireUX designer
40 000 € brut/an en médiane
Voir le salaire