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Grille salaire grande distribution 2026 (IDCC 2216) : combien tu dois toucher au minimum dans le commerce alimentaire ?

À l'embauche au niveau 1 A, ton employeur te doit au moins 1 914,19 € brut par mois pour 35 heures, soit environ 1 515 € net ; après 18 mois au niveau 4, le plancher monte à 2 054,33 €, et un cadre de niveau 8 ne descend pas sous 3 996,47 €. Ces minimums sont ceux de la convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (IDCC 2216), celle des hypermarchés, supermarchés, supérettes, drives, entrepôts et grossistes alimentaires, revalorisés par l'avenant n° 99 au 1er août 2026. Tu travailles chez un grossiste hors alimentaire ? Ta grille est plutôt celle des commerces de gros (IDCC 573).

Données vérifiées le

+47,17 €

au-dessus du SMIC mensuel dès l'embauche, niveau 1 A

+187,31 €

au-dessus du SMIC au niveau 4 B, après 18 mois

x2,1

entre le niveau 1 A et un cadre de niveau 8

Grille commerce alimentaire 2026 (IDCC 2216, avenant n° 99)

Minimum mensuel garanti par niveau pour 35 heures, applicable au 1er août 2026, le net estimé et l'annuel garanti

Grille commerce alimentaire 2026 (IDCC 2216, avenant n° 99)
NiveauMinimum mensuel garantiNet par moisAnnuel garanti (13 mois)
Niveau 1 A (période d'accueil)1 914,19 €1 515 €24 884 €
Niveau 1 B (après 4 mois)1 915,78 €1 517 €24 905 €
Niveau 2 A (période d'accueil)1 917,37 €1 518 €24 926 €
Niveau 2 B (après 6 mois)1 931,70 €1 529 €25 112 €
Niveau 3 A (période d'accueil)1 933,30 €1 530 €25 133 €
Niveau 3 B (après 12 mois)1 950,81 €1 544 €25 361 €
Niveau 4 A (période d'accueil)1 954,00 €1 547 €25 402 €
Niveau 4 B (après 18 mois)2 054,33 €1 626 €26 706 €
Niveau 5 (agent de maîtrise)2 167,03 €1 715 €28 171 €
Niveau 6 (agent de maîtrise)2 290,67 €1 813 €29 779 €
Niveau 7 (cadre)2 973,57 €2 353 €38 656 €
Niveau 8 (cadre confirmé)3 996,47 €3 163 €51 954 €
Niveau 9 (cadre supérieur)hors grillenégocié de gré à gréhors grille

Article 2 de l'avenant n° 99 du 17 avril 2026, étendu par arrêté du 6 juillet 2026 (Journal officiel du 10 juillet), applicable le 1er du mois suivant, soit le 1er août 2026 ; la fiche salaire minimum de la branche du Code du travail numérique publie la même grille. Le minimum mensuel garanti couvre 151,67 heures de travail plus les pauses payées (7,58 heures) ; à temps partiel, il se proratise. L'annuel garanti vaut treize mois : il inclut la prime annuelle due après un an d'ancienneté. Le net est une estimation avant impôt sur le revenu dérivée du garanti de la même ligne, APEC comprise à partir du niveau 7, le premier niveau cadre.

Les 9 niveaux : catégorie et fin de la période d'accueil

Les niveaux 1 à 4 ont un sous-niveau A à l'embauche et un sous-niveau B ensuite

Les 9 niveaux : catégorie et fin de la période d'accueil
NiveauCatégoriePassage de A à B
1Employéaprès 4 mois
2Employéaprès 6 mois (3 si promotion interne)
3Employéaprès 12 mois (6 si promotion interne)
4Employéaprès 18 mois (12 si promotion interne)
5 et 6Agent de maîtrisepas de sous-niveau
7 et 8Cadrepas de sous-niveau
9Cadre supérieurhors grille

Durées de l'article 2 de l'avenant n° 99 : c'est le moment où le minimum du sous-niveau B est dû. La période d'accueil dans la fonction elle-même est bornée par l'article 4.4 de la convention à 6 mois (niveaux 1 et 2), 1 an (niveau 3) et 2 ans (niveau 4), période d'essai comprise ; elle ne s'applique pas à l'embauche qui suit un contrat en alternance lié au poste.

Comment lire ta grille : le montant, le niveau, le sous-niveau

Chaque niveau porte deux minimums de nature différente. Le taux horaire se vérifie heure par heure, et des niveaux 1 A à 4 A il est inférieur au SMIC : le taux du SMIC (12,31 €) prend le relais. Le minimum mensuel garanti se vérifie chaque mois, sur la base de 35 heures effectives : c'est le seul montant à comparer à ton brut réel, et il est plus élevé que le SMIC mensuel à tous les niveaux. Un salarié au niveau 1 A dont le bulletin affiche 1 867,02 € brut est donc sous son minimum conventionnel, même s'il est bien au SMIC : il lui manque 47,17 € par mois.

La convention IDCC 2216 (brochure JO 3305, texte intégral sur Légifrance) classe les emplois en 9 niveaux :

  • Niveaux 1 à 4, employés : hôte de caisse, employé libre-service, vendeur, préparateur de commandes, employé drive.
  • Niveaux 5 et 6, agents de maîtrise : chef de rayon, responsable de caisse, chef d'équipe.
  • Niveaux 7 et 8, cadres : responsable de magasin, directeur de supermarché, chef de secteur.
  • Niveau 9, cadres supérieurs : directeur d'hypermarché, directeur régional. Leur rémunération se négocie hors grille.

Les niveaux 1 à 4 comportent une période d'accueil (sous-niveau A) à l'embauche dans la fonction, puis un sous-niveau B. Le minimum B est dû après 4 mois au niveau 1, 6 mois au niveau 2, 12 mois au niveau 3 et 18 mois au niveau 4 ; en cas de promotion interne vers les niveaux 2, 3 ou 4, ces durées sont divisées par deux. Le saut le plus rentable est celui du niveau 4, de 1 954,00 € à 2 054,33 € : 100,33 € de plus par mois. Le rattachement précis d'un poste à un niveau dépend de la classification de ton entreprise ; ton niveau est écrit sur ta fiche de paie.

Tu cherches la grille de ton enseigne ?

Il n'y a pas une grille par enseigne : toutes les entreprises de la branche, hypermarchés, supermarchés, supérettes, drives, entrepôts et grossistes alimentaires, doivent respecter cette grille-ci, qui est un plancher. Une enseigne peut payer plus par ses propres accords (prime de fin d'année plus élevée, intéressement, participation, remise sur achats), jamais moins. Pour savoir si ton employeur en relève, cherche sur ta fiche de paie la mention « commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire » ou le code IDCC 2216. Et si tu hésites entre un poste en boutique et un poste en grande surface, le vendeur est-il mieux payé en boutique ou en grande distribution ? compare les deux.

Ce que la convention ajoute au salaire de base

Prime annuelle : un 13e mois après un an

Avec 1 an d'ancienneté au moment du versement, tu as droit à une prime annuelle égale à 100 % de ton salaire mensuel de base de novembre, heures supplémentaires exceptionnelles exclues (article 3.6 de la convention). C'est l'équivalent d'un 13e mois, et c'est lui qui fait passer l'annuel garanti de la grille à treize mois. L'employeur peut la verser en une ou plusieurs fois dans l'année ; les versements avant le solde sont une avance, remboursable si tu quittes l'entreprise avant. Si tu as eu des absences non assimilées (au-delà des congés payés, de la maternité, de la maladie indemnisée, de 10 jours d'absence autorisée...), elle vaut un douzième du salaire de base des douze derniers mois. Elle n'entre pas dans le calcul de l'indemnité de congés payés.

Pas de prime d'ancienneté conventionnelle

Contrairement au commerce de gros ou à la pharmacie, la 2216 ne prévoit pas de prime d'ancienneté à part : à la question « prime d'ancienneté », la fiche du Code du travail numérique pour cette branche répond par la prime annuelle ci-dessus. L'ancienneté joue sur le passage au sous-niveau B, sur les congés et sur les indemnités de rupture, pas sur une ligne de paie mensuelle. Une prime d'ancienneté que tu verrais sur ton bulletin vient d'un accord d'entreprise, pas de la convention. Le mécanisme général, dans les branches qui en ont une, est expliqué dans le guide de la prime d'ancienneté.

Dimanche, nuit, jours fériés : les majorations

  • Dimanche occasionnel (dimanche du maire, dérogation préfectorale) : chaque heure est majorée de 100 %, le dimanche est payé double, et le jour de repos est décalé dans la quinzaine, pas supprimé. Ce travail repose sur le volontariat (article 5.13).
  • Dimanche régulier : dans un magasin de 400 m² ou moins, +20 % par heure si tu n'as pas un jour et demi de repos consécutifs dans la semaine ; dans un magasin de plus de 400 m², au moins +30 % pour les heures du dimanche jusqu'à 13 h, sans condition de repos.
  • Nuit : +5 % du salaire horaire de base entre 21 h et 22 h, +20 % entre 22 h et 5 h, que tu sois « travailleur de nuit » ou non ; les heures supplémentaires se majorent en plus, sur le taux de base (article 5.11).
  • Jours fériés : 6 jours fériés chômés et payés par an en plus du 1er mai ; un jour férié travaillé donne, à ton choix, un repos payé de même durée dans les 15 jours ou le paiement des heures en plus du salaire mensuel, c'est-à-dire la journée payée double (article 5.14).

Ces majorations s'ajoutent au salaire de base et ne comptent pas dans la vérification du minimum conventionnel. Dans une grande surface de plus de 400 m², un hôte de caisse payé au SMIC horaire qui travaille un dimanche matin passe de 12,31 € à au moins 16,00 € brut de l'heure jusqu'à 13 h. Les heures supplémentaires suivent leurs propres majorations.

Les pauses sont payées

Le temps de pause est rémunéré en plus du travail effectif (article 3.5) : pour un temps plein, 7,58 heures de pause payées s'ajoutent chaque mois aux 151,67 heures travaillées, et le minimum garanti de la grille les inclut. C'est pour ça que le garanti est plus élevé que le taux horaire multiplié par 151,67.

Cadres au forfait jours : un minimum annuel à part

Un cadre en forfait de 216 jours par an (journée de solidarité comprise) a son propre plancher annuel, tous éléments de salaire compris, fixé par l'article 3 de l'avenant n° 99 : au niveau 7, 40 230 € pendant les 36 premiers mois dans le niveau puis 41 790 € ; au niveau 8, 54 100 € puis 56 170 €.

Les autres compléments

  • Participation et intéressement : la participation est obligatoire au-delà de 50 salariés ; la plupart des enseignes y ajoutent un accord d'intéressement.
  • Remise sur achats : courante dans les enseignes, mais elle n'est pas prévue par la convention.
  • Mutuelle : prise en charge à 50 % au minimum par l'employeur, comme partout.
  • Titres-restaurant : courants dans les sièges et les entrepôts, plus rares en magasin.

Pour retrouver chacune de ces lignes sur ton bulletin, lis le guide de la fiche de paie.

Que faire si ton salaire est sous le minimum

Dans la grande distribution, l'écart avec le plancher est fréquent aux premiers niveaux, justement parce qu'ils sont proches du SMIC :

  1. Vérifie ton niveau sur ta fiche de paie (1 A à 9).
  2. Vérifie ta période d'accueil : si tu as dépassé la durée, tu dois être passé au sous-niveau B.
  3. Compare ton brut mensuel au minimum mensuel garanti de ton niveau, pas au SMIC. C'est l'erreur la plus courante, et celle qui fait passer un rappel de salaire à la trappe.
  4. Isole les bons éléments : le salaire de base, les avantages en nature et les primes liées au rendement comptent dans la comparaison. Les heures supplémentaires, les majorations de dimanche, de nuit et de jours fériés, les remboursements de frais, l'intéressement et la participation en sont exclus.
  5. Signale l'écart à ton employeur ou aux représentants du personnel.
  6. En cas de refus, saisis la DREETS (l'inspection du travail).

À temps partiel, le minimum garanti se calcule au prorata des heures : un employé au niveau 3 A à 30 heures par semaine doit percevoir au moins 1 657,11 € brut (1 933,30 € x 30 / 35), l'exemple même que donne la fiche du Code du travail numérique. Le simulateur temps partiel fait ce calcul pour tes heures et te donne le net.

Pour les niveaux 1 à 3, les salaires réels dépassent rarement le plancher de plus de quelques dizaines d'euros : la différence se fait sur les primes, pas sur le salaire de base. À partir du niveau 5, l'écart se creuse : un chef de rayon se négocie au-dessus de son minimum de 2 167,03 €, et les enseignes se concurrencent sur ces profils. Les fiches métiers du commerce donnent les salaires réels par expérience et par région.

Payé au-dessus du minimum de ton niveau ?

Ton salaire réel, primes et majorations comprises, n'est dans aucune ligne de la grille. Entre ton brut, cadre ou non, et vois ce qu'il te reste chaque mois avant impôt.