Grille salaire boulangerie-pâtisserie 2026 (IDCC 843) : les minimums par coefficient
La convention collective de la boulangerie-pâtisserie artisanale (IDCC 843) fixe les salaires minimums du personnel de fabrication, de vente et de services. Hors Île-de-France et Bouches-du-Rhône, ils vont de 1 882 € brut/mois (coefficient 155) à 2 213 € brut/mois (coefficient 240), soit 1 490 € à 1 752 € net avant impôt. Ces deux zones ont leur propre grille, plus favorable. Les salaires réels des métiers de bouche sont souvent au-dessus.
Mis à jour le
429 €
de plus par mois au coefficient 240, en Île-de-France plutôt qu'ailleurs
15 €
tout ce qui sépare le premier coefficient du SMIC
1 073 €
prime de fin d'année au coefficient 155, versée en janvier
Minimums conventionnels 2026 (hors Île-de-France et Bouches-du-Rhône)
Le minimum dépend de ton coefficient, pas de ta catégorie : fabrication, vente et services partagent la même grille
| Coefficient | Brut par mois | Net par mois |
|---|---|---|
| 155 | 1 882 € | 1 490 € |
| 160 | 1 900 € | 1 504 € |
| 165 | 1 920 € | 1 520 € |
| 170 | 1 938 € | 1 534 € |
| 175 | 1 958 € | 1 550 € |
| 180 | 1 976 € | 1 564 € |
| 185 | 2 019 € | 1 598 € |
| 190 | 2 037 € | 1 612 € |
| 195 | 2 054 € | 1 626 € |
| 240 | 2 213 € | 1 752 € |
Mensuel calculé sur 151,67 h (temps plein 35 h). Le net est une estimation avant impôt sur le revenu, dérivée du brut de la même ligne pour un non-cadre du secteur privé sans élément de rémunération particulier ; la prime de fin d'année n'y est pas comprise. Source : avenant n° 139 du 14 janvier 2026, grille relayée par le Code du travail numérique.
Les trois grilles de taux horaire, côte à côte
Même convention, même coefficient, trois minimums : c'est ton lieu de travail qui tranche
| Coefficient | Autres régions | Île-de-France | Bouches-du-Rhône |
|---|---|---|---|
| 155 | 12,41 € | 12,57 € | 12,57 € |
| 160 | 12,53 € | 12,86 € | 12,68 € |
| 165 | 12,66 € | 13,14 € | 12,80 € |
| 170 | 12,78 € | 13,43 € | 12,95 € |
| 175 | 12,91 € | 13,71 € | 13,05 € |
| 180 | 13,03 € | 14,00 € | 13,15 € |
| 185 | 13,31 € | 14,28 € | 13,76 € |
| 190 | 13,43 € | 14,57 € | 13,97 € |
| 195 | 13,54 € | 14,85 € | 14,10 € |
| 240 | 14,59 € | 17,42 € | 15,13 € |
Taux horaires bruts. La grille Île-de-France est issue de l'avenant n° 61 du 22 janvier 2026, celle des autres régions de l'avenant n° 139 du 14 janvier 2026. Pour passer d'un taux au mensuel : taux x 151,67 h. Source : Code du travail numérique.
Comment lire la grille boulangerie
Deux informations suffisent pour trouver ton minimum : ton coefficient et ton lieu de travail.
Le coefficient est attribué selon ton poste, tes qualifications et ton niveau de responsabilité, et il doit figurer sur ta fiche de paie. Si tu ne l'y trouves pas, voici les emplois qu'il recouvre habituellement :
- 155 - apprenti, aide-boulanger, vendeuse débutante
- 160 - ouvrier boulanger débutant, vendeuse
- 165 - vendeuse qualifiée
- 170 - ouvrier boulanger confirmé, vendeuse confirmée
- 175 - ouvrier pâtissier, première vendeuse
- 180 - responsable de magasin adjoint
- 185 - ouvrier hautement qualifié, responsable de magasin
- 190 - chef d'équipe, responsable de vente
- 195 - chef de fabrication
- 240 - responsable de production
Ces intitulés sont indicatifs : c'est le coefficient porté sur ta fiche de paie qui fixe le minimum, pas le nom de ton poste. À coefficient égal, le personnel de fabrication, de vente et de services a exactement le même minimum : ta catégorie ne joue pas sur le taux. Ce qui le fait bouger, c'est ton lieu de travail.
Du taux horaire au salaire mensuel. La mensualisation lisse le salaire sur douze mois : le brut mensuel vaut taux horaire x 151,67 h, soit 35 h x 52 semaines / 12 mois. Au coefficient 160 hors Île-de-France : 12,53 € x 151,67 = 1 900 € brut par mois. Les heures supplémentaires, la majoration du dimanche et la prime de fin d'année s'ajoutent par-dessus.
Un plancher prime sur tout : le SMIC. Au coefficient 155 hors Île-de-France, la grille est à 12,41 € contre 12,31 € pour le SMIC horaire en vigueur depuis le 1er juin 2026, soit une marge de 15 € par mois seulement. Si une revalorisation du SMIC passe devant le minimum de ton coefficient, c'est le SMIC qui s'applique : un minimum conventionnel devenu inférieur au SMIC ne peut jamais être versé tel quel.
Combien gagne une vendeuse en boulangerie, en net
Une vendeuse débutante est au coefficient 155. Hors Île-de-France, son minimum est de 12,41 € brut de l'heure, soit 1 882 € brut par mois pour un temps plein 35 h, et environ 1 490 € net avant impôt.
Une vendeuse confirmée passe au coefficient 170, soit 12,78 € de l'heure : 1 938 € brut et environ 1 534 € net. La qualification fait donc gagner 56 € brut par mois.
À Paris, la même vendeuse débutante est au minimum à 12,57 € de l'heure, soit 1 906 € brut et environ 1 509 € net.
Trois avertissements sur ces nets. Ce sont des estimations avant impôt sur le revenu, pour un non-cadre du secteur privé sans élément de rémunération particulier. Ils ne comprennent ni la prime de fin d'année, ni les majorations du dimanche, qui pèsent lourd dans ce métier. Et ce sont des minimums : beaucoup de vendeuses sont payées au-dessus de leur coefficient.
Cadres au forfait jours
Minimums annuels bruts, pour une convention de forfait de 218 jours
| Niveau | Île-de-France | Autres régions |
|---|---|---|
| Cadre 1 (cadre autonome, forfait 218 jours) | 39 404 € | 39 398 € |
| Cadre 2 (cadre dirigeant) | 56 536 € | 56 528 € |
Rémunération annuelle minimale brute. La vérification s'effectue une fois par an, et non mois par mois. Source : Code du travail numérique.
Ce que la grille ne montre pas : prime et dimanche
Le taux horaire n'est qu'une partie de la rémunération. Deux droits conventionnels s'y ajoutent, et ils pèsent lourd sur l'année.
La prime de fin d'année. Ce n'est pas un treizième mois. C'est un pourcentage du salaire brut perçu du 1er janvier au 31 décembre : 4,75 % en 2026, puis 5 % à partir du 1er janvier 2027. Deux conditions : avoir au moins 1 an d'ancienneté et être dans l'entreprise au 31 décembre. Deux départs ne te la font pourtant pas perdre : un licenciement économique en cours d'année, et un départ - volontaire ou non - pour faire valoir tes droits à la retraite ou à une préretraite. Dans ces deux cas elle est calculée au prorata de ton temps de présence dans l'entreprise. Elle doit être versée au plus tard le 15 janvier, pas en décembre. Au coefficient 155 à temps plein hors Île-de-France, elle représente environ 1 073 € brut, soit un peu plus d'un demi-mois de salaire. Elle ne se cumule pas avec un avantage de même nature déjà accordé en fin d'année, comme un 13e mois partiel ou des étrennes. Le détail des conditions figure sur la fiche primes de la convention.
L'indemnité de « chou blanc ». Tu te présentes à l'heure convenue et on te décommande à ce moment précis : la convention te donne droit à 8 heures de salaire horaire minimum professionnel national. Au coefficient 155 hors Île-de-France, cela fait 99,28 € brut pour une journée où tu n'as pas travaillé. C'est un droit propre à cette branche, et il vaut dès que le déplacement a eu lieu.
La prime d'ancienneté existe, et elle est territoriale. La fiche de branche la mentionne sans publier de barème national : son montant dépend de l'avenant territorial qui te couvre, comme les grilles de minima. Ne conclus pas de son absence dans le tableau ci-dessus que tu n'y as pas droit, c'est l'accord de ton département qui le dit.
La majoration du dimanche. Chaque heure travaillée le dimanche est majorée de 20 % du salaire horaire de base au titre de la convention de branche : au coefficient 155 hors Île-de-France, l'heure du dimanche passe de 12,41 € à 14,89 € brut. L'employeur doit garantir au moins un jour de repos dans la semaine, et les salariés de moins de 18 ans ne peuvent pas travailler le dimanche sauf s'ils sont apprentis (fiche travail du dimanche).
Ces 20 % sont le taux de la branche, et cette convention fonctionne par avenants territoriaux : ses grilles de salaire elles-mêmes sont distinctes en Île-de-France et dans les Bouches-du-Rhône, comme le montre le tableau ci-dessus. Un avenant peut donc porter la majoration du dimanche au-delà de 20 % dans ton département. Avant de conclure que tu es à 20 %, vérifie l'accord qui te couvre.
Les jours fériés. Le 1er mai est férié et chômé. Au-delà, les règles légales s'appliquent par défaut, et la convention peut prévoir mieux : une majoration du taux horaire, un repos compensateur. C'est le point à vérifier sur l'accord qui te couvre - ne conclus pas d'un silence que tu n'as droit à rien de plus que le Code du travail.
Que faire si ton salaire est sous le minimum
Si ton taux horaire brut est inférieur au minimum de ton coefficient, ton employeur est en infraction :
- Vérifie ton coefficient et ton IDCC sur ta fiche de paie
- Prends la bonne colonne : Île-de-France, Bouches-du-Rhône ou autres régions
- Compare ton taux horaire avec la grille correspondante
- Signale l'écart par email à ton employeur
- Demande un rattrapage sur les 3 dernières années
- En cas de refus, contacte l'inspection du travail
Un point de méthode : la comparaison se fait sur le salaire de base. Les heures supplémentaires, les majorations de nuit et de dimanche, les primes et les remboursements de frais n'entrent pas dans le calcul et ne peuvent donc pas servir à combler un minimum non atteint.
Métiers couverts par cette convention
Explore les salaires réels de ces métiers, au-delà du minimum
Avertissement
Les montants indiqués sont les minimums conventionnels : un plancher, pas un salaire de marché. Les salaires réels sont souvent supérieurs selon l'entreprise, l'ancienneté et le profil, et un accord d'entreprise plus favorable prime toujours sur la grille de branche.
Tu es payé au-dessus du minimum ?
Alors la colonne « Net par mois » de la grille ne te sert plus : elle ne connaît que les planchers. Entre ton salaire réel, gratuit et sans inscription.