Combien le prélèvement à la source retire-t-il de ton salaire ?
Entre 0 % et 43 % de ton net imposable, selon son montant. À 2 000 € de net imposable par mois, le taux neutre retient 2,9 %, soit 58 € par mois et 696 € sur l'année. Le montant qui sert de base n'est ni ton brut, ni ce que tu touches : c'est ton net imposable, la ligne juste au-dessus sur ta fiche de paie.
Grille en vigueur, métropole, vérifiée le auprès de service-public.gouv.fr, prélèvement à la source et economie.gouv.fr, le prélèvement à la source en 10 questions. Code général des impôts, articles 204 A et suivants ; la grille du taux neutre est fixée par l'article 204 H.
0 €
prélevé tant que ton net imposable reste sous le premier palier
58 €
prélevés chaque mois à 2 000 € de net imposable
133 €
à 2 500 €, parce que le taux monte par paliers et non en ligne droite
La grille du taux neutre, tranche par tranche
Le taux appliqué quand ton employeur ne connaît pas ton taux personnalisé
| Ton net imposable mensuel | Taux prélevé |
|---|---|
| Moins de 1 635 € | 0 % |
| De 1 635 € à 1 698 € | 0,5 % |
| De 1 698 € à 1 807 € | 1,3 % |
| De 1 807 € à 1 928 € | 2,1 % |
| De 1 928 € à 2 060 € | 2,9 % |
| De 2 060 € à 2 170 € | 3,5 % |
| De 2 170 € à 2 315 € | 4,1 % |
| De 2 315 € à 2 738 € | 5,3 % |
| De 2 738 € à 3 135 € | 7,5 % |
| De 3 135 € à 3 571 € | 9,9 % |
| De 3 571 € à 4 019 € | 11,9 % |
| De 4 019 € à 4 690 € | 13,8 % |
| De 4 690 € à 5 624 € | 15,8 % |
| De 5 624 € à 7 037 € | 17,9 % |
| De 7 037 € à 8 789 € | 20 % |
| De 8 789 € à 12 200 € | 24 % |
| De 12 200 € à 16 523 € | 28 % |
| De 16 523 € à 25 937 € | 33 % |
| De 25 937 € à 55 558 € | 38 % |
| 55 558 € et plus | 43 % |
Chaque borne haute est EXCLUE : à 1 698 € exactement, c'est la tranche suivante qui s'applique. Le montant retenu est ton net imposable multiplié par le taux de ta tranche, et rien d'autre : 3 000 € de net imposable donnent 7,5 %, soit 225 € par mois. Ce n'est pas un barème progressif par tranches comme celui de l'impôt sur le revenu : un seul taux s'applique, à la totalité du montant. Des grilles distinctes existent pour la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion, la Guyane et Mayotte, où les seuils sont plus élevés ; celle publiée ici est celle de la métropole.
Lequel de ces trois taux s'applique à toi
| Le taux | Qui l'a | Ce qu'il prend en compte |
|---|---|---|
| Personnalisé | Toi, par défaut, si tu vis seul | Tous tes revenus déclarés, ta situation familiale et tes charges. C'est celui qui colle le mieux à ta situation, et il est transmis à ton employeur. |
| Individualisé | Les couples mariés ou pacsés, par défaut depuis le 1er septembre 2025 | Les revenus personnels de chacun, les revenus communs restant au taux du foyer. Le total prélevé par le couple ne change pas, seule la répartition entre les deux change. |
| Neutre | Toi si tu refuses que ton taux soit transmis, et tout nouveau contribuable | Ton seul salaire, comme si tu étais célibataire sans enfant. C'est la grille ci-dessus. Il ignore ton quotient familial et tes charges, donc il est le plus souvent plus élevé. |
Le taux neutre s'applique aussi de plein droit quand l'administration n'a pas encore d'antériorité sur tes revenus : premier emploi, arrivée en France, sortie d'études. Ce n'est pas un choix, c'est l'absence de données. Dès ta première déclaration, un taux personnalisé prend le relais.
Comment on passe de ton salaire au montant prélevé
Le calcul tient en une multiplication, et toute la difficulté est de partir du bon montant.
1. Trouve ton net imposable mensuel. C'est une ligne de ta fiche de paie, distincte du net à payer. Elle est plus élevée que ce que tu touches avant impôt, parce qu'elle réintègre la part de CSG non déductible et la CRDS, retenues sur ton salaire mais maintenues dans ta base d'imposition. La part employeur de ta mutuelle obligatoire s'y ajoute aussi. Prendre ton net à payer à la place sous-estime le prélèvement à chaque fois.
2. Lis la ligne de ta tranche. La grille ne se calcule pas par tranches successives : un seul taux s'applique, à la totalité du montant. À 2 500 € de net imposable, la tranche donne 5,3 %.
3. Multiplie. 2 500 € × 5,3 % = 132,50 €, arrondis à 133 € sur la paie du mois. Sur douze mois, 1 596 €.
Ce résultat est celui du taux neutre. Si tu as un taux personnalisé, remplace simplement le taux de la grille par le tien, celui qui figure sur ta fiche de paie et dans ton espace personnel : la multiplication est la même. Et le montant obtenu se retire de ton net à payer, pas de ton net imposable : c'est cette soustraction qui donne le net versé sur ton compte.
Le tableau part du net imposable. L'outil part de ton brut.
La grille suppose que tu connais déjà ton net imposable. Si tu n'as que ton brut sous les yeux, le simulateur le convertit cotisation par cotisation, applique le prélèvement et te rend le net qui arrivera sur ton compte.
Pourquoi ton taux réel n'est presque jamais celui du tableau
La grille ci-dessus est celle d'un célibataire sans enfant et sans autre revenu. C'est une convention de calcul, pas un portrait de la population : dès que tu as une personne à charge, un conjoint, ou des charges déductibles, ton taux personnalisé descend en dessous du taux de ta tranche. C'est la raison pour laquelle opter pour le taux neutre coûte de la trésorerie à la plupart des salariés.
Le sens de l'écart mérite d'être connu, parce qu'il se corrige dans les deux cas. Un taux trop élevé te fait avancer de l'impôt : tu récupères le trop-versé, mais l'année suivante seulement. Un taux trop bas te laisse plus de net chaque mois et te prépare un solde à régler après ta déclaration. Aucun des deux n'est une erreur de l'administration : ton taux est juste, il est simplement calculé sur des revenus qui ne sont plus les tiens.
Un taux se corrige à tout moment depuis ton espace personnel, rubrique de gestion du prélèvement à la source. Une seule condition à connaître avant de t'y rendre : la baisse exige un écart de plus de 5 % entre le prélèvement estimé sur tes nouveaux revenus et celui que tu supporterais sans rien changer, alors que la hausse est libre et sans justification. La marche à suivre, les délais et le piège de la baisse excessive sont détaillés dans le mode d'emploi de la modulation.
Les cas particuliers
Tu n'es pas salarié : les acomptes remplacent la retenue
Quand aucun tiers ne verse ton revenu, personne ne peut retenir l'impôt à ta place. Le prélèvement prend alors la forme d'un acompte que l'administration prélève directement sur ton compte bancaire, mensuellement ou trimestriellement, sur la base de ton dernier bénéfice imposé.
Sont concernés les revenus des indépendants (bénéfices industriels et commerciaux, bénéfices non commerciaux, bénéfices agricoles), les revenus fonciers, les pensions alimentaires, les rentes viagères à titre onéreux et la rémunération de certains dirigeants. Le mécanisme est le même, le circuit change : c'est un débit sur ton compte au lieu d'une ligne sur une fiche de paie.
Certains revenus échappent entièrement au prélèvement à la source parce qu'ils sont imposés autrement : les revenus de placements soumis au prélèvement forfaitaire unique, les plus-values immobilières et les plus-values de cession de titres.
Chômage, retraite, arrêt maladie : qui prélève quoi
Le prélèvement suit le revenu, pas l'employeur. Celui qui te verse l'argent retient l'impôt et le reverse à l'État : France Travail sur ton allocation chômage, ta caisse de retraite sur ta pension, l'Assurance maladie sur tes indemnités journalières.
Conséquence pratique quand tu perçois deux revenus en même temps, par exemple un salaire à temps partiel et une allocation : chacun applique ton taux de son côté, sur ce qu'il te verse. Tu vois donc deux prélèvements, et leur somme correspond à un seul impôt.
C'est aussi pourquoi une baisse de revenu ne fait pas baisser ton taux tout seul : le taux reste celui calculé sur tes revenus passés, seule l'assiette diminue. Passer d'un salaire à une allocation plus faible est précisément la situation où une modulation à la baisse se justifie.
Un changement de situation familiale se déclare sous 60 jours
Mariage, PACS, naissance, adoption, divorce, rupture de PACS, décès : ces événements modifient ton foyer fiscal, donc ton taux, et ils se déclarent dans un délai de 60 jours. Le nouveau taux ne prend pas effet immédiatement : l'administration le calcule puis le transmet, avec un décalage de quelques mois.
Une naissance ajoute une part fiscale et fait donc baisser le taux. Un divorce fait repasser chacun à un taux individuel. Dans les deux cas, ne rien déclarer laisse tourner un taux calculé sur une composition de foyer qui n'existe plus, et l'écart se solde après la déclaration suivante.
Réductions et crédits d'impôt : ils ne sont pas dans ton taux
Ton taux de prélèvement ne tient aucun compte de tes réductions et crédits d'impôt. Garde d'enfants, emploi à domicile, dons, travaux : rien de tout cela n'abaisse le pourcentage retenu chaque mois sur ta paie.
Tu avances donc cet argent, et il t'est rendu ensuite. Pour amortir cette avance de trésorerie, l'administration verse mi-janvier une avance de 60 % du montant de certains de ces dispositifs, calculée sur ce qui t'a été accordé l'année précédente. Le solde arrive après le traitement de ta déclaration.
C'est l'une des explications les plus fréquentes d'un taux qui semble trop élevé au regard de l'impôt réellement dû : le taux ignore une partie de ce qui réduit ton impôt final.
Questions fréquentes sur le prélèvement à la source
Compare le montant du tableau à celui de ta fiche de paie
Si les deux ne coïncident pas, c'est normal : ton taux personnalisé n'est pas celui de la grille. Pars de ton brut pour retrouver ton net imposable, puis applique ton propre taux.
Montants indicatifs, calculés à partir de la grille du taux neutre en vigueur en métropole et des sources publiques citées plus haut. Ton taux réel figure sur ta fiche de paie et dans ton espace personnel sur le site des impôts : c'est lui qui fait foi.