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Prime Ségur : combien vaut le complément de traitement indiciaire en 2026 ?

Dans la fonction publique, la prime Ségur est le complément de traitement indiciaire (CTI) : 49 points d'indice majoré, soit 241,22 € bruts et environ 191 € nets par mois. Si tu lis 183 € partout, c'est le net de 2020 : le point d'indice a été revalorisé deux fois depuis, et le montant a suivi.

183 €

le net de 2020, d'où vient le surnom

241,22 €

le brut d'aujourd'hui, 49 points d'indice

≈ 191 €

ce qu'il en reste après cotisations

Ce chiffre est-il le tien ? Ça dépend de qui t'emploie

La prime Ségur porte le même nom partout, mais trois textes différents la fixent. Un seul suit le point d'indice.

Ce chiffre est-il le tien ? Ça dépend de qui t'emploie
Où tu travaillesQui fixe ton montantOù tu le lis
Fonction publique : hôpital, EHPAD public, médico-social publicUn décret : 49 points d'indicesur cette page
Privé non lucratif : CCN 66, CCN 51, aide à domicileTa convention, en eurosnotre grille médico-social
Privé commercial : cliniques, EHPAD de groupeUn accord de branche, en eurosnotre grille hospitalisation privée

Cette page traite le CTI de la fonction publique. Dans les deux autres colonnes, le montant est fixé en euros par un accord de branche : il ne bouge pas quand le point d'indice est revalorisé, et il ne se déduit donc pas du chiffre ci-dessus.

Pourquoi tu lis 183 € partout, et pourquoi ce n'est plus ton montant

Les accords du « Ségur de la santé » du 13 juillet 2020 ont annoncé une revalorisation de 183 € nets par mois. Le chiffre est resté comme surnom, au point que la mesure s'appelle encore « la prime de 183 € » cinq ans plus tard.

Sauf que le décret ne fixe pas un montant en euros : il fixe 49 points d'indice majoré. Et le point d'indice de la fonction publique a été revalorisé deux fois depuis, en juillet 2022 et en juillet 2023. Les mêmes 49 points valent donc aujourd'hui 241,22 € bruts.

Le portail de la fonction publique le montrait déjà il y a deux ans : sa fiche sur le complément de traitement indiciaire publie 237,65 € bruts, soit 188,62 € nets au 1er janvier 2023. Dès 2023, le net dépassait donc les 183 € de 2020.

Le chiffre de 183 € a une seconde vie, et c'est ce qui entretient la confusion : hors de la fonction publique, le complément Ségur a été transposé par accord de branche, en euros. Là, le montant ne suit pas le point d'indice : il ne bouge que si la branche renégocie. Deux raisons différentes, un seul chiffre.

Le net : d'où vient le chiffre, et pourquoi il est « environ »

Sur ton bulletin, le CTI apparaît sur une ligne séparée, et cette ligne porte un brut : 241,22 €. Le net, lui, n'est écrit nulle part ligne par ligne : les cotisations sont calculées sur l'ensemble de ta rémunération, puis retranchées d'un bloc. Le « net de la prime Ségur » est donc toujours un calcul, jamais un montant que tu peux pointer du doigt sur ta paie.

Voici celui que nous publions, et d'où il vient. Le CTI est « soumis aux mêmes règles de cotisations que le traitement » : la retenue pour pension, 11,10 % (pension civile ou CNRACL, au même taux d'après la fiche F468 « Cotisations salariales du fonctionnaire » de service-public.gouv.fr), et la CSG-CRDS, 9,70 % sur 98,25 % du brut, soit 20,63 % en tout. La fonction publique a publié un couple complet pour ce complément, 237,65 € bruts pour 188,62 € nets au 1er janvier 2023, et ces deux retenues le reproduisent au centime. Appliquées au brut d'aujourd'hui, elles donnent environ 191 € nets.

Pourquoi « environ », et pas un montant au centime ? Parce que ces retenues portent sur ton traitement et tes indemnités ensemble, pas ligne par ligne : une NBI ou des primes au-delà de 20 % de ton traitement déplacent le centime. Le brut, lui, est exact : il se recalcule à partir de la valeur du point. Le détail de chaque retenue, titulaire et contractuel, est sur la page du brut et du net dans la fonction publique.

Un dernier point que les tableaux oublient : ce net est un net avant impôt. Le CTI est imposable comme le reste de ton traitement, donc le prélèvement à la source s'applique ensuite, à ton taux personnel.

Qui perçoit le CTI dans la fonction publique

Qui perçoit le CTI dans la fonction publique
CatégorieConcerné ?
Aides-soignants, infirmiers, psychologues d'un hôpital, d'un EHPAD ou d'un établissement médico-social publicOui
Personnels administratifs et techniques de ces mêmes établissementsOui, même montant
Agents des trois versants (État, territoriale, hospitalière) selon l'établissementOui, selon l'employeur
Éducateurs, assistants de service social et fonctions d'accompagnement socio-éducatifOui, sous condition de fonctions
Contractuels de ces établissementsPrime équivalente, même montant
Personnels médicaux (médecins)Non, exclus

Dans un hôpital, un EHPAD ou un établissement rattaché, tous les agents hors personnels médicaux sont bénéficiaires, quelle que soit leur profession. Dans les autres structures éligibles, seules certaines catégories le sont : une profession spécifique (souvent paramédicale) ou des fonctions d'accompagnement socio-éducatif. Conditions détaillées sur la fiche du portail de la fonction publique.

Le CTI compte pour ta retraite, et c'est rare pour une prime

C'est la différence la plus importante entre le CTI et les primes que tu touches par ailleurs, et la fiche officielle la pose en deux endroits : le CTI est « un élément de rémunération pris en compte dans le calcul de la pension », et il est « soumis aux mêmes règles de cotisations que le traitement ».

Concrètement : la plupart des primes de la fonction publique ne génèrent de droits à retraite que via le régime additionnel, dans une limite étroite. Le CTI, lui, entre dans l'assiette de ta pension principale, comme ton traitement indiciaire. Les 241,22 € cotisés chaque mois travaillent donc deux fois : sur ta paie aujourd'hui, et sur ta pension plus tard.

C'est aussi pour cette raison que le dispositif s'appelle un complément de traitement et non une prime : le mot n'est pas cosmétique, il décrit le régime juridique qui s'y applique.

Ségur 1, Ségur 2 : ce ne sont pas deux primes

La question revient sans cesse, et la réponse tient en une phrase : il n'y a qu'un seul complément de traitement indiciaire. Tu ne touches pas « un Ségur 1 » et « un Ségur 2 » sur deux lignes.

Ce que les deux expressions désignent, ce sont deux vagues de mesures issues des mêmes accords. La première a créé le CTI et l'a versé aux personnels non médicaux des hôpitaux et des EHPAD publics. La seconde a porté sur autre chose : la refonte des grilles indiciaires des personnels paramédicaux, c'est-à-dire l'indice auquel tu es classé, et non un complément supplémentaire.

La conséquence est directe pour lire ton bulletin : si tu es concerné par les deux, le premier se voit sur une ligne « CTI », le second se voit dans ton indice majoré, donc dans ton traitement de base. Chercher une deuxième ligne « Ségur » est une impasse.

Les textes qui fixent le CTI

Le dispositif repose sur trois textes, que le portail de la fonction publique nomme lui-même comme ses références : l'article 48 de la loi n° 2020-1576 du 14 décembre 2020 de financement de la sécurité sociale pour 2021, qui installe le complément ; le décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020, qui le crée et fixe les 49 points ; et le décret n° 2022-1497 du 30 novembre 2022, qui élargit la liste des bénéficiaires.

C'est ce troisième texte qui explique pourquoi des collègues entrés dans le dispositif à des dates différentes ont pu attendre : le périmètre a été étendu par vagues successives, pas d'un coup en 2020.

Le CTI est fixe, ton traitement ne l'est pas

Les 49 points du Ségur sont les mêmes pour tout le monde. Ce qui change d'un agent à l'autre, c'est l'indice majoré auquel il est classé et sa quotité de travail. Simule les deux pour voir ta rémunération complète, CTI compris.