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Brut en net dans la fonction publique en 2026 : combien te reste-t-il ?

Sur 2 300 € brut par mois, un fonctionnaire titulaire garde 1 826 € net avant impôt si ce brut est son traitement, soit 79,37 % ; un contractuel de droit public garde 1 848 €, soit 80,33 %. Aucun des deux ne paie de cotisation chômage, et le versant - État, territoriale ou hospitalière - ne change rien à ces taux. Le statut, si : la retraite d'un titulaire est retenue sur son seul traitement, celle d'un contractuel sur tout son brut.

Mis à jour le

79,37 %

du traitement reste à un fonctionnaire titulaire sans prime : retenue pour pension et CSG-CRDS, rien d'autre

80,33 %

du brut reste à un contractuel de droit public, sur tout salaire sous le plafond de la Sécurité sociale

79,16 %

du brut reste à un non-cadre du privé au même salaire : 1,17 point de moins qu'un contractuel, la différence entre l'Agirc-Arrco et l'Ircantec

Du brut au net : ce qu'il te reste, avant impôt

Trois bruts mensuels à temps complet, dont le plus bas de la fonction publique, le SMIC. Pour le titulaire, le brut est son traitement indiciaire seul - sauf au SMIC, où il est le traitement de l'indice 366 complété par l'indemnité différentielle. Les nets valent pour les trois versants.

Du brut au net : ce qu'il te reste, avant impôt
Brut mensuelNet d'un titulaireNet d'un contractuel
1 867,02 €, le SMIC1 486 € (79,58 %)1 500 € (80,33 %)
2 300 €1 826 € (79,37 %)1 848 € (80,33 %)
3 000 €2 381 € (79,37 %)2 410 € (80,33 %)

Net avant impôt sur le revenu : le prélèvement à la source s'applique ensuite, à ton taux. Sur un traitement seul, la part retenue à un titulaire ne dépend pas du montant : 20,63 %. Sous le plafond de la Sécurité sociale (4 005 € brut par mois en 2026), celle d'un contractuel non plus : 19,67 %. Un non-cadre du privé garde 79,16 % au même brut, soit 1 821 € sur 2 300 €.

Les retenues sur ta paie, ligne par ligne

Ce que ton employeur prélève sur ton brut, selon ton statut. Les taux sont ceux publiés par service-public.gouv.fr, l'Urssaf, le Service des Retraites de l'État, le RAFP et l'Ircantec, en vigueur en 2026 ; le versant ne les change pas.

Les retenues sur ta paie, ligne par ligne
RetenueTitulaireContractuel
Retraite de baseRetenue pour pension (pension civile ou CNRACL) : 11,10 % du traitement indiciaire et de la NBIAssurance vieillesse : 0,40 % sur tout le brut, plus 6,90 % jusqu'au plafond
Retraite complémentaireRAFP : 5 % des primes, indemnités et avantages en nature, dans la limite de 20 % du traitementIrcantec : 2,84 % jusqu'au plafond, 7,06 % au-delà
CSG9,20 %, dont 6,80 % déductible, sur 98,25 % du traitement et des primes9,20 %, dont 6,80 % déductible, sur 98,25 % du brut
CRDS0,50 % sur 98,25 % du traitement et des primes0,50 % sur 98,25 % du brut
Assurance chômageAucune retenueAucune retenue
Total sous le plafond20,63 % du traitement sans prime, soit 79,37 % de net19,67 % du brut, soit 80,33 % de net

Le plafond mensuel de la Sécurité sociale vaut 4 005 € en 2026. L'abattement de 1,75 % sur l'assiette de la CSG-CRDS ramène ces 9,70 % à 9,53 % du brut réellement retenus.

D'où viennent ces taux, et ce qu'ils s'appliquent à

Un contractuel de droit public cotise comme un salarié du privé pour sa retraite de base, et c'est l'Urssaf qui le publie dans sa table « Taux de cotisations - Secteur public », bloc des agents non titulaires : assurance vieillesse « 0,40 % sur la totalité et 6,90 % dans la limite du plafond ». La même table donne la CSG imposable à 2,40 %, la CSG non imposable à 6,80 % et la CRDS à 0,50 %, « sur 98,25 % du traitement indiciaire brut et de tous les accessoires de la rémunération dans la limite de 192 240 € en 2026 » - et elle les donne identiques pour les agents titulaires de l'État et pour les titulaires affiliés à la CNRACL.

Sa retraite complémentaire n'est pas l'Agirc-Arrco mais l'Ircantec, à laquelle il « cotise obligatoirement » d'après la fiche F12390 de service-public.gouv.fr. Les taux d'appel de 2026 sont publiés par l'Ircantec elle-même, « Le calcul des cotisations » : 2,84 % en tranche A, jusqu'au plafond de la Sécurité sociale, et 7,06 % en tranche B, jusqu'à huit plafonds. C'est la seule ligne qui sépare son net de celui d'un non-cadre du privé : 3,15 % de retraite complémentaire plus 0,86 % de contribution d'équilibre général d'un côté, 2,84 % de l'autre, soit 1,17 point de brut - 27 € par mois à 2 300 € brut.

Personne ne paie de cotisation chômage dans la fonction publique, ni le titulaire, ni le contractuel : aucune ligne « assurance chômage » n'existe dans le bloc salarial de l'Urssaf, pour aucun des quatre régimes qu'elle sert. C'est pour cela que la règle « brut fois 0,78 » du privé sous-estime le net d'un agent public de 54 € par mois à 2 300 € brut.

Un titulaire, lui, ne cotise ni à l'assurance vieillesse ni à l'Ircantec : sa retraite de base est la retenue pour pension, 11,10 % « du traitement indiciaire brut correspondant à l'emploi, grade, classe et échelon » d'après le Service des Retraites de l'État, qui date ce taux du 1er janvier 2020 (10,83 % en 2019, 9,54 % en 2015). La fiche « Cotisations salariales du fonctionnaire » de service-public.gouv.fr donne la même retenue pour la CNRACL, donc pour la territoriale et l'hospitalière, sur « traitement indiciaire + NBI ». Ce que cette retenue lui rapportera, sa pension de fonctionnaire au départ, se calcule sur ce même traitement indiciaire, sans les primes. Sa complémentaire est la RAFP : 5 % à sa charge et autant pour l'employeur, sur les primes, indemnités et avantages en nature, « dans la limite de 20 % du seul traitement indiciaire brut » d'après le RAFP lui-même, qui cite l'article 2 du décret du 18 juin 2004. La CSG et la CRDS sont celles de la grille, sur 98,25 % de tout ce qu'il touche.

Deux assiettes, donc un net qui dépend de la part de primes. Sur son seul traitement, un titulaire garde 79,37 % : c'est exactement le rapport entre les 237,65 € bruts et les 188,62 € nets que le portail de la fonction publique publie pour le complément de traitement indiciaire (49 points d'indice, au 1er janvier 2023). Avec des primes, la part nette monte, parce qu'un euro de prime n'est retenu qu'à 5 % sous le plafond de la RAFP et à rien au-delà. Le ministère de l'Éducation nationale publie, sur sa page « La rémunération des enseignants », le traitement, les indemnités et le net qui en résulte échelon par échelon : un professeur des écoles stagiaire à l'indice majoré 395 touche 1 944 € de traitement brut et 266 € d'indemnités pour 1 771 € net de base - la retenue pour pension sur le traitement, la RAFP sur les indemnités et la CSG-CRDS sur les deux rendent ce montant à l'euro. La même page décrit le transfert primes-points, la ligne négative qui réduit les indemnités « en contrepartie de gains indiciaires dont il est tenu compte dans la grille » : ce n'est pas une retenue, c'est un déplacement d'une partie des primes vers le traitement, donc vers l'assiette de la retraite.

Ton brut exact, pas trois lignes

Le simulateur brut-net porte le statut contractuel de la fonction publique : entre ton brut au centime, il rend ton net avant impôt, une estimation après prélèvement à la source, et le brut à demander pour le net que tu vises.

Ce qui change ton résultat, et où le vérifier

Au minimum de la fonction publique, le brut est le SMIC. Le traitement indiciaire le plus bas, celui de l'indice majoré 366, vaut 1 801,74 € par mois d'après la fiche F461 « Traitement indiciaire dans la fonction publique », et un agent à temps complet ne peut pas être payé sous le SMIC brut de 1 867,02 € : l'écart, 65,28 €, lui est versé en indemnité différentielle, une ligne distincte du bulletin. Un titulaire au minimum garde 1 486 € net avant impôt (l'indemnité différentielle n'est pas retenue pour la pension, c'est une indemnité), un contractuel payé au SMIC 1 500 € : la première ligne de la table. L'indice 366, la valeur du point et le minimum de traitement sont traités en détail dans le guide du salaire des fonctionnaires, qui possède ce calcul.

Le net de cette page est avant impôt sur le revenu. Le prélèvement à la source s'applique ensuite, à ton taux personnalisé ou au taux neutre du barème : le simulateur d'impôt sur le revenu le calcule à partir de ton net.

Le versant ne change ni les taux ni le net à statut égal : l'Urssaf publie les mêmes taux salariaux pour les agents de l'État et pour ceux des collectivités et des hôpitaux, titulaires comme non titulaires. Ce qui diffère d'un versant à l'autre est la part employeur, qui ne touche pas ta paie, et le régime indemnitaire, qui touche ton brut.

Un temps partiel ne réduit pas tout au prorata : à 80 % le traitement suit 6/7 (85,7 %), à 90 % 32/35 (91,4 %), et le prorata strict en dessous, pour les indemnités qui en dépendent comme pour le traitement : le calcul du salaire à temps partiel dans la fonction publique donne les quotités, le net et le coût de la surcotisation.

La paie tombe à une date fixée par le calendrier de la DGFiP, pas à la fin du mois : le calendrier de paie des fonctionnaires donne le jour du virement pour chaque mois de 2026.

Et la moyenne ? En 2024, la dernière année publiée par l'Insee dans « Salaires dans la fonction publique : caractéristiques des individus » (édition 2026, parue le 2 juillet 2026), un agent de la fonction publique gagnait en moyenne 2 740 € net par mois en équivalent temps plein, tous statuts civils confondus : 3 020 € dans la fonction publique de l'État, 2 320 € dans la territoriale, 2 900 € dans l'hospitalière. Une moyenne décrit une population, jamais une paie : le tien se lit sur ta grille, dans la grille de salaire de la fonction publique, puis dans la table ci-dessus.

Retrouver ces lignes sur ta fiche de paie

Sur un bulletin de la fonction publique, le brut du haut de page est la somme du traitement indiciaire brut (ton indice majoré multiplié par la valeur du point), de l'indemnité de résidence et du supplément familial de traitement s'ils te sont dus, et de tes primes et indemnités. Les retenues de la grille viennent ensuite, chacune sur sa ligne, avec son assiette à côté : c'est là que tu vérifies que la CSG est bien calculée sur 98,25 % du brut, et pas sur sa totalité.

Le net à payer de la fiche est le net avant impôt de cette page moins le prélèvement à la source, et moins ta part de mutuelle si elle est prélevée sur la paie. Le net imposable, lui, est plus haut que le net à payer : la CSG non déductible et la CRDS y sont réintégrées. La lecture d'une fiche de paie ligne par ligne détaille ces trois nets ; la différence entre brut et net porte la grille du privé, pour comparer.