Le statut auto-entrepreneur, c'est quoi exactement en 2026 ?
Ce n'est pas une forme de société. C'est une entreprise individuelle qui relève du régime fiscal de la micro-entreprise et du régime micro-social. Tu déclares ce que tu encaisses, l'Urssaf en retient de 6 % à 25,6 % selon ton activité, et le reste est à toi avant impôt sur le revenu. Le mois où tu n'encaisses rien, tu ne dois rien.
Données vérifiées le auprès de l'Urssaf, « L'essentiel du statut ».
Un écart de un à quatre, et une règle que les autres statuts n'ont pas
Le taux ne dépend ni de ton chiffre d'affaires ni de ton ancienneté : il dépend de la NATURE de ton activité, et de rien d'autre.
6 %
le taux le plus bas du régime, pour la location de logements meublés de tourisme
25,6 %
le plus haut, pour une activité libérale non réglementée (bnc)
0 €
à payer sur un mois sans encaissement : pas de cotisation minimale
Ce que le régime prend, et sur quoi
L'Urssaf prélève un pourcentage de ce que tu encaisses, et ce pourcentage ne dépend que de la NATURE de ton activité : 6 % au plus bas, 25,6 % au plus haut. Il ne bouge ni avec ton chiffre d'affaires, ni avec ton ancienneté. Il n'y a ni tranche, ni palier, ni seuil intermédiaire : le taux est le même au premier euro et au dernier.
C'est la différence la plus nette avec un salaire, où le taux retenu change au plafond mensuel de la Sécurité sociale. Et la contrepartie est la symétrie : comme rien n'est dû sur un mois sans encaissement, le régime ne coûte rien pendant une interruption. Aucune cotisation minimale ne se déclenche.
En revanche, ce pourcentage porte sur ce que tu ENCAISSES, pas sur ce que tu gardes. Tes achats, ton matériel et tes déplacements ne se déduisent de rien : cotisations et impôt se calculent sur le chiffre d'affaires brut. Une activité qui achète beaucoup pour revendre supporte donc un prélèvement sur un montant qui ne lui appartient qu'en partie, et le régime réel peut lui devenir plus favorable bien avant les plafonds. C'est la limite la plus coûteuse du statut, et elle ne se voit dans aucun taux. Le détail par catégorie d'activité est publié par la fiche F36232 « Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur ».
Ce que le statut t'ouvre, et ce qu'il ne t'ouvre pas
Le taux de cotisations te couvre pour ce qui suit. La dernière ligne est celle qui surprend le plus, et elle est la raison pour laquelle ce statut se compare mal à un emploi salarié.
| Le droit | Avec ce statut |
|---|---|
| Assurance maladie et maternité | Ouverte, comprise dans le taux |
| Retraite de base | Ouverte, comprise dans le taux |
| Invalidité et décès | Ouverte, comprise dans le taux |
| Allocations familiales | Ouvertes, comprises dans le taux |
| Formation professionnelle | Ouverte, mais par une contribution qui s'ajoute |
| Allocations chômage | FERMÉE : tu ne cotises pas à France Travail |
L'Urssaf l'écrit sans détour à propos du chômage : « Vous ne cotisez pas à France Travail. Vous ne pouvez donc pas bénéficier des allocations chômage en cas de cessation de votre activité. »
Pourquoi les deux sources officielles ne décrivent pas ce taux pareil
Le pourcentage annoncé n'est pas la seule ligne qui part de ton compte. La contribution à la formation professionnelle s'y ajoute, sur la même assiette et au même rythme de déclaration. Son taux dépend de ton SECTEUR - artisan, commerçant, profession libérale - et il se lit sur la page qui traite les cotisations en détail.
Elle est petite, et c'est exactement ce qui la rend facile à oublier. Une page qui annonce le seul taux de cotisations annonce donc moins que ce que tu paies, et l'écart va toujours dans le sens qui flatte le statut.
Tu ne peux pas simplement additionner les deux, et la raison mérite d'être dite : les deux prélèvements ne se rangent pas de la même façon. Les cotisations se classent par NATURE d'activité ; la contribution formation se classe par QUALITÉ professionnelle. Une prestation de services peut être exercée par un artisan comme par un commerçant, et les deux ne paient pas la même contribution. Connaître ta catégorie ne suffit donc pas : il faut aussi connaître ton secteur.
Les deux sources officielles ne décrivent d'ailleurs pas ce point de la même manière, et tu peux rencontrer les deux. La fiche du service public écrit que le taux « inclut » la formation professionnelle ; l'Urssaf écrit qu'elle est due « en plus des charges sociales ». La cause tient aux textes : les cotisations relèvent du Code de la Sécurité sociale, la contribution relève du Code du travail. Et quand l'Urssaf énumère ce que le taux comprend, la formation n'y figure pas. C'est l'Urssaf qui prélève, et sa page porte bien deux lignes distinctes.
Auto-entrepreneur, micro-entrepreneur, micro-entreprise : trois mots, une seule chose
C'est la question qui revient le plus souvent, et la réponse est plus simple que ce que la confusion laisse croire : les trois mots désignent la même situation. Il n'y a pas un statut d'auto-entrepreneur d'un côté et une micro-entreprise de l'autre, entre lesquels il faudrait choisir.
Ce que tu crées est une entreprise individuelle. C'est ta forme juridique, et c'est la seule. Elle bénéficie ensuite de deux régimes simplifiés qui vont ensemble : le régime fiscal de la micro-entreprise, qui calcule ton impôt sur ton chiffre d'affaires après un abattement, et le régime micro-social, qui calcule tes cotisations en pourcentage de ce que tu encaisses. « Auto-entrepreneur » est le nom d'usage de cet ensemble ; « micro-entrepreneur » est le terme que l'administration emploie ; « micro-entreprise » désigne le régime fiscal lui-même.
La conséquence pratique compte plus que le vocabulaire : entreprise individuelle veut dire qu'il n'y a ni associé, ni capital, ni statuts à rédiger, ni assemblée. Ça veut dire aussi qu'il n'y a pas de société entre ton activité et toi.
Jusqu'où le statut te suit
Le régime a une borne, et elle dépend de ce que tu vends. Pour une année civile complète, ton chiffre d'affaires ne doit pas dépasser 203 100 € si tu vends des marchandises, des objets, des fournitures ou des denrées, et 83 600 € si tu fais des prestations de services, qu'elles relèvent des bénéfices industriels et commerciaux ou des bénéfices non commerciaux. Ces deux montants ont été relevés pour 2026 : ils sont publiés par l'Urssaf, « 2026 : modification des seuils de chiffre d'affaires ou de recettes », et repris par la fiche F32353.
Ces deux montants sont la borne d'EXISTENCE du statut, pas un seuil de vigilance : dépasser DEUX ANNÉES CONSÉCUTIVES te fait basculer au régime réel, et tu cesses alors d'être auto-entrepreneur. Dépasser une seule année ne t'en fait pas sortir. Le prorata d'une année commencée en cours de route, la mécanique du dépassement et les seuils de la franchise de taxe sur la valeur ajoutée - qui sont autres et se perdent indépendamment - ont chacun leur page.
Les questions qui viennent ensuite
Les textes qui fondent le régime, si tu veux vérifier
Le régime fiscal de la micro-entreprise est défini par l'article 50-0 du Code général des impôts, et le régime spécial des bénéfices non commerciaux par son article 102 ter. Le régime micro-social, celui qui fixe le calcul des cotisations en pourcentage du chiffre d'affaires, vit aux articles L613-7 à L613-10 du Code de la Sécurité sociale. La contribution à la formation professionnelle, elle, ne relève d'aucun de ces textes : c'est l'article L6331-48 du Code du travail, et c'est cette différence de fondement qui explique qu'elle se compte à part.
Comparer ce statut à ses voisins
Ce que le même travail rapporte sous un autre statut, et ce que ça change sur ce qui arrive vraiment sur ton compte.
Données indicatives. Les taux et les plafonds cités valent pour 2026 et pour la France métropolitaine. Une profession réglementée, une activité mixte ou une installation outre-mer relèvent de règles propres, où ces montants changent. Comparer avec le salariat.