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Quand déclarer son chiffre d'affaires d'auto-entrepreneur en 2026 ?

Tu as jusqu'au dernier jour du mois qui suit ta période. Ce que tu encaisses en mars se déclare avant le 30 avril si tu es au mois, avant le 30 avril aussi si tu es au trimestre, parce que mars ferme le premier trimestre. Et le montant que tu portes est ce qui est réellement arrivé sur ton compte, brut, hors taxes, sans rien retrancher : 3 000 € encaissés en prestations de services donnent 636 € de cotisations à régler dans la foulée.

Mis à jour le .

Ta première déclaration n'arrive pas le mois prochain

C'est la surprise la plus fréquente du début d'activité, et elle joue dans les deux sens : rien à faire pendant des mois, puis plusieurs mois de chiffre d'affaires à déclarer d'un coup.

90 jours

le délai minimum entre ton début d'activité et ta première déclaration. Elle porte alors toute la période écoulée

0 €

ce que tu déclares quand tu n'as rien encaissé. Une période sautée n'est pas une période à zéro

12 ou 4

le nombre de déclarations dans ton année, selon la périodicité que tu as choisie à la création

Ta date limite, mois par mois

Repère le mois où l'argent est arrivé sur ton compte, puis lis la colonne de ta périodicité.

Ta date limite, mois par mois
Ce que tu as encaissé enAu mois, avant leAu trimestre, avant le
Janvier28 ou 29 février30 avril
Février31 mars30 avril
Mars30 avril30 avril
Avril31 mai31 juillet
Mai30 juin31 juillet
Juin31 juillet31 juillet
Juillet31 août31 octobre
Août30 septembre31 octobre
Septembre31 octobre31 octobre
Octobre30 novembre31 janvier de l'année suivante
Novembre31 décembre31 janvier de l'année suivante
Décembre31 janvier de l'année suivante31 janvier de l'année suivante

Calendrier publié par l'Urssaf sur « L'essentiel du statut ». Quand la date limite tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, elle est reportée au jour ouvré suivant. Février porte « 28 ou 29 » parce que la règle est le dernier jour du mois, et qu'elle reste vraie les années bissextiles.

Ta première déclaration, selon ton mois de création

Elle arrive quatre mois après, et elle porte tout ce que tu as encaissé depuis le premier jour.

Ta première déclaration, selon ton mois de création
Tu as commencé enAu mois, 1re déclarationAu trimestre, 1re déclaration
Janvier31 mai31 juillet
Février30 juin31 juillet
Mars31 juillet31 juillet
Avril31 août31 octobre
Mai30 septembre31 octobre
Juin31 octobre31 octobre
Juillet30 novembre31 janvier de l'année suivante
Août31 décembre31 janvier de l'année suivante
Septembre31 janvier de l'année suivante31 janvier de l'année suivante
Octobre28 ou 29 février de l'année suivante30 avril de l'année suivante
Novembre31 mars de l'année suivante30 avril de l'année suivante
Décembre30 avril de l'année suivante30 avril de l'année suivante

Le délai minimum de 90 jours entre le début d'activité et la première déclaration est publié par l'Urssaf et repris par la fiche F36232 du service public, qui en donne l'exemple : une création en septembre donne les quatre premiers mois déclarés en janvier, puis un rythme mensuel.

Le montant que tu tapes, et le piège qui coûte le plus

Le mot qui décide est encaissé. Ce que tu déclares n'est pas ce que tu as facturé : c'est ce qui est réellement arrivé sur ton compte pendant la période. Une facture émise en mars et payée en mai se déclare en mai. Un impayé ne se déclare jamais. L'Urssaf l'écrit en une ligne sur L'essentiel du statut : seules les factures encaissées se portent sur la déclaration de chiffre d'affaires.

Tu portes ce montant brut et entier, hors taxes. Rien ne se retranche avant : ni tes achats, ni ton matériel, ni tes déplacements, ni ton assurance, ni ton logiciel. L'abattement forfaitaire dont tu as peut-être entendu parler est une mécanique fiscale, appliquée par l'administration sur une autre déclaration, et il n'a rien à faire dans ce champ.

Si tu es en franchise de taxe sur la valeur ajoutée, la question « hors taxes ou toutes taxes comprises » ne se pose pas : tu ne factures pas de TVA, donc tes deux montants sont le même. Dès que tu la factures, c'est le montant hors taxes qui se déclare. Le taux appliqué à ce montant dépend ensuite de ta catégorie d'activité, de 6,0 % à 25,6 % : la grille complète et son calcul vivent dans les charges de l'auto-entrepreneur.

Le formulaire te demande aussi la NATURE de ce chiffre d'affaires, et la règle est courte : une activité commerciale ou artisanale relève des bénéfices industriels et commerciaux, une activité libérale - réglementée et relevant de la Cipav, ou non réglementée - relève des bénéfices non commerciaux. C'est cette ligne, et non ton intitulé d'activité, qui décide du taux appliqué.

Et si tu exerces plusieurs activités, tu ne fais pas plusieurs déclarations : tu en fais une seule, en ventilant ton chiffre d'affaires en autant de lignes que d'activités. Chaque ligne prend alors son propre taux, ce qui est précisément la raison de la ventilation.

Une période sans rien encaissé se déclare quand même

La déclaration est obligatoire même si le montant est nul, et le geste est précis : tu valides la déclaration en portant 0 € dans le champ du chiffre d'affaires. Ce n'est pas la même chose que de ne rien envoyer. Une période non déclarée reste ouverte dans ton dossier ; une période déclarée à zéro est close, et elle ne te coûte rien.

Zéro encaissé veut dire zéro à payer : aucune cotisation, aucun impôt. Tu peux, si tu le demandes, régler des cotisations minimales pour continuer d'ouvrir des droits malgré un chiffre d'affaires faible ou nul. C'est une option, jamais un défaut, et elle se demande à ton Urssaf.

Chaque déclaration validée te rend un justificatif de déclaration et de paiement au format PDF. C'est ce document que tu présentes quand un bailleur, une banque ou un organisme te demande de prouver tes revenus, et il vaut mieux qu'une facture : il porte ce que tu as déclaré, pas ce que tu espérais encaisser.

Ce que tu risques si tu sautes une déclaration

Une déclaration manquante coûte une pénalité, et son montant est 58 € par déclaration - le chiffre que l'Urssaf publie, en l'assortissant elle-même de sa date : 2024. La pénalité est due par période et non une fois pour toutes : deux trimestres oubliés se comptent deux fois. Et elle s'applique aussi à une période où tu n'as rien encaissé, puisque c'est l'absence de déclaration qui la déclenche, jamais l'absence de chiffre d'affaires.

Ce montant de 58 € circule un peu partout sans sa date. L'Urssaf est la seule à l'écrire « en 2024 », et c'est une information en soi : un montant que son émetteur prend la peine de dater est un montant qui bouge. Tu peux donc le lire comme un ordre de grandeur sûr et non comme le chiffre exact de ton année, et le montant applicable se lit dans ton espace en ligne, sur l'avis que l'Urssaf t'adresse.

Une période oubliée ne se referme pas toute seule : elle reste déclarable, et c'est ce qu'il faut faire, même en retard. Ce qui coûte le plus cher n'est pas la pénalité, c'est de laisser plusieurs périodes ouvertes - chacune ajoute la sienne, et un chiffre d'affaires jamais déclaré n'ouvre aucun droit à la retraite ni à l'assurance maladie pour la période concernée.

Ta dernière déclaration, quand tu fermes

Fermer ton auto-entreprise ne te dispense pas de la déclaration qui reste. Elle porte la période entamée, pas la période entière : au mois, du premier jour du mois civil à ta date de cessation ; au trimestre, du premier jour du trimestre civil à cette même date.

Et la date limite ne change pas de règle : une cessation le 10 août donne, au mois, une dernière déclaration du 1er au 10 août à régler avant le 30 septembre ; au trimestre, la même cessation donne une période du 1er juillet au 10 août à régler avant le 31 octobre. C'est le dernier jour du mois qui suit, exactement comme pour les autres périodes.

Mensuel ou trimestriel : ce que le choix change vraiment

Tu choisis ta périodicité à la création, et elle ne change rien au montant total : le taux est le même, l'assiette est la même, et douze déclarations ou quatre donnent la même somme sur l'année. Ce qu'elle déplace, c'est ta trésorerie. Au trimestre, ce que tu encaisses en janvier ne te quitte le compte qu'au 30 avril : tu gardes l'argent trois mois de plus, et tu dois avoir mis de côté trois mois de cotisations le jour de l'échéance. Au mois, la ponction est plus petite et plus régulière, et tu ne peux pas te tromper de montant à mettre de côté.

Une situation renverse cet arbitrage, et l'Urssaf la nomme elle-même : si tu perçois des allocations chômage, le RSA ou un autre minimum social, elle recommande la déclaration et le paiement mensuels. Ses deux pages ne le disent pas avec la même force - « il est recommandé d'opter » sur la page qui présente le statut, « vous devez opter » dans les questions fréquentes, qui ajoute le motif : c'est ce qui te permet de transmettre tes justificatifs aux organismes. Dans les deux cas la conduite est la même, et la raison est que ces prestations se recalculent sur des revenus récents : un organisme qui ne voit ton chiffre d'affaires qu'un trimestre sur quatre te verse pendant deux mois un montant qu'il te reprendra ensuite.

Ton choix vaut pour une année civile, et il ne se change pas en cours de route : pour passer du trimestre au mois ou l'inverse en année N, la demande est à faire avant le 31 janvier de cette même année. Passé cette date, tu gardes ta périodicité jusqu'au 1er janvier suivant. Le choix et sa modification sont encadrés par les articles R133-30-1 à R133-30-10 du code de la sécurité sociale, que l'Urssaf cite sous l'intitulé « Choix de périodicité des déclarations de chiffre d'affaires ».

Tu déclares deux fois, à deux endroits, et aucune ne remplace l'autre

C'est la confusion la plus fréquente du statut, et elle se lit dans les questions que les moteurs posent : beaucoup portent sur les impôts alors qu'elles parlent de cette page, et l'inverse. Celle-ci part à l'Urssaf, chaque mois ou chaque trimestre, et déclenche tes cotisations sociales, celles qui valident tes trimestres de retraite. L'autre part à l'administration fiscale, une fois par an au printemps, et calcule ton impôt sur le revenu. Les dates, les destinataires et les rythmes sont différents.

Les deux réclament pourtant le même montant, ton chiffre d'affaires encaissé brut, et c'est ce qui entretient la confusion. La déclaration annuelle, le formulaire à remplir et les cases qui décident de ton abattement sont traités dans l'impôt de l'auto-entrepreneur. Les règles de calcul des cotisations que celle-ci déclenche sont fixées par les articles L613-7 à L613-10 du code de la sécurité sociale, et la fiche F36232 du service public les énonce ; la déclaration elle-même relève de l'article L613-5 du même code, sur la déclaration par voie dématérialisée.

Ce qui change si tu travailles via une plateforme

À partir du 1er janvier 2027, et dès le dernier trimestre 2026 pour quelques plateformes volontaires, les plateformes numériques prélèvent tes cotisations sociales à la source. Sur la part de ton chiffre d'affaires réalisée chez elles, tu n'as plus ni déclaration à faire à l'Urssaf, ni cotisations à payer : la plateforme s'en charge.

Ça ne supprime pas ta déclaration, ça en réduit l'assiette. Tout ce que tu encaisses en direct, hors plateforme, continue de se déclarer aux dates du calendrier ci-dessus. Et rien de tout ça ne touche ta déclaration annuelle de revenus, qui reste entière.

Ce calendrier vaut pour la déclaration de chiffre d'affaires d'un auto-entrepreneur auprès de l'Urssaf. Une activité exercée outre-mer, une profession réglementée ou un régime spécial relèvent de règles propres, où les échéances peuvent différer.