Quelles sont les charges d'un auto-entrepreneur en 2026 ?
Une seule ligne part vraiment de ton compte chaque mois, et c'est l'Urssaf : un pourcentage de ce que tu encaisses, qui ne dépend ni de ton chiffre d'affaires, ni de ton ancienneté, mais de la nature de ton activité - de 6 % à 25,6 % selon la catégorie. Sur 3 000 € encaissés dans le mois en prestations de services, l'Urssaf prélève 636 €. Il n'y a ni tranche, ni palier, ni cotisation minimale : un mois sans encaissement ne coûte rien.
Données vérifiées le .
Le même chiffre d'affaires, trois factures Urssaf très différentes
30 000 € encaissés sur l'année, et rien d'autre qui change que la nature de l'activité. L'écart atteint 3 990 € entre les deux extrêmes.
3 690 €
en vente de marchandises ou en fourniture de logement
6 360 €
en prestation de services commerciale ou artisanale
7 680 €
en activité libérale non réglementée, la catégorie la plus taxée
Le taux de cotisations, activité par activité
La catégorie se lit sur la NATURE de ce que tu vends, pas sur ton métier. C'est la seule chose qui fait varier le taux.
| Ton activité | Taux de cotisations | Ce qui te reste sur 100 € encaissés |
|---|---|---|
| Vente de marchandises et fourniture de logement | 12,3 % | 87,70 € |
| Location d'habitation meublée | 21,2 % | 78,80 € |
| Location de logements meublés de tourisme | 6 % | 94,00 € |
| Prestation de services (BIC) | 21,2 % | 78,80 € |
| Activité libérale non réglementée (BNC) | 25,6 % | 74,40 € |
| Activité libérale réglementée, relevant de la Cipav (BNC) | 23,2 % | 76,80 € |
Le libellé de chaque ligne est celui que publie la source, et il porte la CONDITION d'application du taux : le reformuler déplacerait la portée du chiffre sans toucher au chiffre.
Ce que le taux comprend, et ce qu'il ne comprend pas
Le pourcentage ci-dessus n'est pas la seule ligne qui part de ton compte, et les trois autres ne se calculent ni sur la même base ni au même rythme.
| Le prélèvement | Sur quelle assiette | Compris dans le taux |
|---|---|---|
| Cotisations sociales | Le chiffre d'affaires encaissé | Oui, c'est lui |
| Contribution à la formation professionnelle | Le même chiffre d'affaires encaissé | Non : de 0,1 % à 0,3 % en plus |
| Impôt sur le revenu | Le chiffre d'affaires après abattement forfaitaire | Non, et sur une autre base |
| Cotisation foncière des entreprises | Un montant annuel fixé par ta commune | Non, et ce n'est pas un pourcentage |
La dernière ligne est la seule qui ne soit pas un pourcentage : la cotisation foncière est un montant fixé par la commune, donc elle ne peut pas entrer dans un taux de chiffre d'affaires.
La contribution formation s'ajoute, et elle ne se lit pas dans la même colonne
Une seconde ligne part avec les cotisations, sur la même assiette et au même rythme de déclaration : la contribution à la formation professionnelle. Elle est petite, et c'est exactement ce qui la rend facile à oublier - une page qui annonce le seul taux de cotisations annonce donc moins que ce que tu paies, et l'écart va toujours dans le sens qui flatte le statut.
Son taux dépend de ton secteur : 0,1 % pour un commerçant, 0,2 % pour une profession libérale, 0,3 % pour un artisan. L'Urssaf les publie et écrit qu'elle est due en plus des charges sociales, sur sa page « L'essentiel du statut ».
Tu ne peux pas simplement additionner les deux taux, et la raison mérite d'être dite parce qu'elle explique pourquoi les tableaux que tu trouveras ailleurs ne tombent pas juste. Les deux prélèvements ne se rangent pas de la même façon : les cotisations se classent par NATURE d'activité, en six catégories, et la contribution formation par QUALITÉ professionnelle, en trois secteurs. Une prestation de services peut être exercée par un artisan comme par un commerçant, et les deux ne paient pas la même contribution. Connaître ta catégorie ne suffit donc pas : il faut aussi connaître ton secteur, et aucune correspondance mécanique ne relie les deux.
Les deux sources officielles ne décrivent d'ailleurs pas ce point de la même manière, et tu peux rencontrer les deux : l'une écrit que le taux inclut la formation professionnelle, l'autre qu'elle est due en plus. La cause tient aux textes - les cotisations relèvent de l'article D131-5-1 du Code de la Sécurité sociale, la contribution de l'article L6331-48 du Code du travail. C'est l'Urssaf qui prélève, et sa page porte bien deux lignes distinctes : c'est donc ce que tu paies.
Ce que ce taux t'ouvre, et ce qu'il ne t'ouvre pas
Le pourcentage que tu verses n'est pas une taxe : il te couvre, et sur presque tout ce qu'un salarié a. La liste tient en six lignes, et c'est la dernière qui décide de la comparaison avec un emploi.
- Assurance maladie et maternité : ouverte, comprise dans le taux. Remboursements de soins, indemnités journalières en cas d'arrêt et prestations de maternité, de paternité ou d'adoption, calculées sur ton chiffre d'affaires annuel après abattement.
- Retraite de base : ouverte, comprise dans le taux. Tu valides des trimestres à condition d'atteindre un seuil de chiffre d'affaires par activité, à l'Assurance retraite ou à la Cipav selon ton activité.
- Invalidité et décès : ouverts, compris dans le taux.
- Allocations familiales : ouvertes, comprises dans le taux, gérées par la caisse d'allocations familiales aux mêmes conditions que pour un salarié.
- Formation professionnelle : ouverte, mais par la contribution qui s'ajoute, décrite juste au-dessus.
- Allocations chômage : fermées. Tu ne cotises pas à France Travail, donc rien ne t'est versé si tu cesses ton activité.
L'Urssaf l'écrit sans détour sur sa page « L'essentiel du statut » : « Vous ne cotisez pas à France Travail. Vous ne pouvez donc pas bénéficier des allocations chômage en cas de cessation de votre activité. » C'est la ligne qui rend ce statut difficile à comparer à un emploi salarié, et ce que le même travail rapporte en freelance et en salarié la met en face des chiffres.
Pourquoi ton taux a augmenté, si tu es en libéral non réglementé
Si tu déclares en bénéfices non commerciaux hors Cipav, ton taux a monté trois fois en dix-huit mois. Ce n'est ni une erreur de déclaration ni un changement de ta situation : la loi a programmé la hausse par paliers, et elle a atteint son terme.
- 23,1 % depuis le 1er juillet 2024
- 24,6 % depuis le 1er janvier 2025
- 25,6 % depuis le 1er janvier 2026
Ces paliers sont fixés par la loi, et rien dans ta situation ne les déclenche : ils s'appliquent à toute la catégorie, à la date dite. L'Urssaf en publie le détail sur sa page « Évolution des taux de cotisations sociales des auto-entrepreneurs ».
Ce qui change la première année
Un dispositif d'aide à la création réduit ces taux pendant les premiers trimestres d'activité. Il n'est plus automatique : il se demande, dans un délai qui court à partir de la création, et il suppose de ne pas en avoir bénéficié récemment.
La règle est simple pour presque toutes les catégories : le taux de ton activité est divisé par deux jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit ton début d'activité, si tu as créé jusqu'au 30 juin 2026, et réduit d'un quart seulement pour une création depuis le 1er juillet 2026. Une profession libérale relevant de la Cipav ne suit pas tout à fait la moitié : la CSG, la CRDS et la retraite complémentaire ne sont pas exonérées et fixent un plancher à son taux. Les taux ACRE par activité, pour les deux dates de création, sont publiés avec la comparaison entre freelance et salarié. Ce qui est certain et suffisant pour décider : le montant du tableau ci-dessus est un plafond pour ta première année, jamais un plancher.
L'impôt et le plafond ne suivent pas cette mécanique
L'impôt sur le revenu ne se calcule pas sur la même base. Il porte sur le chiffre d'affaires diminué d'un abattement forfaitaire dont le taux dépend de l'activité, et il se paie de deux façons au choix, qui ne coûtent pas la même chose. Le barème progressif, le versement libératoire et la règle qui dit lequel te coûte le moins ont leur page.
Le régime a par ailleurs une borne de chiffre d'affaires - 203 100 € en vente de marchandises, 83 600 € en prestations de services - et la dépasser deux années consécutives te fait sortir du régime. Ces taux de cotisations cessent alors de s'appliquer. Le prorata d'une année commencée en cours de route et la mécanique du dépassement sont détaillés à part.
Restent la cotisation foncière des entreprises, due à partir de la deuxième année et fixée par ta commune, la taxe pour frais de chambre consulaire, et la taxe sur la valeur ajoutée, que tu ne factures pas tant que tu es sous le seuil de franchise. Aucune des trois n'entre dans le pourcentage annoncé plus haut, et chacune se calcule à sa manière : un montant communal, un taux de chambre consulaire, une franchise. Aucune ne suit la mécanique de cette page.
Ce que ça donne une fois comparé
Le même travail sous un autre statut, et ce que ces taux laissent réellement dans la poche.
Données indicatives. Les taux cités valent pour 2026. Dans les départements et régions d'outre-mer, l'Urssaf indique que la contribution à la formation professionnelle, le versement libératoire et la taxe pour frais de chambre consulaire sont les mêmes qu'en métropole. Une profession réglementée ou une activité mixte relèvent de règles propres. Revenir au statut auto-entrepreneur.
Comment ce montant se calcule
Il n'y a qu'une opération, et elle tient en une ligne : tu multiplies le chiffre d'affaires que tu déclares par le taux de ta catégorie. Rien ne se déduit avant, rien ne s'ajoute après. Sur 3 000 € encaissés en prestations de services, 3 000 € multipliés par 21,2 % donnent 636 €. Les six taux du tableau ci-dessus et leurs libellés sont ceux de la fiche F36232 « Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur ».
Cette règle de calcul est celle de l'article L613-7 du Code de la Sécurité sociale, qui ouvre la section du régime micro-social (articles L613-7 à L613-10) : les cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires encaissé, avec « un taux global fixé par décret pour chaque catégorie d'activité ». Les catégories, elles, sont celles du régime fiscal, à l'article 50-0 du Code général des impôts pour la micro-entreprise et à son article 102 ter pour le régime spécial des bénéfices non commerciaux. La contribution à la formation professionnelle ne relève d'aucun de ces textes mais de l'article L6331-48 du Code du travail, et c'est cette différence de fondement qui la fait compter à part.
Le mot qui décide est encaissé. Ce que tu déclares n'est pas ce que tu as facturé : c'est ce qui est réellement arrivé sur ton compte pendant la période. Une facture émise en mars et payée en mai se déclare en mai. Un impayé ne se déclare jamais, et c'est la seule bonne nouvelle de ce mécanisme.
La mauvaise, c'est que le taux porte sur ce que tu encaisses et non sur ce que tu gardes. Tes achats, ton matériel, tes déplacements, ton assurance et ton logiciel ne se déduisent de rien. Une activité qui achète beaucoup pour revendre cotise donc sur un montant qui ne lui appartient qu'en partie, et le régime réel peut lui devenir plus favorable bien avant les plafonds de chiffre d'affaires. C'est la limite la plus coûteuse du statut, et elle n'apparaît dans aucun taux.