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Auto-entrepreneur au chômage : combien te reste-t-il chaque mois ?

Ton allocation ne s'arrête pas quand tu crées ta micro-entreprise : France Travail en retranche une part de ce que tu déclares. Cette part est de 60 % si ton contrat de travail a pris fin à compter du 1er avril 2025 (fiche F38881), et de 70 % s'il a pris fin avant (fiche F14860). Chaque euro déclaré te laisse donc 0,40 € de plus sur le mois, avant tes cotisations.

60 %

de ce que tu déclares vient en déduction de ton allocation

Fin de contrat à compter du 1er avril 2025

Le taux a baissé, et pourtant tu y perds

Pour une allocation de 1 200 € par mois, soit 40 € par jour indemnisé.

2 000 €

ce que tu peux déclarer dans le mois avant que ton allocation tombe à zéro, fin de contrat depuis le 1er avril 2025

1 714 €

le même seuil si ton contrat a pris fin avant cette date

60 %

la part de tes droits restants que le versement mensuel peut te rendre au total, un plafond qui n'existait pas avant

Ce que le mois te laisse

Fin de contrat à compter du 1er avril 2025, allocation de 1 200 € par mois. La première colonne est ce que tu déclares pour tes cotisations sociales, jamais un chiffre d'affaires brut converti.

Ce que le mois te laisse
Ce que tu déclares ce mois-làTon allocation du moisCe que le mois te laisse en tout
0 €1 200 €1 200 €
400 €960 €1 360 €
800 €720 €1 520 €
1 200 €480 €1 680 €
1 600 €240 €1 840 €
2 000 €0 €2 000 €

Chiffres dérivés de la formule de la fiche F38881, vérifiée le 20 septembre 2026. Ils ne tiennent compte ni de tes cotisations sociales, ni de l'impôt, qui se retranchent ensuite de ce que tu encaisses. La dernière ligne est le point où l'allocation tombe à zéro : au-delà, le mois ne te rapporte plus que ton activité.

Les deux régimes, et lequel te concerne

Ce qui tranche est la date de fin de ton contrat de travail, jamais la date du jour ni celle de ta création d'entreprise.

Les deux régimes, et lequel te concerne
Ce que tu déclaresFin de contrat depuis le 1er avril 2025 (60 %)Fin de contrat avant le 1er avril 2025 (70 %)
0 €30 jours indemnisés, 1 200 €30 jours indemnisés, 1 200 €
400 €24 jours indemnisés, 960 €23 jours indemnisés, 920 €
800 €18 jours indemnisés, 720 €16 jours indemnisés, 640 €
1 200 €12 jours indemnisés, 480 €9 jours indemnisés, 360 €
1 600 €6 jours indemnisés, 240 €2 jours indemnisés, 80 €
2 000 €0 jours indemnisés, 0 €0 jours indemnisés, 0 €

Les deux colonnes sortent de la même formule, au taux près : l'allocation mensuelle moins le taux appliqué à tes rémunérations déclarées, divisé par l'allocation journalière, arrondi à l'entier le plus proche, puis remultiplié par l'allocation journalière. Sources : fiche F14860 pour la colonne de droite, fiche F38881 pour celle du milieu.

Pourquoi le montant reçu ne tombe jamais rond

France Travail ne soustrait pas une somme de ton allocation. Il calcule un nombre de jours indemnisés, l'arrondit à l'entier le plus proche, puis multiplie par ton allocation journalière. C'est ce détour par les jours qui déplace le résultat, et il explique un écart que la soustraction directe ne peut pas produire.

Reprenons l'allocation de 1 200 € par mois, soit 40 € par jour. Tu déclares 950 € : le taux en retranche 570 €, il reste 630 €, ce qui fait 15,75 jours. Arrondi à 16 jours, tu touches 640 € et non 630 €.

Et l'écart change de signe. Le mois où tu déclares 1 050 €, la division rend 14,25 jours, arrondis à 14 : tu touches 560 € au lieu de 570 €. L'écart est borné par une demi-allocation journalière, soit 20 € dans cet exemple, et il tombe tantôt en ta faveur tantôt contre toi.

Une précision qui change ce que tu dois chercher sur ton relevé : la formule porte sur les rémunérations que tu déclares pour les assurances sociales, ce que tu transmets à l'Urssaf. Les deux fiches ne nomment aucun abattement forfaitaire à cette étape : le montant qui entre dans le calcul est celui de ta déclaration, pas une conversion de ton chiffre d'affaires. Un abattement appliqué ici diviserait la déduction par deux ou par trois, donc la différence n'est pas un détail de méthode.

Tu ne connais pas encore le montant de ton allocation

Cette page part du montant que France Travail t'a notifié. Si tes droits viennent de s'ouvrir, le calculateur le dérive de ton ancien salaire net, de 1 000 € à 4 000 € par mois. Gratuit, sans inscription, résultat immédiat.

Les deux plafonds, et celui qui surprend

Le premier plafond est ancien et les deux régimes le portent : le total de ton allocation versée et de ton activité ne peut pas dépasser ton salaire journalier de référence, celui qui a servi à calculer tes droits. Un mois où tu déclares beaucoup, ton allocation est donc rabotée deux fois, d'abord par le taux puis par ce plafond.

Le second est celui que personne ne publie, et il vient du régime applicable aux contrats qui prennent fin à compter du 1er avril 2025 : le versement mensuel est plafonné au total à 60 % du reliquat de tes droits. Le versement cesse quand ce plafond est atteint, même si ton activité continue et même s'il te restait des jours. C'est la ligne qui renverse la comparaison habituelle : garder l'allocation mois par mois ne te rend plus la totalité de tes droits.

Les 40 % restants ne sont pas perdus pour autant. La fiche prévoit une reprise du reliquat sous réserve que ton activité non salariée ait cessé, ou après accord de France Travail. Autrement dit, ces droits sont conditionnés à l'arrêt de ton activité : ils sont une assurance en cas d'échec, jamais un complément à venir.

Au démarrage, quand tes revenus ne sont pas encore connus, les deux fiches prévoient que le nombre de jours indemnisés se calcule sur un montant forfaitaire, avec une régularisation annuelle une fois tes rémunérations réelles connues. Tes premiers mois ne sont donc pas définitifs, dans les deux sens.

L'autre voie : le capital plutôt que le mensuel

France Travail propose une seconde voie, exclusive de la première : recevoir une partie de tes droits en capital, au lieu du complément mensuel. Elle s'appelle l'aide à la reprise ou à la création d'entreprise, et son montant est de 60 % du capital restant de tes droits, moins une déduction de 3 % pour le financement des retraites complémentaires (fiche F15252, vérifiée le 13 août 2026).

Sur un reliquat de 12 000 €, soit 300 jours de droits à 40 €, cela donne 7 200 € de capital brut, moins 216 € de retenue, donc 6 984 € versés en deux fois : la moitié quand l'activité débute, l'autre 6 mois après la date du premier paiement, soit 3 492 € à chaque fois.

Trois conditions, cumulatives : avoir créé ou repris l'entreprise en France après la fin de ton contrat de travail, bénéficier de l'allocation de retour à l'emploi, et bénéficier de l'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise auprès de l'Urssaf, qui exonère partiellement tes charges sociales pendant un an. Le second versement demande en plus de démontrer que l'activité existe toujours et de ne pas exercer d'emploi en CDI à temps plein ; France Travail le vérifie aussi par tes déclarations sociales. Cette dernière condition cesse de s'appliquer aux créateurs d'une société coopérative à partir du 1er septembre 2026.

Ce qui sépare vraiment les deux voies, et ce n'est plus le montant

Les deux voies plafonnent à la MÊME part de tes droits restants : 60 %. Sur le reliquat de 12 000 € de l'exemple, le versement mensuel ne peut plus te rendre au total que 7 200 €, et le capital t'en verse 6 984 € : l'écart de 216 € est exactement la retenue retraite. La comparaison habituelle, « tout étalé contre une partie tout de suite », ne décrit donc plus le choix.

Trois choses le décrivent, et la première ne figure presque nulle part.

Le partage chiffré entre le capital et le versement mensuel, sur ton reliquat compare les deux voies ligne à ligne, avec le prix des 40 % restants.

Le capital ne valide aucun trimestre de retraite de base, là où garder l'allocation mensuelle ouvre des périodes assimilées, prises en compte pour la validation de tes trimestres. Sur plusieurs mois d'indemnisation, c'est un arbitrage de retraite autant que de trésorerie.

La deuxième est le différé à la reprise des droits restants. Si ton activité cesse après le second versement, tu peux récupérer les 40 % de droits qui n'ont pas été versés, en te réinscrivant. Mais le paiement ne reprend pas tout de suite : il est différé du nombre d'allocations que couvrait ton second versement. La fiche donne son propre cas : un second versement le 12 août correspondant à trois mois d'allocations journalières décale la reprise au 12 novembre.

La troisième est le calendrier, et c'est celle que tout le monde publie : un capital immédiat pour acheter du matériel ou constituer un stock, contre un revenu mensuel pendant que l'activité démarre. Le choix du capital est définitif tant que ton entreprise existe.

Un point de comparaison que la page ne peut pas fermer pour toi : le capital supporte la retenue de 3 % et rien d'autre, quand l'allocation mensuelle supporte ses propres retenues sociales à chaque versement. Comparer les deux en net demande ton taux de retenue, que ta notification porte.

Et si tu arrêtes ta micro-entreprise, après l'avoir exercée

Le cas inverse est cherché presque aussi souvent, et il ne répond pas de la même règle : tu as exercé en micro-entreprise, tu arrêtes, et tu cherches une indemnisation. Une micro-entreprise ne cotise pas à l'assurance chômage, donc elle n'ouvre aucun droit à l'allocation de retour à l'emploi.

Deux chemins existent, et aucun ne vient de ton activité indépendante. Le premier est la reprise de droits antérieurs : si tu étais salarié avant et qu'il te restait des jours, ils se reprennent, et c'est exactement le reliquat dont il est question plus haut. Le second est l'allocation des travailleurs indépendants, un dispositif distinct et forfaitaire, soumis à des conditions d'ancienneté et de revenus que cette page ne détaille pas.

Ces montants et ces conditions ne sont pas publiés ici, faute d'avoir ouvert la source officielle du dispositif. À retenir sous cette forme : ce n'est pas ton auto-entreprise qui t'indemnisera, c'est ce que ton passé salarié t'a laissé.

Ce que ton allocation ne dit pas encore

Les montants de cette page sont ce que le mois te laisse avant tes prélèvements. Ton chiffre d'affaires porte des cotisations sociales, dont le taux dépend de ton activité, puis un impôt sur le revenu calculé après abattement forfaitaire. Ton allocation, elle, supporte ses propres retenues sociales.

Un dernier point que le calcul ci-dessus ignore volontairement : ton chiffre d'affaires reste borné par les plafonds du régime de la micro-entreprise, et les dépasser te fait sortir du régime, donc change l'assiette de tout ce qui précède.

Combien de jours de droits te reste-t-il

Le plafond du versement mensuel porte sur le reliquat de tes droits, donc sur leur durée. Le calculateur la dérive de tes mois travaillés et de ta tranche d'âge, de 6 à 36 mois d'emploi.