Comment est calculé ton allocation chômage ?
Deux formules sont calculées, et la plus élevée l'emporte : 40,4 % de ton salaire journalier de référence plus 13,18 €, ou 57 % de ce même salaire. Le basculement de l'une à l'autre se fait autour de 2 415 € brut par mois.
Tout part d'un seul nombre, le salaire journalier de référence, qui n'est pas ton dernier salaire mais la moyenne de tes 24 derniers mois ramenée au jour. C'est lui qui explique pourquoi deux personnes payées pareil ne touchent pas la même chose.
Page revue le . Formules, bornes et retenues : unédic.org, « Quel sera le montant de mon allocation chômage ? », et service-public.gouv.fr, « Allocation chômage d'aide au retour à l'emploi (ARE) d'un salarié du secteur privé dont la fin de contrat de travail intervient avant le 1er avril 2025 », vérifiée par son éditeur le 23 juillet 2026. Construction du salaire journalier de référence : service-public.gouv.fr, « comment est calculé le salaire journalier de référence ? » et France Travail, « Comment est calculé le montant de mon allocation ». Les montants annoncés sont des bruts.
Le taux n'est pas unique, et c'est tout le sujet
40,4 % + 13,18 €
la formule qui l'emporte sous 2 415 € brut par mois
57 % du SJR
celle qui l'emporte au-dessus de ce montant
75 % du SJR
le plafond, quelle que soit la formule retenue
Les deux formules, sur un exemple
Salaire de référence de 2 000 € brut par mois, soit un SJR de 65,75 €
| Formule | Ce qu'elle donne | Quand elle l'emporte |
|---|---|---|
| Partie fixe + 40,4 % du SJR | 39,74 € par jour | sous 2 415 € brut par mois |
| 57 % du SJR | 37,48 € par jour | au-dessus de 2 415 € brut par mois |
| Montant retenu | 39,74 € par jour, soit 1 192 € par mois | le plus élevé des deux, toujours |
L'allocation est journalière. France Travail la verse une fois par mois en la multipliant par 30 jours, que le mois en compte 28, 30 ou 31.
Les bornes qui encadrent le résultat
Elles s'appliquent après la formule, dans cet ordre
| Borne | Valeur | Ce qu'elle fait |
|---|---|---|
| Partie fixe | 13,18 € par jour | s'ajoute aux 40,4 % du SJR dans la première formule |
| Plafond en part du SJR | 75 % | l'allocation ne peut pas dépasser cette part, quelle que soit la formule |
| Plafond en euros | 300,21 € par jour | plafond absolu de l'allocation journalière brute |
| Allocation minimale | 32,13 € par jour | plancher ; les retenues ne peuvent pas passer dessous |
| Seuil de dégressivité | 159,68 € de SJR | au-delà, réduction de 30 % à partir du 7e mois |
| Plancher après dégressivité | 92,57 € par jour | la réduction s'arrête à ce montant |
D'où sort le salaire journalier de référence
Le nombre dont tout le reste découle, et la raison pour laquelle il est plus bas que ton salaire divisé par 30.
Le salaire journalier de référence n'est pas ton dernier salaire. C'est le total de tes salaires bruts sur la période de référence, divisé par le nombre de jours CALENDAIRES de cette période. La période court sur 24 mois avant 55 ans, et sur 36 mois à partir de 55 ans.
Le point qui surprend est le dénominateur : ce sont les jours calendaires, travaillés ET non travaillés. Un contrat interrompu, un intercontrat, une période sans emploi dans la fenêtre font donc baisser le SJR. C'est pour cela que le résultat est presque toujours inférieur à ce qu'on obtient en divisant son salaire mensuel par 30.
Ce mécanisme est borné. Les périodes non travaillées n'entrent au dénominateur que dans la limite de 70 % des périodes d'emploi : au-delà, elles cessent d'être comptées. Une carrière hachée n'est donc pas pénalisée sans limite.
Et certaines interruptions ne pénalisent pas du tout. Congé maternité, congé paternité, arrêt maladie et activité partielle font l'objet d'une reconstitution : le salaire moyen qui aurait été versé sans l'interruption est intégré au salaire de référence, comme si la période avait été travaillée normalement.
Sur l'exemple de cette page, 2 000 € brut par mois sur une période travaillée sans interruption donnent un SJR de 65,75 €. La première formule rend 39,74 €, la seconde 37,48 € : c'est la plus élevée qui est versée, soit 39,74 € par jour.
Ton SJR dépend de ta période, pas d'une moyenne
La formule se refait à la main, le salaire journalier de référence beaucoup moins : il dépend des dates exactes de tes contrats et des interruptions dans la fenêtre. Le calculateur fait cette partie-là.
Deux pourcentages voisins, deux règles différentes
Le calcul fait intervenir un 70 % et un 75 %, et les confondre change le résultat. Ils ne portent pas sur le même objet, et ils n'interviennent pas au même moment.
- 70 %, sur les jours non travaillés. Il intervient AVANT, quand on construit le salaire journalier de référence. Les périodes sans emploi ne pèsent au dénominateur que jusqu'à cette part des périodes d'emploi.
- 75 %, sur l'allocation. Il intervient APRÈS, une fois le SJR connu et les deux formules calculées. L'allocation journalière ne peut pas dépasser cette part du SJR.
Ce second plafond mord surtout sur les salaires modestes, où la partie fixe de 13,18 € pèse proportionnellement lourd : sous environ 1 159 € brut par mois, c'est lui qui détermine l'allocation, et non la formule.
Les cas qui changent le calcul
La dégressivité, et sur quoi elle se déclenche vraiment
Une réduction de 30 % au 7e mois, déclenchée par le salaire et non par l'allocation.
Au-delà d'un salaire journalier de référence de 159,68 €, soit 4 857,81 € brut par mois en moyenne selon service-public.gouv.fr, l'allocation est réduite de 30 % à partir du 7e mois de versement.
Le point à retenir est ce qui déclenche la mesure : c'est le SALAIRE journalier de référence qui est comparé au seuil, pas l'allocation qui en découle. La confusion est facile parce que les deux sont des montants journaliers, et elle classe à tort toute une bande de salaires juste au-dessus du seuil.
La réduction est bornée : l'allocation ne peut pas descendre sous 92,57 € brut par jour. Ce montant est un PLANCHER après réduction, et non un seuil de déclenchement, bien qu'il soit souvent présenté comme tel.
Les salariés de 55 ans et plus à la fin de leur contrat ne sont pas concernés par la dégressivité.
Ce qui est retenu sur l'allocation avant versement
Le montant calculé est un brut. Deux retenues s'appliquent, et l'une d'elles s'arrête au plancher.
Une participation au financement de la retraite complémentaire, égale à 3 % du salaire journalier de référence, est prélevée sur le montant brut de l'allocation journalière. Elle ne peut pas avoir pour effet de faire passer l'allocation sous 32,13 €.
La CSG et la CRDS s'appliquent ensuite. Elles sont réduites ou supprimées lorsque le montant brut de l'allocation est inférieur au SMIC journalier, soit 61,55 €, ou lorsque leur prélèvement ferait passer l'allocation nette sous ce seuil.
L'allocation est par ailleurs imposable : elle se déclare et le prélèvement à la source s'y applique, comme sur un salaire.
Temps partiel, formation, et âge
Trois situations où une borne du tableau ci-dessus ne s'applique pas telle quelle.
Temps partiel. L'allocation minimale de 32,13 € ne s'applique pas telle quelle : elle est réduite proportionnellement à la durée de travail, lorsque celle-ci était inférieure à la durée légale ou conventionnelle.
Formation. Pendant une formation prescrite par France Travail, l'allocation versée est l'ARE formation, dont le montant minimal est de 22,99 € par jour.
Âge. La période de référence passe de 24 à 36 mois à partir de 55 ans, ce qui élargit la fenêtre de salaires retenue, et la dégressivité cesse de s'appliquer.
Refaire le calcul sur ton cas
La formule est la même pour tout le monde ; ce qui change d'une personne à l'autre, c'est le salaire journalier de référence et la durée. Les deux outils prennent le relais là où une page s'arrête.