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Chômage : combien tu touches et pendant combien de temps ?

Deux nombres décident de tout, et ils ne dépendent pas des mêmes choses : le montant dépend de ton ancien salaire, la durée du temps que tu as travaillé. Avec 2 000 € net par mois et 24 mois de contrat continu derrière toi, l'allocation tourne autour de 1 421 € brut par mois pendant 1 an et 6 mois.

Entre ces deux nombres, un cadre que personne ne t'explique : un plancher sous lequel l'allocation ne descend pas, deux plafonds qui la bornent, un coefficient qui raccourcit la durée, et un seuil au-delà duquel elle baisse en cours de route. Cette page décrit ce cadre. Pour ton chiffre à toi, les deux calculateurs le donnent au centime.

Page revue le . Les barèmes cités ont été relevés à la source le 24 juillet 2026 sur unédic.org, « Quel sera le montant de mon allocation chômage ? » et « Quelles sont les conditions pour avoir droit aux allocations chômage ? ». Conditions d'ouverture du droit et démarches : France Travail, « Ai-je droit à l'allocation chômage ». Délai et plancher de la dégressivité : service-public.gouv.fr, fiche F14860. Les montants annoncés sont des bruts : la retraite complémentaire, et au-dessus d'un seuil la CSG et la CRDS, se retiennent dessus.

130 jours ou 910 heures

travaillés sur la période de référence : le seuil d'entrée. En dessous, aucun droit, quel que soit ton salaire

75 %

du salaire journalier de référence : le plafond que l'allocation ne franchit jamais

75 %

de ta durée travaillée : le coefficient qui fixe la durée du droit depuis 2023

Les bornes de l'allocation chômage

Ce que l'assurance chômage ne peut ni descendre en dessous, ni dépasser. Ton montant tombe forcément dans cet intervalle.

Les bornes de l'allocation chômage
Ce qui est encadréMinimumMaximum
Allocation par jour32,13 €300,21 €
Allocation par mois964 €9 006 €
Durée du droit182 jours, soit 6 mois822 jours, soit 2 ans et 3 mois

Montants bruts. La ligne « durée » donne le plancher légal et le plafond le plus élevé, atteint à partir de 57 ans ; la grille par âge ci-dessous détaille les trois cas. Barèmes relevés le 24 juillet 2026.

Le plancher et le plafond de l'allocation se lisent facilement de travers, alors autant le dire nettement : ce sont des bornes, pas des montants attendus. Presque personne ne touche 300,21 € par jour, et le plancher de 32,13 € ne protège que les salaires les plus faibles. Entre les deux, c'est ton ancien salaire qui décide, et le taux de remplacement tourne autour de 71 % du net pour un salaire moyen.

Période de référence et durée maximale, par âge

L'âge retenu est celui que tu as à la fin de ton contrat de travail, pas celui de ton inscription.

Période de référence et durée maximale, par âge
Âge à la fin du contratPériode de référenceDurée maximale du droit
Moins de 55 ans24 mois548 jours, soit 1 an et 6 mois
55 à 56 ans36 mois685 jours, soit 1 an et 11 mois
57 ans et plus36 mois822 jours, soit 2 ans et 3 mois

La période de référence est la fenêtre dans laquelle on cherche tes contrats. La durée maximale s'applique APRES le coefficient de 75 % : elle borne le résultat, elle ne le calcule pas. Ces plafonds sont ceux en vigueur pour les fins de contrat depuis février 2023 ; ta notification France Travail fixe ta durée réelle.

Comment ces deux nombres se calculent, étape par étape

Le salaire journalier de référence, les deux formules concurrentes, et le coefficient de durée. Déplier.

Tout part du salaire journalier de référence : le total de tes salaires bruts sur la période de référence, divisé par le nombre de jours calendaires de cette période. Sur un emploi continu, cela revient à multiplier ton brut mensuel par 12 et à diviser par 365. C'est une ETAPE de calcul, pas un résultat : elle n'a donc pas sa place dans le tableau des bornes.

Sur ce salaire journalier, deux formules sont appliquées et la plus avantageuse gagne : soit 40,4 % du salaire journalier plus une partie fixe de 13,18 €, soit 57 % du salaire journalier. La première protège les bas salaires, parce que la partie fixe y pèse lourd ; la seconde prend le dessus dès que le salaire monte. Le résultat est ensuite ramené dans les bornes du tableau ci-dessus.

Pour la durée, le principe est différent : on compte les jours calendaires entre le premier jour de ton premier contrat et le dernier jour du dernier, sur la période de référence, puis on applique le coefficient de 75 %. Un an de travail continu n'ouvre donc pas un an d'indemnisation, mais environ neuf mois. Le plancher de 182 jours et le plafond de ta tranche d'âge encadrent ce résultat.

Ces deux calculs supposent un emploi CONTINU. Une carrière avec des trous relève du simulateur officiel France Travail, parce que le plafonnement des périodes non travaillées change le résultat. Les deux calculateurs de ce site appliquent les mêmes formules que celles décrites ici : le calculateur d'allocation et le calculateur de durée.

Ton chiffre, pas l'intervalle

Cette page donne le cadre. Le calculateur applique les deux formules à ton salaire et rend le montant au centime, avec ton taux de remplacement.

Trois points qui changent ce que tu touches

Le cadre ci-dessus est stable. Ce qui suit ne l'est pas, et se joue sur des décisions ou des dates que tu peux encore influencer.

Quand l'allocation ne suffit pas

Une allocation proche du plancher laisse un revenu très bas, et l'assurance chômage n'est pas le seul étage. Deux dispositifs se calculent sur tes ressources des trois derniers mois, allocation comprise, et l'un des deux suppose que tu retravailles.

Reprendre un emploi ne fait pas tout perdre

Une reprise d'activité, même à temps partiel, ouvre la prime d'activité, qui complète un revenu d'activité modeste. Sans ressources ou presque, c'est le RSA qui prend le relais. Les deux se déclarent tous les trois mois, et l'allocation chômage compte dans les ressources déclarées.

Le point de départ, c'est ton net actuel

Le calcul de l'allocation part du salaire BRUT, alors que la plupart des gens connaissent leur net. Avant de comparer une offre avec ton allocation, convertis-la avec le simulateur brut-net : les taux de cotisation dépendent du niveau de salaire, pas d'un coefficient plat.

Aller plus loin

Les cas particuliers, et ce que le cadre général ne dit pas.

Pourquoi un an de travail ne donne pas un an d'indemnisation

Le coefficient de durée, la réforme qui l'a introduit, et ce qu'il change concrètement. Déplier.

Jusqu'aux contrats terminés avant février 2023, la durée d'indemnisation était en principe égale à la durée travaillée. Depuis, un coefficient de 75 % s'applique à cette durée. Le principe « un jour travaillé, un jour indemnisé » ne vaut donc plus.

Concrètement, 24 mois de contrat continu ouvrent 1 an et 6 mois de droit, pas deux ans. Le plancher de 182 jours rattrape les durées courtes : en dessous de ce résultat, c'est le plancher qui s'applique.

Ce coefficient est dit contracyclique : il a été conçu pour varier avec la situation de l'emploi. Le complément de fin de droits joue dans l'autre sens, en rallongeant le droit quand la conjoncture se dégrade.

Brut, net, et ce qui se retient sur l'allocation

Pourquoi le montant annoncé n'est pas celui qui arrive sur le compte. Déplier.

Tous les montants de cette page sont des BRUTS, y compris le plancher et le plafond. Deux retenues s'appliquent dessus : une contribution à la retraite complémentaire, et au-dessus d'un seuil de ressources la CSG et la CRDS. L'écart brut-net reste plus faible que sur un salaire, parce que l'allocation ne supporte pas les cotisations salariales classiques.

Conséquence pratique quand tu compares une offre d'emploi à ton allocation : tu compares un net de salaire à un brut d'allocation, ce qui fausse la comparaison dans les deux sens. Ramène les deux au net avant de trancher.

Les cas que le cadre général ne couvre pas

Carrière avec des trous, démission, activité partielle. Déplier.

Les formules décrites ici supposent un emploi continu sur la période de référence. Une carrière avec des interruptions relève du simulateur officiel France Travail : le plafonnement des périodes non travaillées modifie le salaire journalier de référence, donc l'allocation.

Une démission ne prive pas systématiquement du droit, mais elle passe par des cas d'ouverture précis. L'activité partielle n'est pas du chômage au sens de cette page : le contrat de travail continue, et l'indemnité est versée par l'employeur. Les conditions d'ouverture du droit, elles, sont détaillées dans le guide droit au chômage.

Questions fréquentes sur les droits au chômage

Combien de temps, dans ton cas ?

Ta durée dépend de ton temps travaillé et de ton âge à la fin du contrat. Le calculateur applique le coefficient et les plafonds, gratuitement, sans inscription.