Combien te reste-t-il quand tu te rémunères en SASU ?
Pour 2 000 € net sur ton compte, ta société vote 2 527 € de brut et débourse 3 542 € en tout. On te retient 20,86 % sur ton brut, pas les 45 % qu'on lit partout : le reste est payé par la société EN PLUS de ta rémunération, et il ne passe jamais par ton compte.
Mis à jour le
Les deux poches, et pourquoi on les confond
Une rémunération de dirigeant se paie deux fois : une part est retenue sur ton brut, l'autre est versée par ta société en plus. Les chiffres qui circulent additionnent les deux sans le dire.
20,9 %
retenu sur ton brut, sous le plafond mensuel
40,2 %
payé par ta société EN PLUS, jamais sur ton compte
1,77 €
déboursé par ta société pour un euro net
Ce qu'il faut verser pour un net donné
Rémunération mensuelle, SASU à l'impôt sur les sociétés, président seul. Le net est avant impôt sur le revenu.
| Net sur ton compte | Brut à voter | Coût total pour la SASU |
|---|---|---|
| 1 500 € | 1 895 € | 2 657 € |
| 2 000 € | 2 527 € | 3 542 € |
| 2 500 € | 3 159 € | 4 428 € |
| 3 000 € | 3 791 € | 5 314 € |
| 4 000 € | 5 048 € | 7 086 € |
| 5 000 € | 6 295 € | 8 837 € |
Le coût total comprend le brut et les cotisations patronales. Le taux accident du travail retenu est une estimation : le tien est notifié à ta société par sa Carsat.
Du brut voté au net perçu, tranche par tranche
Le taux retenu n'est pas constant : il change au plafond mensuel de la Sécurité sociale, à 4 005 €.
| Brut voté | Ce que tu touches | Ce que la SASU débourse | Taux retenu |
|---|---|---|---|
| 2 000 € | 1 583 € | 2 803 € | 20,86 % |
| 3 000 € | 2 374 € | 4 205 € | 20,86 % |
| 4 005 € | 3 169 € | 5 614 € | 20,86 % |
| 5 000 € | 3 962 € | 7 019 € | 20,77 % |
| 8 000 € | 6 367 € | 11 230 € | 20,41 % |
| 12 000 € | 9 575 € | 16 846 € | 20,21 % |
La ligne à 4 005 € est le plafond lui-même. Juste au-dessus, le net BAISSE avant de repartir : la contribution d'équilibre technique se déclenche au premier euro de dépassement et porte alors sur la totalité de la tranche 1.
Comment ces montants sont obtenus
L'exemple déroule une rémunération calibrée pour laisser 2 000 € net sur le compte du président.
1. La société vote un brut de 2 527 €. Ce montant est libre : ni plancher, ni plafond, ni SMIC applicable. Il est décidé par l'associé unique et constaté par écrit.
2. Elle paie 1 015 € de cotisations patronales, EN PLUS. Soit 40,2 % du brut. Cette somme ne transite jamais par le compte du président : elle part de la société vers les organismes. C'est elle qu'on additionne à tort au brut quand on annonce « 45 % de charges ».
3. On retient 527 € sur le brut. Soit 20,86 %. Ce prélèvement-là est exactement celui d'un salarié du privé : vieillesse de base, retraite complémentaire, contribution sociale généralisée et contribution au remboursement de la dette sociale. Le détail poste par poste vit dans le guide des cotisations salariales, qui en est la page de référence.
4. Il reste 2 000 € net avant impôt sur le revenu. L'impôt se prélève ensuite à la source, au taux du foyer.
Le calcul se fait par tranche, jamais par un coefficient. Un taux unique se trompe dans les deux sens : la vieillesse plafonnée cesse au plafond mensuel, la retraite complémentaire change de taux, et la contribution d'équilibre technique s'ajoute d'un coup sur la totalité dès le premier euro de dépassement. Les tranches et les taux de retraite complémentaire viennent du barème Agirc-Arrco des cotisations.
Ce que le calcul de la part patronale ne sait pas. Deux lignes patronales ne sont pas une constante nationale : le taux accident du travail est notifié à chaque établissement par sa Carsat selon son activité et sa sinistralité, et le versement mobilité dépend de la commune et n'est dû qu'à partir de onze personnes. Le coût total annoncé est donc un ordre de grandeur en droit commun, pour une société de moins de onze personnes. Le barème patronal ligne par ligne appartient au calculateur de coût employeur, qui en est la page de référence.
Ton montant, pas un montant du tableau
Le tableau publie six lignes. Le simulateur prend le brut exact que tu comptes voter et rend le net au centime, avec le détail poste par poste et le prélèvement à la source.
Ce que ta rémunération t'ouvre, et ce qu'elle ne t'ouvre pas
Le président de SASU relève du régime des assimilés salariés. Dès qu'il est rémunéré au titre de son mandat, il est affilié au régime général de la Sécurité sociale : maladie et maternité, allocations familiales, accidents du travail, retraite de base, retraite complémentaire et prévoyance. Sa rémunération donne lieu à un bulletin de paie, et elle se déclare comme un salaire.
Le montant, lui, est entièrement libre. Il n'existe aucun salaire minimum pour un mandat social : le SMIC ne s'y applique pas, et la rémunération peut être nulle. Elle est fixée par l'associé unique et constatée par écrit.
Trois choses ne suivent pas, et elles coûtent cher à découvrir après coup.
L'assurance chômage, d'abord. La fiche officielle l'écrit sans détour : les cotisations du président « sont les mêmes que celles d'un salarié cadre, sauf l'assurance chômage », et « le dirigeant n'ayant pas droit à l'assurance chômage, il n'a pas à verser la contribution d'assurance chômage ». Aucune cotisation n'est donc versée et aucun droit n'est acquis : si la société s'arrête, il n'y a pas d'allocation au titre du mandat. Une assurance volontaire peut être souscrite auprès d'organismes privés, à part et à ses frais. C'est aussi la bonne nouvelle du coût : cette cotisation absente est précisément ce qui rend la rémunération d'un dirigeant moins chère que celle d'un salarié à brut égal.
Les allègements de cotisations, ensuite. Le simulateur de revenus pour dirigeant de l'organisme de recouvrement est explicite : le dirigeant assimilé salarié « ne bénéficie pas de la réduction générale dégressive unique de cotisations ni des dispositifs encadrés par le code du travail comme les heures supplémentaires ou les primes ». Le coût affiché plus haut est donc le coût réel, et non un coût avant allègement : il n'y a pas d'allègement à retrancher. Une exception, et elle vaut au démarrage : le dirigeant « peut en revanche prétendre à la réduction ACRE en début d'activité, sous certaines conditions ». La fiche officielle des cotisations d'une SASU la décrit comme une exonération partielle pour les entreprises en début d'activité. Son taux et sa durée pour un assimilé salarié ne sont publiés par aucune des deux sources, et ne sont donc pas donnés ici.
Le droit du travail, enfin. Un mandat social n'est pas un contrat de travail. Pas d'indemnité compensatrice de congés payés, pas de préavis, pas d'indemnité légale de rupture, pas de durée légale du travail.
Ce que ça change côté société. Quand la SASU est à l'impôt sur les sociétés, la rémunération est une charge déductible du résultat, et elle est imposée chez le président dans la catégorie des traitements et salaires, avec la déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels. Si la SASU est à l'impôt sur le revenu, elle n'est ni déductible pour la société ni imposée comme un salaire : elle reste comprise dans le bénéfice. Le détail du traitement social et fiscal vit dans la fiche « La situation sociale et fiscale du président de SASU » de Bpifrance Création.
Pourquoi tu as lu « 82 % de charges » ailleurs, et ce que ça change
Les chiffres qui circulent pour une SASU tournent autour de 80 à 82 % du net de charges. Le calcul de cette page en donne 77,1 %. L'écart n'est pas une contradiction : c'est une cotisation de moins.
Remets la seule cotisation d'assurance chômage, à 4 % du brut, et le résultat remonte à 82,2 % - exactement la fourchette publiée. Ces 82 % sont donc le chiffre d'un SALARIÉ, appliqué à un mandataire social qui ne cotise pas au chômage et n'en a pas les droits.
Ce que ça change pour toi. À brut égal, ta rémunération coûte à ta société environ cinq points de net de moins que celle d'un salarié. Ce n'est pas une optimisation : c'est le prix de l'absence de couverture chômage, et c'est le même arbitrage vu des deux côtés.
Et cette proportion ne bouge presque pas avec le montant. Ta société débourse 1,77 € pour un euro net à 3 000 € de brut, et 1,76 € à 12 000 € - quatre fois plus haut. Se verser davantage ne coûte donc pas proportionnellement plus cher : le taux effectif descend légèrement au-dessus du plafond, il ne monte pas.
Les questions qui viennent après le montant
Quel chiffre d'affaires pour te verser un net donné
C'est la question la plus posée du sujet, et la réponse honnête est qu'elle dépend de toi. Le chiffre d'affaires doit couvrir le coût total de la rémunération, plus les charges d'exploitation de la société.
Ce qui est calculable : pour 2 000 € net par mois, le coût de la rémunération est de 3 542 € par mois, soit 42 509 € sur l'année. C'est le plancher, et il ne dépend d'aucune hypothèse.
Ce qui ne l'est pas : ce qu'il faut ajouter par-dessus. Comptabilité, assurance, logiciels, domiciliation, matériel, déplacements, jours non facturés. Deux présidents avec le même net visé n'ont pas le même chiffre d'affaires cible, et les fourchettes qui circulent le masquent derrière une moyenne.
La forme utile est donc : part du coût de rémunération ci-dessus, ajoute TES charges réelles, et ne rabote pas la trésorerie - les cotisations se paient en décalé par rapport au versement de la rémunération.
La marche du plafond, et la bande où gagner du brut fait perdre du net
Le net n'est pas une fonction croissante du brut, et l'exception se situe au plafond mensuel de la Sécurité sociale.
À 4 005 € de brut, le net est 3 169,39 €. À 4 006 €, il n'est plus que 3 164,58 €. Un euro de brut en plus fait donc perdre 4,81 € de net.
La cause est la contribution d'équilibre technique : elle n'est due qu'au-dessus du plafond, mais elle porte alors sur la totalité de la rémunération et non sur le seul dépassement. C'est une marche, pas une pente.
Conséquence pratique quand tu fixes ta rémunération : il existe une bande d'environ 4,81 € de net qu'on atteint avec deux bruts différents, l'un de chaque côté du plafond. Le plus petit des deux coûte moins cher à ta société pour le même net.
Rémunération ou dividendes : ce que cette page tranche, et ce qui appartient à la page voisine
L'arbitrage entre rémunération et dividendes est la question qui suit immédiatement celle de cette page. Deux choses sont établies et utiles.
Un dividende n'est pas une rémunération. Il ne rémunère pas un travail mais une part du capital, il se décide sur un bénéfice constaté, et il n'ouvre aucun droit social : ni trimestre de retraite, ni indemnité journalière, ni couverture maladie au titre du mandat.
La rémunération est déductible, le dividende ne l'est pas. Une rémunération réduit le bénéfice imposable de la société ; un dividende est prélevé sur un bénéfice qui a déjà supporté l'impôt sur les sociétés.
Ce que cette page ne publie pas, et où ça vit. Le taux d'imposition des dividendes et l'arbitrage entre les deux voies ne sont pas traités ici : ils appartiennent à dividendes ou salaire, qui en est la page de référence et qui donne le taux du prélèvement forfaitaire unique avec sa source. Une seule règle a UN propriétaire sur ce site ; la republier ici mettrait deux pages en concurrence sur la même question, et c'est la moins établie qui disparaîtrait.
Une limite à connaître avant de comparer quoi que ce soit. Tout ce que publie cette page vaut pour une SASU à l'impôt sur les sociétés, qui est le régime de plein droit. À l'impôt sur le revenu, la rémunération du président n'est ni déductible pour la société ni imposée comme un salaire : elle reste comprise dans le bénéfice. Le simulateur officiel pose la même borne et ne traite que le premier cas.
Et si un autre statut te laissait plus ?
La SASU n'est pas le seul chemin. Le portage salarial garde l'assurance chômage, le salariat classique aussi. La comparaison se fait à coût égal pour celui qui paie, jamais à brut égal.
L'arbitrage qui décide de ta rémunération
À montant versé égal, ce qui te reste n'est pas le même
Sources
- Entreprendre Service Public, fiche F36240 « Cotisations sociales d'une société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) », vérifiée par son éditeur le 21 février 2026. C'est la source de la phrase dont dépend tout le calcul de cette page : « Le président de la SASU a le statut d'assimilé-salarié : il dépend, tout comme le salarié, du régime général de la sécurité sociale. Les cotisations sociales liées au président et versées par l'entreprise sont les mêmes que celles d'un salarié cadre, sauf l'assurance chômage. » Elle liste aussi les couvertures ouvertes au président et la périodicité de déclaration.
- Bpifrance Création, « Quelle est la situation sociale et fiscale du président de SASU ? », ouverte le 20 août 2026 : affiliation obligatoire au régime des assimilés salariés, assujettissement au régime général en cas de rémunération, absence d'assurance chômage et possibilité d'une assurance volontaire, absence d'indemnité compensatrice de congés payés et de préavis, imposition de la rémunération en traitements et salaires avec la déduction forfaitaire de 10 %, déductibilité de la rémunération pour la société, et cas de la SASU à l'impôt sur le revenu.
- Agirc-Arrco, « Le calcul des cotisations de retraite complémentaire » : plafond mensuel de la Sécurité sociale, tranches de cotisation, taux salariaux et patronaux de la retraite complémentaire, de la contribution d'équilibre général et de la contribution d'équilibre technique.
- Les taux patronaux hors retraite complémentaire ne sont PAS republiés sur cette page : ils appartiennent au calculateur de coût employeur, où ils vivent ligne par ligne avec leurs sources. Cette page n'en publie que l'effet agrégé, dans la configuration d'une société de moins de onze personnes et sans cotisation d'assurance chômage. {/* ⚠️ MENTION EN TEXTE, PAS UN TROISIEME LIEN. La page voisine est deja liee deux fois : une fois en contexte dans le repli qui traite l'arbitrage - la forme la plus forte - et une fois dans la grille de maillage. Un troisieme lien vers la meme cible depasse le plafond de deux par destination et n'apprend rien de plus au lecteur. */}
- Le taux d'imposition des dividendes n'est PAS publié sur cette page, et ce n'est plus un refus faute de source : il appartient à la page « dividendes ou salaire », liée plus haut, qui le publie avec la sienne. Une règle a un seul propriétaire sur ce site.
- Le simulateur de revenus pour dirigeant de SAS(U) de l'organisme de recouvrement couvre le même calcul. Il porte deux précisions que cette page reprend : il ne gère que la SASU à l'impôt sur les sociétés, pas celle à l'impôt sur le revenu ; et le dirigeant assimilé salarié ne bénéficie ni de la réduction générale de cotisations ni des dispositifs du code du travail, mais peut prétendre à l'ACRE en début d'activité.
- Le taux et la durée de l'ACRE pour un dirigeant assimilé salarié ne sont PAS publiés sur cette page : ni la fiche officielle des cotisations d'une SASU, ni le simulateur de l'organisme de recouvrement ne les donnent. Les deux établissent que le dispositif s'applique, aucun ne le chiffre.
Les montants de cette page sont des ordres de grandeur pour une rémunération de droit commun. Ils dépendent du taux accident du travail notifié à ta société, de sa commune d'implantation, de son effectif et de ta situation fiscale personnelle. Aucune entreprise n'est nommée sur cette page, et aucun chiffre n'y est attribué à une société en particulier.