SASU ou EURL : laquelle te laisse le plus ?
En SASU, 56,46 % de ce que ta société décaisse arrivent sur ton compte. En EURL, il n'existe pas de nombre équivalent, et ce n'est pas une approximation qui manque : depuis avril 2026 le régime du non salarié calcule sur ta rémunération abattue de 26 %, avec un barème qui progresse tranche par tranche. Ce que tu peux savoir avec certitude, c'est le plancher.
Données vérifiées le . L'assiette et les taux du régime non salarié viennent de la page « Réforme de l'assiette sociale et du barème des cotisations sociales » de l'Urssaf, qui écrit que la réforme « consiste à calculer l'ensemble des cotisations et contributions sociales sur une assiette constituée à partir d'un revenu brut des cotisations sociales, abattu d'un taux forfaitaire de 26 % ». Elle cite pour cela l'article 18 de la loi 2023-1250 du 26 décembre 2023 et le décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024. La répartition des dirigeants entre les deux régimes vient de la fiche « Régime social du dirigeant : comparaison entre les deux régimes » de Bpifrance Création.
Trois nombres qui séparent les deux régimes
Le taux de cotisation est le seul chiffre que tout le monde compare. C'est aussi celui qui a le moins de sens depuis la réforme.
56,46 %
du décaissement d'une SASU arrivent sur le compte du président
26 %
d'abattement : c'est ce qui définit l'assiette du non salarié depuis avril 2026
3
trimestres de retraite validés par le minimum que paie une EURL sans rémunération
Les deux régimes, ligne à ligne
Société à l'impôt sur les sociétés, dirigeant seul. Les montants sont annuels.
| SASU, le président | EURL, le gérant associé | |
|---|---|---|
| Régime social | Assimilé salarié | Travailleur non salarié |
| Base des cotisations | Le brut versé | La rémunération, abattue de 26 % |
| Ce qui arrive, par euro décaissé | 56,46 % | Variable : barème progressif |
| Coût d'une année sans rémunération | 0 € | Au moins 1 086 € |
| Accident du travail | Couvert | Pas d'assurance obligatoire |
| Assurance chômage | Aucune | Aucune |
La ligne « ce qui arrive » compare deux choses de même nature : ce que la société décaisse en tout, cotisations comprises, et ce qui reste au dirigeant avant impôt sur le revenu. Le coût d'une année sans rémunération vaut pour les artisans, commerçants et professions libérales non réglementées, soit la très grande majorité des gérants d'EURL ; une profession libérale réglementée relève de sa propre caisse, avec un autre plancher.
La cotisation maladie du non salarié, tranche par tranche
Barème applicable depuis avril 2026, et ALIGNÉ depuis la réforme entre tous les travailleurs indépendants : artisan, commerçant, profession libérale réglementée ou non, tu lis la même grille. Les bornes sont des parts du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 48 060 € en 2026.
| Revenu annuel | Part du plafond | Taux |
|---|---|---|
| 0 € à 9 612 € | 0 % à 20 % du plafond | 0,0 % |
| 9 612 € à 19 224 € | 20 % à 40 % du plafond | 0,0 % à 1,5 % |
| 19 224 € à 28 836 € | 40 % à 60 % du plafond | 1,5 % à 4,0 % |
| 28 836 € à 52 866 € | 60 % à 110 % du plafond | 4,0 % à 6,5 % |
| 52 866 € à 96 120 € | 110 % à 200 % du plafond | 6,5 % à 7,7 % |
| 96 120 € à 144 180 € | 200 % à 300 % du plafond | 7,7 % à 8,5 % |
Au-delà de trois plafonds, une cotisation additionnelle de 6,5 % s'ajoute sur la part qui dépasse. La cotisation maladie n'est qu'une composante : la retraite de base, la retraite complémentaire, les indemnités journalières, les allocations familiales et la CSG-CRDS s'y ajoutent, chacune avec ses propres tranches - et les taux de retraite, eux, ne sont PAS alignés entre catégories.
Comment l'assiette du non salarié se calcule
et ce que la réforme a changé
Avant la réforme, un dirigeant non salarié avait deux bases de calcul différentes : une pour ses cotisations sociales, une autre, plus large, pour la CSG-CRDS. Les cotisations se calculaient sur un revenu dont on avait déjà déduit les cotisations - un raisonnement circulaire qui obligeait à un calcul en plusieurs passes.
Depuis avril 2026, une base unique sert aux deux : ta rémunération, diminuée de tes frais professionnels réels, puis abattue d'un taux forfaitaire de 26 %. Cet abattement remplace la déduction des cotisations.
Comme la base de la CSG-CRDS se trouve réduite, les taux ont été relevés pour que le prélèvement total reste équivalent. Pour les artisans, commerçants et professions libérales non réglementées, la retraite de base est passée à 17,87 % sous le plafond et la retraite complémentaire à 8,1 %. La CSG-CRDS reste à 9,70 %. L'organisme le formule ainsi : la part non contributive diminue au profit des cotisations qui ouvrent des droits, donc la retraite du dirigeant s'améliore à prélèvement constant.
Ces deux taux de retraite ne valent pas pour tout le monde, et c'est le point où une lecture rapide se trompe. Si ton activité relève d'une profession libérale réglementée, tu as tes propres taux : retraite de base plafonnée à 8,73 % au lieu de 17,87 %, et complémentaire à 11 % puis 21 % au lieu de 8,1 % puis 9,1 %. La cotisation maladie, elle, est la même pour tous depuis la réforme.
C'est ce déplacement qui périme les coefficients qui circulent. Un taux calculé sur l'ancienne base ne décrit plus le même objet, quelle que soit sa valeur.
Chiffre ce que tu te verses aujourd'hui
Le simulateur part de ton montant, applique le barème tranche par tranche et te rend le net au centime. Il couvre le régime assimilé salarié, celui de la SASU.
Le plancher que personne ne chiffre
C'est la différence la plus décisive entre les deux régimes, et celle qu'on découvre le plus souvent après coup. Une SASU dont le président ne se verse rien ne paie aucune cotisation. Une EURL, elle, cotise même à rémunération nulle.
Deux cotisations portent un minimum dont l'organisme publie à la fois l'assiette et le taux :
- la retraite de base, assise sur 450 fois le SMIC horaire, soit 989,91 € sur l'année ;
- les indemnités journalières, assises sur 40 % du plafond annuel, soit 96,12 €.
Soit 1 086 € par an, environ 91 € par mois, pour les artisans, commerçants et professions libérales non réglementées - c'est le cas de la très grande majorité des gérants d'EURL. Le montant réel est un peu supérieur : la cotisation d'invalidité-décès porte elle aussi un minimum, dont le taux n'est pas publié sur les pages consultées.
Si ton activité relève d'une profession libérale réglementée, ce montant n'est pas le tien : ta caisse a ses propres taux de retraite, et c'est elle qui fixe ton plancher. Le principe reste le même - tu cotises sans te verser de rémunération - mais la somme diffère.
Deux autres cotisations n'ont, elles, aucun minimum, et c'est important pour ne pas surestimer le plancher : la CSG-CRDS et la retraite complémentaire sont dues quel que soit le revenu, mais à revenu nul leur base est nulle.
Ce que le taux ne montre pas
Les deux régimes se rejoignent sur un point qui surprend beaucoup de créateurs : ni l'un ni l'autre n'ouvre de droit au chômage. Le président de SASU est assimilé salarié, mais il exerce un mandat social et non un contrat de travail : il ne cotise pas à l'assurance chômage. Le dirigeant non salarié non plus. Dans les deux cas, une assurance volontaire peut être souscrite.
Là où ils divergent nettement, c'est sur l'accident du travail. Le président de SASU est couvert au titre de sa protection sociale. Le dirigeant non salarié ne bénéficie pas de cette assurance obligatoire : ses frais de santé restent pris en charge aux conditions habituelles, mais l'accident du travail comme tel ne l'est pas. Une assurance volontaire individuelle se souscrit auprès de la caisse d'assurance maladie.
Sur la santé et la famille, les deux régimes se ressemblent davantage qu'on ne le croit : même durée de congé maternité, 16 semaines, et même congé paternité de 25 jours. Les indemnités journalières du non salarié sont, elles, soumises à une condition de revenu et à une année d'affiliation, avec un délai de carence.
Aller plus loin
Qui relève de quel régime, exactement
la forme juridique ne suffit pas à trancher
Ce n'est pas la société qui décide, c'est la place du dirigeant dans son capital.
Relèvent du régime non salarié : l'entrepreneur individuel, le gérant associé d'EURL et de société en nom collectif, et le gérant majoritaire de SARL - ou le gérant appartenant à un collège de gérance majoritaire.
Relèvent du régime assimilé salarié : le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL, le gérant non associé de SARL, les présidents et directeurs généraux rémunérés de société anonyme, et les présidents et dirigeants rémunérés de SAS ou de SASU.
Un gérant d'EURL qui ne serait pas associé de sa propre société serait donc assimilé salarié - le cas est rare, mais il existe, et c'est lui qui montre que la forme juridique n'est pas le critère.
Les coefficients plats que tu liras ailleurs
pourquoi ils ne concordent jamais entre eux
Le régime non salarié est presque toujours résumé par un nombre unique - environ 30 %, 45 %, 40 à 45 % du bénéfice. Ces valeurs ne concordent pas entre elles, et elles ne le peuvent pas : elles résument un barème progressif par un point, et chacune choisit un point différent.
La réforme d'avril 2026 ajoute une seconde raison, plus dirimante : un pourcentage calculé sur l'ancienne assiette ne décrit plus la même grandeur, puisque la base elle-même a changé. Un coefficient hérité d'avant la réforme n'est pas imprécis, il porte sur autre chose.
C'est pourquoi cette page publie l'assiette et le barème plutôt qu'un taux de synthèse.
Ce que cette page ne chiffre pas, et pourquoi
deux taux manquants, et un sujet qui appartient ailleurs
Le total des cotisations d'une EURL n'est pas publié ici. Deux composantes du barème n'ont pas pu être lues à la source : la progression des allocations familiales, plafonnée à 3,10 %, et le taux d'invalidité-décès. Un total sans elles serait un plancher présenté comme un résultat, et sur une comparaison, sous-estimer le coût d'un côté le fait paraître meilleur qu'il n'est.
Le traitement des dividendes du dirigeant non salarié n'est pas traité ici non plus. La part qui dépasse 10 % du capital social entre dans l'assiette des cotisations, et c'est le sujet de la page qui arbitre entre dividendes et salaire.
Compare avec ce que tu touches aujourd'hui
Si tu es déjà en société, le simulateur te dit ce que ta rémunération coûte réellement et ce qu'elle te laisse, tranche par tranche.
Questions fréquentes
Les deux autres arbitrages de ta rémunération
Une fois le régime choisi, ce qui reste à décider
Sources
- Urssaf, « Réforme de l'assiette sociale et du barème des cotisations sociales », ouverte le 21 août 2026. C'est la source de l'assiette et de tous les taux publiés sur cette page : l'abattement forfaitaire de 26 %, la base unique pour les cotisations et la CSG-CRDS, le barème progressif de la cotisation maladie, et le relèvement de la retraite de base et de la retraite complémentaire. Elle date l'application : « à partir d'avril 2026 avec l'ouverture de la campagne de la déclaration des revenus 2025 ».
- Urssaf, « Quelles sont vos cotisations en tant qu'indépendant ? », ouverte le 21 août 2026 : la cotisation minimale de retraite de base et son assiette de 450 fois le SMIC horaire, les 3 trimestres qu'elle valide, l'assiette minimale des indemnités journalières, et les deux cotisations pour lesquelles « il n'est pas fait application d'une cotisation minimale ».
- Loi 2023-1250 du 26 décembre 2023, dont l'article 18 réforme l'assiette, et décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024, qui révise le barème. Les deux sont nommés et liés par l'Urssaf elle-même.
- Bpifrance Création, « Régime social du dirigeant : comparaison entre les deux régimes », publiée en décembre 2024 : la répartition des dirigeants entre les deux régimes, les affiliations obligatoires de chacun, la couverture accident du travail, la maternité et la paternité, et l'absence de cotisation chômage des deux côtés. Publiée avant la réforme de l'assiette, elle n'est pas utilisée ici pour un taux.
- Entreprendre Service Public, fiche F36065 « Revenus du dirigeant d'une société », vérifiée par son éditeur le 26 avril 2024 : les modes de rémunération du gérant de SARL selon qu'il est majoritaire, égalitaire ou minoritaire.
- Le simulateur de revenus pour dirigeant d'EURL de l'organisme de recouvrement couvre le calcul complet, composantes comprises, pour une situation donnée.
- Les cotisations du côté SASU ne sont PAS republiées ici : elles appartiennent à la page qui traite la rémunération du président de SASU, où la chaîne complète vit avec ses sources. Cette page n'en cite que la part qui arrive au dirigeant.
Les montants de cette page sont des ordres de grandeur pour une rémunération de droit commun, société à l'impôt sur les sociétés et dirigeant seul. Ils dépendent de ton activité, de ta caisse de rattachement et de ta situation fiscale personnelle. Aucune entreprise n'est nommée sur cette page, et aucun chiffre n'y est attribué à une société en particulier.