Aller au contenu principal

Comment ta retraite est-elle calculée ?

Ta pension de base vaut ton salaire annuel moyen multiplié par un taux, puis par la part de trimestres que tu as validée. À cela s'ajoute une seconde pension, la complémentaire, qui ne se calcule pas du tout pareil : elle multiplie tes points par la valeur du point. Sur un salaire annuel moyen de 30 000 €, les deux font 1 719 € bruts par mois, soit 1 592 € sur le compte.

Les trois bornes que la formule impose

2 002,50 €

le maximum que la retraite de base peut verser par mois, quel que soit ton salaire

25

années retenues sur toute ta carrière, pas les dernières, et revalorisées avant d'être moyennées

8,8 %

l'écart, au plafond de la décote, entre la formule officielle et la lecture qui n'applique qu'un de ses deux facteurs

De quoi ta pension est faite

Carrière complète au régime général, salaire annuel moyen de 30 000 € bruts, 170 trimestres exigés et validés.

De quoi ta pension est faite
Ce qui te versePar mois, brutSur ton comptePart du total
Régime de base1 250 €1 157 €73 %
Complémentaire Agirc-Arrco469 €435 €27 %
Total1 719 €1 592 €100 %

Les prélèvements sociaux retirent 7,4 % du total, sous l'hypothèse d'un foyer d'une part dont la pension est le seul revenu. Ils se jugent sur la pension entière, jamais moitié par moitié : le taux du total est donc appliqué aux deux lignes, ce qui est aussi ce que tu constates sur ton relevé. Une pension est bien moins prélevée qu'un salaire.

La retraite de base n'est pas ta retraite

Sur ce cas, la complémentaire pèse 27 % du total. Une estimation qui n'applique que la formule du régime de base est donc fausse d'environ un quart, pour tout le monde, et c'est l'erreur la plus fréquente du sujet. Les deux pensions n'ont ni la même caisse, ni la même règle, ni le même calendrier de versement.

La formule ci-dessus ne vaut que pour la première. La seconde multiplie le nombre de points accumulés par la valeur du point, et le détail de cette conversion vit sur la page qui en est propriétaire : ce que valent tes points Agirc-Arrco.

Ce qu'un trimestre manquant retire, deux fois

Même carrière que ci-dessus, avec des trimestres en moins. Le taux et la proportion baissent ensemble.

Ce qu'un trimestre manquant retire, deux fois
Trimestres manquantsTaux appliquéProportion retenueIl reste de ta pension de base
050,000 %100,0 %100,0 %
447,500 %97,6 %92,8 %
845,000 %95,3 %85,8 %
1242,500 %92,9 %79,0 %
1640,000 %90,6 %72,5 %
20 et plus37,500 %88,2 %66,2 %

Le nombre de trimestres manquants pris en compte pour le taux est plafonné à 20. La proportion, elle, continue de baisser au-delà. Les pourcentages de la dernière colonne se transposent à ta propre pension ; les euros non, puisqu'ils dépendent de ton salaire annuel moyen.

Pourquoi le compte n'est pas celui qu'on lit ailleurs

Les trimestres apparaissent à deux endroits de la formule, et presque toutes les explications n'en montrent qu'un. Ils fixent le taux, qui perd 0,625 point à chaque trimestre manquant. Et ils fixent la proportion, qui est le rapport entre les trimestres que tu as validés et ceux qui sont exigés pour ta génération.

Au plafond de la décote, la baisse du taux seule laisserait 75,0 % de la pension de plein taux. La formule officielle en laisse 66,2 %. L'écart n'est pas une nuance : il vaut 8,8 % d'une pension servie à vie.

Un cas fait exception, et il est mal compris : à 67 ans, le taux plein est acquis quel que soit le nombre de trimestres, donc la première colonne redevient 50 %. La deuxième, elle, ne bouge pas : la pension reste calculée sur les trimestres réellement validés. Atteindre cet âge supprime la décote, il ne remplace pas une carrière complète.

Ce que ce tableau ne dit pas, et qui est la question suivante : ce qu'un départ anticipé coûte réellement en euros, et à partir de quand attendre devient rentable. C'est le sujet de partir dès l'âge légal ou attendre, qui porte le barème complet trimestre par trimestre.

Le calcul refait à la main, ligne à ligne

Départ du salaire annuel moyen : 30 000 €. À plein taux et carrière complète, la formule se réduit à la moitié de ce montant, soit 15 000 € par an, c'est-à-dire 1 250 € par mois. C'est la ligne à zéro trimestre manquant du tableau ci-dessus.

Avec 8 trimestres manquants, le taux tombe à 45,000 % et la proportion à 95,3 %. Le produit des deux rapporté au plein taux donne 85,8 %, soit 1 072 € par mois. La baisse du taux seule aurait donné 90,0 %, et c'est de là que vient l'écart.

Le passage au net applique ensuite les prélèvements sociaux au total des deux pensions, à un taux qui dépend du revenu fiscal de référence du foyer. Sur ce cas, il vaut 7,4 %. Le détail des tranches et des seuils par nombre de parts vit sur la page du taux de CSG sur les pensions.

Cette formule, appliquée à ta carrière

Le calcul de cette page tourne sur un cas volontairement simple. Le simulateur part de ton salaire d'aujourd'hui, de ton année de naissance et de ton entrée dans la vie active, applique le calendrier des trimestres exigés pour ta génération, et rend les deux pensions séparément. Gratuit, sans inscription, sans numéro de sécurité sociale.

Les trois pièges du calcul

Deuxième piège, et il vaut environ un cinquième : le calcul part du salaire BRUT. Chaque année de ta carrière est retenue en brut, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale de cette année-là. Poser ton net dans la formule ne produit pas une estimation prudente, il produit une estimation fausse.

Et ce brut est plus large qu'on ne le croit. La fiche officielle est explicite : tous les éléments de rémunération entrent dans la moyenne, salaire de base, primes et heures supplémentaires compris, ainsi que les indemnités journalières de maternité. Une carrière fortement primée construit donc bien ses droits sur l'ensemble, contrairement à ce qui se passe dans la fonction publique. Deux exceptions à connaître : les revenus de l'année où tu pars ne sont pas retenus, et la limitation au plafond de la Sécurité sociale s'applique avant la revalorisation, sur les revenus perçus à partir de 2 005.

Troisième piège, pour les salaires élevés : la retraite de base est plafonnée à 2 002,50 € bruts par mois, soit la moitié du plafond mensuel de la Sécurité sociale, actuellement 4 005 €. Un salaire au-dessus de ce plafond n'augmente plus la pension de base d'un centime. Seule la complémentaire continue de monter, et c'est ce qui explique qu'une carrière de cadre supérieur repose davantage sur elle.

Dans l'autre sens, il existe un plancher. Si la retraite de base calculée tombe sous le minimum contributif, elle est relevée à ce seuil. La fiche publiée le 12 février 2026 l'établit à 903,93 € bruts par mois lorsque tous les trimestres exigés ont été cotisés, et à 756,29 € en dessous de 120 trimestres cotisés, après une revalorisation de 1,18 % au 1er janvier 2 026. Ce relèvement a lui-même une limite : il ne peut pas porter le total de tes pensions au-delà de 1 410,89 € bruts par mois. Ce plancher ne se confond pas avec le minimum vieillesse, qui est une allocation sous condition de ressources : ce que l'ASPA ajoute à une petite pension.

Ce qui relève le montant, et que la formule seule ne montre pas

Deux leviers agissent en amont, sur les trimestres eux-mêmes plutôt que sur le montant : prolonger l'activité au-delà de la durée exigée, et racheter des trimestres au titre des années d'études ou des années incomplètes. Les caisses régionales publient les deux.

Le calendrier des trimestres exigés a changé : la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2 026 suspend le relèvement de la durée d'assurance pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2 026. Le dénominateur de la formule n'est donc pas le même selon ton année de naissance : la durée exigée, génération par génération.

Aller plus loin dans la formule

Comment les 25 meilleures années sont choisies

D'abord le nom, parce qu'il change d'une source à l'autre et que ça déroute : la fiche officielle écrit « revenu annuel moyen », les caisses régionales aussi, et le texte de loi qu'elles citent dit « salaire annuel moyen ». C'est la même grandeur, et l'article L351-1 du code de la Sécurité sociale en porte la définition.

Trois opérations, dans cet ordre, et chacune change le classement. Chaque salaire annuel de ta carrière est d'abord revalorisé par un coefficient officiel, pour être comparable en monnaie d'aujourd'hui. Il est ensuite retenu dans la limite du plafond de la Sécurité sociale de SON année : au-delà, seule la valeur du plafond compte. Les salaires ainsi corrigés sont enfin classés, et les 25 plus élevés sont additionnés puis divisés par 25.

Deux conséquences que l'intuition rate. Une année lointaine peut battre une année récente une fois revalorisée, donc les meilleures années ne sont pas forcément les dernières et ne se suivent pas forcément. Et une carrière de moins de 25 ans au régime général n'est pas divisée par 25 : la moyenne porte alors sur les années réellement travaillées.

Carrière mixte : les deux comptes de trimestres ne sont pas le même

C'est le point le plus technique de la formule, et il change le montant. Le droit au taux plein se juge sur la durée d'assurance TOUS RÉGIMES confondus. La proportion, elle, ne retient que les trimestres validés à l'Assurance retraite.

Une carrière passée par plusieurs régimes - salarié puis indépendant, ou un passage par la fonction publique - a donc un taux calculé sur un total et une proportion calculée sur une partie. Confondre les deux surestime la pension de tous ceux qui ont changé de régime, et chaque régime verse ensuite sa propre pension selon ses propres règles.

La fiche officielle le montre sur un cas chiffré : avec 120 trimestres à l'Assurance retraite et 39 validés ailleurs, pour 170 exigés, la pension du régime général vaut le salaire annuel brut moyen multiplié par le taux, puis par 120 sur 170 - et non par 159 sur 170. Les 39 autres trimestres sont pris en compte par l'autre caisse, qui applique ses propres règles.

Cadre ou non-cadre : ce que ça change vraiment

Rien sur la retraite de base : la formule et le plafond sont identiques pour tous les salariés du privé. La différence est ailleurs, et elle est mécanique plutôt que statutaire : la part du salaire située au-dessus du plafond de la Sécurité sociale achète des points de complémentaire à un taux nettement plus élevé.

Un salaire qui dépasse ce plafond construit donc une pension dont la part complémentaire est plus lourde que dans le cas de cette page. Depuis la fusion des régimes en 2 019, il n'existe plus de régime complémentaire propre aux cadres : c'est le NIVEAU de salaire qui commande, jamais l'étiquette du contrat.

Pourquoi cette formule ne vaut pas dans la fonction publique

Le régime des fonctionnaires ne calcule pas une moyenne sur 25 années : il part du traitement indiciaire des six derniers mois, hors primes. Deux carrières qui ont perçu le même revenu total peuvent donc donner des pensions très différentes selon le régime, et la part des primes dans la rémunération explique une bonne partie de l'écart.

Un agent public a par ailleurs, comme un salarié du privé, une retraite additionnelle par points assise sur ses primes. Ce que cette page décrit vaut pour le régime général, c'est-à-dire pour les salariés du privé et les agents contractuels.

Le seul chiffre exact est celui de ton relevé de carrière

Cette page dit ce que la règle produit ; elle ne connaît pas ton dossier. Pour situer ton ordre de grandeur avant d'aller le consulter, pars de ton salaire actuel et compare les deux montants.

Questions fréquentes sur le calcul de la retraite