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Réforme des retraites suspendue : à quel âge pars-tu maintenant ?

Si tu es né en 1964, tu pars à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans, et il te faut 170 trimestres au lieu de 171 pour le taux plein. Le décalage vaut pour les générations 1964 à 1968, sur les pensions qui prennent effet à partir du 1er septembre 2026. Avant 1964, rien ne bouge.

63 ans et 9 mois

l'âge de départ de la génération 1968, qui sort des 64 ans

2028

l'année jusqu'à laquelle la suspension court, la loi de 2023 restant en vigueur

1,25 %

ce que coûte chaque trimestre manquant sur ta pension, à vie

Ton âge de départ, par année de naissance

Pour une pension prenant effet à partir du 1er septembre 2026.

Ton âge de départ, par année de naissance
Année de naissanceÂge de départTrimestres exigés
196462 ans et 9 mois170 trimestres (42 ans et 6 mois)
1965, du 1er janvier au 31 mars62 ans et 9 mois170 trimestres (42 ans et 6 mois)
1965, du 1er avril au 31 décembre63 ans171 trimestres (42 ans et 9 mois)
196663 ans et 3 mois172 trimestres (43 ans)
196763 ans et 6 mois172 trimestres (43 ans)
196863 ans et 9 mois172 trimestres (43 ans)
1969 et après64 ans172 trimestres (43 ans)

Source : service-public.gouv.fr, « Suspension de la réforme des retraites : qui est concerné ? », publiée le 27 février 2026, et « Retraite du salarié : qu'est-ce que la décote ? », vérifiée le 1er janvier 2026. Les deux fiches concordent ligne pour ligne. L'âge de départ est l'âge légal minimum : il ne garantit pas le taux plein, qui dépend du nombre de trimestres.

Ce que coûte un trimestre manquant

Le barème de la décote, appliqué à titre d'exemple à une pension de 1 500 € par mois.

Ce que coûte un trimestre manquant
Trimestres manquantsTaux de ta pensionPerte mensuelle
149,375 %18,75 € (1,25 %)
248,750 %37,50 € (2,50 %)
447,500 %75,00 € (5,00 %)
845,000 %150,00 € (10,00 %)
1242,500 %225,00 € (15,00 %)
1640,000 %300,00 € (20,00 %)
20 et plus37,500 %375,00 € (25,00 %)

Le taux de 50 % s'applique à la moyenne de tes 25 meilleures années. Chaque trimestre manquant lui retire 0,625 %, et le nombre de trimestres manquants pris en compte est plafonné à 20. La perte mensuelle est calculée sur une pension de 1 500 € prise en exemple : elle est proportionnelle, donc transposable à la tienne. Source : service-public.gouv.fr, fiche « Retraite du salarié : qu'est-ce que la décote ? ».

Comment on passe de ton âge de départ à un montant

le calcul officiel, pas à pas

La suspension ne verse rien. Elle agit sur deux leviers : elle avance ton âge de départ, et elle abaisse le nombre de trimestres exigés pour le taux plein. C'est le second qui pèse sur le montant.

Étape 1 - le nombre de trimestres qui te manquent. L'Assurance retraite retient le plus petit de deux comptes : le nombre de trimestres entre ton âge au départ et 67 ans, et le nombre de trimestres entre ce que tu as validé et ce qui est exigé pour ta génération. Le résultat est arrondi au chiffre supérieur, et plafonné à 20.

Étape 2 - le taux. À taux plein, ta pension de base vaut 50 % de la moyenne de tes 25 meilleures années de salaire brut. Chaque trimestre manquant retire 0,625 % à ce taux.

Étape 3 - la proratisation. Ce taux s'applique ensuite au rapport entre tes trimestres et ceux exigés. Une durée incomplète pèse donc deux fois : une fois par la décote, une fois par ce rapport.

Ce que la suspension change, concrètement. Si tu es né en 1964 et que tu as 170 trimestres, il t'en manquait un avec l'ancienne exigence de 171 : tu subissais une décote de 1,25 %. Avec la nouvelle exigence, tu es au taux plein, et cette perte disparaît - définitivement, puisqu'une décote s'applique à ta pension pour toute sa durée.

Un taux ne se dépense pas, un montant net si

Le barème ci-dessus donne un pourcentage de ta pension brute. Ce qui arrive sur ton compte, c'est le net après CSG et prélèvement à la source. Calcule-le à partir de ton brut.

Né avant 1964 ? La suspension ne te rend rien

Plusieurs tableaux circulent en donnant aux générations 1961, 1962 et 1963 un âge de départ abaissé - par exemple 62 ans et 3 mois pour 1962, ou 62 ans et 6 mois pour 1963. Ces valeurs sont fausses, et l'écart se vérifie directement sur la fiche officielle.

La fiche « Retraite du salarié : qu'est-ce que la décote ? » publie la grille consolidée après suspension, et elle maintient pour ces générations exactement les valeurs de la réforme de 2023 :

  • 1958 à 1960 : 62 ans, 167 trimestres (41 ans et 9 mois)
  • 1961, du 1er janvier au 31 août : 62 ans, 168 trimestres (42 ans)
  • 1961, du 1er septembre au 31 décembre : 62 ans et 3 mois, 169 trimestres (42 ans et 3 mois)
  • 1962 : 62 ans et 6 mois, 169 trimestres (42 ans et 3 mois)
  • 1963 : 62 ans et 9 mois, 170 trimestres (42 ans et 6 mois)

D'où vient l'erreur. La suspension décale le calendrier d'une génération : chaque génération reçoit l'âge qu'avait la précédente. Cette règle reproduit le tableau officiel ligne pour ligne, de 1964 à 1969. Le piège est qu'elle se prolonge sans effort vers le bas : appliquée à 1963, elle donnerait 62 ans et 6 mois, et l'on obtient une table cohérente, plausible, et fausse.

La loi arrête le décalage à 1964, pour une raison simple : les générations antérieures atteignent leur âge légal avant la date d'effet du 1er septembre 2026. Il n'y a rien à suspendre pour elles. Si tu es né en 1962 ou en 1963 et que tu as lu ailleurs que tu gagnais un trimestre, tu n'as rien gagné - et il vaut mieux le savoir avant de poser ta demande.

Aller plus loin

Le tableau avant et après, génération par génération

ce que chaque génération gagne exactement

La colonne « avant » est le calendrier de la réforme de 2023, celui qui s'applique encore aux pensions prenant effet avant le 1er septembre 2026.

  • 1964 : 63 ans et 171 trimestres, contre 62 ans et 9 mois et 170 trimestres - 3 mois plus tôt, 1 trimestre exigé en moins
  • 1965, du 1er janvier au 31 mars : 63 ans et 3 mois et 172 trimestres, contre 62 ans et 9 mois et 170 trimestres - 6 mois plus tôt, 2 trimestres exigés en moins
  • 1965, du 1er avril au 31 décembre : 63 ans et 3 mois et 172 trimestres, contre 63 ans et 171 trimestres - 3 mois plus tôt, 1 trimestre exigé en moins
  • 1966 : 63 ans et 6 mois et 172 trimestres, contre 63 ans et 3 mois et 172 trimestres - 3 mois plus tôt
  • 1967 : 63 ans et 9 mois et 172 trimestres, contre 63 ans et 6 mois et 172 trimestres - 3 mois plus tôt
  • 1968 : 64 ans et 172 trimestres, contre 63 ans et 9 mois et 172 trimestres - 3 mois plus tôt
  • 1969 et après : 64 ans et 172 trimestres, contre 64 ans et 172 trimestres - aucun changement

La génération 1969 apparaît dans les deux colonnes avec les mêmes valeurs : elle était déjà au plafond de 64 ans, et le décalage l'y laisse. C'est aussi ce qui distingue le vrai mécanisme d'un simple retrait de trois mois appliqué à tout le monde, qui lui rendrait 63 ans et 9 mois.

Pourquoi janvier à mars 1965 recule de deux crans

la seule cohorte découpée du calendrier

L'année 1965 est la seule que la fiche officielle découpe en deux. Née entre le 1er avril et le 31 décembre, tu reçois le traitement de la génération 1964 : 63 ans et 171 trimestres. Née entre le 1er janvier et le 31 mars, tu reçois celui de 1963 : 62 ans et 9 mois et 170 trimestres.

Trois mois de naissance valent donc ici trois mois d'âge de départ et un trimestre exigé. C'est le seul endroit du calendrier où le jour de naissance change la réponse, et c'est aussi le seul point que la règle du décalage d'une génération ne prédit pas : la fiche le publie tel quel.

Carrière longue : la suspension s'y applique aussi

pour les générations 1964 à 1968

Si tu as commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans, le départ anticipé pour carrière longue est assoupli pendant la suspension, pour les personnes nées entre 1964 et 1968. Ton âge de départ anticipé est calculé selon ton âge de début d'activité, et ne se lit donc pas dans le tableau ci-dessus.

Le détail des bornes par âge de début d'activité est publié par service-public.gouv.fr, « Retraite anticipée pour carrière longue du salarié ».

Attendre 67 ans annule la décote, quels que soient tes trimestres

l'autre voie vers le taux plein

À 67 ans, la retraite de base est accordée à taux plein quel que soit ton nombre de trimestres. Cet âge n'a pas bougé, ni avec la réforme de 2023, ni avec sa suspension.

C'est pour ça que le calcul des trimestres manquants retient le plus petit de deux comptes : au-delà d'un certain point, attendre 67 ans coûte moins qu'une décote subie à vie. La pension reste toutefois proratisée sur les trimestres réellement validés : le taux plein supprime la décote, il ne remplace pas une carrière complète.

Combien il te reste, une fois les prélèvements passés

Une pension brute n'est pas ce que tu touches. Pars de ton salaire actuel pour situer ton ordre de grandeur, puis affine avec ton relevé de carrière.