Carrière longue : à quel âge tu peux partir ?
Tout dépend de l'âge auquel tu as commencé à travailler. Avant 16 ans, tu pars à 58 ans ; avant 18 ans, à 60 ans ; avant 21 ans, à 63 ans. Ces trois âges sont les mêmes quelle que soit ton année de naissance. Un seul palier bouge, celui des personnes entrées dans la vie active avant 20 ans : né en 1966, tu pars à 60 ans et 9 mois au lieu de 61 ans, soit 3 mois d'avance - mais né en 1964, la suspension ne t'avance aucun mois.
Données vérifiées le . Grilles relevées à la source : info-retraite.fr, « Réforme des retraites - Départ anticipé pour carrière longue » pour les quatre paliers, et service-public.gouv.fr, « Départ à la retraite en carrière longue : quels seront vos droits à partir de septembre 2026 ? » pour les âges antérieurs à la suspension. Leurs 14 lignes communes s'accordent sans exception, et le calcul de cette page les reproduit.
58 ans
l'âge de départ le plus bas du dispositif, si tu as commencé avant 16 ans
3 paliers sur 4
servent le même âge à toutes les générations : un seul dépend de ton année de naissance
1er septembre 2026
la date à partir de laquelle ta pension doit prendre effet pour en relever
Ton âge de départ, selon l'âge où tu as commencé à travailler
Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Le palier retenu est le plus favorable de ceux que ta carrière permet.
| Tu as commencé à travailler | Tu peux partir à | Générations, à partir de |
|---|---|---|
| avant 16 ans | 58 ans | septembre 1961 |
| avant 18 ans | 60 ans | septembre 1961 |
| avant 20 ans | 60 à 62 ans | septembre 1961 |
| avant 21 ans | 63 ans | avril 1965 |
Une seconde condition s'ajoute, cumulative : avoir validé 5 trimestres avant la fin de l'année civile de l'anniversaire correspondant à ton palier, ou 4 si tu es né entre le 1er octobre et le 31 décembre. En début de carrière, tout type d'activité compte, service militaire compris. Source : info-retraite.fr, « Réforme des retraites - Départ anticipé pour carrière longue ».
Si tu as commencé avant 20 ans : ton âge de départ, année par année
Le seul palier dont l'âge dépende de ta génération. La durée exigée, elle, est la même pour les quatre paliers.
| Ton année de naissance | Tu peux partir à | Trimestres cotisés exigés |
|---|---|---|
| 1961 (septembre à décembre) | 60 ans | 169 |
| 1962 | 60 ans | 169 |
| 1963 (janvier à août) | 60 ans | 170 |
| 1963 (septembre à décembre) | 60 ans et 3 mois | 170 |
| 1964 | 60 ans et 6 mois | 170 |
| 1965 (janvier à mars) | 60 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (avril à novembre) | 60 ans et 9 mois | 171 |
| 1965 (décembre) | 60 ans et 8 mois | 171 |
| 1966 | 60 ans et 9 mois | 172 |
| 1967 | 61 ans | 172 |
| 1968 | 61 ans et 3 mois | 172 |
| 1969 | 61 ans et 6 mois | 172 |
| 1970 | 61 ans et 9 mois | 172 |
| 1971 et après | 62 ans | 172 |
Quatre trimestres valent un an : 172 trimestres (43 ans). Les trimestres comptés sont ceux qui ont donné lieu à cotisation, tous régimes de base confondus, et certaines périodes non travaillées y sont assimilées dans des limites précises. Les deux conditions - l'âge et la durée - sont cumulatives : le départ devient possible le jour où la dernière des deux est remplie, pas avant. Le barème complet de la durée d'assurance, toutes générations et hors carrière longue, est détaillé sur notre page consacrée aux trimestres.
Deux choses que les grilles officielles ne disent pas
La durée exigée ne dépend pas de ton palier. L'administration publie quatre tables, une par âge de début d'activité, et chacune porte sa propre colonne de trimestres. En les comparant ligne à ligne, elles donnent toutes le même nombre pour une année de naissance donnée. Autrement dit : l'âge auquel tu as commencé décide QUAND tu peux partir, ton année de naissance décide COMBIEN il te faut, et les deux ne se mélangent jamais. C'est ce qui permet de réduire quatre tables à deux, et c'est pour ça que le tableau du haut ne porte aucun trimestre.
La suspension n'avance pas « quelques mois » pour tout le monde. La formule qui circule partout dit que l'âge de départ « est avancé de quelques mois pour les personnes nées entre 1964 et 1970 ». Elle décrit le champ d'application du nouveau calcul, pas le gain - et lue comme un gain, elle est fausse pour la majorité des lignes.
La grille officielle le dit elle-même, par sa mise en forme : elle indique l'ancienne valeur entre parenthèses quand l'âge a bougé, et n'indique rien quand il n'a pas bougé. En comptant les lignes, l'écart réel se range en trois groupes :
- Aucun mois pour 8 des 14 lignes, et pour deux raisons qu'il ne faut pas confondre. Avant 1964 et à partir de 1971, le nouveau calcul ne s'applique pas : ces générations sont hors de son champ. Pour 1964 et pour 1965 jusqu'au 30 novembre, il s'applique et n'avance rien : elles avaient déjà atteint leur âge de départ sous les règles de 2023 au moment où la suspension prend effet, et il n'y avait plus rien à avancer.
- 1 mois pour les personnes nées en décembre 1965, qui sont la première génération à passer sous le nouveau calcul. Sur une pension de 1 500 €, cela fait une mensualité de plus, soit 1 500 € encaissés en avance.
- 3 mois pour les générations 1966 à 1970, soit 4 500 € sur la même pension d'exemple. Le montant se transpose au tien en gardant le même nombre de mois : une pension de 1 200 € donne 3 600 €, une pension de 2 000 € donne 6 000 €.
Et ce gain ne concerne que le palier « avant 20 ans ». Si tu as commencé avant 16, 18 ou 21 ans, ton âge de départ est exactement le même qu'avant la suspension : ce qui a pu bouger pour toi, c'est la durée exigée.
Ce n'est pas un détail de présentation. Une personne née en 1964 qui lit « quelques mois d'avance » et cale son départ dessus se trompe d'un trimestre entier, et l'erreur se paie sur la seule décision que ce sujet demande de prendre.
Ce que le calcul en euros ne prend pas en compte
Les montants ci-dessus comptent des mensualités encaissées plus tôt, et rien d'autre. Ils ignorent la revalorisation annuelle et les prélèvements, qui s'appliqueraient à l'identique à un départ plus tardif et ne modifient donc pas l'écart.
Ils ignorent en revanche un effet qui joue contre le départ anticipé : chaque mois travaillé en plus peut valider des trimestres et relever la pension elle-même. Sur un départ à taux plein comme celui-ci, l'effet est faible ; il n'est pas nul.
Ils ne disent rien non plus de la retraite complémentaire prise isolément, qui obéit à ses propres règles. Ce que valent tes points et comment ils se transforment en pension mensuelle sont détaillés dans notre page sur la retraite complémentaire.
Les grilles donnent ton âge, pas ton montant
Les tableaux ci-dessus disent quand tu peux partir et ce qu'il te faut. Ils ne peuvent pas dire avec combien : cela dépend de ta carrière et de tes salaires. Pars de ton salaire pour situer ton ordre de grandeur.
Les textes qui fixent ces règles
Le dispositif est fondé sur l'article L351-1-1 du code de la sécurité sociale ; les conditions de durée d'assurance et la liste des périodes considérées comme cotisées relèvent des articles D351-1-1 à D351-1-14 du même code. Le relèvement progressif de l'âge légal instauré en 2023 est suspendu jusqu'en 2028 par la loi no 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, et un décret du 7 mai 2026 en a précisé la mise en œuvre pour les carrières longues.
La fiche de référence du dispositif, « Retraite anticipée pour carrière longue du salarié », décrit les conditions, la liste des périodes retenues et les démarches. Elle ne publie aucun âge de départ : elle nomme les quatre paliers et renvoie à un simulateur. C'est la raison d'être des deux tableaux ci-dessus, dont les valeurs viennent des deux autres sources citées en tête de page.
Cette même fiche annonce sa propre mise à jour : l'article 104 de cette loi modifie, à compter du 1er septembre 2026, la façon dont certaines périodes non travaillées sont comptées comme cotisées. Ce changement ne touche pas les seuils publiés ici - il touche qui les franchit, ce qui n'est pas la même chose et peut compter davantage. Une majoration de trimestres liée aux enfants est annoncée pour la même date, par un texte qui n'était pas encore publié à la date de vérification de cette page : ses conditions n'y sont donc pas chiffrées.
Ce qui décide vraiment de ton départ anticipé
Quelles périodes comptent comme cotisées
La durée exigée compte des trimestres cotisés, pas des trimestres validés - et c'est la distinction qui décide de l'ouverture du droit. Certaines périodes non travaillées y sont toutefois assimilées, dans des limites que la fiche officielle énumère :
- service national, dans la limite de 4 trimestres ;
- chômage indemnisé, dans la limite de 4 trimestres ;
- maladie et accident du travail ayant donné lieu à indemnités journalières, dans la limite de 4 trimestres ;
- assurance vieillesse des parents au foyer et assurance vieillesse des aidants, dans la limite de 4 trimestres ;
- pension d'invalidité, dans la limite de 2 trimestres ;
- périodes indemnisées au titre de l'assurance maternité, sans limite ;
- trimestres de majoration acquis au titre du compte professionnel de prévention.
Les périodes cotisées à l'étranger peuvent être retenues lorsqu'un accord international s'applique, et les cotisations prises en charge par l'État - stage de formation professionnelle, apprentissage - comptent également.
Cette liste est celle qui s'applique aujourd'hui. La fiche officielle annonce qu'elle sera modifiée à compter du 1er septembre 2026 : la vérifier à la source avant de bâtir une décision dessus.
Pourquoi la génération 1964 ne gagne aucun mois
La suspension ne réécrit pas le passé : elle s'applique aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Une personne qui a déjà atteint son âge de départ anticipé avant cette date n'a plus rien à gagner d'un abaissement, puisque le droit lui est déjà ouvert.
C'est exactement ce que dessine la grille officielle : la mention « au lieu de » apparaît pour la première fois sur la cohorte née en décembre 1965, et sur aucune des lignes qui la précèdent. La frontière n'est donc pas arbitraire - elle tombe là où le calendrier de 2023 et la date d'effet de la suspension se croisent.
Pour ces générations, ce qui bouge est ailleurs : dans la durée d'assurance exigée, qui commande l'ouverture du droit à carrière identique.
Partir en carrière longue, c'est partir à taux plein
Un départ anticipé ordinaire, avant l'âge légal et sans la durée exigée, coûte une décote : le taux appliqué à la moyenne de tes vingt-cinq meilleures années est réduit, et la baisse vaut pour toute la durée de la retraite. Le départ pour carrière longue échappe à ce mécanisme : il est accordé au taux plein. La carrière longue n'est d'ailleurs pas la seule voie dans ce cas : sept autres situations ouvrent un départ avant l'âge légal, et leurs âges planchers se comparent ligne à ligne.
Ce que le dispositif n'évite pas, en revanche, c'est la proratisation. Ta pension reste calculée sur les trimestres que tu as réellement validés, rapportés à la durée de référence de ta génération. Taux plein ne veut pas dire carrière complète : ce sont deux termes distincts de la même formule.
Ce que coûte un trimestre manquant quand la décote s'applique, et à partir de quand attendre devient payant, sont chiffrés sur notre page sur l'arbitrage de l'âge de départ.
Remplir les conditions ne suffit pas : il faut le prouver, et à temps
Un tableau par année de naissance donne une condition d'âge et une condition de durée. Il ne sait pas ce que tu as réellement cotisé, et c'est pourtant là que se joue l'ouverture du droit : deux personnes de la même génération, entrées dans la vie active au même âge, peuvent avoir des dates de départ séparées de plusieurs années.
Le seul document qui tranche est ton relevé de carrière. Il liste les périodes retenues et distingue ce qui a donné lieu à cotisation de ce qui a été validé autrement. S'il manque des périodes - un contrat ancien, une période à l'étranger, un apprentissage - la mise à jour peut être demandée à partir de 55 ans, et la faire avant de demander un départ anticipé change le résultat, alors que la faire après ne le change qu'au prix d'une révision.
Une fois le relevé à jour, tu peux télécharger ton attestation de départ à la retraite anticipée pour carrière longue depuis ton espace personnel, par le service en ligne « Obtenir mon âge de départ à la retraite ». Elle existe en deux formes selon la proximité de ta date de départ : provisoire, puis définitive. C'est cette attestation qui matérialise le droit - la grille dit qui peut partir, elle dit que toi tu le peux.
La demande de retraite elle-même se transmet 5 mois avant la date à laquelle tu veux que ta pension prenne effet. Le délai n'est pas une formalité : une demande déposée trop tard décale le point de départ, donc la première mensualité - et sur un départ anticipé calé au mois près, c'est exactement ce que la grille t'a fait gagner qui se perd là.
Une pension brute n'est pas ce que tu touches
Les montants de cette page sont ceux de ta pension telle qu'elle est liquidée. Ce qui arrive sur ton compte passe encore par la CSG et le prélèvement à la source, et les deux dépendent de ton revenu global.