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Partir dès l'âge légal ou attendre : combien ça te coûte ?

L'âge légal ouvre le droit de partir, il ne garantit pas le montant. S'il te manque 8 trimestres, tu pars deux ans plus tôt et tu touches 10 % de pension en moins, à vie. Sur une pension de 1 500 € prise en exemple, cela fait 150 € par mois - mais tu as encaissé 32 400 € pendant que l'autre option travaillait encore.

Page revue le . Barème relevé à la source le 19 août 2026 : service-public.gouv.fr, « Retraite du salarié : qu'est-ce que la décote ? ». Ses 20 lignes sont reproduites à l'identique par le calcul de cette page.

1,25 %

ce que chaque trimestre manquant retire à ta pension, à vie

20 ans

de retraite avant qu'attendre rattrape un départ anticipé, quel que soit le nombre de trimestres manquants

67 ans

l'âge où la décote disparaît d'office, sans condition de durée

Ce qu'un départ anticipé te laisse, chaque mois

Pour une pension de 1 500 € par mois à taux plein, prise en exemple.

Ce qu'un départ anticipé te laisse, chaque mois
Trimestres manquantsTa pensionCe que tu perds par mois
11 481 €19 € (1,25 %)
21 463 €38 € (2,50 %)
41 425 €75 € (5,00 %)
81 350 €150 € (10,00 %)
121 275 €225 € (15,00 %)
161 200 €300 € (20,00 %)
20 et plus1 125 €375 € (25,00 %)

La perte est proportionnelle : elle se transpose à ta propre pension en gardant les pourcentages. Elle porte sur la retraite de base seule, et vaut pour toute la durée de la retraite. Le nombre de trimestres manquants pris en compte est plafonné à 20. Source du barème : service-public.gouv.fr, fiche « Retraite du salarié : qu'est-ce que la décote ? ».

Partir maintenant ou attendre : les cumuls, année après année

Il te manque 8 trimestres. Partir maintenant, ou travailler deux ans de plus puis partir à taux plein. Cumul perçu depuis la date du départ le plus tôt.

Partir maintenant ou attendre : les cumuls, année après année
Années de retraiteTu pars maintenantTu attends le taux plein
5 ans81 000 €54 000 €
10 ans162 000 €144 000 €
15 ans243 000 €234 000 €
20 ans (elles se rejoignent)324 000 €324 000 €
25 ans405 000 €414 000 €
30 ans486 000 €504 000 €

Les deux colonnes sont comptées sur la même horloge, à partir du départ le plus tôt : la colonne « tu attends » commence donc à zéro et reste à zéro pendant les deux ans travaillés. Le croisement à 20 ans est un plafond, pas une valeur exacte : travailler deux ans de plus valide aussi des trimestres, ce qui relève la pension au-delà de ce que ce calcul retient, et rapproche donc le croisement. Calcul sur la retraite de base, hors revalorisation et hors prélèvements, qui s'appliquent aux deux options.

Le calcul qui donne 20 ans, et pourquoi ce chiffre ne bouge pas

le calcul, en trois lignes

C'est le résultat le plus contre-intuitif du sujet, et il tient en une simplification.

Ce que tu gagnes à partir tôt : s'il te manque N trimestres, tu encaisses ta pension 3N mois plus tôt. L'avance est proportionnelle à N.

Ce que tu perds : chaque trimestre manquant retire 0,625 % au taux de 50 %, soit 1,25 % de ta pension. L'écart mensuel vaut donc 1,25 N % de ta pension. Il est lui aussi proportionnel à N.

Le moment ou les deux options se rejoignent - le point mort - est le rapport des deux : 3N divisé par 1,25 N %, soit 240 mois. N se simplifie - et c'est pour ça que le résultat est le même qu'il te manque un trimestre ou vingt.

Ce que ce calcul ne prend pas en compte, et qui joue tout dans le même sens : travailler plus longtemps valide aussi des trimestres, ce qui relève le rapport entre tes trimestres et ceux exigés, donc ta pension. L'option « attendre » est donc meilleure que ce tableau ne le montre, et le croisement arrive plus tôt que 20 ans. Ne sont pris en compte ni la retraite complémentaire, qui a ses propres coefficients, ni la revalorisation annuelle, ni les prélèvements - ces deux derniers s'appliquant aux deux options.

Un dernier cas : l'organisme retient le plus petit de deux comptes de trimestres manquants, celui qui te sépare de tes trimestres exigés et celui qui te sépare de 67 ans. Près de cet âge, c'est le second qui s'applique, et l'arbitrage se referme de lui-même.

Ce tableau raisonne sur un exemple, pas sur ta carrière

Les pourcentages ci-dessus sont transposables, les euros non : tout dépend de la moyenne de tes 25 meilleures années. Pars de ton salaire pour situer ton ordre de grandeur.

Le chiffre qui circule faux : 0,625 n'est pas un pourcentage de ta pension

La fiche officielle écrit que le taux de 50 % « est réduit de 0,625 % par trimestre manquant ». La formulation est exacte, et elle se lit mal : 0,625 % est retiré au taux, pas à ta pension.

La différence n'est pas subtile, elle est d'un facteur deux. Le barème officiel le prouve seul : avec 8 trimestres manquants, il publie un taux de 45,000 %. Rapporté aux 50 % du taux plein, c'est 10 % de pension en moins - et non 5,00 % comme le donne la lecture directe.

Ce que l'erreur coûte à qui la reprend. Sur une pension de 1 500 € par mois, elle fait croire à un manque de 75 € quand le manque réel est de 150 €. Sur vingt ans de retraite, l'écart entre les deux lectures dépasse 18 000 €.

Elle change aussi le conseil, et c'est plus grave que le chiffre : avec la lecture fautive, le point mort ne tombe plus à 20 ans mais à quarante, c'est-à-dire hors de portée. Attendre paraîtrait alors toujours perdant.

Aller plus loin

Le barème officiel, trimestre par trimestre

les 20 lignes publiées, et ce qu'elles valent en pension

Le taux ci-dessous s'applique à la moyenne de tes 25 meilleures années de salaire brut. La colonne de droite exprime la même baisse rapportée à ta pension, qui est la grandeur que tu perçois.

  • 1 : taux de 49,375 %, soit 1,25 % de pension en moins
  • 2 : taux de 48,750 %, soit 2,50 % de pension en moins
  • 4 : taux de 47,500 %, soit 5,00 % de pension en moins
  • 8 : taux de 45,000 %, soit 10,00 % de pension en moins
  • 12 : taux de 42,500 %, soit 15,00 % de pension en moins
  • 16 : taux de 40,000 %, soit 20,00 % de pension en moins
  • 20 et plus : taux de 37,500 %, soit 25,00 % de pension en moins

Le barème complet compte 20 lignes, une par trimestre manquant. Il est publié par la fiche « Retraite du salarié : qu'est-ce que la décote ? », et le calcul de cette page le reproduit sur ses 20 lignes.

Travailler au-delà du taux plein : la surcote

le mécanisme symétrique, et ce que nous ne publions pas

L'arbitrage a un troisième terme, dont on parle peu. Une fois les conditions du taux maximum réunies, tu peux partir - ou continuer à travailler, et dans ce cas une surcote majore ta pension. C'est le mécanisme symétrique de la décote : là où celle-ci sanctionne les trimestres manquants, celle-là récompense les trimestres travaillés en trop.

La formulation est celle de l'Assurance retraite, qui écrit que si tu réunis les conditions du taux maximum, tu peux « soit partir à la retraite au taux maximum ; soit continuer à travailler. Dans ce cas, une surcote est appliquée au montant de la retraite ».

Nous ne publions pas son taux, et c'est délibéré. Aucune des fiches officielles consultées pour cette page ne le chiffre, et un paramètre repris de mémoire fausserait précisément les carrières que ce mécanisme récompense. Le taux figure sur la fiche que l'Assurance retraite consacre à la surcote ; tant que nous ne l'avons pas relevé à cette source, cette page nomme le mécanisme et s'arrête là.

Pourquoi ton âge de départ a peut-être bougé cette année

générations 1964 à 1968

Le relèvement de l'âge légal instauré en 2023 est suspendu jusqu'en 2028. Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, le calendrier est décalé d'une génération pour les personnes nées entre 1964 et 1968 : chacune reçoit l'âge qu'avait la génération précédente, et l'âge de 64 ans ne s'applique plus qu'à partir de 1969.

Ce que ça change pour l'arbitrage de cette page. La suspension abaisse aussi le nombre de trimestres exigés pour certaines générations. À carrière identique, il te manque donc peut-être moins de trimestres qu'avant - et la décote se calcule sur ce manque. Vérifie ta ligne avant de faire le calcul.

Le tableau par année de naissance est publié sur notre page consacrée à la suspension, et sa source est la fiche « Suspension de la réforme des retraites : qui est concerné ? ». Attention aux tableaux qui circulent : l'un des mieux classés sur ce sujet se présente comme à jour et ne l'est qu'à moitié - il publie les nouvelles valeurs jusqu'à 1965, puis les anciennes pour 1966, 1967 et 1968.

Une pension brute n'est pas ce que tu touches

Les montants de cette page sont bruts. Ce qui arrive sur ton compte passe encore par la CSG et le prélèvement à la source, et les deux dépendent de ton revenu global.