Combien de trimestres te faut-il pour la retraite ?
Si tu es né en 1966 ou après, il t'en faut 172 trimestres, soit 43 ans de durée d'assurance. Avant cette génération, le compte est plus court, et il descend jusqu'à 167. Ce nombre dépend de ton année de naissance et de rien d'autre : ni ton métier, ni ton salaire, ni l'âge auquel tu as commencé.
Page revue le . Tableau et règle de validation relevés à la source : service-public.gouv.fr, « Combien de trimestres un salarié doit-il avoir pour bénéficier d'une retraite à taux plein ? », fiche F35063 et « Durée d'assurance retraite du salarié du secteur privé », fiche F1761.
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les trimestres qui séparent la génération 1958 de la génération 1969, soit un an et trois mois de carrière
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le maximum validable par année civile, quel que soit ton salaire : une bonne année ne rattrape pas une année creuse
67 ans
l'âge où le taux plein est acquis sans aucune condition de durée, même s'il te manque des trimestres
Le nombre de trimestres exigé, génération par génération
Les dix lignes du tableau officiel, de 1958 à 1969 et après. Cherche ta ligne : c'est ton année de naissance qui décide, seule.
| Année de naissance | Trimestres exigés |
|---|---|
| Entre le 1er janvier 1958 et le 31 décembre 1960 | 167 (41 ans 9 mois) |
| Entre le 1er janvier 1961 et le 31 août 1961 | 168 (42 ans) |
| Entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1961 | 169 (42 ans 3 mois) |
| 1962 | 169 (42 ans 3 mois) |
| Entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965 | 170 (42 ans 6 mois) |
| Entre le 1er avril 1965 et le 31 décembre 1965 | 171 (42 ans 9 mois) |
| 1966 | 172 (43 ans) |
| 1967 | 172 (43 ans) |
| 1968 | 172 (43 ans) |
| À partir du 1er janvier 1969 | 172 (43 ans) |
Durée d'assurance tous régimes confondus : les trimestres acquis comme salarié, comme agent public et comme indépendant s'additionnent. L'âge auquel tu peux partir avec ces trimestres dépend aussi de ta génération, et il est détaillé sur la page consacrée au calendrier de départ.
Les trois façons d'obtenir un trimestre
Tous comptent pour le taux plein. Un seul compte aussi pour les départs anticipés.
| Nature | Ce qui l'ouvre | Compte pour |
|---|---|---|
| Cotisé | Un salaire brut soumis à cotisation vieillesse atteignant 150 fois le SMIC horaire | Le taux plein et les départs anticipés |
| Assimilé | Chômage indemnisé, maladie, maternité, invalidité, service national | Le taux plein ; les départs anticipés dans les seuls cas que la loi liste |
| Majoration | Maternité ou adoption, éducation des enfants, enfant handicapé, congé parental | Le taux plein |
Un trimestre assimilé n'est pas un trimestre au rabais : il compte autant qu'un autre pour atteindre le nombre exigé. La distinction ne mord que sur les départs avant l'âge légal.
Comment un trimestre se valide, et pourquoi ce n'est pas une question de temps
le calcul officiel, chiffres à l'appui
Un trimestre de retraite n'a rien à voir avec un trimestre du calendrier. Il ne se gagne pas en travaillant trois mois : il se gagne en cotisant sur un montant. La règle tient en une ligne, et elle surprend presque tout le monde.
Il faut un salaire brut soumis à cotisation vieillesse égal à 150 fois le SMIC horaire. En 2026, cela donne 1 803 € brut pour un trimestre. La caisse divise ton brut annuel par ce seuil, garde la partie entière, et plafonne à 4.
- 1 trimestre : 1 803 € brut sur l'année
- 2 trimestres : 3 606 €
- 3 trimestres : 5 409 €
- 4 trimestres : 7 212 €
Deux conséquences que personne n'attend. La première : un contrat court bien payé peut valider bien plus de trimestres que sa durée, parce que seul le total annuel compte. La seconde : une année entière à temps très partiel peut n'en valider qu'un ou deux, alors que tu as travaillé douze mois.
Une borne tempère la première, et elle est rarement écrite : les cotisations d'un mois sont plafonnées au plafond mensuel de la Sécurité sociale, 4 005 € brut. Un mois ne peut donc jamais porter plus de 2 trimestres, quel que soit ton salaire. Il faut au minimum deux mois de travail pour en valider quatre.
Cette règle des 150 heures date de 2014. De 1972 à 2013, il en fallait 200, et le taux retenu était celui en vigueur pendant la période travaillée, pas celui du 1er janvier. Une carrière commencée avant 2014 se relit donc avec deux règles successives.
Le seuil suit le SMIC au 1er janvier, et seulement celui-là. Une revalorisation en cours d'année ne le déplace pas : le seuil de 2026 reste 1 803 € jusqu'au 31 décembre. C'est l'erreur la plus fréquente sur ce sujet, et elle fait publier un seuil trop élevé.
Compte tes trimestres, puis vois ce qu'ils donnent
Le tableau te dit combien il t'en faut. Le simulateur part de ta carrière réelle et convertit ce compte en montant mensuel, décote comprise si tu n'y es pas.
Trois pièges qui coûtent des trimestres
Les trimestres que tu as peut-être sans le savoir
Trois gisements à vérifier avant de conclure qu'il t'en manque
- Les périodes d'interruption. Chômage indemnisé, arrêt maladie, congé maternité, invalidité et service national ouvrent des trimestres assimilés, sans que tu aies cotisé dessus.
- Les enfants. Maternité ou adoption, éducation, enfant en situation de handicap et congé parental ouvrent des majorations de durée d'assurance, qui s'ajoutent à ce que tu as validé.
- Les autres régimes. Un passage par la fonction publique ou par une activité indépendante a laissé des trimestres qui comptent dans le même total, même si la pension sera versée par plusieurs caisses.
Aller plus loin
Validé, cotisé, assimilé : ce que la distinction change vraiment
elle ne mord que sur les départs anticipés
Pour le taux plein, la distinction ne change rien : un trimestre assimilé compte exactement comme un trimestre cotisé, et les deux entrent dans le nombre exigé par ta génération.
Elle mord ailleurs, sur les départs avant l'âge légal. La retraite anticipée pour carrière longue exige un nombre de trimestres cotisés, et la plupart des périodes assimilées n'y entrent pas, ou seulement dans une limite fixée par la loi. C'est la raison pour laquelle deux personnes ayant le même nombre de trimestres validés n'ont pas le même droit à partir tôt.
Ces conditions de prise en compte changent au 1er septembre 2026, par l'article 104 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Le détail par génération vit sur la page consacrée à la carrière longue, et la fiche officielle est « Retraite anticipée pour carrière longue du salarié », fiche F13845.
Ce que chaque période non travaillée te rapporte, exactement
les conversions officielles, chiffre par chiffre
Une période sans salaire ne vaut pas automatiquement un trimestre : chaque situation a sa propre règle de conversion, et c'est elle qui décide de ce que ton arrêt, ton chômage ou ton service national t'a réellement rapporté.
- Arrêt maladie ou accident du travail indemnisé : 1 trimestre par période de 60 jours d'indemnisation
- Congé de maternité indemnisé : 1 trimestre par période de 90 jours d'indemnisation
- Rente d'accident du travail pour une incapacité permanente d'au moins 66 % : 1 trimestre par trimestre civil
- Pension d'invalidité : 1 trimestre par trimestre civil comprenant 3 mensualités
- Service national : 1 trimestre pour 90 jours d'incorporation
- Chômage partiel, depuis le 1er mars 2020 : 1 trimestre pour 220 heures indemnisées
- Stages de demandeur d'emploi et dispositifs d'insertion assimilés : 1 trimestre par période de 50 jours de stage
- Aidant d'un adulte handicapé à au moins 80 %, au foyer familial : 1 trimestre par période de 30 mois, dans la limite de 8 trimestres
- Chômage indemnisé : Pris en compte sous conditions, selon la nature de l'indemnisation
Ces trimestres comptent pour ta durée d'assurance au même titre que ceux issus d'un salaire. Ce sont les règles du régime général, posées aux articles L351-2 à L351-6-1 et R351-3 à R351-20 du code de la sécurité sociale.
Pourquoi le nombre exigé monte de génération en génération
et pourquoi il s'arrête à $172
La durée exigée a été relevée par cohortes successives, d'un trimestre à la fois, pour éviter qu'une génération subisse d'un coup ce que la précédente n'a pas connu. D'où les cohortes découpées en cours d'année : les personnes nées entre janvier et août 1961 n'ont pas la même durée que celles nées entre septembre et décembre de la même année.
La montée s'arrête à 172 trimestres, atteints dès la génération 1966. Toutes les générations suivantes sont logées à la même enseigne : quelqu'un né en 1970, en 1985 ou en 2000 doit le même nombre de trimestres. Le calendrier qui reste en mouvement est celui de l'ÂGE de départ, pas celui de la durée.
La fiche officielle qui porte ce tableau est « Combien de trimestres un salarié doit-il avoir pour bénéficier d'une retraite à taux plein ? », fiche F35063.
Les cas où l'année en cours ne validera pas ce que tu crois
année de départ, temps partiel, plusieurs employeurs
L'année de ton départ, et c'est la seule année où le salaire ne décide pas seul. Le décompte s'arrête au dernier jour du trimestre civil qui précède ton départ, et il est plafonné au nombre de trimestres civils réellement travaillés. Si tu pars le 1er septembre, le décompte s'arrête au 30 juin : même si ton salaire de l'année validait quatre trimestres, deux seulement sont retenus. C'est souvent l'année qui manque à la fin d'un décompte pourtant juste, et retarder son départ d'un trimestre civil suffit parfois à la récupérer.
Le temps partiel court. Il ne pénalise pas par ses heures mais par son montant. Dix heures par semaine au SMIC laissent l'année sous le seuil des quatre trimestres, alors que douze mois ont bien été travaillés.
Plusieurs employeurs la même année. Les salaires s'additionnent, ils ne se comparent pas séparément au seuil. Deux mi-temps chez deux employeurs valident autant qu'un temps plein de même montant total.
Il te manque des trimestres : combien ça coûte, exactement
Le nombre exigé est une chose, ce que la décote retire chaque mois en est une autre. Le simulateur chiffre l'écart entre partir maintenant et partir au taux plein.