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Départ à la retraite : combien d'indemnité vas-tu toucher en 2026 ?

Si tu pars de toi-même avec 20 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 3 000 € brut, la loi te garantit 4 500 € brut, soit ~3 586 € une fois les cotisations prélevées. Si c'est ton employeur qui te met à la retraite, le minimum passe à 17 500 €, sans cotisation ni impôt sur ce montant. Ta convention collective peut prévoir plus, jamais moins que la loi.

0 €

si tu pars de toi-même avant 10 ans d'ancienneté dans l'entreprise, sauf si ta convention collective prévoit une indemnité

2 mois

de salaire : le minimum légal le plus haut du départ volontaire, atteint à 30 ans d'ancienneté

9,17 mois

de salaire au minimum si ton employeur te met à la retraite après 30 ans, sans cotisation sur ce montant

Pour 2 500 € brut de salaire de référence

Trouve ton ancienneté dans l'entreprise. Minimum légal, avant impôt sur le revenu ; ta convention collective peut prévoir plus.

Pour 2 500 € brut de salaire de référence
Ton anciennetéTu pars : brutTu pars : net estiméTon employeur te met à la retraite
5 ans0 €0 €3 125 €
10 ans1 250 €~987 €6 250 €
15 ans2 500 €~1 980 €10 417 €
20 ans3 750 €~2 980 €14 583 €
25 ans3 750 €~2 980 €18 750 €
30 ans5 000 €~3 981 €22 917 €
40 ans5 000 €~3 981 €31 250 €

Barèmes de la fiche F13965 de Service-Public. Le net du départ volontaire retire les cotisations salariales et 9,7 % de CSG-CRDS sur la totalité, pour une indemnité versée avec ton dernier salaire. Le minimum de la mise à la retraite est exonéré de cotisations dans la limite de 96 120 €.

Ton indemnité, avec ton salaire et ton ancienneté exacte

Entre ton salaire de référence et ton ancienneté : le calcul donne le minimum légal dans les deux cas, ton départ et ta mise à la retraite, avec ce qui te reste d'un départ volontaire avant impôt.

Le plus avantageux entre la moyenne de tes 12 derniers mois et celle de tes 3 derniers mois, primes comprises.

Les mois ne changent rien au départ volontaire, qui se compte en années complètes. Ils comptent pour la mise à la retraite, jusqu'à la fin du préavis.

Tu pars de toi-même

4 200,00 € brut

soit ~3 343 € après cotisations, avant impôt

Ton employeur te met à la retraite

18 666,67 €

au minimum, sans cotisation ni impôt sur ce montant

Minimum légal. Ta convention collective peut prévoir plus. Le net suppose une indemnité versée avec ton dernier salaire.

Tu pars de toi-même : dix ans minimum, un barème par paliers

Tu as droit à l'indemnité de départ à la retraite si tu quittes volontairement ton entreprise pour prendre ta retraite, avec au moins 10 ans d'ancienneté. On l'appelle couramment prime de départ à la retraite. La loi fixe un minimum par paliers, selon la fiche « Un salarié qui part à la retraite a-t-il droit à une indemnité de départ ? » de Service-Public : 0,5 mois de salaire de 10 à moins de 15 ans, 1 mois de 15 à moins de 20 ans, 1,5 mois de 20 à moins de 30 ans, 2 mois à partir de 30 ans.

Ce sont des paliers, pas un prorata : avec 19 ans et 11 mois d'ancienneté, tu touches encore un mois de salaire. Si ton départ est proche d'un anniversaire d'embauche qui franchit un palier, quelques semaines de plus changent le montant.

Le salaire retenu est le plus avantageux des deux calculs : le douzième de ta rémunération brute des 12 derniers mois avant ton départ, ou le tiers de celle des 3 derniers mois. Dans ce second calcul, une prime annuelle versée pendant ces trois mois ne compte que pour sa part : une prime de 550 € pèse 137,50 €.

Si tu as travaillé à temps plein puis à temps partiel dans la même entreprise, le salaire est pondéré par la durée de chaque période. L'exemple de la fiche : 9 ans à temps plein sur 2 400 €, puis 2 ans à mi-temps sur 1 200 €, donnent un salaire de 2 181,82 € et une indemnité de 1 090,91 €. Un accord collectif peut aussi prévoir d'utiliser l'indemnité pour maintenir ta rémunération si tu passes à temps partiel en fin de carrière ; ce qui n'a pas servi t'est versé à ton départ.

L'indemnité n'est versée qu'une seule fois, quand tu demandes ta retraite de base auprès de ta caisse. Et tu dois respecter un préavis de la même durée que celui d'un licenciement : la durée du préavis selon ton ancienneté.

Les deux barèmes légaux, en mois de salaire

À chaque palier du départ volontaire, ce que la mise à la retraite donne pour la même ancienneté.

Les deux barèmes légaux, en mois de salaire
AnciennetéTu parsTon employeur te met à la retraite
10 ans0,5 mois2,5 mois (10 x 1/4)
15 ans1 mois4,17 mois (10 x 1/4 + 5 x 1/3)
20 ans1,5 mois5,83 mois (10 x 1/4 + 10 x 1/3)
30 ans2 mois9,17 mois (10 x 1/4 + 20 x 1/3)

Mise à la retraite : un quart de mois par année jusqu'à 10 ans, un tiers au-delà, et les mois d'une année incomplète au prorata. Départ volontaire : un montant fixe par palier.

Ce qu'il te reste vraiment d'un départ volontaire

Hors plan de sauvegarde de l'emploi, l'indemnité de départ volontaire supporte toutes les cotisations sociales, et la CSG-CRDS sur la totalité de la somme, sans l'abattement de 1,75 % appliqué à un salaire, précise la page « Les indemnités de retraite » de l'Urssaf. La CSG-CRDS seule prend 9,7 %. Avec les cotisations de retraite, il te reste environ quatre cinquièmes du brut : ~3 981 € sur les 5 000 € d'un départ après 30 ans à 2 500 € de salaire.

Ce qui reste est imposable en totalité sur le revenu. Le prélèvement à la source est retenu sur l'indemnité quand elle t'est versée, et tu la déclares l'année suivante avec tes salaires, où elle figure en général déjà, précise la page « Indemnités de retraite » d'impots.gouv. L'impôt dépend de ton foyer, et il n'entre pas dans le net estimé de la table.

Pour qu'une grosse indemnité ne te fasse pas imposer dans une tranche plus haute que d'habitude, tu peux demander le système du quotient : on ajoute le quart de l'indemnité à ton revenu habituel, on calcule le supplément d'impôt que ce quart provoque, puis on le multiplie par quatre. Il réduit aussi ton revenu fiscal de référence, qui compte pour certaines prestations. Tu déclares alors l'indemnité en case 0XX, et pas dans tes salaires en case 1AJ ou 1BJ. Si la retenue à la source prise sur l'indemnité dépasse l'impôt finalement dû, le surplus t'est remboursé à l'été qui suit ta déclaration.

Deux exceptions. Si tu pars dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi, l'indemnité est traitée comme une indemnité de licenciement économique, avec les mêmes exonérations. Et si tu quittes ton emploi pour la préretraite amiante, l'indemnité de cessation anticipée, égale à l'indemnité de départ à la retraite, échappe aux cotisations, à la CSG-CRDS et à l'impôt.

Ton employeur te met à la retraite : au moins l'indemnité de licenciement

Quand c'est ton employeur qui décide, tu touches une indemnité de mise à la retraite au moins égale à l'indemnité légale de licenciement, rappelle le ministère du Travail dans sa fiche « La mise à la retraite d'un salarié ». Le calcul : un quart de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, un tiers au-delà, et les mois d'une année incomplète au prorata. La fiche F13965 donne l'exemple de 12 ans et 9 mois sur 2 200 € de salaire : 7 516,67 €.

Le salaire de référence est le plus avantageux entre la moyenne des 12 derniers mois avant l'envoi de la lettre de mise à la retraite et le tiers des 3 derniers mois. Ton ancienneté se compte jusqu'à la fin du préavis, même si tu es dispensé de l'effectuer.

Ton employeur ne peut pas te mettre à la retraite n'importe quand. Avant 67 ans, c'est impossible hors cas de préretraite prévus à l'article L1237-5 du Code du travail. Entre 67 et 70 ans, il lui faut ton accord : il doit te demander par écrit, trois mois avant tes 67 ans puis chaque année jusqu'à 69 ans, si tu veux partir. Si tu refuses dans le mois, il ne peut pas te mettre à la retraite pendant l'année qui suit. À partir de 70 ans, il peut le faire sans ton accord.

Une exception : si tu as été embauché en contrat de valorisation de l'expérience, créé à titre expérimental par la loi du 24 octobre 2025, ton employeur peut te mettre à la retraite dès 67 ans, ou plus tôt si tu as tes trimestres pour le taux plein, sans ton accord. L'indemnité reste au moins égale à celle du licenciement.

Si ces conditions ne sont pas réunies, la rupture est un licenciement sans cause réelle et sérieuse, voire nul s'il est motivé par ton âge. Et pendant un arrêt pour accident du travail ou maladie professionnelle, une mise à la retraite est nulle.

Mise à la retraite : pas de cotisation ni d'impôt sur le minimum légal

L'indemnité de mise à la retraite échappe aux cotisations sociales jusqu'au plus élevé de trois montants : l'indemnité légale ou conventionnelle, la moitié de l'indemnité versée, ou deux fois ta rémunération brute de l'année précédente. Cette exonération est limitée à deux plafonds annuels de la Sécurité sociale, soit 96 120 € en 2026. Au-delà de dix plafonds, 480 600 €, toute l'indemnité est soumise.

Pour la CSG et la CRDS, la page de l'Urssaf limite l'exonération au plus faible de deux montants : l'indemnité légale ou conventionnelle, et la part exonérée de cotisations. La fiche F13965 écrit plus simplement que toute la part sous 96 120 € en est exonérée. Les deux disent la même chose tant que ton indemnité ne dépasse pas le minimum légal ou conventionnel, le cas de la table plus haut ; si tu as négocié davantage, c'est la règle de l'Urssaf, qui recouvre ces contributions, qui s'applique à la part en plus.

Pour l'impôt sur le revenu, la part exonérée est la plus avantageuse de trois : le montant légal ou conventionnel, sans limite, deux fois ta rémunération brute de l'année civile précédente, ou la moitié de l'indemnité. Les deux derniers sont plafonnés à cinq plafonds annuels de la Sécurité sociale en vigueur au moment du versement, précise le Bulletin officiel de la Sécurité sociale, chapitre « Retraite et préretraite », soit 240 300 € pour une indemnité versée en 2026. Impots.gouv donne 235 500 € pour 2025 ; la fiche F13965 affiche ce même montant en le rattachant à 2024, alors qu'il vaut cinq plafonds de 2025.

Seule la part au-dessus de la fraction exonérée se déclare. Si ta déclaration préremplie porte l'indemnité entière, corrige le montant ; et sur la part imposable, le système du quotient reste possible.

Côté employeur, la part exonérée de cotisations supporte une contribution patronale spécifique, passée de 30 % à 40 % pour une rupture dont le terme est postérieur au 1er janvier 2026.

Tu ne connais pas ton salaire de référence ?

Le simulateur d'indemnité de licenciement le tire de tes 12 et de tes 3 derniers mois de salaire, prime annuelle comprise, garde le plus favorable et rend le minimum de ta mise à la retraite.

Ta convention collective fait souvent mieux que la loi

Une convention ou un accord collectif peut prévoir une indemnité plus élevée, et c'est alors elle que tu touches. Exemple dans la branche des organismes de formation, selon la réponse du Code du travail numérique pour cette branche (mise à jour du 27 février 2024) : l'indemnité de départ volontaire est due dès 1 an d'ancienneté, et atteint 2,5 mois de salaire à 20 ans, contre 1,5 mois pour le minimum légal. Pour la mise à la retraite, la même convention prévoit moins que la loi : c'est donc le montant légal qui s'applique.

Attention à un accord d'entreprise : il s'applique à la place de ta convention de branche, même s'il est moins favorable qu'elle, pourvu qu'il ne descende pas sous le Code du travail. Ton contrat de travail, lui, s'applique s'il prévoit mieux. Le plancher ne bouge jamais : le montant légal.

Les autres sommes de ton départ

L'indemnité de départ ou de mise à la retraite s'ajoute, si tu y as droit, à l'indemnité compensatrice de congés payés, à l'indemnité compensatrice de préavis si ton employeur t'en dispense, et à la contrepartie de ta clause de non-concurrence. En cas de mise à la retraite, les sommes acquises au titre de l'intéressement, de la participation, de l'épargne salariale et du compte épargne-temps te sont aussi versées. Tout apparaît sur ton solde de tout compte.