En bref
Vue d'ensemble : les augmentations de branche en 2026
Les négociations annuelles obligatoires (NAO) 2026 se concluent dans un contexte de décélération marquée. Après des revalorisations moyennes de +3,5 % en 2024, portées par le rattrapage post-inflation, les branches signent en 2026 à +1,0 % en moyenne - et les entreprises à +1,6 %. L'inflation 2025 s'étant établie à +0,9 % (INSEE), la plupart des salariés couverts par une convention revalorisée gagnent en pouvoir d'achat, mais le gain reste modeste.
Le SMIC, lui, a progressé de +1,18 % au 1er janvier 2026 (1 823,03 € brut/mois), puis de +2,41 % au 1er juin 2026 (arrêté du 22 mai 2026) pour atteindre 1 867,02 € brut/mois, soit 12,31 € de l'heure. Ce montant fait office de plancher légal : aucun salarié ne peut légalement percevoir moins, même si le minimum de sa convention est inférieur. C'était justement le cas dans 76 branches en avril 2026, selon les données de la CGT - un chiffre stable d'une année sur l'autre, que la revalorisation de juin vient mécaniquement gonfler : tout minimum situé entre 1 823,03 € et 1 867,02 € repasse sous le plancher tant que sa branche n'a pas signé de nouvel avenant.
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Le tableau des revalorisations par convention collective
Le tableau ci-dessous récapitule les principales revalorisations signées ou applicables en 2026. Les pourcentages correspondent à l'augmentation des minima conventionnels (bas de grille ou ensemble de la grille selon les accords).
| Convention collective | IDCC | Revalorisation | Date d'effet | Fourchette brute |
|---|---|---|---|---|
| Coiffure | 2596 | +2,42 % | 1er mars 2026 | 1 843 - 3 271 €/mois |
| Esthétique | 3032 | +1,83 % | 2026 | - |
| Pharmacie | 1996 | +1,21 % | 1er janvier 2026 (accord du 19 janvier) | 1 824 - 6 404 €/mois |
| Boulangerie-pâtisserie | 843 | +1,20 % | 1er janvier 2026 | 12,41 - 14,59 €/h |
| Chimie | 44 | +1,20 % | 2026 | - |
| Propreté | 3043 | +1,10 % | 1er avril 2026 (avenant n° 27) | 12,52 €/h (ASP, entrée) |
| Métallurgie | 3248 | +0,88 % | 20 février 2026 | - |
| Syntec | 1486 | Avenant ETAM + cadres | 26 juin 2024 | - |
| HCR (hôtellerie-restauration) | 1979 | Avenant n°33 | 1er décembre 2024 (étendu le 5 novembre 2024) | 12,00 €/h (niveau I.1) |
| Commerce de détail | 2216 | +1,09 % | Avenant n° 99 du 17 avril 2026 | - |
| BTP (bâtiment) | 1596 | Grilles régionales | 2026 | +1 % Bretagne |
Les données sont issues des avenants publiés sur Légifrance et de la Banque de France (veille conventionnelle avril 2026). Certaines branches (Syntec, HCR) ont signé leur dernier avenant en 2024 - il n'y a pas eu de nouveau texte au 1er trimestre 2026. Attention à la lecture des fourchettes : depuis le 1er juin 2026, le SMIC (1 867,02 € brut/mois, 12,31 € de l'heure) prime sur tout palier conventionnel inférieur - c'est le cas du niveau I.1 HCR (12,00 €/h) ou du coefficient 100 de la pharmacie (1 824 €), où le plancher légal s'applique.
76 branches encore sous le SMIC
C'est l'un des angles les moins commentés des NAO : en avril 2026, 76 branches professionnelles affichaient un minimum conventionnel inférieur au SMIC alors fixé à 1 823,03 € brut/mois. Ce chiffre, compilé par la CGT, est quasi stable depuis deux ans malgré les revalorisations successives du SMIC - et la hausse du 1er juin 2026 (1 867,02 €) rattrape mécaniquement de nouvelles grilles dont les minima se situaient juste au-dessus de l'ancien plancher.
Concrètement, si ta convention collective prévoit un minimum de 1 780 € pour ton coefficient, ton employeur doit quand même te verser au moins 1 867,02 € (le SMIC depuis le 1er juin 2026) - le plancher légal s'applique toujours. La convention ne peut jamais être moins favorable que la loi. Mais le problème est plus subtil : quand le SMIC monte plus vite que les grilles conventionnelles, plusieurs niveaux de la grille se retrouvent "écrasés" sur le même montant (le SMIC), ce qui efface les différences de qualification et démotive les salariés en milieu de carrière.
Ce phénomène, appelé compression des grilles, touche particulièrement les secteurs à bas salaires : aide à domicile, propreté, restauration rapide. Les syndicats demandent aux branches de revaloriser l'ensemble de la grille - pas seulement le bas - pour recréer des écarts entre niveaux. C'est un sujet central des NAO 2026 dans ces secteurs.
Pour comprendre comment fonctionne ta fiche de paie et identifier le coefficient qui te correspond, le guide dédié détaille la lecture pas à pas.
Gagnants et perdants : qui dépasse l'inflation ?
Avec une inflation 2025 à +0,9 %, la majorité des branches revalorisées en 2026 offrent un gain de pouvoir d'achat - parfois substantiel.
Les gagnants nets sont la coiffure avec +2,42 % (avenant n°51 du 3 décembre 2025, applicable au 1er mars 2026) et l'esthétique avec +1,83 %. Ces deux secteurs à dominante féminine, longtemps décrits comme sous-rémunérés, ont affiché des NAO particulièrement combatives ces deux dernières années. La coiffure notamment affiche des minima entre 1 843 et 3 271 € brut/mois. Nuance depuis le 1er juin 2026 : la revalorisation du SMIC à 1 867,02 € a rattrapé le niveau 1 de la grille (1 843 à 1 845 €), où c'est désormais le plancher légal qui s'applique - à partir du niveau 2 (1 869 €), la grille reste au-dessus du SMIC.
La boulangerie-pâtisserie (+1,20 %, avenant n°139 du 14 janvier 2026) et la chimie (+1,20 %) dépassent également l'inflation, avec des horaires revalorisés à 12,41 - 14,59 €/h pour la boulangerie - un premier palier qui reste au-dessus du SMIC horaire (12,31 € depuis le 1er juin 2026).
Les perdants relatifs sont moins nombreux mais visibles : la métallurgie (IDCC 3248) avec seulement +0,88 % reste sous l'inflation. Dans une branche qui regroupe plusieurs centaines de milliers de salariés, cela représente une perte de pouvoir d'achat réelle - même si les salaires individuels sont souvent au-dessus des minima conventionnels dans ce secteur.
Comment vérifier ta convention collective
Ta convention collective est identifiée par son numéro IDCC (Identifiant De Convention Collective), un code à 4 chiffres. Tu le trouves sur ta fiche de paie, dans la rubrique intitulée "Convention collective applicable" ou "IDCC". Il peut aussi figurer sur ton contrat de travail.
Une fois l'IDCC en main, tu peux :
- Chercher la convention sur Légifrance - conventions collectives pour accéder aux textes officiels et aux derniers avenants
- Consulter le guide sur les conventions collectives pour comprendre comment lire une grille de salaires et identifier ton coefficient
- Vérifier auprès de ton employeur : il a l'obligation d'afficher la convention applicable dans l'entreprise et de te remettre le texte sur demande
Si ton employeur applique une convention moins favorable que celle à laquelle tu as droit (par exemple une convention de branche alors que la loi lui en impose une autre), le minimum conventionnel le plus favorable s'applique. En cas de doute, l'inspection du travail peut être saisie gratuitement.
Pour calculer l'effet d'une revalorisation sur ton revenu, renseigne ton nouveau brut dans le simulateur brut-net : tu obtiens immédiatement le net estimé, avant et après impôt.
Ce qui reste à négocier en 2026
Toutes les branches ne bouclent pas leurs NAO au même rythme. Au 13 avril 2026, plusieurs secteurs n'ont pas encore signé d'avenant salarial pour l'année. Selon les données de la Direction générale du travail, environ un tiers des branches n'a signé aucun texte salarial au cours des douze derniers mois.
Les secteurs à surveiller dans les prochains mois :
- L'aide à domicile (IDCC 2941), dont les minima restent proches du SMIC malgré les revendications des syndicats depuis 2024
- Le transport routier (IDCC 16), qui négocie traditionnellement en milieu d'année
- La grande distribution (plusieurs IDCC), secteur où les grilles sont régulièrement rattrapées par le SMIC
Les experts-comptables (IDCC 787), souvent cités parmi les branches à calendrier décalé, ont pour leur part déjà signé : avenant n° 48 du 5 décembre 2025 (+2,9 %), étendu en février 2026.
L'enjeu des NAO du 2e semestre 2026 sera double : d'abord maintenir le pouvoir d'achat face à une inflation qui pourrait repartir à la hausse selon les projections de la Banque de France ; ensuite corriger la compression des grilles dans les branches où plusieurs coefficients sont au niveau du SMIC depuis trop longtemps.
Pour suivre les évolutions de ta propre convention, consulte régulièrement les pages dédiées : métallurgie, Syntec, HCR et toutes les autres sont mises à jour dès publication des avenants au Journal Officiel.
Questions fréquentes
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