Grille salariale BTP (IDCC 1596/1597) : minimums 2026
En Île-de-France, un compagnon professionnel N3P1 (coefficient 210) ne peut pas être payé moins de 2 038 € brut par mois, soit 13,44 € brut de l'heure sur 35 heures. Un chef d'équipe N4P1 est à 15,11 €, un maître ouvrier N4P2 à 16,55 €. Les minimums du bâtiment sont négociés région par région : voici la grille francilienne avec son taux horaire, puis les 13 grilles régionales coefficient par coefficient, ce que ton coefficient veut dire, et ce qui change selon la taille de ton entreprise. Les salaires réels des métiers du bâtiment se lisent à part.
Vérifié le
12,31 €
Plancher, coefficients 150 et 170
13,44 €
Compagnon N3P1, coefficient 210
16,55 €
Maître ouvrier N4P2, coefficient 270
Grille ouvriers BTP 2026 en Île-de-France : mensuel et taux horaire
Cette grille vaut pour les deux conventions franciliennes : IDCC 1596 (jusqu'à 10 salariés) et IDCC 1597 (plus de 10 salariés). Les minima y sont identiques.
| Niveau et coefficient | Minimum mensuel brut | Minimum horaire brut |
|---|---|---|
| N1 position 1 - coeff. 150 | 1 867,02 € * | 12,31 € |
| N1 position 2 - coeff. 170 | 1 867,02 € * | 12,31 € |
| N2 - coeff. 185 | 1 899,00 € | 12,52 € |
| N3 position 1 - coeff. 210 | 2 038,00 € | 13,44 € |
| N3 position 2 - coeff. 230 | 2 164,00 € | 14,27 € |
| N4 position 1 - coeff. 250 | 2 292,00 € | 15,11 € |
| N4 position 2 - coeff. 270 | 2 510,00 € | 16,55 € |
* Aux coefficients 150 et 170, le minimum conventionnel est PASSÉ SOUS le SMIC : c'est donc le SMIC qui s'applique, 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026. Ton employeur verse un complément différentiel pour t'y amener. Les taux horaires sont la conversion des minimums mensuels sur 35 heures. Source : fiche officielle du salaire minimum des ouvriers du bâtiment de plus de 10 salariés (IDCC 1597).
Minimum mensuel brut par région et par coefficient - 2026
Cherche ta région, puis ton coefficient. C'est la région de l'établissement qui t'emploie qui compte, pas celle où tu habites.
| Région | N2 - coeff. 185 | N3P1 - coeff. 210 | N3P2 - coeff. 230 | N4P1 - coeff. 250 | N4P2 - coeff. 270 |
|---|---|---|---|---|---|
| Auvergne-Rhône-Alpes | 1 909 € | 2 099,14 € | 2 277,47 € | 2 449,27 € | 2 597,13 € |
| Bourgogne-Franche-Comté | 1 874 € | 2 051 € | 2 193 € | 2 335 € | 2 477 € |
| Bretagne | 1 917,70 € | 2 064,78 € | 2 234,67 € | 2 404,54 € | 2 574,41 € |
| Centre-Val de Loire, plus de 10 salariés | 1 898 € | 2 045 € | 2 165 € | 2 283 € | 2 400 € |
| Centre-Val de Loire, jusqu'à 10 salariés | 1 884 € | 2 032 € | 2 149 € | 2 266 € | 2 383 € |
| Corse | 1 932,59 € | 2 100,92 € | 2 274,76 € | 2 448,60 € | 2 622,44 € |
| Grand Est | 1 896,79 € | 2 101,77 € | 2 237,79 € | 2 394,78 € | 2 578,38 € |
| Hauts-de-France | 1 955 € | 2 111 € | 2 269 € | 2 469 € | 2 650 € |
| Île-de-France | 1 899 € | 2 038 € | 2 164 € | 2 292 € | 2 510 € |
| Normandie | 1 884,22 € | 2 065,63 € | 2 210,88 € | 2 380,23 € | 2 527,04 € |
| Nouvelle-Aquitaine | 1 912,56 € | 2 073,33 € | 2 229,55 € | 2 399,42 € | 2 560,19 € |
| Occitanie | 1 902,53 € | 2 084,90 € | 2 248,73 € | 2 380,10 € | 2 547,01 € |
| Pays de la Loire | 1 867,02 € | 2 064,23 € | 2 244,72 € | 2 425,20 € | 2 607,21 € |
| Provence-Alpes-Côte d'Azur | 1 975,12 € | 2 170,80 € | 2 340,59 € | 2 510,38 € | 2 680,18 € |
Aux coefficients 150 et 170, le minimum conventionnel est passé sous le SMIC dans les 13 régions : c'est le SMIC qui s'applique, 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026. Le Centre-Val de Loire est la seule région où les deux conventions donnent des montants différents, et elle diverge aux cinq coefficients - d'où ses deux lignes. Un troisième montant y circule au coefficient 270, 2 412 €, celui de l'avenant régional signé au 1er mai 2026 : l'écart et sa cause sont expliqués plus bas. Valeurs relevées sur les deux fiches officielles, ouvriers jusqu'à 10 salariés (IDCC 1596) et ouvriers de plus de 10 salariés (IDCC 1597) ; ces grilles intègrent la revalorisation du SMIC du 1er juin 2026.
Ce que ton coefficient veut dire, et où le lire
Le coefficient hiérarchique est le nombre qui détermine ton minimum. Il figure sur ton bulletin de paie, en général dans le bloc qui nomme ton emploi, à côté de ton niveau et de ta position. Sans lui, tu ne peux pas vérifier que tu es payé au moins le minimum de ta branche.
Un accord régional de salaire ne publie pas une liste de montants sans règle : il fixe une partie fixe et une partie variable, et le minimum d'un coefficient se construit à partir des deux. L'avenant régional du Centre-Val de Loire en vigueur au 1er mai 2026 le pose noir sur blanc : partie fixe à 806,21 €, partie variable à 5,94 € par point de coefficient. C'est pour cette raison que l'écart entre deux coefficients voisins est presque constant à l'intérieur d'une même région, et que passer de 210 à 230 vaut mécaniquement plus que passer de 150 à 170.
Deux conséquences pratiques. D'abord, le coefficient se négocie : il dépend de ta qualification réelle et de ce que tu fais sur le chantier, pas de ton ancienneté. Ensuite, un coefficient bas peut devenir sans effet : quand le minimum conventionnel passe sous le SMIC, c'est le SMIC qui s'applique, et les coefficients 150 et 170 sont dans ce cas en Île-de-France depuis la revalorisation du 1er juin 2026. Deux ouvriers à des coefficients différents peuvent donc toucher exactement le même minimum.
Le détail des montants régionaux, avec la partie fixe et la partie variable de la région, se lit dans l'avenant signé par les partenaires sociaux : avenant régional de salaire du Centre-Val de Loire au 1er mai 2026, qui porte aussi la grille des ETAM et le barème des petits déplacements de cette région.
Chef d'équipe ou chef de chantier : ce n'est pas la même grille
C'est la confusion la plus coûteuse du bâtiment, parce que les deux titres se ressemblent et que les deux grilles n'ont rien à voir.
- Chef d'équipe : tu restes ouvrier. C'est le niveau N4, coefficient 250 en position 1 et 270 en position 2, et tu es donc dans la grille de cette page. En Île-de-France, ton minimum est de 2 292,00 € brut par mois, soit 15,11 € de l'heure.
- Chef de chantier : tu passes ETAM - employé, technicien ou agent de maîtrise - et tu sors de la grille ouvriers. La classification ETAM va de A à H, avec ses propres minima, et elle ne se lit pas ici.
Encadrer une équipe ne fait donc pas basculer automatiquement au statut ETAM : un chef d'équipe encadre et reste ouvrier. Ce qui change le statut est la nature des responsabilités, pas le nombre de personnes encadrées. Si ton bulletin porte un coefficient à trois chiffres du type 250 ou 270, tu es ouvrier ; s'il porte une lettre, tu es ETAM.
Le salaire réel d'un chef de chantier et celui d'un conducteur de travaux se lisent sur leurs pages de métier, ou les médianes observées remplacent les minima conventionnels.
IDCC 1596 ou 1597 : ce que la taille de ton entreprise change
Le bâtiment a deux conventions collectives d'ouvriers, et celle qui s'applique dépend du nombre de salariés de ton entreprise :
- IDCC 1596 : entreprises occupant jusqu'à 10 salariés. Texte intégral de la convention.
- IDCC 1597 : entreprises occupant plus de 10 salariés. Texte intégral de la convention.
Les deux partagent la même classification - N1 à N4, coefficients 150 à 270 - et, dans la plupart des régions, les mêmes minima. En Île-de-France notamment, la grille ci-dessus vaut pour les deux : la taille de ton entreprise ne change pas ton minimum.
Une région fait exception, et c'est la seule : le Centre-Val de Loire. Les deux conventions y divergent aux cinq coefficients, et pas seulement au sommet de la grille : 14 € d'écart au coefficient 185, 13 € au 210, 16 € au 230, puis 17 € au 250 et au 270, toujours en faveur de l'IDCC 1597. Au coefficient 270, la fiche officielle donne 2 383 € brut par mois côté IDCC 1596 contre 2 400 € côté IDCC 1597. C'est pour cette raison que la grille régionale plus haut consacre deux lignes à cette région. Partout ailleurs - les douze autres régions - les deux grilles sont identiques ligne pour ligne, aux cinq coefficients.
Sur cette région, deux sources officielles ne donnent pas le même montant
C'est le point le plus déroutant du sujet, et il compte si tu travailles dans le Centre-Val de Loire. Pour le coefficient 270 côté IDCC 1596 :
- la fiche du ministère du travail publie 2 383 € brut par mois, soit 15,72 € de l'heure ;
- l'avenant régional signé par les partenaires sociaux, en vigueur au 1er mai 2026, publie 2 412 € brut par mois, soit 15,91 € de l'heure.
Vingt-neuf euros par mois séparent les deux, et l'écart vient d'un décalage de millésime. Ça se démontre sur les premières lignes de la grille : l'avenant chiffre le coefficient 150 à 12,02 € de l'heure, qui est le SMIC du 1er janvier 2026, alors que la fiche y porte le SMIC du 1er juin. La fiche a donc appliqué le SMIC de juin à des lignes de barème plus anciennes que l'avenant du 1er mai. Ce qu'on ne peut pas expliquer, c'est pourquoi la fiche a intégré le SMIC de juin sans intégrer l'avenant du 1er mai : les dates seules n'y suffisent pas.
Ce que ça change concrètement : c'est l'accord régional en vigueur qui fixe ton minimum, et la fiche n'en est qu'un compte rendu. Si ton bulletin porte le coefficient 270 dans une entreprise de 10 salariés ou moins du Centre-Val de Loire, lis l'avenant régional signé au 1er mai 2026 et compare avec les 2 412 € qu'il annonce, pas avec les 2 383 € de la fiche.
La conséquence est simple : vérifie laquelle des deux conventions figure sur ton bulletin avant de comparer ton salaire à une grille. Le numéro IDCC y est obligatoire. Les deux textes complets sont publiés par l'administration - fiche du salaire minimum des ouvriers jusqu'à 10 salariés (IDCC 1596) et fiche des ouvriers de plus de 10 salariés (IDCC 1597) - et le cas du Centre-Val de Loire est détaillé juste en dessous.
Classification des ouvriers BTP, du N1 au N4
Les ouvriers du BTP sont classés en 4 niveaux de qualification, chacun pouvant comporter 1 ou 2 positions :
Niveau 1 - Ouvrier d'exécution
- N1P1 (coefficient 150) : ouvrier débutant sans qualification, exécute des tâches simples sous supervision.
- N1P2 (coefficient 170) : ouvrier d'exécution confirmé, première expérience dans le poste.
Niveau 2 - Ouvrier professionnel
- N2 (coefficient 185) : ouvrier qualifié, CAP ou BEP ou expérience équivalente, travaille avec un certain degré d'autonomie.
Niveau 3 - Compagnon professionnel
- N3P1 (coefficient 210) : compagnon professionnel, maîtrise complète du métier, peut former des apprentis.
- N3P2 (coefficient 230) : compagnon confirmé, haute technicité, peut intervenir sur des chantiers complexes.
Niveau 4 - Chef d'équipe ou maître ouvrier
- N4P1 (coefficient 250) : chef d'équipe, encadre une petite équipe sur chantier.
- N4P2 (coefficient 270) : maître ouvrier, expertise exceptionnelle, encadrement étendu.
Monter d'un niveau dépend de tes compétences et de tes certifications, pas de ton ancienneté : le CAP ou le BEP ouvre le N2, l'expérience confirmée et la maîtrise du métier ouvrent le N3, et le N4 est réservé aux chefs d'équipe et aux maîtres ouvriers. Les habilitations - conduite d'engins, travail en hauteur, électricité - accélèrent la progression, parce qu'elles élargissent ce que tu peux faire seul sur un chantier.
Cette classification et les minimums de cette page concernent les ouvriers du bâtiment uniquement. Les ETAM et les cadres du BTP relèvent de grilles distinctes, et les travaux publics ont leur propre convention collective, avec des minima ouvriers eux aussi négociés région par région.
Que faire si ton salaire est sous le minimum
Si ton salaire de base est inférieur au minimum de ton niveau dans ta région :
- Identifie ton niveau et ta position sur ta fiche de paie (N1P1 à N4P2), ainsi que ton coefficient et ton numéro IDCC.
- Vérifie le minimum applicable dans ta région et à ton coefficient : la grille régionale de cette page publie les deux.
- Compare ton salaire de base brut, hors primes de panier, de trajet et d'intempéries.
- Signale l'écart à ton employeur par écrit.
- En cas de refus, contacte l'inspection du travail ou le syndicat de ta branche.
Attention : les indemnités de petits déplacements - panier, trajet, transport - ne comptent pas dans le salaire minimum de base. Elles s'ajoutent au-dessus du minimum, et un employeur ne peut pas s'en servir pour atteindre la grille.
Métiers couverts par la convention BTP
Les salaires réels observés, métier par métier
Conducteur de travaux
44 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireChef de chantier
35 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireÉlectricien
27 000 € brut/an en médiane
Voir le salairePlombier
27 000 € brut/an en médiane
Voir le salaireMaçon
25 000 € brut/an en médiane
Voir le salairePeintre en bâtiment
24 500 € brut/an en médiane
Voir le salaireIndemnités de petits déplacements BTP - Île-de-France
Barème de l'accord régional Île-de-France de 2025. Les montants sont renégociés chaque année et varient fortement d'une région à l'autre.
| Zone (distance aller) | Trajet (€/jour) | Transport (€/jour) | Repas (€/jour) |
|---|---|---|---|
| Zone 1A (0 à 5 km) | 1,30 € | 2,80 € | 10,80 € |
| Zone 1B (5 à 10 km) | 2,40 € | 4,20 € | 10,80 € |
| Zone 2 (10 à 20 km) | 3,60 € | 6,50 € | 10,80 € |
| Zone 3 (20 à 30 km) | 5,10 € | 9,30 € | 10,80 € |
| Zone 4 (30 à 40 km) | 6,40 € | 12,20 € | 10,80 € |
| Zone 5 (40 à 50 km) | 7,80 € | 15,00 € | 10,80 € |
Les indemnités de petits déplacements sont versées aux ouvriers non sédentaires qui se rendent quotidiennement sur chantier. Elles ne sont pas soumises à cotisations dans la limite des barèmes conventionnels. Ces montants sont ceux de l'accord régional Île-de-France de 2025, et cette page ne publie pas les douze autres : contrairement aux grilles de salaire, les barèmes de petits déplacements ne sont pas diffusés librement - l'outil qui les rassemble est réservé aux adhérents de la fédération du bâtiment. Le document qui fait foi pour toi est l'avenant « petits déplacements » de ta région, que ton employeur ou ton représentant du personnel peut te communiquer. Les barèmes 2026 sont plus élevés que ceux-ci : l'avenant du Centre-Val de Loire porte l'indemnité de repas à 11,17 € au 1er mai 2026.
Comment fonctionnent les indemnités de déplacement BTP
Les indemnités de petits déplacements sont une spécificité du BTP. Elles compensent les frais que l'ouvrier engage pour se rendre quotidiennement sur chantier depuis son domicile, et trois indemnités distinctes les composent :
- Indemnité de trajet : compense le temps de trajet non rémunéré entre le domicile et le chantier. Elle augmente avec la distance.
- Indemnité de transport : rembourse les frais de déplacement, carburant et usure du véhicule. C'est le poste le plus variable selon la zone.
- Indemnité de repas, dite panier : forfait journalier quand tu ne peux pas rentrer manger chez toi. Le montant est fixe quelle que soit la zone.
Sur un mois complet, un ouvrier en zone 3 - entre 20 et 30 km de son chantier - perçoit environ 530 € en cumulant les trois indemnités : 25,20 € par jour sur 21 jours travaillés. C'est un complément qui s'ajoute au salaire de base et qui n'entre pas dans la comparaison avec la grille.
Les barèmes sont négociés au niveau régional, comme les grilles de salaires, et les zones ne se découpent pas partout de la même façon : l'Île-de-France découpe sa zone 1 en 1A et 1B à 5 km, le Centre-Val de Loire à 3 km. Ces montants sont renégociés chaque année et les valeurs 2026 sont plus élevées que celles du tableau ci-dessus : l'avenant du Centre-Val de Loire porte l'indemnité de repas à 11,17 € au 1er mai 2026. Les valeurs franciliennes 2026 ne sont pas publiées librement - l'outil de la fédération du bâtiment qui les diffuse est réservé à ses adhérents - donc le document qui fait foi pour toi est l'avenant de ta région, que ton employeur ou ton représentant du personnel peut te communiquer. Ce qu'il faut faire quand la ligne de panier ne figure pas sur ton bulletin est détaillé à part : dans quels cas la prime de panier est due.
Prime de vacances BTP : 30 % de l'indemnité de congés
La principale prime prévue par la convention collective des ouvriers du bâtiment est la prime de vacances : elle est égale à 30 % de l'indemnité de congés payés correspondant aux 24 jours ouvrables de congés (art. 5-25 de la convention, IDCC 1596).
Condition : avoir effectué au moins 1 675 heures de travail au cours de l'année de référence, dans une ou plusieurs entreprises du bâtiment ou des travaux publics. Les ouvriers qui n'atteignent pas ce seuil en raison d'un arrêt maladie en bénéficient aussi. La prime est versée en même temps que l'indemnité de congés et ne se cumule pas avec un versement d'entreprise ayant le même objet.
À noter : la fiche officielle des primes du bâtiment ne mentionne aucune prime d'ancienneté conventionnelle. Contrairement à d'autres branches comme la métallurgie, l'ancienneté en BTP ne se traduit pas par un pourcentage sur le salaire - elle joue par le coefficient, en ouvrant l'accès à un niveau supérieur. Source : fiche officielle des primes de la convention bâtiment (IDCC 1596).
La caisse des congés : pourquoi tes congés ne viennent pas de ton employeur
Dans le bâtiment et les travaux publics, les congés payés ne sont pas versés par l'employeur mais par une caisse spécialisée, la caisse des congés payés du BTP. C'est une particularité du secteur, et elle existe pour une raison simple : les chantiers s'arrêtent, les entreprises changent, et un ouvrier peut travailler pour plusieurs employeurs dans la même année.
Le mécanisme : ton employeur cotise à la caisse tout au long de l'année, et c'est la caisse qui te verse ton indemnité quand tu prends tes congés. Tes droits te suivent donc d'un employeur à l'autre - c'est l'intérêt principal du dispositif. Si tu changes d'entreprise en cours d'année dans la branche, tu ne perds pas les congés acquis chez le précédent.
Deux conséquences sur ton bulletin. D'abord, tu peux voir une ligne de cotisation congés payés côté employeur sans que cela réduise ton net. Ensuite, quand tu prends tes congés, l'indemnité peut arriver séparément de ta paie habituelle : c'est normal, elle ne vient pas du même payeur. La prime de vacances de 30 % décrite ci-dessus est versée en même temps que cette indemnité.
Minimums conventionnels et salaires réels : l'écart
La grille BTP fixe un plancher, pas un plafond. En pratique, la pénurie de main-d'oeuvre dans le bâtiment pousse les salaires réels 10 à 25 % au-dessus des minimums conventionnels. Voici l'écart constaté sur les principaux métiers :
- Maçon : minimum N2 à 1 899,00 € brut/mois, salaire réel médian à 25 000 € brut/an, soit environ 2 083 €/mois.
- Électricien : minimum N2 ou N3 selon la qualification, salaire réel médian à 27 000 € brut/an, soit 2 250 €/mois.
- Plombier : minimum N2 ou N3, salaire réel médian à 27 000 € brut/an - les plombiers chauffagistes qualifiés atteignent 32 000 €.
- Peintre en bâtiment : minimum N2 à 1 899,00 €, salaire réel médian à 24 500 € brut/an - l'écart est plus faible parce que le marché est moins tendu.
- Chef de chantier : classé ETAM, donc hors de la grille ouvriers, salaire réel médian à 35 000 € brut/an.
- Conducteur de travaux : classé ETAM ou cadre selon l'expérience, salaire réel médian à 44 000 € brut/an.
Les métiers en forte tension - électricien, plombier chauffagiste, couvreur - affichent les écarts les plus importants entre minimum conventionnel et salaire réel. Si ton employeur te paie au strict minimum de la grille alors que tu es qualifié sur un métier tendu, tu as une marge de négociation salariale - et le levier le plus direct reste le coefficient, parce qu'il déplace ton plancher au lieu de dépendre d'un accord individuel.
Ces médianes sont des ordres de grandeur observés, et non des minima opposables : elles varient selon l'entreprise, la région et le profil. Les minimums de cette page, eux, sont des planchers que ton employeur ne peut pas franchir vers le bas. Ils sont relevés sur les fiches officielles du ministère du travail, dont celle du salaire minimum des ouvriers du bâtiment jusqu'à 10 salariés (IDCC 1596).
Ton taux horaire, en net sur le mois
La grille est en brut, hors panier et hors trajet. Entre ton taux horaire et tes heures pour voir ce qui tombe sur ton compte.