Tu touches le chômage après ton CDD, et à partir de quel jour ?
Oui. Un CDD qui arrive à son terme te prive involontairement de ton emploi, et l'Unédic le range parmi les fins qui ouvrent un droit, à une condition : 130 jours ou 910 heures de travail sur les 24 derniers mois, tous contrats confondus. Sans congés payés à te régler, ton premier jour indemnisé est le 8e jour après la fin du contrat.
0 jour
le décalage que ta prime de précarité impose à ton chômage
elle n'entre ni dans le différé ni dans ton salaire de référence
Ton premier jour indemnisé dépend de ce qu'on te règle à la fin
Compté à partir du lendemain de la fin de ton CDD, si tu t'inscris à France Travail sans attendre.
le lendemain
si les 7 jours de délai d'attente t'ont déjà été appliqués dans les 12 derniers mois et qu'aucun congé payé ne t'est réglé
le 8e jour
si aucun congé payé ne t'est réglé : 7 jours d'attente, puis l'allocation
le 38e jour
si ton indemnité de congés payés atteint 30 fois ton salaire journalier : le différé plafonne à 30 jours, puis viennent les 7 jours d'attente
Sept façons de finir un CDD, et le chômage qui suit
Ce qui décide n'est pas la durée du contrat mais qui y met fin, et comment.
| Comment ton CDD s'est terminé | Le chômage | Ce que ça change |
|---|---|---|
| À son terme, renouvelé ou non | Oui | Le droit s'ouvre le lendemain du terme, puis viennent le différé de congés payés et les 7 jours d'attente |
| Durée raccourcie ou rupture d'un commun accord | Oui | Dès la rupture, avec les mêmes délais |
| Rompu par l'employeur pour faute grave | Oui | Dès la rupture, avec les mêmes délais ; la prime de précarité, elle, tombe |
| Rompu pour une inaptitude constatée par le médecin du travail | Oui | Dès la rupture, avec les mêmes délais |
| Rompu par l'employeur hors des cas prévus par la loi | Oui | Au terme prévu dans ton contrat : ses dommages et intérêts couvrent les salaires jusque-là |
| Rompu par toi avant le terme, hors période d'essai | Non, sauf démission légitime | Aucune allocation, et l'employeur peut te réclamer des dommages et intérêts |
| Après deux CDI refusés en 12 mois | Non, sauf exceptions | L'allocation ne t'est pas accordée, même pour une fin au terme |
Cas des pages France Travail « J'arrive en fin de CDD / de contrat de mission » et Unédic sur la fin de CDD (1er avril 2025), et de la fiche service-public F40 pour la faute grave. Le refus de deux CDI vaut pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2025.
130 jours sur 24 mois : ton CDD n'a pas à les faire seul
La seule condition de durée est d'avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures, environ six mois, au cours des 24 derniers mois. L'Unédic précise qu'elle peut être remplie avec un ou plusieurs contrats, chez différents employeurs : un CDD de deux ou trois mois n'ouvre rien à lui seul, mais il complète tes contrats précédents. Une semaine compte cinq jours travaillés au plus, et les périodes de formation entrent dans le compte jusqu'aux deux tiers des jours travaillés.
Deux situations changent les chiffres. Si tu as 55 ans ou plus à la fin du contrat, les jours se cherchent sur les 36 derniers mois. Si tu n'as jamais été indemnisé, ou pas depuis plus de 20 ans, 108 jours ou 758 heures, environ cinq mois, suffisent pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2026, comme pour les contrats saisonniers : c'est ce qu'écrit France Travail dans sa page « Ai-je droit à l'allocation chômage ? ». Les autres conditions, inscription dans les 12 mois, recherche d'emploi, aptitude et résidence, sont les mêmes que pour toute perte d'emploi et sont détaillées sur la page des conditions pour toucher l'ARE.
Les 3 délais qui séparent la fin de ton CDD du premier versement
Ils décalent le point de départ de ton indemnisation sans en raccourcir la durée.
| Ce qui décale le départ | Ce qui le déclenche en fin de CDD | Sa durée |
|---|---|---|
| Délai d'attente | Toute ouverture de droits, sauf s'il t'a déjà été appliqué dans les 12 derniers mois | 7 jours |
| Différé congés payés | L'indemnité compensatrice de congés payés, additionnée sur tes fins de contrat des 6 derniers mois | Indemnité divisée par ton salaire journalier de référence, arrondie au jour supérieur, 30 jours au plus |
| Différé spécifique | La part de tes indemnités de rupture qui dépasse le minimum légal | 150 jours au plus, 75 après une rupture pour motif économique |
| Prime de précarité | La fin du CDD à son terme | Aucun décalage : elle n'est ni dans le différé ni dans ton salaire de référence |
| Indemnité de requalification en CDI | Une décision des prud'hommes | Aucun décalage |
Délais de la page Unédic sur le délai d'indemnisation et de sa fiche sur le différé spécifique, mise à jour le 27 janvier 2026 ; arrondi et plafond de 30 jours de la fiche service-public F38881. Les deux différés se suivent, puis viennent les 7 jours d'attente.
Un CDD de 8 mois fini le 30 septembre : premier jour indemnisé le 29 octobre
Tu as travaillé en CDD à temps plein du 1 février 2026 au 30 septembre 2026, à 2 100 € brut par mois, soit 16 800 € sur le contrat. Ton dernier bulletin porte 1 450 € d'indemnité compensatrice de congés payés et une prime de précarité d'au moins 1 680 €, les 10 % de ton brut que fixe la fiche « Fin d'un contrat à durée déterminée ». Tu t'inscris à France Travail dès le lendemain.
- Le droit. 8 mois à temps plein dépassent les 130 jours exigés, et le contrat finit à son terme : le droit est ouvert.
- Ton salaire journalier de référence. 16 800 € divisés par les 242 jours calendaires du contrat, soit 69,42 €. La fiche F2064 sur le salaire journalier de référence écarte de ce calcul la prime de précarité comme l'indemnité de congés payés : ni l'une ni l'autre ne grossit ton allocation.
- Le différé congés payés. 1 450 € divisés par 69,42 € donnent 20,89, arrondi à 21 jours selon la fiche F38881 sur l'ARE depuis le 1er avril 2025, du 1 octobre au 21 octobre.
- Le délai d'attente. 7 jours, du 22 octobre au 28 octobre.
- Le premier jour indemnisé. Le 29 octobre 2026. Ta prime de précarité n'a déplacé aucun jour : la fiche de l'Unédic sur le différé spécifique range l'indemnité de fin de CDD parmi les sommes qui n'en déclenchent pas.
L'allocation se verse à mois échu, après ton actualisation : la fin d'octobre arrive début novembre, et le premier mois complet début décembre. Le calcul suppose que tu étais inscrit avant la fin des différés ; plus tard, les 7 jours d'attente partent de ton inscription, et chaque jour de retard décale d'autant ton premier versement.
Combien de temps tu seras indemnisé après ce CDD ?
Tu connais le jour où l'allocation commence. Sa durée dépend des mois que tu as travaillés et de ton âge : entre-les, de 6 à 36, et lis ton nombre de jours d'indemnisation.
Quitter ton CDD avant le terme : qui garde le chômage ?
Hors période d'essai, un CDD ne se quitte que par les portes de sortie que prévoit le Code du travail. Côté chômage, elles ne se valent pas. Si c'est toi qui romps hors de ces cas, France Travail te considère en chômage volontaire : aucune allocation, et ton employeur peut te réclamer des dommages et intérêts, comme l'écrit sa page « J'arrive en fin de CDD ». La seule issue est une démission reconnue comme légitime, dont la liste est fermée : les cas de démission qui ouvrent l'ARE.
Partir pour un CDI est l'autre sortie que la loi t'ouvre. Tu n'es alors pas au chômage, mais la question revient si ce CDI s'arrête contre ton gré : France Travail refuse l'allocation à qui a quitté volontairement un emploi pour un contrat qui a duré moins de 65 jours travaillés ou 455 heures. Au-delà, ton départ du CDD ne te ferme rien. La même règle répond à la question inverse : quitter un CDI pour un CDD qui dure au moins ce temps puis s'achève à son terme te laisse ton droit.
Si c'est ton employeur qui rompt sans motif prévu par la loi, tu gardes le chômage, mais pas tout de suite : il te doit des dommages et intérêts au moins égaux aux salaires jusqu'à la date de fin prévue, et l'allocation ne commence qu'à ce terme initial. Les deux sommes ne se cumulent pas sur la même période.
Deux CDI refusés en 12 mois, et l'allocation tombe
Ton employeur peut te proposer un CDI à la fin de ton CDD. Selon la fiche F40 du service public, la proposition compte quand elle est faite par écrit avant la fin du contrat, avec un délai de réflexion, et qu'elle réunit cinq conditions : un poste identique ou similaire, une rémunération au moins équivalente, une durée de travail équivalente, la même classification, le même lieu de travail. Ne pas répondre vaut refus. L'employeur a alors un mois pour signaler ce refus à France Travail, une obligation fixée par l'article R1243-2 du Code du travail et en vigueur depuis le 1er janvier 2024.
La conséquence tient en une ligne de la même fiche : l'allocation ne peut pas être accordée à qui a refusé deux propositions de CDI dans les 12 mois précédant la fin de son CDD. France Travail l'applique aux fins de contrat depuis le 1er avril 2025, avec deux exceptions : tu as occupé un CDI, quelle qu'en soit la durée, au cours de ces 12 mois ; ou, déjà demandeur d'emploi, le dernier CDI refusé ne correspondait pas à l'offre raisonnable d'emploi fixée avec ton conseiller.
Un seul refus te coûte déjà quelque chose : quand le CDI proposé remplit ces conditions, tu perds ta prime de précarité de 10 %. Le refus qui ne coûte rien est celui d'un CDI moins bien payé, sur un autre poste ou ailleurs.
Enchaîner les CDD : que deviennent tes droits ?
Si tu retrouves un CDD alors que tes droits ne sont pas épuisés, la fin de ce nouveau contrat te rend tes droits initiaux là où tu les avais laissés, jusqu'à leur épuisement : ce sont les droits dits rechargeables de la fiche service-public sur l'ARE. Le délai d'attente de 7 jours ne se rejoue pas s'il t'a déjà été appliqué dans les 12 derniers mois. Une fois ces droits épuisés, un nouveau droit, avec une nouvelle durée, s'ouvre si tu as de nouveau travaillé 130 jours ou 910 heures sur les 24 derniers mois.
Tu peux aussi prendre le nouveau droit sans attendre la fin de l'ancien : c'est le droit d'option, à trois conditions. Il te reste des allocations à percevoir, tu as travaillé au moins six mois depuis l'ouverture de tes droits en cours, et ton allocation actuelle ne dépasse pas 20 € par jour, ou le nouveau droit te rapporterait au moins 30 % de plus au total. Tu as 21 jours pour répondre par écrit, et le choix est définitif.
Les jours sans contrat entre deux CDD entrent dans le calcul : ton salaire journalier de référence se divise par tous les jours calendaires du premier au dernier contrat, et les jours non travaillés retenus ne peuvent pas dépasser 70 % des jours travaillés pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2025, selon la fiche F2064. Un trou entre deux contrats fait donc baisser ton allocation journalière, dans cette limite.
Combien tu toucheras chaque mois ?
Ton premier jour indemnisé est fixé ; reste le montant. Entre ton salaire net, et lis l'allocation que France Travail te versera par mois, brute et nette. Gratuit, sans inscription.
Fin de CDD : 6 pages pour ne rien laisser passer
Ce que ton contrat te doit, ce que tu toucheras, et les papiers qui conditionnent ton inscription.
Données indicatives. Ces règles sont celles de l'assurance chômage des salariés du secteur privé pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2025, hors Mayotte où elles sont spécifiques. Le contrat d'apprentissage à durée déterminée ouvre des droits dans les mêmes conditions ; la date exacte de ton premier jour indemnisé figure sur la notification de France Travail.