Jour de carence en arrêt maladie 2026 : 3 jours ou 7 jours ?
Les deux sont vrais, et ce ne sont pas les mêmes jours. La Sécurité sociale ne verse rien les 3 premiers jours ; ton employeur, lui, ne complète qu'à partir du 8e. Entre les deux, tu touches l'indemnité journalière seule. Sur une semaine d'arrêt à 2 500 € brut par mois, la fenêtre entière retire 308,38 € net et il te reste 153,39 € sur les 461,77 € que ces sept jours travaillés auraient rendus.
308,38 €
ce que les 7 jours retirent, à 2 500 € brut
soit 67 % de ta paie de la semaine
0 €
versé les 3 premiers jours, quel que soit ton salaire et ton ancienneté
230 à 578 €
ce qu'une semaine d'arrêt retire en net, du SMIC à 4 000 € brut
33 %
la part de ta paie que tu gardes sur ces 7 jours, sous le plafond
Ce que la fenêtre de carence te retire, selon ton salaire
| Ton salaire brut mensuel | Les 7 jours te coûtent | Ce qu'il te reste |
|---|---|---|
| 1 867,02 € (SMIC) | 230,31 € | 114,54 € |
| 2 000 € | 246,70 € | 122,71 € |
| 2 500 € | 308,38 € | 153,39 € |
| 3 000 € | 393,76 € | 160,36 € |
| 4 000 € | 578,46 € | 160,36 € |
Arrêt de 7 jours, salarié avec au moins un an d'ancienneté, sans disposition conventionnelle plus favorable. Montants nets avant impôt. Délais de carence et plafond de l'indemnité journalière : service-public.gouv.fr, fiche F3053, vérifiée le 1er juin 2026.
Pourquoi tu lis partout 3 jours, et parfois 7
Parce qu'il y a deux carences, et qu'elles ne sont pas payées par le même organisme. La première est celle de la Sécurité sociale : elle dure 3 jours, et ton indemnité journalière ne commence qu'au 4e jour de l'arrêt. Elle ne dépend d'aucune condition : ni ton ancienneté, ni ta convention, ni la longueur de ton arrêt ne la font bouger, et elle repart à zéro à chaque nouvel arrêt (service-public.gouv.fr, fiche F3053).
La seconde est celle de ton employeur. La loi l'oblige à compléter ce que la Sécurité sociale verse, mais seulement à partir du 8e jour : c'est une carence de 7 jours, et c'est elle que cherchent les personnes qui écrivent « j'ai 7 jours de carence ». La fiche officielle est explicite : le versement des indemnités complémentaires « commence au 8e jour de l'arrêt maladie sauf dispositions conventionnelles ». Le texte qui la fixe est l'article D1226-3 du Code du travail, et il est resté le même depuis 2008 : « le délai d'indemnisation court au-delà de sept jours d'absence ».
Concrètement, ta semaine se coupe donc en deux morceaux et pas en un : les jours 1 à 3 ne rapportent rien du tout, et les jours 4 à 7 ne rapportent que l'indemnité journalière, soit environ la moitié de ton salaire de base. C'est ce second morceau que la plupart des pages oublient, et c'est lui qui explique pourquoi une semaine d'arrêt coûte beaucoup plus que trois jours de salaire.
Les deux carences, côte à côte
| Sécurité sociale | Employeur | |
|---|---|---|
| Combien de jours | 3 jours | 7 jours |
| Ce qui ne t'est pas versé | l'indemnité journalière | le complément de salaire |
| Premier jour payé | le 4e | le 8e |
| Condition pour y avoir droit | aucune | 1 an d'ancienneté, hors intérim et saisonnier |
| Elle repart à chaque arrêt | oui | oui |
| Ce qui peut l'effacer | la loi, dans quatre cas | ta convention collective, ou un accident du travail |
Carences applicables à un salarié du privé en maladie non professionnelle. Sources : service-public.gouv.fr, fiche F3053, vérifiée le 1er juin 2026, et ameli.fr, page sur les indemnités journalières du salarié, consultée le 22 septembre 2026.
Les quatre situations où les 3 jours ne s'appliquent pas
La carence de la Sécurité sociale tombe dans quatre cas, et la liste est fermée (ameli.fr, indemnités journalières du salarié) :
- Une prolongation qui suit de près. Si ta reprise d'activité entre la fin de ton arrêt et le début de la prolongation ne dépasse pas 48 heures, aucune nouvelle carence n'est retenue. C'est le cas le plus fréquent, et celui qui coûte le plus cher quand on l'ignore : reprendre trois jours avant de replonger fait perdre 3 jours de plus.
- Une affection de longue durée. Pour des arrêts liés à une ALD, la carence n'est retenue que pour le premier arrêt, et elle vaut alors pour une période de 3 ans. Les arrêts suivants sont indemnisés dès le premier jour.
- Un accident du travail ou une maladie professionnelle. Il n'y a aucune carence, ni du côté de la Sécurité sociale, ni du côté de l'employeur : l'indemnisation commence immédiatement. Attention à la réserve que le texte pose et que presque personne ne reprend : côté employeur, l'article D1226-3 fait courir l'indemnisation dès le premier jour « à l'exclusion des accidents de trajet ». Un accident sur le chemin du travail rouvre donc la carence de 7 jours du complément. Le reste est traité sur la page accident du travail.
- Une interruption spontanée de grossesse. Un arrêt qui fait suite à une fausse couche est indemnisé sans carence. Deux des six pages les mieux classées sur cette question l'omettent.
Rien d'autre ne l'efface. Ni un certificat rédigé un vendredi, ni la gravité de ce que tu as, ni le fait d'avoir déjà été arrêté cette année.
Les jours se comptent en calendrier, week-end compris
Les 3 jours sont des jours calendaires, pas des jours ouvrés. La fiche officielle le dit pour l'indemnisation entière : les indemnités sont dues pour chaque jour calendaire « y compris les jours fériés ou chômés » et « y compris le samedi et le dimanche ».
La conséquence est contre-intuitive et elle joue en ta faveur : un arrêt qui commence un vendredi consomme le samedi et le dimanche comme jours de carence, alors que ces deux jours ne t'auraient de toute façon rien rapporté si tu travailles du lundi au vendredi. Un arrêt qui commence un lundi, lui, mange 3 jours réellement travaillés. À durée égale, la date de début change ce que l'arrêt te coûte vraiment.
Sans un an d'ancienneté, la fenêtre ne s'arrête jamais au 7e jour
Le complément de l'employeur suppose 1 an d'ancienneté dans l'entreprise. En dessous, il n'y a pas de carence de 7 jours pour la bonne raison qu'il n'y a pas de complément du tout : l'indemnité journalière est tout ce que tu touches, du 4e jour jusqu'à la fin de ton arrêt.
Et l'ancienneté n'est pas la seule porte. L'article L1226-1 du Code du travail écarte nommément quatre populations du complément employeur : les salariés travaillant à domicile, les saisonniers, les intermittents et les salariés temporaires. Si tu es en intérim ou en contrat saisonnier, la carence de 7 jours ne te concerne donc pas davantage : c'est le complément entier qui ne t'est pas dû. Aucune des six pages les mieux classées sur cette question ne le mentionne.
Le même article pose une condition de délai qui, elle, se perd facilement : tu dois avoir justifié ton incapacité dans les quarante-huit heures. Envoyer ton arrêt en retard ne met pas seulement ton indemnité journalière en risque, ça met le complément de ton employeur en risque aussi.
Sur un mois complet à 2 500 € brut, l'écart se chiffre : 1 652,56 € net avec 8 ans d'ancienneté, contre 1 035,35 € sans en avoir un seul, soit 617,21 € de différence pour exactement le même arrêt et le même salaire. C'est le paramètre le plus lourd de la page, et une seule des six pages les mieux classées sur ce sujet le mentionne. Le détail du maintien de salaire et sa grille par ancienneté dit combien de jours il dure une fois qu'il s'ouvre.
Ton arrêt ne fait pas 7 jours ?
Tout ce qui précède mesure la seule fenêtre de carence. Un arrêt de deux semaines, d'un mois ou de trois mois n'ajoute pas des jours identiques : les paliers du maintien employeur s'ouvrent, puis se ferment. Le calculateur applique la durée que ton médecin a prescrite.
Ce que la réforme de 2026 change, et ce qu'elle ne change pas
Depuis le 1er septembre 2026, un arrêt initial ne peut plus être prescrit pour plus de 31 jours, et chaque prolongation pour plus de 62 jours. Cette mesure borne la durée de chaque ordonnance, pas celle de ton arrêt, que ton médecin peut prolonger autant que ton état le demande (annonce de service-public.gouv.fr).
Elle ne touche ni le nombre de jours de carence, ni le montant de l'indemnité journalière. Les 3 jours de la Sécurité sociale et les 7 jours de l'employeur sont ceux que la fiche officielle porte à sa dernière vérification, le 1er juin 2026. Une prolongation prescrite dans la foulée de ton arrêt initial reste une prolongation : elle ne déclenche pas de nouvelle carence tant que la reprise entre les deux ne dépasse pas 48 heures.
Une loi a bien retouché le complément employeur cette année, et elle ne touche pas non plus au nombre de jours : l'article L1226-1 est en vigueur dans sa rédaction du 27 juin 2026, modifiée par la loi n 2026-534 du 25 juin 2026. Ce qu'elle ajoute est une exclusion en cas de fraude avérée aux indemnités journalières, dont l'employeur a été informé. L'article D1226-3, lui, qui fixe les 7 jours, n'a pas bougé depuis 2008.
Montants indicatifs, salarié du privé à temps plein, en maladie non professionnelle, nets avant impôt sur le revenu. Ta convention collective peut être plus favorable.
Et si ta convention ne couvre rien
C'est le cas le plus défavorable, et c'est celui que cette page chiffre. Pour savoir ce qu'il te reste au net sur un arrêt réel, avec ton ancienneté et le plafond de la Sécurité sociale appliqués, le calculateur fait le détail jour par jour.