Arrêt de travail : combien tu touches, selon le motif
Un arrêt de travail n'est pas toujours un arrêt maladie, et l'écart se voit dès le premier jour. À 2000 € brut par mois, une maladie ordinaire te laisse 3 jours sans rien, puis 32,88 € par jour. Le même salaire, après un accident du travail, rapporte 39,45 € par jour dès le lendemain, sans aucun jour de carence.
Mis à jour le .
Le même salarié, à 2 000 € brut par mois
Indemnité journalière brute versée par la Sécurité sociale, avant tout complément de l'employeur.
0 €
Les 3 premiers jours d'une maladie ordinaire
32,88 €
Par jour ensuite, en maladie ordinaire
39,45 €
Par jour dès le lendemain, après un accident du travail
Ce que la Sécurité sociale verse, selon le motif de ton arrêt
Le taux s'applique à ton salaire journalier, calculé sur tes derniers mois de salaire brut.
| Le motif de ton arrêt | Ce que la Sécurité sociale verse | Jours non payés au début |
|---|---|---|
| Maladie ordinaire | 50 % du salaire journalier | 3 |
| Maladie en affection longue durée | 50 % du salaire journalier | 3, une seule fois sur 3 ans |
| Accident du travail ou maladie professionnelle | 60 %, puis 80 % à partir du 29e jour | 0 |
En maladie ordinaire, l'indemnité journalière est plafonnée à 42,97 € bruts : au-delà d'environ 2 614 € brut par mois, elle n'augmente plus.
Ce qui décide de ton régime
Ce n'est pas toi qui choisis, et ce n'est pas ton médecin non plus. Un arrêt bascule en accident du travail ou en maladie professionnelle quand ta caisse reconnaît le lien entre ton état de santé et ton travail. Tant qu'elle ne l'a pas fait, tu es indemnisé comme en maladie ordinaire, carence comprise.
Sur un arrêt de deux jours pour une maladie ordinaire, la Sécurité sociale ne verse donc rien du tout : les 3 jours de carence couvrent l'arrêt entier. Le même arrêt de deux jours après un accident du travail est payé dès le lendemain.
L'enjeu est chiffré et il est immédiat : sur les trois premiers jours, la maladie ordinaire ne verse rien quand l'accident du travail verse dès le lendemain de l'arrêt, sans délai de carence. Sur un arrêt court, c'est la moitié de la somme qui se joue là.
Le troisième cas est l'affection longue durée. Le taux ne change pas, la durée si : l'indemnisation peut courir 3 ans au lieu de 360 jours, et les arrêts successifs liés à cette affection ne redéclenchent pas de carence, comme l'écrit la fiche service-public F3053.
Ce qu'il faut avoir travaillé pour être indemnisé, et jusqu'à quand
Conditions d'un arrêt maladie. Une seule des deux colonnes du milieu suffit : les heures OU le salaire cotisé.
| Ton arrêt maladie | Ce qu'il faut avoir travaillé avant | Jusqu'à quand tu es payé |
|---|---|---|
| Moins de 6 mois | 150 heures sur les 3 mois qui précèdent, ou 12 494,65 € cotisés sur 6 mois | 360 jours sur 3 ans |
| Plus de 6 mois | Affilié depuis 12 mois, et 600 heures sur 12 mois, ou 24 989,30 € cotisés sur 12 mois | 360 jours sur 3 ans |
| En affection longue durée | Les mêmes conditions | 3 ans |
Les seuils en euros sont 1015 et 2030 fois le Smic horaire brut : ils montent à chaque revalorisation du Smic. Conditions relevées sur ameli.fr.
Le délai de 48 heures, et ce qu'il te coûte si tu le rates
Tu as 48 heures pour envoyer ton arrêt à ton employeur, et ce délai ne bouge pas avec la durée de l'arrêt : c'est le même pour trois jours que pour six mois, comme l'écrit l'Assurance maladie. Même quand ton médecin a transmis la prescription en ligne, l'envoi de l'exemplaire papier à ton employeur reste obligatoire.
Le retard ne se paie pas en rappel à l'ordre, il se paie en euros : un arrêt transmis hors délai expose à une réduction des indemnités. C'est la seule démarche de tout ce parcours dont l'oubli te coûte directement de l'argent, et elle prend quelques minutes.
Ton employeur enchaîne avec l'attestation de salaire, qui déclenche le calcul. Sans elle, ta caisse ne peut rien verser, même si ton dossier est complet de ton côté.
Depuis le 1er septembre 2026, ton arrêt est prescrit par tranches
Un arrêt de travail n'avait aucune durée plafonnée jusque-là. Le décret n 2026-498 du 12 juin 2026 en fixe une : une première prescription ne peut plus dépasser 31 jours, et chaque prolongation 62 jours.
Ce n'est pas une limite à ton arrêt, et c'est la confusion à éviter : le plafond borne chaque ordonnance, pas la durée totale pendant laquelle tu peux être arrêté. Le texte prévoit expressément la prolongation au-delà quand ton état de santé le nécessite, par le médecin qui a prescrit l'arrêt, par ton médecin traitant, par une sage-femme ou par un chirurgien-dentiste. Concrètement, un arrêt long se renouvelle plus souvent qu'avant, il ne s'arrête pas plus tôt.
Deux bornes à connaître : ces plafonds ne s'appliquent pas à Mayotte, et la prolongation par téléconsultation reste possible mais dans des conditions strictes.
Ce que ton employeur ajoute par-dessus
Les montants de cette page sont ceux de la Sécurité sociale seule. La plupart des salariés touchent plus, parce que l'employeur complète, et c'est là que se joue l'écart entre 32,88 € par jour et un salaire presque entier. Le détail de ce complément, et la façon d'arriver à 100 % de ton salaire, vivent sur la page du salaire en arrêt maladie.
Ce complément obéit à ses propres règles, et elles n'ont rien à voir avec celles du tableau ci-dessus : il faut une ancienneté minimale dans l'entreprise, sa durée dépend de cette ancienneté, et une convention collective peut le rendre plus généreux. C'est aussi de là que vient la confusion la plus fréquente sur l'accident du travail : la condition d'un an d'ancienneté que la fiche F175 énonce porte sur ce complément, jamais sur l'indemnité de la Sécurité sociale. Un salarié embauché le mois dernier est indemnisé comme les autres.
Calcule ce que tu vas toucher
Le simulateur applique ton salaire réel au régime maladie, maternité ou paternité, carence comprise, et te donne le montant par jour et le total sur la durée de ton arrêt.
Ce que ton arrêt continue de te rapporter
Les jours indemnisés comptent pour ta retraite, et les relevés d'indemnités journalières valident des trimestres au même titre que tes bulletins de salaire. L'Assurance maladie recommande de les garder sans limitation de durée.
Les indemnités journalières sont imposables et soumises à la CSG et à la CRDS, mais pas aux cotisations d'un salaire ordinaire. Le montant que tu vois sur ton relevé est donc un brut, et ce qui arrive sur ton compte est un peu inférieur.
Et le régime de l'accident du travail bouge : un décret du 12 juin 2026 fixe de nouvelles règles de durée d'indemnisation à compter du 1er janvier 2027. Aujourd'hui, l'indemnisation court jusqu'à la guérison ou jusqu'à la consolidation de la blessure.
Le montant, régime par régime
Cette page compare les régimes. Les grilles par salaire vivent sur les pages qui les servent.