Accident du travail : combien tu touches pendant l'arrêt en 2026 ?
Ton employeur te paie ta journée entière le jour de l'accident. Dès le lendemain la Sécurité sociale prend le relais, sans aucun jour de carence et sans condition d'ancienneté : à 2 000 € brut par mois, 39,45 € par jour pendant 28 jours, puis 51,94 €. Environ 1 184 € sur un premier mois complet, auxquels ton employeur ajoute souvent un complément.
Mis à jour le .
Ce que la Sécurité sociale verse, par jour
Indemnité journalière brute, avant le complément de l'employeur.
29,59 €
À 1 500 € brut par mois, les 28 premiers jours
39,45 €
À 2 000 € brut, les 28 premiers jours
103,88 €
À 4 000 € brut, à partir du 29e jour
Combien par jour, selon ton salaire
Pour un salarié payé au mois. Montants bruts, avant CSG et CRDS.
| Salaire brut mensuel | Les 28 premiers jours | À partir du 29e jour |
|---|---|---|
| 1 500 € | 29,59 € | 38,95 € |
| 1 800 € | 35,50 € | 46,75 € |
| 2 000 € | 39,45 € | 51,94 € |
| 2 500 € | 49,31 € | 64,92 € |
| 3 000 € | 59,17 € | 77,91 € |
| 3 500 € | 69,03 € | 90,89 € |
| 4 000 € | 78,90 € | 103,88 € |
| 5 000 € | 98,62 € | 129,85 € |
D'où vient ce montant
Si tu es payé au mois, ta caisse divise ton salaire brut du mois qui précède l'arrêt par 30,42 : c'est ton salaire journalier de référence, et elle en retient au maximum 400,82 € par jour. Ton indemnité vaut 60 % de ce salaire journalier pendant 28 jours, puis 80 % à partir du 29e, dans la limite de 240,49 € puis 320,66 € par jour (fiche service-public F175). À 2 000 € brut, le salaire journalier est de 65,75 €.
Une troisième borne s'applique et explique que le second montant du tableau ne fasse pas tout à fait 80 % : l'indemnité ne peut pas dépasser ton gain journalier net, ton salaire journalier moins un forfait de 21 %. Elle mord dès le 29e jour, et coûte environ un point.
Sur ce montant, la caisse retire la contribution sociale généralisée (6,2 %) et la contribution au remboursement de la dette sociale (0,5 %) : à 2 000 € brut, il arrive donc 36,81 € par jour sur ton compte. Ces indemnités entrent dans ton revenu imposable pour la moitié seulement, là où celles d'un arrêt maladie ordinaire y entrent en totalité (ameli, prise en charge et indemnités journalières). Il n'y a plus de revalorisation en cours d'arrêt depuis le 1er juillet 2020.
Les délais, et ce que tu perds si tu les rates
Préviens ton employeur dans la journée, ou au plus tard sous 24 heures, par n'importe quel moyen. Ce délai ne court pas en cas de force majeure ou d'impossibilité absolue, une hospitalisation par exemple. Il a ensuite 48 heures, dimanches et jours fériés non compris, pour déclarer l'accident à ta caisse, et peut y joindre des réserves pendant les 10 jours qui suivent (fiche service-public F171).
S'il refuse de déclarer, tu peux le faire toi-même pendant deux ans. C'est ce qui coûte le plus cher sur cette page : sans déclaration, ton arrêt est indemnisé au titre de la maladie ordinaire, soit la moitié de ton salaire journalier et trois jours de carence.
Le complément de ton employeur
Ton employeur ajoute 90 % de la rémunération brute que tu aurais perçue pendant les 30 premiers jours d'arrêt, puis deux tiers à partir du 31e, indemnités de la caisse déduites. Ta convention collective peut prévoir mieux (conditions détaillées, fiche F175).
Cinq conditions, toutes exigées, et la première élimine beaucoup de monde : ne pas être travailleur à domicile, saisonnier, intermittent ni intérimaire ; avoir un an d'ancienneté au premier jour d'absence ; avoir prévenu ton employeur sous 48 heures puis transmis ton certificat médical ; percevoir les indemnités de la Sécurité sociale ; être soigné en France ou dans l'Espace économique européen.
Si l'accident a lieu sur la route
Un accident entre ton domicile et ton travail, ou entre ton travail et ton lieu de repas habituel, se déclare comme un accident du travail et donne droit à la même feuille d'accident. Mais c'est à toi de prouver que les conditions sont réunies, il n'ouvre aucune rente d'incapacité permanente au titre des risques professionnels, et il ne donne ni protection contre le licenciement, ni doublement de l'indemnité de licenciement (fiche service-public F31881 sur l'accident de trajet). Le détour reste admis pour les nécessités de la vie courante, déposer un enfant ou faire ses courses.
Sur le montant de l'indemnité, les deux administrations ne disent pas tout à fait la même chose : ameli traite le trajet avec l'accident du travail pour la prise en charge, quand la fiche F31881, vérifiée le 12 septembre 2025, écrit qu'il est assimilé à un accident non professionnel. C'est la notification de ta caisse qui tranche ton cas.
Ce qui change au 1er janvier 2027
Aujourd'hui les indemnités sont versées pendant toute la durée de l'incapacité, jusqu'à la guérison ou la consolidation, sans durée maximale. Pour les accidents survenant à compter du 1er janvier 2027, elles seront plafonnées à quatre ans par période d'incapacité ; au-delà, l'incapacité sera considérée comme permanente et un autre régime prendra le relais. Un nouveau droit de quatre ans pourra s'ouvrir après une reprise d'au moins un an de travail.
La règle vient du décret n° 2026-501 du 12 juin 2026. Elle ne s'applique pas encore : les montants et les durées de cette page restent ceux d'un accident survenu en 2026 (annonce service-public du 22 juin 2026).
Les soins, et l'inaptitude au retour
Tous les soins liés à l'accident sont pris en charge à 100 % dans la limite des tarifs de la Sécurité sociale, hospitalisation comprise et sans forfait journalier, et à 150 % pour les prothèses dentaires et certains appareillages. La feuille d'accident que remet ton employeur te dispense d'avancer les frais : garde-la pendant tout le traitement, puis rends-la à ta caisse.
Si la visite de reprise débouche sur une inaptitude liée à l'accident, une indemnité temporaire d'inaptitude peut être versée pendant un mois au maximum, pour un montant égal à ta dernière indemnité journalière. Elle ne se cumule ni avec un maintien de salaire ni avec des congés payés. En Alsace-Moselle, le versement démarre dès le premier jour et le salaire est maintenu à 100 % si l'arrêt tient à une cause indépendante du salarié (ameli, démarches du salarié).
Aller plus loin
Ce qui compte comme accident du travail
les situations reconnues, et la frontière avec la maladie professionnelle
Deux conditions suffisent : un fait accidentel soudain et imprévu survenu dans le cadre du travail, et un dommage physique ou psychologique qui en découle. L'événement doit pouvoir être daté avec certitude et s'être produit pendant que tu étais sous l'autorité de ton employeur.
Sont couverts le lieu de travail y compris pendant une pause, une mission à l'extérieur, et un stage de formation professionnelle même hors des heures de travail. Une coupure avec un outil, une douleur musculaire apparue en portant une charge, une fracture après une chute, un malaise cardiaque pendant une tâche ou un choc émotionnel après une agression dans l'entreprise entrent tous dans la définition.
Ce qui le distingue de la maladie professionnelle est la soudaineté : la maladie résulte d'une exposition prolongée et suit une autre procédure de reconnaissance (fiche service-public F178).
À lire aussi
Les pages qui traitent la part que celle-ci ne traite pas.