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Préavis de démission 2026 : combien de temps, et à partir de quand ?

Un mois pour un employé, trois mois pour un cadre : c'est le repère des conventions collectives lues ci-dessous, et c'est ta convention qui fixe ta durée, pas le Code du travail, qui n'en impose aucune en dehors de quelques métiers. Le préavis se compte de date à date, à partir du jour où ton employeur reçoit ta démission : une lettre recommandée présentée le 8 juillet ouvre un préavis d'un mois qui finit le 7 août 2026 inclus.

8 jours

employé d'hôtel-restaurant avec moins de 6 mois d'ancienneté

1 mois

employé ou ouvrier, la durée la plus fréquente des conventions lues

3 mois

cadre, dans chaque convention lue qui fixe une durée cadre

Combien de temps, selon ta convention collective

Durée du préavis de démission d'un salarié en CDI, hors période d'essai, telle que la fiche de branche du Code du travail numérique la publie pour chaque convention

Combien de temps, selon ta convention collective
Convention collectiveEmployés, ouvriersAgents de maîtrise, techniciensCadres
Hôtels, cafés, restaurants8 jours (moins de 6 mois), 15 jours (6 mois à moins de 2 ans), 1 mois (2 ans et plus)15 jours (moins de 6 mois), 1 mois (6 mois à moins de 2 ans), 2 mois (2 ans et plus)1 mois (moins de 6 mois), 3 mois (6 mois et plus)
Bureaux d'études techniques, ingénieurs-conseils, sociétés de conseils (Syntec)ETAM : 1 mois (moins de 2 ans), 2 mois (2 ans et plus)ETAM : idem ; coefficients 400, 450 et 500 : 2 mois quelle que soit l'ancienneté3 mois (ingénieurs et cadres)
Métallurgie2 semaines (groupes A et B), 1 mois (groupe C)2 mois (groupes D et E)3 mois (groupes F à I)
Commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire1 mois2 mois (agents de maîtrise et techniciens)3 mois
Transports routiers et activités auxiliairesouvriers : 1 semaine (2 semaines dans le transport de marchandises) ; employés : 1 mois1 mois (groupes 1 à 5), 2 mois (groupes 6 à 8) ; conducteurs de voyageurs : 2 semaines3 mois
Bâtiment, ouvriers (entreprises de plus de 10 salariés)2 jours (jusqu'à 3 mois d'ancienneté), 2 semaines (après 3 mois)voir la ligne ETAMconvention distincte (Bâtiment cadres)
Bâtiment, ETAM1 mois (moins de 2 ans), 2 mois (2 ans et plus)1 mois (moins de 2 ans), 2 mois (2 ans et plus)convention distincte (Bâtiment cadres)
Prévention et sécuritéde 1 jour ouvré à 1 mois selon l'ancienneté (niveaux IV et V : 2 mois après 2 ans)de 1 semaine à 1 mois selon l'ancienneté (niveaux IV et V : 3 mois après 2 ans)de 7 jours à 3 mois selon l'ancienneté (3 mois après 1 an)

Ta convention est nommée sur ta fiche de paie. Entre parenthèses : le libellé de groupe ou de coefficient que la fiche de branche emploie, pour que tu retrouves ta ligne dans ta classification.

Ce qui fixe ta durée, et ce qui se passe sans convention

Pour un salarié en CDI, la durée du préavis de démission vient de la convention ou de l'accord collectif applicable à ton entreprise, ou à défaut des usages pratiqués dans la localité et la profession (article L1237-1 du Code du travail). Ton contrat de travail peut aussi la fixer. Si aucun de ces textes ne prévoit rien, tu n'as aucun préavis de démission à respecter. Un usage suffit à créer une durée : si, dans ton entreprise, les salariés de ton poste qui ont démissionné avant toi ont tous fait un mois, tu peux t'en prévaloir.

La durée peut s'allonger d'un commun accord avec ton employeur, et certaines conventions permettent aussi de la raccourcir par accord : Syntec et le bâtiment ETAM le prévoient en toutes lettres. Une convention qui distingue tes coefficients ou tes groupes d'emploi les nomme sur ta fiche de paie ; pour identifier ta convention et y lire ta durée, le guide des conventions collectives détaille la méthode.

Les cas où la loi fixe elle-même la durée

Métiers, territoire et situations qui échappent à la convention collective

Les cas où la loi fixe elle-même la durée
Ta situationDurée du préavisQui la fixe
VRP1 mois la 1re année de présence, 2 mois la 2e, 3 mois au-delà (minimum)Code du travail, articles L7313-9 et L7313-10
Journaliste professionnel1 mois jusqu'à 3 ans d'ancienneté, 2 mois au-delàCode du travail, article L7112-2
Alsace-Moselle, salarié payé au mois15 joursdroit local (Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin)
Alsace-Moselle, cadre, technicien, agent de maîtrise, commis commercial, professeur, employé d'un particulier6 semainesdroit local (Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin)
Alsace-Moselle, salarié payé à la semaine1 semainedroit local (Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin)
Salariée enceinte (grossesse médicalement constatée)aucun préavisCode du travail
Pour élever son enfant, à la fin du congé de maternité ou d'adoptionaucun préavis, en prévenant 15 jours avant la fin du congé ou dans les 2 mois qui suivent la naissanceCode du travail

Lu sur la fiche « Démission d'un salarié » de service-public.gouv.fr, vérifiée en septembre 2026 : sauf précision contraire, la durée se calcule de date à date, sans tenir compte du nombre de jours du mois.

Les durées des VRP (article L7313-9) et des journalistes (article L7112-2) sont des minimums : ta convention peut prévoir plus. Le droit local d'Alsace-Moselle vaut pour un contrat exécuté en Moselle, dans le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin, et il dépend de la périodicité de ta paie, pas de ton statut. Les assistantes maternelles et les salariés d'un particulier employeur relèvent d'un régime propre que la fiche F2883 ne chiffre pas.

Quand il commence, et quand il finit

Le préavis commence le jour où ton employeur a connaissance de ta démission, pas le jour où tu l'écris. Par lettre recommandée avec avis de réception, c'est la date de première présentation par la Poste, même s'il retire la lettre plus tard ; par remise en main propre contre décharge, c'est le jour de la remise ; par annonce verbale, c'est le jour de l'annonce, et c'est la forme qui se conteste le plus. L'exemple de la fiche F2883 : une lettre envoyée le 6 juillet 2026, présentée le 8, retirée le 10, avec un préavis d'un mois, ouvre un préavis du 8 juillet au 7 août 2026 inclus.

De date à date, pas en trente jours. Un préavis d'un mois qui commence le 8 finit la veille du 8 du mois suivant, quel que soit le nombre de jours du mois ; les samedis, dimanches et jours fériés sont dedans et ne repoussent rien. Tu peux différer le point de départ en l'écrivant dans ta lettre : démissionner le 15 juillet en précisant que le préavis débutera le 1er août, pour être libre le 1er septembre. Certaines conventions prévoient un point de départ différent ; la métallurgie, elle, confirme la date de notification. Les trois modes de remise, la date qui fait foi pour ton dernier salaire et un calendrier complet avec congés sont sur la page de la lettre de démission.

Ce calendrier se construit à l'envers, en partant de la date où tu veux être disponible. Les embauches se concentrent à la rentrée, et un préavis de trois mois notifié en septembre ne libère le poste qu'en décembre, soit après le pic : pourquoi le pic de septembre se prépare bien avant septembre déroule les semaines à rebours.

Ce qui l'allonge, et ce qui ne l'allonge pas

Les congés payés posés avant ta démission suspendent le préavis d'autant : il reprend à ton retour. Si tu démissionnes pendant tes congés, il ne commence qu'à leur fin : en congé du 3 au 24 août, une lettre présentée le 9 ouvre un préavis d'un mois du 25 août au 24 septembre. Des congés pris pendant le préavis par accord avec ton employeur ne le suspendent pas, et il ne peut pas t'imposer d'en prendre ; la fermeture annuelle de l'entreprise ne le suspend pas non plus.

Un accident du travail ou une maladie professionnelle suspend le préavis, qui reprend à la fin de l'arrêt. Un arrêt pour maladie ou accident non professionnel ne l'interrompt pas : le contrat finit à la date prévue, et tu reviens travailler si l'arrêt se termine avant. Pendant l'arrêt, tu touches les indemnités journalières et, avec au moins un an d'ancienneté et un certificat transmis sous 48 heures, le maintien de salaire de ton employeur. Un accord écrit entre vous, ou ta convention, peut aussi suspendre le préavis.

L'écourter, en être dispensé, ou ne pas le faire

Tu peux demander à ton employeur une dispense : s'il accepte, tu pars plus tôt et les jours non travaillés ne sont pas payés. S'il te dispense de sa propre initiative, il te doit l'indemnité compensatrice de préavis, calculée sur la page dispense de préavis. Certaines conventions te libèrent du préavis quand tu as trouvé un autre emploi : ta fiche de branche le dit.

Partir sans accord et sans faire ton préavis a un prix : l'employeur ne te verse pas l'indemnité compensatrice et peut te réclamer son montant devant le conseil de prud'hommes. Trois situations permettent departir sans aucun préavis : une grossesse médicalement constatée, le départ pour élever son enfant à la fin du congé de maternité ou d'adoption (en prévenant 15 jours avant la fin du congé, ou dans les 2 mois qui suivent la naissance), et, pour un journaliste, un changement notable d'orientation du journal qui porte atteinte à son honneur ou à ses intérêts moraux.

Ton salaire pendant le préavis, et les contrats qui ne démissionnent pas

Pendant le préavis, le contrat continue et ton salaire est dû comme avant ; ce qui est garanti, ce qui est payé en cas de dispense et le calcul du dernier mois sont sur préavis de démission, salaire garanti et calcul. Au dernier jour, ton employeur te remet ton solde de tout compte, et le chômage après une démission ne s'ouvre que dans les cas reconnus comme légitimes.

Un CDD ou un contrat d'intérim ne se démissionne pas : il se rompt avant terme si tu justifies d'un CDI signé ailleurs, avec un préavis, sauf dispense de l'employeur. Et ne confonds pas avec le préavis de licenciement, dont la durée est fixée par la loi selon l'ancienneté : c'est ce barème-là que plusieurs sites recopient à tort sous « démission ».