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Démission sans préavis en 2026 : quand peux-tu partir tout de suite ?

Tu ne quittes ton CDI avant la fin du préavis que si ton employeur l'accepte, s'il te l'impose, ou si ta situation n'en comporte pas : grossesse, fin de congé de maternité ou d'adoption, période d'essai. Hors de ces cas, partir plus tôt se paie : pour 1 mois de préavis à 2 500 € brut, ton employeur peut te réclamer 2 500 € devant le conseil de prud'hommes, d'après la fiche service-public « Démission d'un salarié ».

Le plus tôt où tu peux partir, situation par situation

Trouve ta ligne : la deuxième colonne est ton délai, la troisième ce qu'il te faut pour l'obtenir.

Le plus tôt où tu peux partir, situation par situation
Ta situationLe plus tôt où tu peux partirCe qu'il te faut
Ton employeur accepte ta demande de dispenseÀ la date que vous avez convenue, le jour même s'il le veutSon accord exprès : demande-le par écrit et garde sa réponse
Ton employeur décide lui-même de te dispenserDès qu'il te l'annonceRien à demander : c'est lui qui décide, et il te paie le préavis
Tu es enceinteImmédiatement, sans aucun délaiUne grossesse médicalement constatée
Tu pars pour élever ton enfantÀ la fin du congé de maternité ou d'adoption, ou dans les 2 mois après la naissance ou l'arrivée de l'enfantPrévenir ton employeur au moins 15 jours avant
Tu es en période d'essai, moins de 8 jours de présence24 heures après l'avoir prévenuCe n'est pas une démission : tu romps ta période d'essai
Tu es en période d'essai, 8 jours de présence ou plus48 heures après l'avoir prévenuMême règle, quelle que soit la durée de l'essai
Tu es en CDD et tu as signé un CDI ailleurs1 jour par semaine de contrat, 2 semaines au plusLe justificatif de ton embauche en CDI
Ta convention collective te libère si tu as retrouvé un emploiSelon ta convention, en totalité ou en partieLa clause de ta convention et la preuve de ton embauche
Tu es journaliste et la ligne de ton journal changeSans préavisUn changement qui atteint ton honneur, ta réputation ou tes intérêts moraux
Aucune de ces situations, et pas d'accordÀ la fin de ton préavis, pas avantPartir avant t'expose à devoir le préavis non fait

Salarié du secteur privé en CDI, sauf pour les lignes période d'essai et CDD. Ta convention collective peut te libérer plus tôt, notamment quand tu as retrouvé un emploi.

La règle de départ est simple : en CDI, le préavis est dû, et ton employeur ne peut pas te forcer à rester au-delà, ni toi partir avant. Les dispenses ci-dessus sont les seules portes, et la fiche « Démission d'un salarié » les énumère : à ta demande avec son accord, à sa seule initiative, ou dans les trois cas où il n'y a pas de préavis du tout (grossesse, départ pour élever ton enfant, clause de conscience du journaliste). Les textes sont l'article L1237-1 du Code du travail pour le préavis, l'article L1225-34 pour la grossesse et l'article L1225-66 pour le départ après la naissance.

En période d'essai, il n'y a pas de préavis mais un délai de prévenance, de 24 heures sous 8 jours de présence et de 48 heures ensuite, selon la fiche « Période d'essai pour un salarié » (article L1221-26 du Code du travail). Ce que tu écris et ce qui se passe ensuite sont sur la rupture de la période d'essai. En CDD, la démission n'existe pas : tu romps ton contrat en justifiant d'un CDI, avec un préavis d'un jour par semaine de contrat, plafonné à deux semaines, d'après la fiche « Fin d'un contrat à durée déterminée (CDD) ».

La lettre qui demande la dispense de préavis

Une démission sans préavis n'existe pas en tant que telle : tu démissionnes, et dans la même lettre tu demandes à être dispensé de ton préavis. Les deux se séparent ensuite : ta démission est définitive dès qu'elle est claire, ta demande de dispense attend la réponse de ton employeur. Écris une date précise de départ, et demande une réponse écrite.

[Tes prénom et nom]
[Ton adresse]

[Nom de l'entreprise]
À l'attention de [nom et fonction du destinataire]
[Adresse de l'entreprise]

À [lieu], le [date]

Lettre remise en main propre contre décharge (ou : recommandée avec accusé de réception)

Objet : démission et demande de dispense de préavis

Madame, Monsieur,

Je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste de [intitulé du poste], que j'occupe depuis le [date d'embauche].

Mon préavis est de [durée] selon [mon contrat de travail / la convention collective applicable]. Je vous demande de bien vouloir m'en dispenser et de fixer la fin de mon contrat au [date souhaitée]. Je sais qu'à ma demande, cette dispense ne donne pas lieu au versement d'une indemnité compensatrice de préavis.

Je vous remercie de me faire connaître votre réponse par écrit, en précisant la date de fin de mon contrat. Je reste disponible pour organiser la transmission de mes dossiers d'ici là.

Je vous remercie de me remettre, à mon départ, mon certificat de travail, mon reçu pour solde de tout compte et mon attestation France Travail.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

La phrase sur l'indemnité n'est pas une politesse : elle dit que tu sais ce que ta demande te coûte, et elle évite qu'on te la reproche plus tard comme une demande de paiement déguisée. Si tu as trouvé un autre emploi, ajoute la date à laquelle tu commences, c'est souvent ce qui convainc. Remets la lettre en main propre contre décharge : ton préavis court le jour même, alors qu'en recommandé il ne part qu'à la première présentation par le facteur.

Le générateur officiel « Lettre de démission du salarié » de service-public propose la même option, cochée « Être dispensé d'effectuer ce préavis », et rend un PDF à signer. Si tu fais ton préavis en entier, c'est la lettre de démission classique, avec la date de fin qu'elle produit qu'il te faut.

La réponse de ton employeur : celle-ci, garde-la

Ta dispense n'existe que par son accord, et la fiche du Code du travail numérique « Un salarié qui démissionne ou qui est licencié peut-il travailler chez un autre employeur avant la fin du préavis ? » parle d'un accord exprès. Un silence n'en est pas un, un « on verra » non plus. Tant que tu n'as pas sa réponse, ton préavis court et tu dois venir travailler. La loi n'impose pas l'écrit, mais c'est cette réponse qui te protège le jour où l'entreprise réclame le préavis que tu n'as pas fait. Si ton employeur te répond oralement, demande-lui de signer quelques lignes comme celles-ci :

Objet : réponse à votre demande de dispense de préavis

[Madame / Monsieur] [nom du salarié],

Nous avons bien reçu le [date] votre lettre de démission de votre poste de [intitulé du poste]. Nous acceptons votre demande de dispense de préavis : votre contrat de travail prendra fin le [date].

Conformément à votre demande, aucune indemnité compensatrice de préavis ne vous sera versée. Vos documents de fin de contrat vous seront remis à cette date.

Fait à [lieu], le [date]. [Nom, fonction et signature du représentant de l'entreprise]

Ce qui compte dans cette réponse, ce sont deux choses : qu'elle accepte et qu'elle donne une date. Une réponse qui accepte sans date te laisse dans le flou sur ton dernier jour, donc sur ton dernier salaire. Si elle propose une date plus tardive que la tienne, c'est cette date-là qui vaut, à toi de l'accepter ou de rester jusqu'au bout du préavis.

Si ton employeur refuse, ton préavis se fait en entier. Il te reste un levier : tes congés payés. D'après la même fiche de service-public sur la démission, tu peux, d'un commun accord, poser des congés pendant ton préavis sans le prolonger. Tu cesses de venir plus tôt, tu restes payé, et ton contrat finit à la même date. Mais tant que tu es en congés pendant ton préavis, tu ne peux pas commencer ailleurs. Et ton employeur ne peut pas te les imposer, pas plus que tu ne peux les prendre sans lui.

Ce que tu perds, ce que tu gardes

Une seule question décide de l'argent du préavis : qui a demandé la dispense. Si c'est toi, tu renonces au salaire des semaines non travaillées. Si c'est ton employeur, il te les paie quand même, sous forme d'indemnité compensatrice. Les montants selon ton salaire et les autres situations sont sur la dispense de préavis, salaire par salaire.

Quoi qu'il arrive, ton employeur te doit à ton départ le salaire jusqu'à ton dernier jour, l'indemnité pour tes congés payés acquis et non pris, et les primes prévues par ton contrat. Ta démission, avec ou sans préavis, ne t'ouvre en revanche ni indemnité de rupture ni allocation chômage, sauf si France Travail la reconnaît comme légitime. Partir sans préavis ne change rien à ce point, dans un sens comme dans l'autre. Hors démission légitime, tu ne gardes pas non plus ta mutuelle d'entreprise après ton départ.

Si tu pars sans accord, ton employeur ne te verse rien pour la période non faite et peut te réclamer devant le conseil de prud'hommes le salaire du préavis manquant : 2 500 € pour 1 mois à 2 500 € brut. La fiche du Code du travail numérique ajoute qu'il peut obtenir des dommages et intérêts s'il prouve un préjudice particulier, et se retourner contre ton nouvel employeur.

Dernier frein, même avec une dispense : une clause de non-concurrence dans ton contrat t'interdit de rejoindre un concurrent, que tu fasses ton préavis ou non.

Ce qui se passe dans ce cas est détaillé sur l'abandon de poste et ses conséquences. La durée exacte de ton préavis, selon ta convention collective et ton ancienneté, se trouve sur le préavis de démission, convention par convention.