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Un abandon de poste, ça te coûte combien ?

Rien ne t'est versé, et une ligne peut t'être réclamée. Si ton employeur te met en demeure de justifier ton absence et de reprendre ton poste, et que tu ne le fais pas dans le délai qu'il a fixé, tu es présumé démissionnaire : aucune indemnité de rupture, aucune allocation chômage, et le préavis que tu n'as pas effectué reste dû. Ce mécanisme ne vaut que pour un CDI : il ne concerne ni les salariés en CDD, ni ceux qui sont en période d'essai.

Si ta convention collective fixe 2 mois de préavis et que tu es payé au SMIC, ce sont 3 734 € que ton employeur peut te réclamer devant le conseil de prud'hommes. C'est la seule ligne de ce départ qui passe du côté du débit.

Règles vérifiées le .

Deux zéros, et quatre mois sans rien

Ce qu'un abandon de poste mené à son terme laisse, et ce qu'il ferme.

0 €

l'indemnité de rupture d'une démission présumée

121 jours

sans allocation avant de pouvoir demander un réexamen à l'instance paritaire

0 sur 12 mois

de mutuelle d'entreprise gardée, là où une rupture conventionnelle ouvre le maximum

Ce qui tombe sur ton dernier bulletin

Le solde de tout compte d'un salarié présumé démissionnaire.

Ce qui tombe sur ton dernier bulletin
La ligneAprès un abandon de posteCe qui la fixe
Salaire des jours d'absence0 €Ton contrat est suspendu : tu n'es pas rémunéré
Indemnité de rupture0 €Une démission n'en ouvre aucune
Préavis non effectuéÀ ta chargeTu es tenu de l'effectuer, il court dès la date limite
Congés payés non prisVersésIls sont inventoriés au solde de tout compte
Mutuelle d'entrepriseElle s'arrêteLa portabilité suit le droit au chômage
Allocation chômageFerméeUne démission n'ouvre pas de droit

Ces six lignes viennent du Code du travail numérique, « Quelles sont les conséquences d'un abandon de poste sur le contrat de travail ? », qui pose la suspension du contrat, le préavis dû et l'absence d'allocation. Les trois documents de fin de contrat te sont remis comme après n'importe quelle démission : certificat de travail, reçu pour solde de tout compte et attestation destinée à France Travail.

Cinq situations où la facture ne tombe pas

Rien de tout cela n'est automatique, et chacune se joue avant que la procédure aille à son terme.

Cinq situations où la facture ne tombe pas
Ce qui arriveCe que ça change pour toi
Tu es en CDD, ou en période d'essaiLa présomption de démission ne te concerne pas : c'est un mécanisme du CDI. D'autres règles s'appliquent alors à ton absence, et cette page ne les traite pas.
Ton employeur ne t'envoie aucune mise en demeureRien ne se rompt. Ton contrat est seulement suspendu : pas de salaire, mais pas de préavis dû non plus, et tu fais toujours partie des effectifs.
Il te dispense du préavis, ou vous en convenez ensembleIl n'y a plus rien à te réclamer. C'est la seule façon d'annuler la ligne qui coûte.
Tu justifies ton absence par un motif légitimeLa procédure ne doit pas être menée à terme. Ton contrat continue, et ton droit à l'allocation reste entier.
Tu attends 121 jours et l'instance paritaire réexamine ton dossierL'allocation peut t'être attribuée à compter du 122e jour de chômage non indemnisé. Elle peut aussi t'être refusée.

Le délai laissé par la mise en demeure ne peut pas être inférieur à 15 jours calendaires, week-ends et jours fériés compris, et son point de départ est le jour de présentation de la lettre recommandée ou de sa remise en main propre. C'est un plancher, pas une durée : la date qui compte est celle écrite dans le courrier. Source : service-public.gouv.fr, « Qu'est-ce qu'un abandon de poste par un salarié dans le secteur privé ? », vérifiée le 6 août 2026.

Chiffre ce que ce départ te fait perdre

L'indemnité légale de licenciement est le plancher d'une rupture conventionnelle. Elle dépend de ton ancienneté et de ton salaire, et c'est le montant exact auquel un abandon de poste te fait renoncer.

Le préavis est la seule ligne qui peut te coûter de l'argent

Le salarié présumé démissionnaire est tenu de respecter un préavis de démission, sauf si son employeur l'en dispense ou si les deux en conviennent autrement. Ce préavis ne démarre pas au jour où tu as cessé de venir : il court à partir de la date limite de reprise inscrite dans la mise en demeure.

Tu n'es pas là pour l'effectuer, et c'est là que la facture apparaît. La fiche « Démission d'un salarié » de service-public.gouv.fr est explicite : si le salarié ne respecte pas le préavis, l'employeur n'a pas à lui verser l'indemnité compensatrice et peut lui en réclamer le paiement devant le conseil de prud'hommes.

Combien ? La même fiche pose une condition avant de répondre : dans le cas général, la loi ne fixe pas la durée du préavis de démission. C'est ta convention collective qui la fixe, et elle varie surtout avec ton statut et ton ancienneté. Seules quelques professions ont une durée écrite dans la loi, comme le voyageur représentant placier ou le journaliste professionnel. Pour trouver la tienne, le préavis de démission a sa page.

À 2 mois de préavis et au SMIC mensuel brut, la somme réclamable est de 3 734 €. Ce n'est pas une amende, et personne ne te la prélève d'office : c'est une créance que ton employeur peut décider de poursuivre, ou pas.

La mutuelle d'entreprise s'arrête à la fin du contrat

Quand un contrat de travail se termine, la complémentaire santé de l'entreprise peut continuer à te couvrir gratuitement pendant un temps. C'est la portabilité, et elle vaut jusqu'à 12 mois, dans la limite de la durée de ton dernier contrat.

Elle a une condition, et c'est elle qui décide ici : la cessation du contrat doit ouvrir droit à une prise en charge par l'Assurance chômage. La fiche donne ses exemples : démission légitime, rupture conventionnelle homologuée, licenciement sauf faute lourde, fin de CDD. Une démission ordinaire n'y figure pas, et la fiche sur la démission le dit en toutes lettres : hors cas légitime, elle ne permet pas de garder la complémentaire santé à la fin du contrat.

Un abandon de poste mené à son terme te fait donc perdre les deux ensemble, et pour la même raison. Ce n'est pas une sanction supplémentaire : c'est la portabilité qui suit le droit à l'allocation, mécaniquement.

Pourquoi un abandon de poste n'ouvre plus le chômage

Un abandon de poste menait autrefois à un licenciement pour faute grave. Le salarié y perdait son indemnité et son préavis, mais la rupture restait une perte involontaire d'emploi, donc l'allocation lui était ouverte. C'est le mécanisme que décrivent encore beaucoup de pages, y compris en première page des résultats, et il n'existe plus.

La loi du 21 décembre 2022 a ajouté au code du travail l'article L.1237-1-1, et le décret du 17 avril 2023 en a fixé la mise en œuvre. Depuis, le salarié qui ne reprend pas son poste après une mise en demeure est présumé démissionnaire, et France Travail range l'abandon de poste parmi les démissions. Ce qui change pour ton portefeuille tient en une phrase : la porte que l'ancien mécanisme laissait ouverte est fermée.

L'organisme qui verse le dit de son côté sans détour, et il ajoute une conséquence de papier qui compte pour la suite : l'Unédic rappelle qu'une démission ne donne pas droit aux allocations, et que ton employeur devra inscrire démission comme motif de rupture sur l'attestation remise à France Travail. C'est ce document qui ouvre ou ferme ton dossier, et il ne se corrige pas tout seul.

Le détail du droit à l'allocation, les cinq motifs qui arrêtent la procédure et la façon de contester devant le conseil de prud'hommes vivent sur la page consacrée au chômage après un abandon de poste.

Ce que les autres façons de partir laissent

Une rupture conventionnelle ouvre une indemnité qui ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, sans condition d'ancienneté, et elle ouvre l'allocation. Un licenciement ouvre l'indemnité légale, sauf faute grave ou lourde, où elle n'est pas versée à moins qu'une disposition conventionnelle ne le prévoie.

Le comparatif complet des cinq façons de quitter un CDI, avec ce que chacune ouvre et ce qu'elle ferme, est sur la page qui les met côte à côte.