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Combien te coûte la mutuelle obligatoire de ton entreprise ?

Données vérifiées le 17 août 2026

Ton employeur doit financer au moins 50 % de la cotisation, et rien ne l'empêche d'aller au-delà. Sur une cotisation de 40 € par mois, ta part plafonne donc à 20 € - plus la CSG-CRDS due sur la part qu'il verse, que personne ne compte jamais. Ton coût réel :

21,94 €

par mois sur cette cotisation de lecture, quand ton employeur s'en tient au minimum légal. Ce n'est pas un tarif moyen : la cotisation dépend du contrat souscrit par ton employeur, et le tableau plus bas te laisse poser la tienne.

Ce que ça te coûte par an, sur une cotisation de 40 € par mois

Selon ce que ton employeur finance. Le minimum légal est la moitié, et le zéro n'existe pas : la CSG-CRDS reste due sur sa part.

263 €

s'il s'en tient au minimum légal de 50 %

155 €

s'il finance 75 % de la cotisation

47 €

s'il finance la totalité : il te reste la CSG-CRDS sur ce qu'il verse

Ta part selon la cotisation de ton contrat

Ton employeur au minimum légal. Trouve la ligne la plus proche de la cotisation totale inscrite sur ta notice ou ton bulletin.

Ta part selon la cotisation de ton contrat
Cotisation mensuelle totaleTa part de cotisationTon coût réel par mois
30 €15 €16,46 €
40 €20 €21,94 €
50 €25 €27,43 €
60 €30 €32,91 €
80 €40 €43,88 €

Part employeur au minimum légal de 50 %, source service-public.gouv.fr fiche F20739. Le coût réel ajoute à ta part la CSG-CRDS de 9,70 % due sur la contribution de ton employeur, prélevée sur ta paie (URSSAF). Les cinq cotisations listées sont des repères de lecture, jamais des tarifs constatés : aucun texte ne fixe le prix d'une mutuelle d'entreprise.

Peux-tu refuser d'y adhérer ? Les cas de dispense

L'adhésion est obligatoire par principe. Ces situations, et elles seules, ouvrent une dispense - trouve la tienne.

Peux-tu refuser d'y adhérer ? Les cas de dispense
Ta situationDispense possibleCe que tu dois faire
Tu es déjà couvert par la mutuelle collective obligatoire d'un proche, comme ayant droitOui, pour la santé seulementDemande à l'embauche, à la mise en place du régime, ou à la prise d'effet de l'autre couverture
Tu as déjà un contrat individuelOui, mais seulement jusqu'à l'échéance de ce contratDemande à l'embauche ou à la mise en place du régime
Tu bénéficies de la complémentaire santé solidaireOui, tant que tu en bénéficiesDemande à l'embauche, à la mise en place, ou à la prise d'effet de la C2S
Ta cotisation atteint 10 % de ton salaire brut (apprenti ou salarié, CDI ou CDD, temps partiel compris)Oui si l'acte qui institue le régime le prévoit, et l'employeur est alors tenu d'accepterDemande par écrit, obligatoire
Tu es en CDD ou en mission de 3 mois ou moins, ou à temps partiel de 15 heures ou moins par semaineOui, et tu touches en contrepartie le « versement santé »Demande à l'embauche ou à la mise en place, et ton contrat individuel doit être « responsable »
Tu es en CDD de moins de 12 moisOui, même sans autre couverture, si l'acte qui institue le régime le prévoitDemande, l'employeur est alors tenu d'accepter
Tu es en CDD de 12 mois ou plusOui si l'acte le prévoit, à condition d'être couvert ailleurs pour les mêmes garantiesFournis les justificatifs de cette autre couverture
Tu étais déjà dans l'entreprise quand le régime a été mis en place par décision unilatérale, avec une participation à ta chargeOui, et cette dispense couvre aussi la prévoyance et la retraite supplémentaireDemande par écrit, au jour de la mise en place ou de sa modification

Source : service-public.gouv.fr, fiche F20740 « Peut-on refuser la mutuelle ou la prévoyance de son entreprise ? », page vérifiée par son éditeur le 16 mai 2024 et relue par nous le 17 août 2026. Sauf mention contraire, chaque dispense ne vaut que pour le remboursement des frais de santé, et non pour l'incapacité, l'invalidité, le décès et la retraite supplémentaire.

Comment ton coût réel se calcule, ligne par ligne

Deux prélèvements distincts, et le second est celui que les pages commerciales omettent.

1. Ta part de cotisation. Elle est retenue sur ton salaire brut, comme n'importe quelle cotisation - et c'est précisément ce qui la rend déductible. Elle n'est donc pas « déduite de ton net » : elle fait baisser ton net à payer en passant par le brut. Sur une cotisation totale de 40 € avec un employeur au minimum légal, la retenue est de 20 €.

2. La CSG-CRDS sur la part de ton employeur. Sa contribution n'est pas du salaire, mais elle entre dans l'assiette de la CSG et de la CRDS, qui sont à ta charge. Au taux de 9,70 %, sur une part employeur de 20 €, cela fait 1,94 € par mois.

Et cette assiette est plus dure que celle de ton salaire. Les CSG-CRDS sur un salaire se calculent après un abattement de 1,75 % au titre des frais professionnels, donc sur 98,25 % du montant. Sur la contribution qui finance ta complémentaire santé, l'URSSAF est explicite : elle est soumise aux CSG-CRDS sans abattement pour frais professionnels. La totalité de ce que verse ton employeur est donc frappée, là où ton salaire ne l'est qu'à 98,25 %.

Le total. 20 € de cotisation plus 1,94 € de CSG-CRDS, soit 21,94 € par mois et 263 € sur l'année.

Ce qui sort de ce partage. Les garanties facultatives que tu souscris en plus du socle - une surcomplémentaire, une option dentaire renforcée - sont à ta charge intégrale : le minimum légal porte sur la cotisation du régime obligatoire mis en place par ton employeur, pas sur ce que tu ajoutes par-dessus.

Cette ligne se lit dans ton net, pas dans ton brut

Ta part de mutuelle est retenue sur ton brut, au milieu des autres cotisations. Pour voir ce qu'il te reste réellement, pars du brut et descends jusqu'au net : le simulateur détaille chaque prélèvement, tranche par tranche.

Ce que le contrat collectif t'apporte, et ce qu'il ne couvre pas

Une dispense ne veut pas dire partir sans rien. Si tu es en CDD ou en mission de 3 mois ou moins, ou à temps partiel de 15 heures ou moins par semaine, la dispense s'accompagne du « versement santé » : une participation de ton employeur au financement de ta couverture individuelle. Il faut pour cela que ton contrat individuel soit « responsable », c'est-à-dire qu'il respecte les conditions de prise en charge prévues par les textes. C'est le point que les pages commerciales oublient systématiquement, et il change le calcul : refuser le contrat collectif ne signifie pas renoncer à l'argent de ton employeur.

Deux avantages du contrat collectif ne dépendent ni de ton âge ni de ton état de santé, et ils sont rarement mis en avant :

  • Aucun questionnaire de santé. Le contrat doit être solidaire : tu ne peux pas être soumis à un questionnaire de santé, ni être tarifé en fonction de ton état de santé. Sur un contrat individuel, c'est l'inverse qui est la règle.
  • Le tiers payant sur le panier 100 % santé. Depuis le 1er janvier 2022, les contrats responsables prévoient l'acceptation du tiers payant, c'est-à-dire la dispense d'avance de frais, sur les équipements et les soins du panier 100 % santé en optique, dentaire et audiologie.

En revanche, un contrat responsable ne prend jamais en charge quatre choses, et elles restent à ta charge quel que soit ton niveau de garanties :

  • la participation forfaitaire de 2 € par acte de consultation chez un médecin de ville, en établissement ou en centre hospitalier, dans la limite de 50 € par an et par personne ;
  • les franchises médicales sur les médicaments et les transports sanitaires, elles aussi plafonnées à 50 € par an et par personne ;
  • la majoration de ta participation si tu n'as pas désigné de médecin traitant, ou si tu consultes un autre médecin sans prescription du tien - le « hors parcours de soins » ;
  • les dépassements d'honoraires quand tu consultes un spécialiste auquel la loi ne permet pas d'accéder directement sans passer par un médecin traitant.

Ces quatre postes ne sont pas des lacunes de ton contrat : la réglementation interdit à un contrat responsable de les rembourser. Un contrat qui le ferait perdrait le régime social et fiscal favorable dont il bénéficie.

Où cette ligne apparaît sur ton bulletin de paie

Tu ne verras pas une ligne « mutuelle » mais deux mouvements, et ils ne sont pas au même endroit.

Ta part, dans la colonne des cotisations. Elle apparaît sous un intitulé de complémentaire santé ou de frais de santé, dans le bloc des retenues salariales, et elle fait baisser ton net à payer. Comme toute cotisation, elle se retient sur le brut.

La contribution de ton employeur, dans l'assiette de la CSG-CRDS. Elle ne t'est pas versée et n'apparaît pas comme un revenu, mais elle gonfle la base sur laquelle la CSG et la CRDS sont calculées - et sans l'abattement de 1,75 % dont bénéficie ton salaire. C'est le mécanisme qui explique pourquoi ton coût réel dépasse ta part de cotisation.

Ta part est par ailleurs déductible de ton revenu imposable, dans une limite fixée par l'article 83 du code général des impôts. Le plafond exact dépend de ta rémunération et du plafond annuel de la sécurité sociale ; il n'est pas publié sur cette page faute d'avoir pu être vérifié à la source, et il vaut mieux une valeur absente qu'une valeur approximative sur un montant que tu porterais dans ta déclaration.

Pour lire l'ensemble de ton bulletin ligne par ligne, le guide de la fiche de paie détaille chaque bloc, et la différence entre brut et net reprend la chaîne complète des prélèvements. Les deux calculent hors mutuelle d'entreprise : cette page est le complément qui manque à leur exemple.

Pour aller plus loin

Le plancher de remboursement que ton contrat ne peut pas descendre

Quel que soit l'organisme retenu par ton employeur, ton contrat doit couvrir au minimum ce socle, appelé panier de soins minimal :

  • Consultations, actes et prestations : l'intégralité du ticket modérateur, pour ce qui est remboursable par l'Assurance maladie. La source précise que « des exceptions peuvent exister ».
  • Hospitalisation : la totalité du forfait journalier hospitalier.
  • Dentaire, prothèses et orthodontie : 125 % du tarif conventionnel.
  • Optique : un forfait par période de 2 ans, d'au moins 100 € pour une correction simple et de 150 €, voire 200 €, pour une correction complexe. Le forfait est annuel pour les enfants et en cas d'évolution de la vue.

C'est un PLANCHER : ton contrat peut aller bien au-delà, et c'est le tableau de garanties de ta notice d'information qui fait foi, jamais ce socle légal. Panier fixé par l'article D911-1 du code de la sécurité sociale.

Ce que devient ta mutuelle quand tu quittes l'entreprise

Tu continues à bénéficier des garanties de ton ancienne entreprise : c'est la portabilité. Trois conditions, toutes nécessaires : tu avais adhéré à la couverture, la rupture de ton contrat a un motif autre que la faute lourde, et cette rupture ouvre droit à une prise en charge par l'Assurance chômage.

La démission n'est pas exclue, contrairement à ce qu'on lit souvent. La condition porte sur l'ouverture de droits au chômage, jamais sur la nature de la rupture : la source cite en premier exemple la démission légitime, puis la rupture conventionnelle homologuée, le licenciement y compris économique (sauf faute lourde) et la fin d'un CDD. Si ta démission t'ouvre des droits, elle t'ouvre la portabilité. Le guide du chômage après une démission détaille les cas reconnus.

Combien de temps. Une durée égale à ta période d'indemnisation du chômage, dans la limite de la durée de ton dernier contrat de travail - ou de tes derniers contrats consécutifs chez le même employeur - sans jamais excéder 12 mois. Ce n'est donc pas « 12 mois » par défaut : c'est le plus court des trois. Elle s'applique dans les mêmes conditions à tes ayants droit qui en bénéficiaient à la date de cessation.

Ce que tu dois faire, et ce qui y met fin. Tu dois justifier auprès de la mutuelle de ta prise en charge par le régime d'assurance chômage, puis l'informer quand le versement des allocations cesse. La couverture s'arrête à l'expiration de tes droits, ou dès qu'un nouvel emploi met fin à ton indemnisation.

Après la portabilité, le dispositif dit « loi Evin ». L'organisme assureur doit t'adresser une proposition de maintien à titre individuel au plus tard 2 mois après la fin de la portabilité, et tu as jusqu'à 6 mois après cette fin pour la demander. Ce contrat est payant, n'est pas limité dans le temps, et ne couvre que les frais de santé - pas la prévoyance. Tes garanties santé sont maintenues à l'identique, mais l'assureur n'est pas obligé de les maintenir pour tes ayants droit.

Et son tarif est plafonné, progressivement. Il ne peut pas dépasser de plus de 50 % les tarifs globaux - parts patronale et salariale réunies - appliqués aux salariés actifs, selon un échelonnement sur 3 ans : la 1re année au tarif des actifs, la 2e année 25 % au maximum au-dessus, la 3e année 50 % au maximum. À partir de la 4e année, le montant de la cotisation est librement fixé.

Ton conjoint et tes enfants peuvent-ils en bénéficier ?

Le régime mis en place par ton employeur couvre au minimum le salarié. L'extension à tes ayants droit - conjoint, partenaire de PACS, enfants - dépend de l'acte qui a institué le régime dans ton entreprise : elle peut être obligatoire, facultative, ou absente.

Quand elle est facultative, la cotisation supplémentaire est le plus souvent à ta charge, et le minimum légal de 50 % ne s'applique pas à cette part-là : il porte sur la cotisation du régime obligatoire. C'est ta notice d'information qui tranche, et le montant apparaît alors comme une retenue distincte sur ton bulletin.

Ton employeur peut-il changer de contrat sans ton accord ?

Le choix de l'organisme appartient à ton employeur, pas à toi : c'est lui qui souscrit le contrat collectif, et il peut en changer. Ce qui te protège n'est donc pas un droit de veto, c'est le plancher de garanties - un nouveau contrat reste tenu au panier de soins minimal détaillé plus haut, et à 50 % de financement au minimum.

Deux réflexes utiles quand un changement est annoncé : demander la nouvelle notice d'information, qui est le document qui fait foi sur les garanties, et comparer la nouvelle cotisation à l'ancienne sur ton bulletin - ta part peut bouger sans que le taux de prise en charge ait changé, simplement parce que la cotisation totale a été renégociée.

Si ton entreprise applique une convention collective, celle-ci peut imposer des garanties supérieures au minimum légal. Le guide des conventions collectives explique comment identifier la tienne sur ton bulletin.

Questions fréquentes sur la mutuelle d'entreprise obligatoire

La mutuelle n'est qu'une ligne de ce que tu touches vraiment

Titres-restaurant, épargne salariale, primes, complémentaire santé : chaque dispositif suit ses propres règles et sa propre fiscalité. Commence par le chiffre qui les commande tous, ton net.

À lire ensuite

Les autres lignes qui composent ton revenu réel, et l'outil qui les met en perspective.

Sources

  • Service-public.gouv.fr, fiche F20739 « Complémentaire santé d'entreprise (mutuelle santé) » : participation minimale de l'employeur, panier de soins minimal, garanties du contrat responsable, contrat solidaire, tiers payant sur le panier 100 % santé, postes exclus (titre réel de la page lu et comparé au sujet le 17 août 2026).
  • URSSAF, « La CSG-CRDS » : taux de CSG et de CRDS, abattement de 1,75 % pour frais professionnels et son plafonnement, et l'assujettissement de la contribution patronale de complémentaire santé sans cet abattement (titre réel de la page lu et comparé au sujet le 17 août 2026).
  • Code de la sécurité sociale, article D911-1 pour le panier de soins minimal, articles L911-1 à L911-8 pour les garanties complémentaires des salariés, article L871-1 et articles R871-1 à R871-2 pour le contenu du contrat responsable. Code général des impôts, article 83, pour les conditions d'exonération fiscale des cotisations. Ces articles sont cités en texte et non en lien : ils sont référencés par la fiche F20739, mais le titre réel des pages cibles n'a pas été lu, et un identifiant dont le sujet n'est pas vérifié ne se publie pas en lien.

Données indicatives basées sur les sources publiques. Aucun texte ne fixe le prix d'une mutuelle d'entreprise : la cotisation dépend du contrat souscrit par ton employeur, et c'est ta notice d'information qui fait foi sur tes garanties comme sur la répartition de la cotisation.