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Combien de temps peut durer ta période d'essai, et que se passe-t-il si elle s'arrête ?

C'est ta catégorie professionnelle qui décide, jamais l'ancienneté ni le poste : 2 mois si tu es ouvrier ou employé, 3 mois agent de maîtrise ou technicien, 4 mois cadre. C'est ce que fixe l'article L1221-19 du Code du travail, et rien ne peut t'imposer plus long.

8 mois

le plafond absolu, renouvellement compris, et il ne concerne que les cadres

4 mois pour un ouvrier ou un employé, 6 pour un agent de maîtrise

Ce que l'essai change à ce que tu touches, et qui ne se lit dans aucune durée

Trois faits qui décident de ton mois, et qu'on ne te dit pas en te faisant signer.

rien du tout

ce que l'essai retire à ta paie : ta rémunération pendant l'essai est celle fixée par ton contrat, minimum de ta convention collective compris

jusqu'au bout du délai

ce que ton employeur te doit s'il te renvoie sans respecter le délai de prévenance : tous les salaires et avantages que tu aurais perçus jusqu'à sa fin, indemnité de congés payés comprise

65 jours

le temps de travail qui sépare une rupture de ton fait d'un dossier de chômage rejeté, et il se cumule sur plusieurs emplois

La durée maximale de ta période d'essai, catégorie par catégorie

Ta catégorie figure sur ton contrat et sur ton bulletin de paie. C'est elle qui décide, pas le niveau du poste.

La durée maximale de ta période d'essai, catégorie par catégorie
Ta catégorie professionnelleDurée initialeRenouvellement compris
Ouvrier ou employé2 mois4 mois
Agent de maîtrise ou technicien3 mois6 mois
Cadre4 mois8 mois

Durées initiales de l'article L1221-19 et plafonds avec renouvellement de l'article L1221-21, lus sur Légifrance le 22 septembre 2026, tous deux en vigueur depuis le 27 juin 2008. La fiche « Période d'essai pour un salarié » du service public, vérifiée par son éditeur le 12 août 2026, publie les mêmes valeurs.

Et si ton contrat n'est pas un CDI

Cinq régimes distincts, et aucun ne suit la grille du CDI.

Et si ton contrat n'est pas un CDI
Ton contratLa durée de ton essai
CDD de 6 mois ou moins1 jour par semaine de travail, sans dépasser 2 semaines
CDD de plus de 6 mois1 mois au maximum
CDD sans terme précisCalculée de la même façon sur la durée MINIMALE inscrite au contrat
Mission d'intérim d'un mois au plus2 jours
Mission d'intérim de 1 à 2 mois3 jours
Mission d'intérim de plus de 2 mois5 jours
Contrat d'apprentissageAucune période d'essai : le contrat se rompt librement pendant les 45 premiers jours, consécutifs ou non, de formation PRATIQUE en entreprise
Contrat de professionnalisation, portage salarialCelle du CDD ou celle du CDI, selon le contrat conclu
Temps partielLa même qu'à temps plein, et jamais plus longue en jours de calendrier

Durées relevées le 22 septembre 2026 dans la fiche « Période d'essai en CDI ou CDD : quelle durée maximale ? » du Code du travail numérique, qui cite les articles L1242-10 pour le CDD, L1251-14 pour l'intérim, L6222-18 pour l'apprentissage et L3123-5 pour le temps partiel. Le détail du CDD, ses délais de prévenance et ce que sa rupture ouvre vivent sur la page qui en est propriétaire.

Ta convention collective peut raccourcir ton essai, jamais l'allonger

C'est le point sur lequel on se fait le plus souvent avoir, parce que trois des pages qui se classent devant celle-ci présentent encore l'accord de branche comme s'il pouvait rallonger l'essai. Le ministère du Travail écrit l'inverse, mot pour mot dans sa fiche sur la période d'essai : ces durées ont un caractère impératif, à l'exception de durées plus courtes fixées par un accord collectif conclu après le 26 juin 2008, ou plus courtes fixées dans ton contrat.

Le Code du travail numérique en tire trois cas de figure. Sans accord d'entreprise et avec une convention de branche conclue AVANT le 26 juin 2008, c'est le Code du travail qui s'applique et la branche est écartée. Sans accord d'entreprise et avec une branche conclue APRÈS cette date, c'est la branche si elle est plus courte. Avec un accord d'entreprise, c'est lui qui gagne sur la branche, plus court ou plus long, à condition de ne pas dépasser le Code du travail. Dans les trois cas, le plafond légal tient.

Et l'essai ne se présume jamais : il n'existe que s'il est expressément écrit dans ton contrat ou dans ta lettre d'engagement. La possibilité de le renouveler doit y figurer séparément. Rien n'est écrit, il n'y a pas d'essai, et ton employeur ne peut alors pas te renvoyer avec le préavis abrégé de la section suivante.

L'intérim est la seule exception, et elle va dans l'autre sens

Sur le contrat de mission, la même fiche du Code du travail numérique écrit que la durée de la convention de branche s'applique « qu'elle soit plus courte ou plus longue que celle prévue par le Code du travail ». Les deux jours, trois jours et cinq jours du tableau ci-dessus sont donc un DÉFAUT et pas un plafond : en intérim, il faut lire son accord de branche.

Les trois conditions du renouvellement, et il faut les trois

Le renouvellement n'a rien d'automatique. L'article L1221-21 pose qu'il n'est possible qu'une fois, et seulement si un accord de branche étendu le prévoit ; c'est cet accord qui en fixe les conditions et la durée. La fiche « Période d'essai pour un salarié » du service public y ajoute les deux autres conditions, et les trois sont cumulatives : une seule qui manque, et le renouvellement ne vaut pas.

  1. Un accord de branche étendu prévoit le renouvellement.
  2. La possibilité de renouveler est clairement indiquée dans ton contrat de travail ou dans ta lettre d'engagement.
  3. Tu as donné ton accord PENDANT la période initiale, par écrit ou par courriel. Un accord donné après coup, ou une signature arrachée le dernier jour au motif que l'essai est déjà fini, ne remplit pas cette condition.

Comment ta date de fin se calcule

La période d'essai se décompte de manière calendaire : tous les jours du calendrier comptent, samedis, dimanches et jours fériés compris. La règle vient d'un arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation du 28 avril 2011, que le ministère du Travail reprend telle quelle - « sauf disposition conventionnelle ou contractuelle contraire, toute période d'essai, qu'elle soit exprimée en jours, en semaines ou en mois, se décompte de manière calendaire ».

Elle démarre le premier jour de travail et ne peut pas être décalée. Le décompte est le même à temps plein et à temps partiel. L'exemple que publie le service public tient en une ligne : une période de deux mois commencée un 13 mars prend fin le 12 mai à minuit, même si ce dernier jour tombe un dimanche ou un jour férié.

Ce qui se retire de ton essai, et que ton employeur oublie souvent

Ton essai n'est pas toujours celui que ton contrat annonce : quand ton employeur a déjà eu l'occasion de te juger au travail, la loi lui retire d'autant de temps pour le faire. Quatre situations le déclenchent, et aucune ne demande de démarche de ta part.

  • Ton CDD se poursuit en CDI. La durée du ou des CDD se déduit de l'essai du CDI. La Cour de cassation a jugé le 19 juin 2024 que c'est la GLOBALITÉ de la relation qu'on retient, et pas seulement le dernier contrat : plusieurs CDD séparés par de courtes interruptions se cumulent.
  • Tu étais en mission d'intérim dans l'entreprise. La durée des missions accomplies chez elle au cours des trois mois précédant l'embauche se déduit de l'essai du nouveau contrat.
  • Tu sors d'un stage. Si tu es embauché dans les trois mois suivant un stage intégré à un cursus pédagogique de dernière année, la durée du stage se déduit de l'essai, sans pouvoir le réduire de plus de la moitié. Et si l'emploi correspond aux activités qu'on t'avait confiées, elle se déduit INTÉGRALEMENT.
  • Tu sors d'un contrat d'apprentissage. Si la même entreprise t'embauche ensuite, en CDI, en CDD ou en intérim, aucune période d'essai ne peut t'être imposée, sauf disposition conventionnelle contraire.

Le ministère du Travail va plus loin sur un cas qui se répand : si tu as déjà travaillé pour cette société sous une autre forme, en tant qu'auto-entrepreneur par exemple, et qu'elle a eu l'occasion d'apprécier tes aptitudes professionnelles à cette occasion, une clause d'essai dans ton contrat n'est pas fondée - l'essai sert à t'évaluer, et l'évaluation a déjà eu lieu.

Le préavis que chacun doit à l'autre pour rompre

Ce n'est pas le même des deux côtés, et c'est le point où l'écart se chiffre en euros.

Le préavis que chacun doit à l'autre pour rompre
Depuis combien de temps tu es dans l'entrepriseSi c'est ton employeur qui romptSi c'est toi qui romps
Moins de 8 jours24 heures24 heures
Entre 8 jours et 1 mois48 heures48 heures
Entre 1 et 3 mois2 semaines48 heures
Après 3 mois1 mois48 heures

Délais relevés le 22 septembre 2026 dans la fiche « Période d'essai pour un salarié » du service public, vérifiée par son éditeur le 12 août 2026. Côté employeur, le délai ne s'applique que si ton contrat prévoit un essai d'au moins une semaine. Côté salarié, aucun formalisme n'est imposé.

Ce que ta fin d'essai fait à ton droit au chômage

La fiche du service public s'arrête à une phrase : la rupture de la période d'essai par le salarié ne donne pas droit à l'allocation chômage, « mais il existe des exceptions ». Elle ne les nomme pas. L'Unédic, qui écrit le règlement, les publie, et elles reposent sur un seuil unique.

Pour être considéré comme involontairement privé d'emploi, tu ne dois pas avoir démissionné en ayant travaillé moins de 65 jours ou 455 heures depuis ton dernier départ volontaire. Ces 65 jours se cumulent sur plusieurs emplois successifs tant que tu n'en démissionnes pas, ce qui est exactement la situation de quelqu'un dont les essais s'enchaînent. En dessous du seuil, la demande est rejetée - mais pas définitivement : au-delà de 121 jours de chômage non indemnisé, une instance paritaire de ta direction régionale de France Travail réexamine ton dossier, et une décision favorable ouvre les allocations dès le 122e jour.

Deux situations échappent au seuil, et l'Unédic les nomme. Si tu as repris un emploi après un licenciement, une fin de CDD ou une rupture conventionnelle sans t'être inscrit à France Travail, et que tu démissionnes de ce nouvel emploi, tu gardes tes allocations à condition qu'il n'ait pas duré plus de 65 jours. Et si tu avais démissionné d'un premier emploi pour en reprendre un second, et que c'est ton employeur qui rompt ce second contrat - l'Unédic cite nommément la rupture de période d'essai à côté du licenciement -, tu es indemnisé même si ce second emploi a duré moins de 65 jours, sous réserve d'avoir travaillé au moins trois ans sans interruption avant.

Rompre un essai est libre, sauf dans quatre cas

Pendant l'essai, chacun rompt le contrat sans procédure, sans motif à donner et sans indemnité de rupture. Aucun formalisme ne t'est imposé quand c'est toi qui pars - mais une lettre avec accusé de réception, ou un courriel avec demande d'accusé, est ce qui prouvera la date si le départ est contesté. C'est la règle, et elle joue dans les deux sens. Elle a des limites, et elles sont réelles.

Le conseil de prud'hommes peut juger la rupture abusive quand son motif n'est pas lié à tes compétences. Un employeur qui rompt parce que la commande est annulée, parce que tu as réclamé un rappel de salaire, ou pour un motif discriminatoire, n'est pas dans l'objet de la période d'essai - qui est de t'évaluer au travail, et rien d'autre. L'essai ne suspend pas non plus les protections particulières : la grossesse, l'accident du travail et le statut de représentant du personnel continuent de produire leurs effets pendant qu'il court.

Enfin, l'essai professionnel n'est pas la période d'essai, et la confusion coûte cher dans les deux sens. Le premier est un test réalisé avant toute embauche, de très courte durée, et il ne constitue pas une période d'emploi. La seconde est la première phase d'un contrat qui existe déjà : tu es salarié, tu es payé, et ton ancienneté court.

Ce que l'allocation vaut, dans ton cas

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Ces durées sont celles du droit commun. Les VRP, les assistants maternels, les salariés du particulier employeur et les contrats conclus au titre de la politique de l'emploi obéissent à des règles propres, et les grilles régionales ou catégorielles de certaines branches sont plus courtes. Données indicatives : ta convention collective et ton contrat peuvent toujours prévoir un essai plus court, et c'est alors le plus court qui s'applique.