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Avocat en droit du travail : combien ça coûte et qui peut payer ?

Il n'y a pas de tarif. L'honoraire d'un avocat est libre et se fixe avec toi dans une convention écrite. Aucune grille publique ne dit ce que ça devrait coûter, et les fourchettes que tu liras ailleurs sont des moyennes d'observation, pas des barèmes. Ce qui est chiffré, c'est tout le reste : 50 € de timbre pour saisir le conseil de prud'hommes, 13 € de droit de plaidoirie, et zéro honoraire si un défenseur syndical te représente, ce que la fiche officielle prévoit expressément.

Règles de représentation, frais de saisine et déduction fiscale vérifiés le auprès de service-public.gouv.fr, « Saisir le conseil de prud'hommes (CPH) », fiche F2360, de service-public.gouv.fr, « Comment consulter gratuitement un avocat ? », fiche F20706, de service-public.gouv.fr, « Aide juridictionnelle lors d'une procédure en France », fiche F18074 et de impots.gouv.fr, « Puis-je déduire mes frais d'avocat suite à mon licenciement ? ». Le timbre de saisine a pour base le code général des impôts, article 1635 bis Q, « Contribution pour l'aide juridique ».

Ce qu'une procédure prud'homale te coûte, selon la voie choisie

Trois situations réelles, du moins cher au plus cher. L'écart ne tient pas à la difficulté du dossier : il tient à qui te représente.

50 €

Seul ou avec un défenseur syndical : le timbre de saisine, et rien d'autre

63 €

Avec un avocat et l'aide juridictionnelle totale : le timbre plus le droit de plaidoirie, que l'aide ne couvre pas

5 670 €

Avec un avocat à 6 000 € d'honoraires, salaire net imposable de 30 000 € : ce qu'il reste une fois l'impôt passé

Les quatre voies, et ce qui reste à ta charge

Elles ne sont pas exclusives les unes des autres, à une exception près, signalée sous le tableau.

Les quatre voies, et ce qui reste à ta charge
La voieCe qu'elle couvreCe qui reste à ta charge
Te défendre seulTout, puisqu'il n'y a aucun honoraire. La fiche officielle prévoit que tu te présentes seul à l'audience.Le timbre de saisine, 50 €
Un défenseur syndicalL'assistance et la représentation, à titre gratuit. C'est écrit tel quel dans la fiche.Le timbre de saisine, 50 €
Une garantie protection juridiqueLes honoraires de ton avocat, réglés directement par l'assureur ou remboursés après avance.Le dépassement du plafond de ton contrat, plus le timbre de 50 €
L'aide juridictionnelle100 %, 55 % ou 25 % des honoraires selon ton revenu fiscal de référence. Le timbre de saisine n'est alors pas dû.Le droit de plaidoirie, 13 €, plus la part non couverte en aide partielle

L'aide juridictionnelle totale est ouverte, pour une personne seule, jusqu'à 12 957,00 € de revenu fiscal de référence annuel, soit environ 1 080,00 € par mois. Les plafonds montent avec la taille du foyer fiscal, et les taux partiels vont plus haut : la grille complète, sur sept lignes, est publiée sur la page consacrée à l'aide juridictionnelle. Le droit de plaidoirie n'est couvert par l'aide à aucun taux, pas même à 100 %.

Qui peut t'assister ou te représenter devant le conseil de prud'hommes

La liste est celle de la fiche officielle, et elle est plus large que ce que la plupart des gens imaginent.

Qui peut t'assister ou te représenter devant le conseil de prud'hommes
QuiHonorairesCe que la fiche exige
Toi-mêmeAucunTu peux te présenter seul à l'audience, sans avoir à le justifier.
Un défenseur syndicalGratuitIl peut te représenter ou t'assister. La fiche précise « à titre gratuit ».
Un salarié ou un employeur de la même branche d'activitéLa fiche n'en prévoit aucunUn écrit qui l'autorise à agir en ton nom et pour ton compte.
Ton époux, ton partenaire de PACS ou ton concubinLa fiche n'en prévoit aucunLe même écrit, puisqu'il n'est pas avocat.
Un avocatLibres, fixés dans une convention écriteSa présence n'est pas obligatoire. Pour l'aide juridictionnelle, il doit l'accepter.

Le conseil de prud'hommes est la seule juridiction compétente pour un litige individuel né d'un contrat de travail de droit privé. Cette grille vaut pour lui, et pour lui seul : les règles de représentation devant les autres juridictions ne sont pas publiées par cette fiche, et cette page ne les invente pas.

Pourquoi « c'est déductible » ne veut pas dire que ça te rapporte quelque chose

L'administration fiscale écrit que les honoraires versés à un avocat dans une procédure prud'homale engagée en vue du paiement de salaires sont des frais professionnels déductibles. C'est vrai, et c'est là que la plupart des réponses s'arrêtent. La phrase suivante de la même source est celle que personne ne cite, et c'est elle qui décide : si l'ensemble des frais réels justifiés est moins important que l'abattement forfaitaire de 10 %, l'option la plus favorable est retenue.

Autrement dit, l'abattement de 10 % s'applique par défaut à ton salaire, sans que tu aies rien à justifier. Passer aux frais réels ne t'apporte quelque chose que si tes frais réels dépassent cet abattement, et seule la fraction qui le dépasse compte.

Le cas travaillé. Avec 30 000 € de salaire net imposable, l'abattement vaut 3 000 €. Tant que le total de tes frais réels reste sous 3 000 €, la déduction ne change rien du tout à ton impôt : des honoraires de 3 000 € te font économiser exactement zéro euro. Avec 6 000 € d'honoraires, la fraction utile est de 3 000 €, et l'économie d'impôt réelle est de 330 €. Le coût net des honoraires tombe donc à 5 670 €, et non à ce qu'un pourcentage appliqué à la totalité laisserait espérer.

Ce qui abaisse le seuil. Les autres frais réels de l'année s'additionnent aux honoraires : trajets domicile-travail, repas, formation. Si tu en as déjà pour 1 200 €, le seuil à franchir n'est plus 3 000 € mais 1 800 €. C'est souvent ce qui fait basculer le calcul.

En pratique. Les honoraires se portent sur ta déclaration de revenus l'année de leur paiement, pour leur montant réel et justifié, dans les cases 1AK à 1DK. Conserve les notes d'honoraires 3 ans : elles ne sont à fournir que sur demande de l'administration. L'abattement forfaitaire est lui-même encadré par un plancher et un plafond, que cette page ne chiffre pas faute de source primaire ouverte ; le plafond joue en ta faveur, puisqu'il abaisse l'abattement des hauts salaires et rend donc les frais réels plus faciles à faire valoir.

Le calcul part de ton net imposable, pas de ton brut

Le seuil qui décide de ta déduction se calcule sur le salaire net imposable, celui qui figure sur ton avis d'impôt et non sur ton contrat. Pars de ton brut et regarde ce qu'il donne.

Voir un avocat sans payer, avant de décider quoi que ce soit

Quatre dispositifs donnent accès à une consultation gratuite, et l'administration précise que tu peux en obtenir une quelle que soit ta situation et ta nationalité.

Les points-justice. L'appellation regroupe les points d'accès au droit, les maisons du droit et de la justice et leurs équivalents, qui organisent des permanences juridiques gratuites. Des avocats et des notaires y informent sur les droits et les devoirs, et y aident dans les démarches. Le travail y figure explicitement parmi les domaines traités. Ces permanences se tiennent dans des lieux partenaires : centres communaux d'action sociale, France Services, tribunaux judiciaires. Certaines sont ouvertes à tous, d'autres réservées à un public précis.

Les permanences des barreaux. Chaque barreau français en organise. L'organisation diffère de l'un à l'autre : conditions d'inscription, jours, horaires et durée du rendez-vous se vérifient auprès du barreau dont tu dépends. Le rendez-vous peut avoir lieu à l'ordre des avocats, au tribunal judiciaire ou au cabinet de l'avocat. Dans certaines villes, la consultation peut se tenir par téléphone si tu en fais la demande.

Les associations. Certaines associations d'utilité publique, associations habilitées à exercer les droits de la partie civile et associations familiales organisent des consultations gratuites entre leurs adhérents et un avocat.

Les syndicats. Pour un problème juridique lié à ton travail, tu peux demander de l'aide aux syndicats présents dans ta structure : certains proposent à leurs adhérents des consultations gratuites d'avocats.

La convention d'honoraires est le seul document qui fixe ton prix

L'administration la définit comme le contrat signé entre l'avocat et son client fixant le détail de la rémunération de l'avocat et le montant de ses honoraires. C'est ce document, et lui seul, qui détermine ce que tu paieras : puisqu'il n'existe aucun barème, tout ce qui n'y figure pas n'est pas convenu.

Elle sert aussi ailleurs que dans ta relation avec l'avocat. Pour faire jouer une garantie protection juridique, l'assureur demande une demande écrite comportant tes nom et prénoms, ton numéro d'assuré et un descriptif détaillé du litige, accompagnée de la convention d'honoraires et de tout document justifiant la prise en charge, par exemple une convocation à une audience.

Et en aide juridictionnelle partielle, c'est encore la convention qui fixe la part restant à ta charge. À taux plein, les honoraires sont intégralement pris en charge par l'État ; dans les deux cas, c'est l'avocat qui perçoit la somme, et elle ne t'est jamais versée directement.

Aller plus loin

Le timbre de 50 €, et le délai qui rend une demande irrecevable

Pour introduire ta demande en justice, un timbre fiscal de 50 € est dû. Il s'achète uniquement en ligne, par carte bancaire. Le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle en est dispensé.

Le point qui coûte cher. La contribution doit être acquittée au moment de la demande. En cas de non-paiement, un délai de régularisation d'un mois t'est accordé. Passé ce délai, ta demande est considérée comme irrecevable, et il faut la refaire entièrement.

Ce timbre a pour base le code général des impôts, article 1635 bis Q, intitulé « contribution pour l'aide juridique ».

Le droit de plaidoirie, 13 €, que l'aide ne couvre à aucun taux

C'est le seul montant qui reste dû même en aide juridictionnelle totale. La fiche officielle est explicite : l'aide ne couvre pas le droit de plaidoirie, dont le montant s'élève à 13 €.

La somme est modeste, et c'est précisément pour ça qu'elle surprend : une personne à qui l'État a accordé une prise en charge à 100 % s'attend à ne rien payer. Le savoir avant l'audience évite de le découvrir en recevant la note.

Vérifier ta protection juridique avant de payer quoi que ce soit

Beaucoup de contrats d'assurance comportent une garantie protection juridique sans que leur titulaire le sache : elle se prend à la signature d'un contrat habitation, auto ou accident de la vie. Si tu en as une, tes frais d'avocat peuvent être pris en charge.

Deux modalités existent : l'assureur règle directement les honoraires de ton avocat, ou tu avances les frais et il te rembourse ensuite. Dans les deux cas la prise en charge est plafonnée, et le plafond dépend de ton contrat. Vérifie-le avant toute démarche, plutôt qu'après avoir engagé les frais.

Un point souvent mal compris : même quand c'est l'assurance qui paie, tu restes libre de choisir ton avocat et de déterminer ses honoraires avec lui. L'assureur ne t'impose pas un professionnel.

Ce que cette page ne chiffre pas, et pourquoi

Aucune fourchette d'honoraires. Il n'existe pas de barème officiel des honoraires d'avocat, et les montants qui circulent sont des moyennes d'observation publiées par des éditeurs. Les reprendre ici leur donnerait l'autorité d'un barème qu'ils n'ont pas, et te ferait fonder une décision sur un chiffre que personne ne garantit. La seule question utile à poser à un avocat est celle du mode de facturation, et la réponse s'écrit dans la convention.

Ni ce que la partie perdante peut avoir à rembourser. Un juge peut mettre à la charge d'une partie une somme au titre des frais que l'autre a exposés. Le mécanisme existe, ses conditions ne sont publiées par aucune des fiches consultées pour cette page, et cette page ne publie pas un mécanisme qu'elle n'a pas pu vérifier à sa source.

Ni les règles de représentation devant les autres juridictions. La fiche du conseil de prud'hommes ne les donne pas. Ce qui est écrit plus haut vaut pour le conseil de prud'hommes, et pas au-delà.

Chiffrer ce que la procédure peut te rapporter

Le coût ne se juge que rapporté au gain. Le barème des indemnités prud'homales dit ce qu'un licenciement sans cause réelle et sérieuse peut te faire obtenir, en mois de salaire et par année d'ancienneté.

Questions fréquentes

Les questions auxquelles les moteurs répondent déjà, et ce que les fiches officielles disent réellement.

Cette page décrit des règles de coût et de financement issues de sources publiques. Elle n'est pas une consultation juridique et ne dit pas si ton dossier doit être porté devant le conseil de prud'hommes. Pour un avis sur ta situation, les consultations gratuites décrites plus haut sont le point de départ prévu par les textes, et la page consacrée au barème des indemnités prud'homales chiffre ce qui peut être obtenu.