Barème Macron 2026 : combien d'indemnité aux prud'hommes pour un licenciement abusif ?
À 2 500 € brut par mois et 5 ans d'ancienneté dans une entreprise de 11 salariés ou plus, le conseil de prud'hommes te doit entre 7 500 € et 15 000 € si ton licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse : de 3 à 6 mois de salaire brut, les bornes que fixe l'article L1235-3 du Code du travail. Le juge choisit dans cette fourchette ; il ne peut ni descendre sous le plancher ni dépasser le plafond, sauf licenciement nul.
La grille entière est ci-dessous, année par année, pour les deux tailles d'entreprise. Pour ta situation exacte, le simulateur officiel des indemnités en cas de licenciement abusif applique le même barème à ton ancienneté et à ton effectif.
0,5 mois
Le plancher le plus bas : 1 an d'ancienneté, moins de 11 salariés
20 mois
Le plafond le plus haut : 29 ans d'ancienneté et au-delà
6 mois
Le minimum si le licenciement est nul, et là sans plafond
Combien pour 2, 5 et 10 ans d'ancienneté, à 2 500 € brut
Ce que le barème permet au juge d'accorder, en euros, pour un même salaire
| Ancienneté | 11 salariés et plus (plancher à plafond) | Moins de 11 salariés (plancher) |
|---|---|---|
| 2 ans | 7 500 € à 8 750 € | 1 250 € |
| 5 ans | 7 500 € à 15 000 € | 3 750 € |
| 10 ans | 7 500 € à 25 000 € | 6 250 € |
Montants arrondis à l'euro pour un brut mensuel de 2 500 €. Le plafond est le même quelle que soit la taille de l'entreprise : sous 11 salariés, seul le plancher baisse.
Le barème Macron entier (article L1235-3) : plancher et plafond par année d'ancienneté
En mois de salaire brut, tel que l'article L1235-3 du Code du travail le fixe depuis le 1er avril 2018
| Ancienneté (années complètes) | Plancher, 11 salariés et plus | Plafond, toutes tailles | Plancher, moins de 11 salariés |
|---|---|---|---|
| 0 an | sans plancher | 1 | sans plancher |
| 1 an | 1 | 2 | 0,5 |
| 2 ans | 3 | 3,5 | 0,5 |
| 3 ans | 3 | 4 | 1 |
| 4 ans | 3 | 5 | 1 |
| 5 ans | 3 | 6 | 1,5 |
| 6 ans | 3 | 7 | 1,5 |
| 7 ans | 3 | 8 | 2 |
| 8 ans | 3 | 8 | 2 |
| 9 ans | 3 | 9 | 2,5 |
| 10 ans | 3 | 10 | 2,5 |
| 11 ans | 3 | 10,5 | 3 |
| 12 ans | 3 | 11 | 3 |
| 13 ans | 3 | 11,5 | 3 |
| 14 ans | 3 | 12 | 3 |
| 15 ans | 3 | 13 | 3 |
| 16 ans | 3 | 13,5 | 3 |
| 17 ans | 3 | 14 | 3 |
| 18 ans | 3 | 14,5 | 3 |
| 19 ans | 3 | 15 | 3 |
| 20 ans | 3 | 15,5 | 3 |
| 21 ans | 3 | 16 | 3 |
| 22 ans | 3 | 16,5 | 3 |
| 23 ans | 3 | 17 | 3 |
| 24 ans | 3 | 17,5 | 3 |
| 25 ans | 3 | 18 | 3 |
| 26 ans | 3 | 18,5 | 3 |
| 27 ans | 3 | 19 | 3 |
| 28 ans | 3 | 19,5 | 3 |
| 29 ans | 3 | 20 | 3 |
| 30 ans et au-delà | 3 | 20 | 3 |
« Sans plancher » à 0 année complète : l'article n'y fixe aucun minimum, le juge apprécie. Sous 11 salariés, l'article ne prévoit de plancher réduit que de 1 à 10 ans : au-delà, c'est le plancher général de 3 mois. Le plafond ne dépend jamais de la taille.
Comment lire le barème
L'ancienneté se compte en années complètes (c'est l'en-tête du tableau de l'article, et le simulateur officiel demande « pour 4 ans et 3 mois, indiquez 4 ans »), appréciée à la date d'envoi de la lettre de licenciement (service-public.gouv.fr, « Licenciement abusif : quelles sont les conséquences pour le salarié ? », fiche F33999) : à 4 ans et 11 mois, c'est la ligne « 4 ans » qui s'applique.
Le montant s'exprime en mois de salaire brut. Le juge fixe librement le chiffre à l'intérieur de la fourchette, selon le préjudice : il n'y a pas de montant « automatique », et deux salariés à la même ligne du barème n'obtiennent pas forcément la même somme.
Pour fixer ce montant, le juge peut tenir compte des indemnités de licenciement conventionnelles ou contractuelles que tu as déjà perçues, mais jamais de l'indemnité légale de licenciement : celle-ci se cumule avec l'indemnité du barème (article L1235-3 et fiche F33999). En cas de licenciement économique, l'indemnité du barème se cumule aussi avec celles dues pour non-respect de la procédure ou de la priorité de réembauche, dans la limite du plafond ci-dessus.
Le barème s'applique aux licenciements prononcés après la publication de l'ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017, dans sa version en vigueur depuis le 1er avril 2018. Depuis les deux arrêts de la Cour de cassation du 11 mai 2022, le juge ne peut plus l'écarter au cas par cas ; ce que ces arrêts laissent ouvert est détaillé dans le plafond Macron remis en cause dans trois cas.
Quand le barème ne s'applique pas : le licenciement nul
Le barème encadre le licenciement sans cause réelle et sérieuse. Il ne s'applique pas quand le licenciement est nul, et l'article L1235-3-1 du Code du travail ferme la liste des nullités qui l'écartent : la violation d'une liberté fondamentale ; des faits de harcèlement moral ou sexuel ; un licenciement discriminatoire ; un licenciement consécutif à une action en justice pour l'égalité entre les femmes et les hommes, ou à une dénonciation de crimes et délits ; le licenciement d'un salarié protégé en raison de son mandat ; ou un licenciement pendant une protection liée à la maternité, à un accident du travail ou à une maladie professionnelle. Un licenciement lié à un harcèlement moral ou sexuel que tu as subi ou dénoncé de bonne foi entre dans cette liste, et le ministère du Travail le rappelle (travail-emploi.gouv.fr, « Le harcèlement moral »).
Dans ces cas, tu peux demander ta réintégration. Si tu ne la demandes pas ou si elle est impossible, le même article fixe un plancher égal aux salaires de tes 6 derniers mois, quelles que soient ton ancienneté et la taille de l'entreprise, et aucun plafond : le juge fixe le montant selon le préjudice, et cette indemnité s'ajoute à l'indemnité légale, conventionnelle ou contractuelle de licenciement. À 2 500 € brut chaque mois, le plancher vaut donc 15 000 €, là où le barème à 5 ans s'arrête à 15 000 €.
Brut ou net : impôt et cotisations sur l'indemnité
Le barème se lit en brut, mais l'indemnité qu'il fixe n'est pas un salaire : ce sont des dommages-intérêts. Le site des impôts ouvre par le régime par défaut : les indemnités accordées par un jugement prud'homal « sont traitées dans les conditions de droit commun », à reporter sur la déclaration 2042 aux lignes 1AJ à 1DJ, celles des traitements et salaires (impots.gouv.fr, « Je reçois des indemnités prud'homales, dois-je les déclarer ? »). Toutefois, la même fiche exonère intégralement les indemnités « versées à titre de dommages et intérêts aux salariés qui justifient d'une ancienneté minimum de deux ans dans une entreprise occupant habituellement au moins onze salariés », ainsi que celles accordées pour vice de procédure ou licenciement discriminatoire, et l'indemnité forfaitaire de conciliation dans la limite de son barème.
Service-public, lui, écrit sans condition que l'indemnité pour licenciement abusif n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu (fiche F33999, vérifiée le 12 mars 2026). Au-dessus de deux ans d'ancienneté dans une entreprise d'au moins onze salariés, les deux administrations disent donc la même chose : exonération totale. En dessous, seule la fiche fiscale pose une condition, et c'est elle qui reçoit ta déclaration : la somme se déclare en traitements et salaires, et le système du quotient peut lui être appliqué (case 0XX de la déclaration), quel que soit son montant.
Pour les cotisations sociales, l'Urssaf pose une règle qui se lit sur un total : les indemnités accordées par le juge sont exonérées « lorsque la totalité des indemnités de rupture est d'un montant inférieur à deux Plafonds annuels de Sécurité sociale », soit 96 120 € en 2026, et ce total additionne toutes les indemnités de rupture exonérées d'impôt, indemnité légale de licenciement comprise : ce qu'elle a déjà consommé du plafond ne reste pas disponible pour la somme accordée par le juge (urssaf.fr, « L'indemnité de conciliation et les indemnités accordées par le juge », mise à jour le 8 juin 2026). À 2 500 € brut, même le plafond le plus haut du barème, 50 000 €, reste loin de ce seuil. La CSG et la CRDS suivent la même limite de deux plafonds annuels quand le montant accordé est celui du barème.
Si tu concilies avant le jugement : l'indemnité forfaitaire de conciliation (article D1235-21)
Un autre barème, fixé par l'article D1235-21, qui ne dépend que de l'ancienneté, en mois de salaire
| Ancienneté | Indemnité forfaitaire | À 2 500 € brut |
|---|---|---|
| Moins de 1 an | 2 mois | 5 000 € |
| De 1 an à moins de 8 ans | 3 mois pour 1 an, plus 1 mois par année supplémentaire | 7 500 € à 22 500 € |
| De 8 ans à moins de 12 ans | 10 mois | 25 000 € |
| De 12 ans à moins de 15 ans | 12 mois | 30 000 € |
| De 15 ans à moins de 19 ans | 14 mois | 35 000 € |
| De 19 ans à moins de 23 ans | 16 mois | 40 000 € |
| De 23 ans à moins de 26 ans | 18 mois | 45 000 € |
| De 26 ans à moins de 30 ans | 20 mois | 50 000 € |
| 30 ans ou plus | 24 mois | 60 000 € |
Barème de l'article D1235-21 du Code du travail, lu dans service-public.gouv.fr, « Prud'hommes : qu'est-ce que l'indemnité forfaitaire de conciliation ? », fiche F31668. La colonne de droite multiplie par un brut mensuel de 2 500 €.
La première étape devant le conseil de prud'hommes est le bureau de conciliation. Si un accord s'y conclut, il fixe une indemnité forfaitaire selon ce barème, proposée par toi, par l'employeur ou par le bureau lui-même. À 10 ans d'ancienneté, c'est 10 mois de salaire, soit 25 000 € à 2 500 € brut : exactement le plafond que le barème Macron laisse au juge à cette ancienneté (7 500 € à 25 000 € après jugement), sans procès. Et la grille de conciliation monte plus haut que celle du juge : à 30 ans et au-delà, elle donne 24 mois là où un jugement plafonne à 20. C'est la comparaison qui décide de concilier ou de plaider.
Ce que l'accord te fait abandonner : le procès-verbal met fin au litige et vaut renonciation à toute autre réclamation pour licenciement nul, injustifié ou irrégulier. Ce qu'il te laisse : l'indemnité de conciliation se cumule avec l'indemnité légale de licenciement, le préavis et les congés payés ; versée dans la limite du barème, elle n'est pas imposable et elle est exonérée de cotisations dans la limite de deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 96 120 € en 2026 (fiche F31668).
L'indemnité légale de licenciement n'est pas celle du barème
Deux indemnités portent presque le même nom. L'indemnité légale de licenciement est due dans tout licenciement sauf faute grave ou lourde, même parfaitement justifié : ton employeur la verse sans juge, selon une formule qui dépend de ton ancienneté et de ton salaire. Le détail et le calcul sont sur le guide de l'indemnité de licenciement, et notre simulateur d'indemnité de licenciement la calcule ; il ne calcule pas le barème Macron, qui relève du juge.
L'indemnité du barème n'existe que si le conseil de prud'hommes juge le licenciement sans cause réelle et sérieuse. C'est une réparation qui s'ajoute à l'indemnité légale, jamais à sa place. Si le départ est un accord amiable, c'est l'indemnité de rupture conventionnelle qui s'applique, sans passage devant le juge.
Comment l'obtenir : saisir le conseil de prud'hommes
L'indemnité du barème n'est jamais versée d'elle-même : il faut une décision de justice. Tu as 12 mois à compter de la notification de la rupture du contrat pour saisir le conseil (service-public.gouv.fr, « Saisir le conseil de prud'hommes », fiche F2360, vérifiée le 3 mars 2026) ; les autres délais, la saisine et le déroulé sont sur la page conseil de prud'hommes : de 6 mois à 10 ans pour agir. Le conseil examine d'abord le motif ; s'il le juge sans cause réelle et sérieuse, il fixe l'indemnité dans la fourchette de ta ligne du barème.
Contester ton licenciement ne t'empêche pas de percevoir l'allocation chômage pendant la procédure : voir tes droits au chômage. L'ensemble des recours contre l'employeur, de l'aide juridictionnelle à l'inspection du travail, est réuni sur litiges avec ton employeur.
L'indemnité légale, elle, est due de toute façon
Quel que soit le sort de ton recours, ton employeur te doit l'indemnité légale de licenciement dès 8 mois d'ancienneté. Elle se cumule avec le barème : calcule-la avec ton ancienneté et ton salaire.