Profession libérale : combien te reste-t-il sur ce que tu factures ?
Ce que tu factures n'est pas ce que tu gagnes. Au régime micro, l'Urssaf prélève 25,6 % de tout ce que tu encaisses, dès le premier euro et sans qu'aucune charge ne vienne en déduction (fiche F36232). Il te faut donc 32 345 € de chiffre d'affaires annuel pour te verser 2 000 € par mois, et 48 518 € pour 3 000 €. Au-delà de 83 600 € tu bascules au régime réel, où le taux n'est plus unique mais monte par tranches.
32 345 €
de chiffre d'affaires pour te verser 2 000 € par mois
Au régime micro, activité libérale non réglementée, avant impôt sur le revenu.
Ce qu'il te reste chaque mois, selon ce que tu encaisses
Régime micro, activité libérale non réglementée. Montants avant impôt sur le revenu, qui dépend ensuite de ton foyer.
1 237 €
par mois si tu encaisses 20 000 € dans l'année
3 092 €
par mois à 50 000 € de chiffre d'affaires
5 169 €
par mois au plafond du régime, 83 600 €
Du chiffre d'affaires encaissé à ce qui te reste
Régime micro, activité libérale non réglementée. La colonne du milieu comprend les cotisations sociales et la contribution à la formation, qui se paient au même moment et sur la même assiette.
| Ton chiffre d'affaires | Ce que prélève l'Urssaf | Ce qu'il te reste avant impôt |
|---|---|---|
| 20 000 € | 5 160 € | 14 840 € |
| 30 000 € | 7 740 € | 22 260 € |
| 40 000 € | 10 320 € | 29 680 € |
| 50 000 € | 12 900 € | 37 100 € |
| 60 000 € | 15 480 € | 44 520 € |
| 83 600 € | 21 569 € | 62 031 € |
Taux de 25,6 % en vigueur depuis le 1er janvier 2026 pour une activité libérale non réglementée, et de 23,2 % pour une activité relevant de la Cipav. La dernière ligne est le plafond du régime.
Le barème du régime réel, prélèvement par prélèvement
Activité libérale non réglementée au régime de la déclaration contrôlée. Les seuils sont des fractions du plafond annuel de la Sécurité sociale, qui vaut 48 060 € en 2026.
| Le prélèvement | Sur quelle assiette | Le taux |
|---|---|---|
| Maladie-maternité | De 9 612 à 144 180 € | 0 % à 8,50 %, progressif |
| Indemnités journalières | Jusqu'à 240 300 € | 0,50 % |
| Retraite de base | Jusqu'à 48 060 €, puis au-delà | 17,87 % puis 0,72 % |
| Retraite complémentaire | Jusqu'à 48 060 €, puis jusqu'à 192 240 € | 8,10 % puis 9,10 % |
| Invalidité-décès | Jusqu'à 48 060 € | 1,30 % |
| Allocations familiales | À partir de 52 866 € | 0 % à 3,10 %, progressif |
| CSG-CRDS | La totalité du revenu d'activité | 9,70 % |
| Formation professionnelle | Un forfait, calculé sur 48 060 € | 0,25 % |
Deux lignes portent une plage et non un taux : l'organisme écrit « taux progressif » entre deux bornes sans publier la formule qui les relie. Un taux effectif unique n'existe donc pas à ce régime, et tout chiffre présenté comme tel est une approximation.
De quelle caisse tu relèves, et ce que ça change
C'est la première question à trancher, et c'est celle qui pèse le plus lourd sur ta retraite. Une activité libérale est soit RÉGLEMENTÉE - un titre protégé, un ordre professionnel, des conditions d'exercice fixées par un texte - soit non réglementée, ce qui couvre le conseil, la formation, la traduction, le développement et la plupart des activités intellectuelles indépendantes.
Une activité non réglementée relève du régime des indépendants. Sa retraite de base est de 17,87 % dans la limite du plafond annuel, puis de 0,72 % au-delà, et sa complémentaire de 8,10 % puis 9,10 % (barème des taux de l'Urssaf). Une activité réglementée cotise auprès de sa propre caisse, et sa retraite de base y est de 10,60 % jusqu'au plafond, la même dans les dix caisses ; sa complémentaire dépend de la caisse, 11 % jusqu'au plafond à la Cipav (taux de l'Urssaf pour la Cipav). Dans les deux régimes, la retraite de base et la complémentaire suivent ton revenu, au-dessus d'un plancher ; les forfaits et les classes de revenu se trouvent sur l'ASV des soignants conventionnés et sur la prévoyance de certaines caisses.
Sur ton premier plafond de revenu, ta retraite te coûte 25,97 % en non réglementé, contre 21,60 % à la Cipav. À 40 000 € de revenu, 10 388 € par an d'un côté, 8 640 € de l'autre : 1 748 € d'écart. Même sans revenu, la retraite de base minimale est de 967 € en non réglementé et de 573 € dans les caisses libérales. Au-delà de 48 060 €, la comparaison ne se chiffre pas proprement : l'Urssaf écrit 9,10 % sur la part comprise entre 48 060 € et 192 240 €, mais publie une complémentaire maximale de 17 494 €, soit ce taux appliqué à 192 240 € entiers.
C'est ta caisse qui décide, pas ton métier. Un taux de retraite de base lu quelque part ne vaut que pour la catégorie qui le publie, et les deux barèmes ne sont pas interchangeables : ils ne portent ni les mêmes taux, ni la même structure. La retraite de base est la ligne la plus lourde du barème, donc c'est aussi celle où se tromper de catégorie coûte le plus. Vérifie de quelle caisse tu relèves avant de provisionner quoi que ce soit.
Micro ou réel : ce qui décide vraiment
Tant que ton chiffre d'affaires reste sous 83 600 €, tu choisis. Au-delà, le régime réel s'impose. Le critère n'est ni ton métier ni ton ancienneté : c'est le poids de tes charges réelles.
L'abattement du micro est de 34 %. Si tes charges professionnelles réelles pèsent MOINS de 34 % de ton chiffre d'affaires, le micro te fait déclarer un revenu inférieur à ton bénéfice réel, et tu y gagnes. Si elles pèsent PLUS, tu paies de l'impôt et des cotisations sur de l'argent que tu n'as jamais gardé.
Une activité de conseil sans local ni matériel lourd reste durablement sous ce seuil. Une activité qui loue un cabinet, emploie quelqu'un ou achète du matériel le franchit vite. C'est la seule comparaison qui décide, et elle se refait chaque année, parce que tes charges bougent.
Deux seuils du régime réel méritent d'être connus avant de provisionner : aucune cotisation d'allocations familiales n'est due tant que ton revenu reste sous 52 866 €, et aucune cotisation maladie sous 9 612 €. Les deux taux montent ensuite progressivement, ce qui rend le début d'activité moins lourd que la grille ne le laisse craindre (réforme de l'assiette sociale des indépendants).
L'impôt, lui, dépend de ton foyer
Cette page s'arrête à ton revenu imposable. Ce qu'il coûte en impôt dépend de ton nombre de parts, de ta situation et de tes autres revenus, que seule une simulation peut croiser.
Ce qui n'est pas dans le taux
Le pourcentage prélevé par l'Urssaf n'est pas la seule ligne qui part de ton compte, et les suivantes surprennent surtout la première année.
La cotisation foncière des entreprises. Elle n'est pas un pourcentage de ton chiffre d'affaires mais un montant fixé par ta commune. Tu en es exonéré l'année de ta création, ce qui la rend d'autant plus brutale la deuxième année.
Aucune assurance chômage. Les cotisations d'un indépendant n'en ouvrent pas le droit. Ce n'est pas une ligne qui part, c'est une ligne qui n'existe pas, et elle change ce qu'il faut mettre de côté.
Ta prévoyance et ta complémentaire santé. Les indemnités journalières du régime sont calculées sur ton revenu et plafonnées. Beaucoup de libéraux souscrivent un contrat en plus, et son coût ne figure dans aucun barème officiel puisqu'il est libre.
Comparer avant de choisir ton régime
Le barème de l'impôt décide d'une partie de l'arbitrage entre micro et réel, et il se lit tranche par tranche.
Les pages voisines
Ce que cette page ne traite pas, et où c'est traité.
Comment ces montants sont obtenus
1. L'assiette est ton chiffre d'affaires ENTIER. Au régime micro, aucune charge ne se déduit avant le calcul des cotisations : ni loyer, ni matériel, ni déplacement. Tu encaisses 50 000 €, tu cotises sur 50 000 €.
2. L'Urssaf prélève 25,6 %, plus une contribution à la formation. Soit 12 800 € de cotisations et 100 € de formation professionnelle sur notre exemple. Ce prélèvement couvre la maladie, la retraite de base et complémentaire, l'invalidité et la contribution sociale. Le détail de ce que le taux comprend, activité par activité, vit dans la page des charges du régime micro.
3. Il te reste 37 100 €, soit 3 092 € par mois. C'est ce qui arrive réellement sur ton compte, et c'est là que s'arrête ce que cette page peut calculer pour toi.
4. L'impôt se calcule sur 33 000 €, et non sur ce que tu as gardé. Le régime applique un abattement forfaitaire de 34 % sur ton chiffre d'affaires pour déterminer ton revenu imposable. Cet abattement est PLUS généreux que ce qui part réellement, donc tu es imposé sur moins que ce que tu gardes : 33 000 € d'imposable contre 37 100 € réellement encaissés. C'est vrai à tous les niveaux de chiffre d'affaires de ce régime.