Prévoyance d'entreprise : que te verse-t-elle en plus de la Sécurité sociale en 2026 ?
À 3 000 € brut par mois, tu ne reçois plus que 1 289,10 € brut par mois de la Sécurité sociale quand ton arrêt maladie dure et que ton employeur a cessé de maintenir ton salaire, et 1 500,00 € si tu es reconnu invalide en catégorie 2. La prévoyance d'entreprise est le contrat collectif qui verse le complément en cas d'arrêt de travail, d'invalidité ou de décès. Ce n'est pas ta mutuelle : elle ne rembourse aucun soin, elle remplace un revenu.
Plus ton salaire est haut, moins la Sécurité sociale en remplace
Part de ton salaire brut couverte par les seules indemnités journalières, une fois le maintien de salaire de ton employeur terminé.
49 %
au SMIC, 1 867,02 € brut : l'indemnité suit encore ton salaire
43 %
à 3 000 € brut : au-delà de 2 613,83 €, l'indemnité ne monte plus
26 %
à 5 000 € brut : le même plafond, rapporté à un salaire plus haut
Ce que la Sécurité sociale te verse seule, sur un salaire de 3 000 € brut
Montants bruts par mois, avant CSG et CRDS. La dernière colonne est ce qu'un contrat de prévoyance est là pour combler, en tout ou en partie.
| Ta situation | La Sécurité sociale te verse | Écart avec tes 3 000 € |
|---|---|---|
| Arrêt maladie long, une fois le maintien de salaire de ton employeur terminé | 1 289,10 € | 1 710,90 € |
| Invalidité de catégorie 1 : tu peux encore exercer une activité | 900,00 € | 2 100,00 € |
| Invalidité de catégorie 2 : tu ne peux plus exercer d'activité | 1 500,00 € | 1 500,00 € |
Règles de l'Assurance maladie, 2026. Arrêt : 50 % du salaire journalier de base, 42,97 € par jour au plus au-delà de 2 613,83 € brut par mois, sur 30 jours. Invalidité : 30 % ou 50 % du salaire annuel moyen des dix meilleures années, plafonné à 48 060 €, pour un salaire resté stable.
En arrêt maladie, l'indemnité journalière de la Sécurité sociale vaut 50 % de ton salaire journalier de base, mais elle est calculée sur un salaire plafonné à 1,4 SMIC, soit 2 613,83 € brut par mois en 2026. À 3 000 €, tu touches donc le maximum, 42,97 € par jour, comme un salarié payé 5 000 €, selon la fiche de l'Assurance maladie « Arrêt de travail pour maladie : les indemnités journalières du salarié ». Pendant les premières semaines, ton employeur complète s'il te doit un maintien de salaire ; le maintien de salaire en arrêt maladie, par ancienneté dit combien de jours et à quel taux. Pour ton propre salaire et ta durée d'arrêt, le calcul des indemnités journalières rend la part Sécurité sociale jour par jour.
En invalidité, la pension est de 30 % du salaire annuel moyen de tes dix meilleures années en catégorie 1, quand tu peux encore travailler, et de 50 % en catégorie 2, d'après la page de l'Assurance maladie « Le montant de votre pension d'invalidité ». Elle est plafonnée : à 5 000 € brut, la catégorie 2 ne verse pas plus de 2 002,50 €. Les montants par catégorie et ce qui se passe si tu reprends une activité sont sur la pension d'invalidité, catégorie par catégorie.
Ce qu'un contrat de prévoyance verse, risque par risque
Un contrat de prévoyance d'entreprise couvre les risques que la fiche Urssaf « Mettre en place une prévoyance complémentaire » énumère : la maladie, la maternité, l'invalidité et la dépendance, le décès, l'accident du travail et la maladie professionnelle. Il les couvre toujours en complément de ce que verse la Sécurité sociale, jamais à sa place. En pratique, quatre garanties reviennent :
- Incapacité de travail : des indemnités qui s'ajoutent à celles de la Sécurité sociale pendant un arrêt, souvent après un délai de franchise, pour que ton revenu ne tombe pas au niveau de la première ligne du tableau.
- Invalidité : une rente qui complète la pension d'invalidité, selon ta catégorie.
- Décès : un capital versé à tes proches.
- Rente éducation ou rente de conjoint : un versement régulier à tes enfants ou à ton conjoint après ton décès, quand le contrat le prévoit.
Le niveau de chaque garantie, le délai de franchise et la durée de versement ne sont fixés par aucun texte général : ils sont écrits dans le contrat de ton entreprise ou dans l'accord de ta branche. La pièce à demander à ton service des ressources humaines est la notice d'information du contrat, qui les chiffre.
Pendant un arrêt, ta couverture ne s'arrête pas d'elle-même. Si ton employeur te verse un revenu pendant l'arrêt, il continue de payer sa part : c'est la condition, selon la fiche Urssaf, pour que sa contribution reste exonérée. Sans maintien de salaire, c'est le contrat qui décide s'il te garde et qui paie. Un salarié en activité partielle, lui, garde sa protection.
Qui est couvert, et pourquoi tes collègues ont les mêmes garanties que toi
Pour un salarié non cadre, aucune loi n'oblige toutes les entreprises à souscrire une prévoyance : la fiche Urssaf la dit facultative. Tu es couvert si ta convention collective l'impose, si ton entreprise a signé un accord, ou si ton employeur l'a mise en place par décision unilatérale, auquel cas il doit remettre à chaque salarié une copie de l'écrit qui la crée. Pour un cadre, une obligation particulière existe : la vérification de la prévoyance cadre sur ta fiche de paie détaille ce que ton employeur doit payer et ce que tu peux réclamer s'il ne l'a pas fait.
Pour ouvrir droit aux exonérations, le régime doit être collectif et obligatoire : il couvre tous les salariés, ou toute une catégorie définie par des critères objectifs, et l'adhésion n'est pas un choix. La fiche Urssaf interdit de découper une catégorie selon le temps de travail, la nature du contrat, l'âge ou l'ancienneté : un salarié en CDD ou à temps partiel reçoit les mêmes garanties que ses collègues de la même catégorie, et la part de l'employeur est la même, au même taux ou au même montant pour tous.
Tu peux parfois demander à ne pas y adhérer, par écrit et seulement si l'acte qui crée le régime le prévoit. Pour la prévoyance, la fiche service-public « Peut-on refuser la mutuelle ou la prévoyance de son entreprise ? » en retient quatre qui valent aussi pour l'incapacité, l'invalidité et le décès : un CDD de moins de 12 mois ; un CDD de 12 mois ou plus, si tu es déjà couvert ailleurs pour les mêmes risques ; un apprenti ou un salarié à temps partiel dont la cotisation atteint 10 % de son salaire brut ; un salarié déjà présent quand l'employeur a créé le régime par décision unilatérale en lui demandant une part. Les autres cas de dispense ne valent que pour la santé, et la mutuelle d'entreprise obligatoire les liste.
Sur ta fiche de paie : deux colonnes, et une CSG sur la part de l'employeur
La prévoyance apparaît dans le bloc des cotisations, sur une ou plusieurs lignes (« prévoyance », « incapacité-invalidité-décès », « prévoyance cadre »). La colonne salariale est retirée de ton brut ; la colonne employeur ne se retire pas de ton salaire, et le partage entre les deux est fixé par ton contrat ou ta convention. Si aucune ligne n'apparaît, ton service des ressources humaines peut te dire si un régime existe.
La part de l'employeur a pourtant un effet sur ton net. Elle entre dans l'assiette de ta CSG et de ta CRDS, et sans l'abattement pour frais professionnels qui réduit celle de ton salaire : 9,7 % de ce qu'il verse sont retenus sur ta paie. Pour 30 € de part patronale par mois, 2,91 € sortent de ton net, dont 0,87 € de CSG non déductible et de CRDS qui restent comptés dans ton revenu imposable. C'est pourquoi la base de la ligne « CSG » de ton bulletin dépasse souvent 98,25 % de ton brut ; le calcul de la CSG sur ton salaire le montre ligne par ligne, et la lecture de la fiche de paie situe ces lignes parmi les autres.
Côté entreprise, cette part est exclue des cotisations de Sécurité sociale dans une limite annuelle de 6 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 2 883,60 € en 2026, plus 1,5 % de ton salaire brut, sans dépasser 5 767,20 €. Pour un salaire de 36 000 € par an, la limite est de 3 423,60 €. Au-delà, ou si le régime n'est pas collectif et obligatoire, la part de l'employeur est soumise aux cotisations comme un salaire. Dans une entreprise de 11 salariés ou plus, l'employeur paie en plus un forfait social de 8 % sur sa contribution.
Quand tu quittes l'entreprise : jusqu'à 12 mois de garanties gratuites
Si ton contrat se termine et que tu as droit à l'allocation chômage, tu gardes ta prévoyance sans rien payer, en vertu de l'article L911-8 du code de la sécurité sociale. Seul le licenciement pour faute lourde en prive. Cinq règles s'appliquent :
- la couverture dure autant que ta période de chômage indemnisé, dans la limite de la durée de ton dernier contrat, arrondie au mois supérieur, et 12 mois au plus ;
- tes droits devaient être ouverts chez ton dernier employeur ;
- tu gardes les garanties en vigueur dans l'entreprise ;
- les indemnités qu'elle te verse ne peuvent pas dépasser le montant de l'allocation chômage que tu aurais touchée sur la même période ;
- tu dois prouver à l'organisme assureur, au départ puis pendant le maintien, que tu restes indemnisé.
Ton employeur doit signaler ce maintien sur ton certificat de travail et prévenir l'organisme assureur. Tes proches qui étaient couverts avec toi le restent aux mêmes conditions.
La part Sécurité sociale de ton arrêt, sur ton salaire à toi
Le tableau est calculé sur 3 000 € brut. Le calculateur prend ton salaire des trois derniers mois et ta durée d'arrêt, et te dit ce que la Sécurité sociale verse jour par jour : l'écart avec ton salaire est ce que ta prévoyance doit couvrir. Gratuit, sans inscription.