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Combien de temps dure le congé paternité en 2026 ?

25 jours calendaires pour une naissance simple, 32 pour des naissances multiples. Ils sont précédés du congé de naissance, 3 jours ouvrables payés par ton employeur : c'est l'addition des deux qui donne les 28 jours dont tout le monde parle, et 35 pour des jumeaux.

Ce que tu ne peux pas refuser tient en un seul bloc : le congé de naissance, puis 4 jours calendaires immédiatement à la suite. Les 21 jours restants se posent où tu veux, en une ou 2 fois, dans les 6 mois qui suivent la naissance.

Durées vérifiées le à la source : service-public.gouv.fr, « Congé de paternité et d'accueil de l'enfant d'un salarié du secteur privé », fiche F3156. Le droit du travail fixe ce congé aux articles L1225-35 et L1225-36 du code du travail ; les conditions d'indemnisation relèvent des articles L331-8 et R331-5 à R331-7 du code de la sécurité sociale, et les modalités de fractionnement des articles D1225-8 à D1225-8-1 du code du travail. Une convention collective peut prévoir mieux, jamais moins.

Les trois nombres qui décident de ton calendrier

28 jours

Naissance simple, congé de naissance compris

+7 jours

Ce qu'ajoutent des naissances multiples

6 mois

Le délai pour poser la partie libre

Les trois blocs, et ce que chacun t'impose

Le congé de paternité ne se pose pas d'un seul tenant : il arrive en trois morceaux qui n'ont ni le même régime ni le même payeur.

Les trois blocs, et ce que chacun t'impose
Le blocDuréeCe que tu peux en faire
Congé de naissance3 jours ouvrablesObligatoire. Il démarre le jour de la naissance, ou le premier jour ouvrable qui suit. Payé par ton employeur comme du temps travaillé.
Congé de paternité, première période4 jours calendairesObligatoire, immédiatement à la suite du congé de naissance. Aucune interruption possible entre les deux.
Congé de paternité, seconde période21 jours calendaires (28 pour des naissances multiples)Facultative. En une fois, ou en 2 fractions de 5 jours minimum chacune, dans les 6 mois.

Les deux périodes du congé de paternité totalisent 25 jours calendaires pour une naissance simple et 32 pour des naissances multiples. Elles sont indemnisées par ta caisse d'assurance maladie, pas par ton employeur.

Ce qui allonge, déplace ou reporte ton congé

Chaque ligne s'applique en plus du découpage ci-dessus, pas à sa place.

Ce qui allonge, déplace ou reporte ton congé
SituationEffet sur la duréeCondition
Naissances multiples32 jours au lieu de 25, soit 7 de plusDeux enfants à naître ou davantage. Tout l'écart porte sur la seconde période, qui passe de 21 à 28 jours.
Naissance avant la date prévueLe congé peut être pris au cours du mois qui suit l'événementTu dois en informer ton employeur, même si le délai d'un mois n'a pas pu être respecté.
Décès de la mèreLe délai de 6 mois est reporté à la fin du congé maternité postnatalTu peux bénéficier de ce congé maternité postnatal si tu es le père biologique, ou le conjoint si le père biologique n'en bénéficie pas.
Hospitalisation immédiate de l'enfantUn congé distinct s'ajoute au congé de paternitéIl ne se prend pas sur les jours de paternité : c'est un droit à part, avec sa propre fiche.
Convention collectivePeut allonger le congé, jamais le réduireElle peut aussi prévoir un maintien de salaire pendant le congé, ce que la loi n'impose pas.

Le congé d'hospitalisation immédiate de l'enfant a sa propre fiche officielle et cette page n'en publie pas la durée, faute d'avoir ouvert cette fiche.

Comment se posent tes dates, sur un cas réel

L'exemple ci-dessous est celui que la fiche officielle publie elle-même, jour par jour. Un enfant naît le lundi 13 janvier 2025.

  • Congé de naissance, 3 jours ouvrables : du lundi 13 janvier 2025 au mercredi 15 janvier 2025 inclus.
  • Première période de congé de paternité, 4 jours calendaires : du jeudi 16 janvier 2025 au dimanche 19 janvier 2025 inclus. L'absence obligatoire couvre donc 7 jours de calendrier d'affilée.
  • Seconde période fractionnée, 5 jours puis 16 jours : du lundi 27 janvier 2025 au 31 janvier 2025, puis du lundi 10 février 2025 au 25 février 2025.

Le jour de départ compte comme le premier jour du congé, jamais comme la veille. Une période de 5 jours calendaires commencée un lundi se termine donc le vendredi, pas le samedi. C'est le détail qui décale d'un jour presque tous les calculs faits à la main.

Le délai court à partir de la naissance, pas à partir de la fin du bloc obligatoire. Pour cet enfant, la seconde période doit donc être terminée au plus tard le 13 juillet 2025.

Cet exemple part d'une naissance un lundi, et c'est ce qui rend le bloc obligatoire égal à 7 cases du calendrier. Si l'enfant naît un vendredi ou un samedi, les 3 jours ouvrables enjambent un dimanche, qui n'est pas un jour ouvrable : le bloc s'étale alors sur davantage de cases, sans durer plus longtemps pour autant.

La fiche officielle ne publie pas d'exemple pour ces jours-là, et cette page n'en invente pas. La méthode qui marche dans tous les cas tient en deux gestes : compte tes 3 jours ouvrables à partir du premier jour ouvrable disponible, puis ajoute 4 jours pleins à la suite, dimanche compris.

Tu as tes dates. Reste ce qui tombe sur ton compte pendant.

La durée fixe le nombre de jours indemnisés, elle ne dit rien de leur montant. L'indemnité journalière est plafonnée, et au-dessus d'un certain salaire brut la perte n'est plus une part de ta paie : c'est une marche.

Le délai d'un mois, et ce qu'il t'achète

Tu dois avertir ton employeur au moins 1 mois avant la date de début du congé, en lui indiquant sa durée. Une deuxième obligation existe en amont : l'informer de la date prévisionnelle de l'accouchement au moins 1 mois avant l'événement.

Ce délai respecté, ton employeur ne peut pas refuser la prise du congé. S'il refuse quand même, tu peux saisir le conseil de prud'hommes, et il encourt une contravention de 1 500 €. C'est la seule démarche de tout le dossier qui transforme un droit en droit opposable, et elle ne coûte qu'une lettre.

L'écrit n'est pas obligatoire : la loi accepte l'oral. En cas de litige, c'est pourtant toi qui devras prouver que tu as prévenu, donc une lettre recommandée avec accusé de réception ou une remise en main propre contre décharge est le seul format qui te protège. Un modèle de demande officiel existe et se remplit en ligne.

Ce que ton employeur ne peut pas faire pendant le congé

  • Te faire travailler pendant le bloc obligatoire, même avec ton accord. L'interdiction pèse sur lui, pas sur toi.
  • Te licencier pendant le congé, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger au congé.
  • Te reprendre à un autre poste : à ton retour, tu retrouves ton emploi précédent ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente.

Un ou deux mois de plus, depuis le 1er juillet 2026

Un congé supplémentaire de naissance existe depuis le 1er juillet 2026. Il ne remplace pas le congé de paternité : il vient APRÈS, à condition que celui-ci ait été pris, et il dure 1 ou 2 mois, au choix, en une fois ou fractionné. Chaque parent a le sien.

Deux délais de neuf mois coexistent, et les confondre coûte le congé

  • Régime ordinaire, pour un enfant né à partir du 1er juillet 2026 : 9 mois à compter de la naissance ou de l'arrivée au foyer.
  • Régime transitoire, pour un enfant né entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 : les 9 mois courent à partir du 1er juillet 2026, soit jusqu'au 31 mars 2027. Un parent de cette période qui compte depuis la naissance croit son droit expiré alors qu'il court encore.
  • Quand le congé de maternité ou de paternité est lui-même allongé, par des naissances multiples ou par une convention collective, le délai de 9 mois est allongé d'autant.

Côté démarches, tu informes ton employeur 1 mois avant la date de début souhaitée, en précisant la durée et le fractionnement. Ce délai tombe à 15 jours quand ce congé suit immédiatement le congé de paternité et que la durée de ce dernier ne permettait pas de tenir le mois. Tu n'as aucune démarche à faire auprès de ta caisse : c'est ton employeur qui transmet.

Son indemnisation est dégressive et nettement moins favorable que celle du congé de paternité. Le détail des montants est sur le guide du salaire pendant le congé. Sources : Assurance Maladie, « Qu'est-ce que le congé supplémentaire de naissance ? » et service-public.gouv.fr, fiche F39685.

Aller plus loin

Fractionner : les trois découpages possibles, et ceux qui ne le sont pas

La seconde période se prend en une seule fois, ou se coupe en 2 périodes au plus. Chacune dure au moins 5 jours calendaires. Sur 21 jours, cela laisse exactement trois familles de découpage : tout d'un bloc, ou deux morceaux dont le plus court fait au moins 5 jours.

Ce qui est impossible : trois fractions, une fraction de quatre jours ou moins, et poser un jour isolé. Beaucoup de parents tentent de coller quelques jours à des congés payés existants ; la borne des 5 jours l'interdit sur la partie paternité, jamais sur les congés payés qui l'entourent.

Les deux fractions n'ont pas besoin d'être contiguës à quoi que ce soit : elles peuvent être posées à n'importe quel moment du délai, y compris à plusieurs mois d'écart, tant que la seconde se termine dans les temps.

En contrat court, en intérim, au chômage : le droit ne change pas

Le congé est accordé sans aucune condition d'ancienneté, et quel que soit le contrat : contrat à durée indéterminée, contrat à durée déterminée, contrat temporaire, apprentissage, stage de la formation professionnelle. Un demandeur d'emploi y a droit aussi, et il reste inscrit à France Travail pendant son congé.

Ce qui change selon la situation n'est pas la durée du congé mais l'ouverture du droit à indemnisation, qui suppose une durée d'affiliation et un volume d'activité suffisants. Autrement dit : le droit de t'absenter est le même pour tout le monde, le droit d'être payé pendant ne l'est pas.

Dans la fonction publique, le congé existe aussi et suit ses propres règles : elles vivent sur la fiche du congé de paternité et d'accueil de l'enfant dans la fonction publique.

Qui a droit à ce congé, et ce qui se passe pendant

Trois situations y ouvrent droit : être le père de l'enfant, être le conjoint ou le concubin qui vit en couple avec la mère, ou, en cas de reconnaissance conjointe anticipée dans un couple de femmes, être la mère qui n'a pas accouché. Le lien avec l'enfant n'est pas exigé dans le deuxième cas : c'est le lien avec la mère qui compte.

Pendant le congé, ton contrat de travail est suspendu, mais la période est assimilée à du temps de travail effectif pour tes droits à l'ancienneté. Tu ne perds donc rien sur ce plan, contrairement à une idée répandue.

Si ton enfant est hospitalisé immédiatement après sa naissance, un congé distinct existe, avec sa propre fiche : congé d'hospitalisation immédiate de l'enfant après sa naissance. Cette page n'en publie pas la durée : elle ne figure pas dans les fiches ouvertes pour l'écrire, et un chiffre repris d'une synthèse hérite de ses erreurs.

Poser tes dates, puis vérifier ce que tu touches

Le découpage ci-dessus est le même pour tout le monde. Le montant, lui, dépend de tes trois derniers mois de salaire et d'un plafond que beaucoup découvrent une fois le congé posé.

Questions fréquentes sur la durée du congé paternité